| mise à jour le 23 mai, 2005 | Autres saints, autres sanctuaires de pèlerinage | survol du site |
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Les Espagnols voient en saint Jacques le cavalier apparu dans le ciel de leurs batailles contre les Maures. Il est d'autres saints nationaux qui sans participer personnellement au combat ont su maintenir la foi des peuples. C'est le cas en Bulgarie de Ivan Rilski, honoré sous le nom de Jean de Rila. Au coeur de la montagne, un monastère jadis entouré de nombreux prieurés est toujours un lieu de pèlerinage, à juste titre inscrit au patrimoine mondial.
![]() | En Bulgarie, au sud-est de Sofia le monastère de Rila est
situé au cœur du massif de Rila qui culmine au pic Moussala (2926
m.)
Vue générale du monastère de Rila, l'église dans la cour intérieure, derrière l'église une tour du XIIe siècle |
| Peu après sa mort, le 18 août 946, le tsar Peter a transporté son
corps à Sofia, dans une église spécialement construite.
En 1183, le roi hongrois Bela III a transféré les reliques à la
cathédrale d’Esztergom sur le Danube. Elles sont revenues à Sofia
en 1187. Elle furent transférées ensuite en 1238 à Tirnovo,
nouvelle capitale de la Bulgarie qui venait d’être libérée
de la domination byzantine. Cela légitimait la seconde dynastie bulgare,
celle des Assénides. Au XIVe siècle, devant la menace ottomane,
le patriarche de Bulgarie écrit une nouvelle Vie du saint dont il fait
le défenseur des Bulgares. C’est vers saint Jean de Rila que se
sont tournées les prières pendant les cinq siècles de domination
turque (1395-1878) et que le monastère est devenu l’abri des chrétiens
des pays balkaniques. Ce n’est qu’en 1469 que la communauté put
ramener de Tirnovo à Rila le cercueil du saint. Ce transport se transforma
en une procession nationale qui réveilla la foi des opprimés et
redonna confiance en leurs forces. Tous les tsars ont fait des donations généreuses
au monastère qui est devenu un centre culturel et religieux très
importants. Plusieurs fois détruit et reconstruit, Rila est devenu célèbre
dans l'ensemble des Balkans comme centre important de pèlerinage. I- Entre le village de Rila et le monastère : | |
![]() Le prieuré d'Orlitsa |
Juste après le village de Rila, fut ainsi érigé le prieuré d’Orlitsa.
En 1469, il y fut adjoint l’église Saint-Pierre et Saint-Paul
destinée à accueillir les reliques de saint Jean sur le chemin
du monastère. Cette église fut remaniée en 1478 et reçut
en 1491 un décor d’icônes encore conservé aujourd’hui,
ce qui est très rare. A l’époque du réveil national
bulgare, au XVIIIe siècle et surtout au XIXe, les moines ont fait peindre
le mur extérieur de l’église (1863 par le peintre du Réveil
national, Nikola Obrazopissets). La scène la plus connue est celle du
transport des reliques de saint Jean, dans le but de faire ressusciter dans
la mémoire du peuple cet événement marquant pour l’éveil
de la conscience nationale. |
| En continuant la route vers le monastère se dresse un bâtiment
aujourd’hui transformé qui abritait la garde armée du monastère II – Le monastère. Le tombeau du saint. | |
![]() L'église est au centre d'une cour polygonale, entièrement fermée L'iconostase du monastère à droite de la porte sacrée un simple coffre recouvert d'un drap brodé d'une croix renferme les reliques du saint |
L’enceinte du monastère dessine un pentagone. L’extérieur
a l’aspect d’une forteresse, l’intérieur est constitué de
trois étages de galeries. Au centre est construite l’église « Nativité de
la Vierge ». Une tour médiévale complète l’ensemble.
Les bâtiments actuels ont été reconstruits après
l’incendie du 13 janvier 1833 qui fut considéré comme un
malheur national. De toutes parts ont afflué les dons et les bénévoles
si bien que la reconstruction fut effectuée en quelques années
seulement. L’iconostase centrale est la plus grande des Balkans. Elle
fut construite en trois ans, de 1839 à 1842. Au centre se trouve la Porte
Royale par laquelle les fidèles peuvent entrevoir l’autel. Juste à droite,
un simple cercueil couvert d’un drap de velours abrite le corps de saint
Ivan. On dit que le saint avait pris des mesures pour s'embaumer lui-même
avant la mort en consommant de grandes quantités d'herbes et de breuvages
magiques. Des chapelles et des iconostases, des peintures murales, une icône
miraculeuse de la Vierge forment un ensemble extraordinaire. L’extérieur
est orné de 1 200 peintures murales, scènes bibliques avec des
personnages et des scènes du XIXe siècle. |
III- Le cimetière du monastèreEn sortant du monastère du côté opposé à l’entrée, un chemin longe la rivière en aval et mène à une chapelle entourée du cimetière des moines. L’église « Présentation de la Vierge » est à deux étages. La partie la plus ancienne date du Bas Moyen Age. Elle servait d’ossuaire dans sa partie basse. Au XVIIIe siècle, le bâtiment fut agrandi. En 1795 l’église fut repeinte en entier et munie d’une iconostase. D’autres agrandissements furent faits au XIXe siècle. |
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![]() Le cimetière des moines | |
IV- Au-delà du monastère, vers la grotte de saint Jean de RilaEn empruntant la route ou le chemin qui grimpe doucement, le pèlerin passe d’abord à Saint-Luc, à 2 km environ. D’après la légende, c’est là que serait mort d’une morsure de serpent le neveu du saint, Luc, qui avait quitté le monastère poussé par le Malin. Ce prieuré a connu plusieurs étapes dans sa construction. L’iconostase de la chapelle est conservée à Sofia dans la crypte de la cathédrale. | |
![]() Le prieuré Saint-Luc | Aujourd’hui, le prieuré est à cheval
sur le chemin qui le traverse, avec une porte à chaque extrémité.
Une école y fut adjointe au XIXe siècle dans lequel un maître
du Réveil National donnait un enseignement à la fois religieux
et laïc. |
![]() Vers la chapelle de la grotte, ermitage Saint-Jean | L’ermitage de saint Jean dédié à « l’Assomption
de saint Ivan Rilski » fut construit au XIIe siècle, recontruit
au XVIIIe siècle puis en 1820) tout près de la grotte où vécut
l’ermite (on dit aussi « église du tombeau). Le parvis marquerait
l’emplacement du premier tombeau du saint, avant son départ pour
Sofia. Derrière on accède à la grotte du saint par un
escalier moderne. Cette grotte s’ouvre en haut de la colline, dans sa
partie supérieure, par une étroite cheminée. Celui qui
passe sans encombre par cette cheminée se voit absous de ses péchés,
selon une coutume que l’on retrouve par exemple en Galice, à Padron,
dans les rochers où vécut saint Jacques. La coutume est encore
vivante aujourd’hui. |
Ce monastère a été déclaré monument
historique national en 1976 et inscrit sur la liste du Patrimoine
mondial de l’UNESCO
en 1983. Il contient un ensemble impressionnant de peintures murales représentant
plus de 1000 scènes de l'Ecriture Sainte ou de la vie du saint dont trois sont représentées ci-dessous. | |
![]() Le mauvais riche et le pauvre Lazare |
![]() L'Assomption de la Vierge |
![]() Abraham, Isaac et Jacob dans la cité céleste |
![]() Le jugement dernier |
| Denise Péricard-Méa, mai 2005 | |
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