| Jean-Noël : Quand as-tu connu la première fois le
chemin de Compostelle ?
Amar : J’avais 5 ans et mon père nous a tous emmené de
Mantes-la-Jolie à Santiago-de-Compostela pendant deux mois et demi. Nous
étions une famille de 6, accompagnée d’un âne… en 1952 !
Jean-Noël : Comment ton père a-t-il pu prendre plus
de deux mois en continu ?
Amar : Mon père était militaire -comme je le suis devenu
d’ailleurs- et ma mère musulmane. Les filles ont été élevées dans la tradition
musulmane et les garçons dans la tradition catholique.
Jean-Noël : Comment se passe l’accompagnement des pèlerins
?
Amar : Avec le mini-bus, je peux accompagner 9 pèlerins.
Sur le capot du mini-bus les inscriptions suivantes : paroisses de Petit-Couronne,
Petit-Quevilly, Grand-Quevilly, actuellement, peut-être d’autres inscriptions
dans le futur, autres paroisses, etc … J’assure l’intendance de façon
autonome. Une remorque à l’arrière du mini-bus permet d’alimenter la douche
après la marche. Le couchage a lieu en tente et, par contre, j’aime moi
même dormir souvent à la belle étoile, dans un duvet et sursac. Ce mode
d’assistance pèlerine souple doit séduire puisque, si nous partons avec
un groupe de 9 pèlerins, il arrive que le groupe atteigne 50 personnes
à la fin du pèlerinage !
Jean-Noël : Y a-t-il une messe d’envoi ?
Amar : Il y a toujours une messe de départ, par exemple
la dernière le 29 juin à Petit-Couronne avec les lectures et l’Evangile,
avec une lettre de saint Jacques, des psaumes et des chants et le pain
béni offert par les pèlerins.
Jean-Noël : Combien de pèlerinages as-tu effectués
?
Amar : Je ne préfère pas compter car le nombre de chemins
que j’ai effectués se compte par dizaines, par contre seul, sans accompagner,
je l’ai fait 17 fois. Par exemple, en 94, je l’ai fait à pied, au printemps
et en automne, en 97, je l’ai fait à pied avec ma femme et en 98, je l’ai
fait en vélo.
Jean-Noël : Quel est ton meilleur souvenir de ces chemins
?
Amar : Au moment du Jubilé, à Irache, sur la partie du
“ camino francès ” . Il y avait des prêtres, des scouts de France et des
pèlerins pour la messe et nous avons pris le repas ensemble. Parmi les
participants, il y avait des malades de toute sorte qui marchaient seuls
et non accompagnés. Or, depuis 92, j’ai fait le vœu d’aider et d’accompagner
des malades qui sont dépendants jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle,
une fois par an. Quelle satisfaction et quel bonheur pour ceux qui parviennent
à marcher seuls et quel espoir pour ceux qui sont encore dépendants !
Si vous avez envie de connaître davantage Amar
ou même si vous voulez partir avec lui sur le chemin écrivez-nous nous vous mettrons en relation avec lui. |