page établie le
Accueil mise à jour le 20 janvier, 2006 Connaître saint Jacques. Comprendre Compostelle. survol du site Page précédente
 

Le chemin de Saint-Jacques est-il «une école de formation professionnelle» pour les compagnons du tour de France ?

saint Jacques au portail de la Gloire
saint Jacques le Majeur au portail de la Gloire, XIIe.
Sa canne enrubannée évoque celle des compagnons

 
On nous interroge souvent sur le symbolisme du chemin de Saint-Jacques et sur sa dimension initiatique. Vaste et complexe sujet où s’entrelacent mythes et histoire, fantasmes et réalité, et qui touche, entre autres «grands initiés», aux Compagnons «du tour de France», du moins si l’on en croit le célèbre roman d’Henri Vincenot, «Les Étoiles de Compostelle».
Cet aspect apparaissant tout à la fois comme passionnant et comme compliqué – voire passablement embrouillé d’idées fausses –, la Fondation David Parou Saint-Jacques est allée interroger deux spécialistes des questions compagnonniques, Laurent Bastard, conservateur du musée du Compagnonnage à Tours, et Jean-Michel Mathonière, historien des compagnonnages de tailleurs de pierre.
Ces deux chercheurs sont d’autant plus intéressés par un croisement de nos données respectives que, précisément, leurs travaux pointent également du doigt le problème des interférences entre l’histoire et les légendes – traditionnelles ou de création tout à fait récente, ce qui est de plus en plus perturbateur et pernicieux. Ils nous présentent ici l’état actuel de leurs recherches et de leurs interrogations.
En fonction de leurs démarches respectives, chacun s’est exprimé sur la base d’un même canevas de questions posées par la Fondation David Parou Saint-Jacques. Plutôt que de faire une synthèse journalistique de leurs réponses, il nous a semblé préférable de reproduire l’une après l’autre l’intégralité de leurs contributions, car, malgré quelques redondances, elles témoignent justement de l’importance qu’il convient d’accorder aux subtilités pouvant exister dans l’approche et dans l’interprétation d’un même matériel documentaire – quand bien même les démarches sont convergentes et se nourrissent continuellement l’une de l’autre.

(texte de J-M Mathonière à venir)

 

Le Compagnonnage, saint Jacques et Compostelle :
des embûches aux indices.

 Laurent Bastard, conservateur du musée du Compagnonnage à Tours

L’idée selon laquelle il existe une relation entre le Compagnonnage et le pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle n’est pas nouvelle dans la littérature consacrée aux Compagnons du tour de France. Elle repose sur deux éléments. D’une part, des auteurs établissent une relation entre le tour de France considéré comme un voyage et cet autre voyage qui est le pèlerinage à Saint-Jacques. D’autre part, une relation s’établit entre saint Jacques et le nom de l’un des fondateurs légendaires des Compagnons du Devoir, Maître Jacques. C’est à partir  des similitudes existant entre deux pratiques d’itinérance et deux noms, que se sont élaborées les certitudes des férus de mystère et de secrets initiatiques. Elles se développent à partir de trois affirmations : le pèlerinage à Saint-Jacques était celui des Compagnons du tour de France ; ils se rendaient au tombeau de saint Jacques, qui n’est autre que Maître Jacques ; ce pèlerinage, comme le tour de France, revêt un caractère initiatique. Essayons d’y voir plus clair en examinant depuis quand, pourquoi et comment s’est développé ce courant de pensée, puis en proposant une autre approche de la question.

article complet réservé aux adhérents

Conclusion.

Ce tour d’horizon des indices « compagnonnico-jacquaires » me laisse moi-même sur ma faim ! Mais il permet au moins de mesurer l’écart existant entre les certitudes avancées par certains auteurs depuis quatre décennies et la pauvreté de nos sources documentaires. Il reste à approfondir deux points capitaux : d’une part, l’identité existant entre Maître Jacques et saint Jacques et, d’autre part, les motifs pour lesquels des Compagnons se sont rendus à Saint-Jacques de Compostelle. Or c’est à partir d’un méticuleux dépouillement des archives de police de l’Ancien Régime, des archives ecclésiastiques et des archives compagnonniques (si l’on a le bonheur d’en découvrir) qu’on pourra petit à petit combler les lacunes de cette histoire méconnue. Cette recherche suppose non seulement du temps, de la patience, un réseau de correspondants motivés, mais aussi une réelle volonté de replacer le Compagnonnage dans son contexte d’antan. On sera bien loin des fantaisies ésotériques qui apaisent sans doute le besoin de mystère mais qui éloignent de la vérité.

 

Un livre recommandé par Jean-Michel Mathonnière :
"La chaîne d'alliance", un très beau roman touchant au Compagnonnage en France, par Ginette Fauquet, romancière et poétesse vivant au Québec. Ce livre est coédité par les éditions David à Ottawa (Canada) et la librairie-éditions La Vouivre à Paris. Présentation détaillée de ce livre à la page suivante : Pour lire le texte intégral de la préface où il est question de la présence compagnonnique parmi les premiers émigrants en Nouvelle-France : Pour télécharger un bon de commande au format PDF, à compléter et à adresser directement par poste à La Vouivre. ou vous connecter au site Internet de La Vouivre. Jean-Michel Mathonière

 

La propriété intellectuelle du contenu de ce site est protégée par un dépôt à la Société des Gens de Lettres

Page précédente haut de page Accueil

nous écrire