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de Charlemagne
A Conques*, dans le Trésor de l’abbaye, les pèlerins
peuvent s’émerveiller devant “ l’A de Charlemagne
”, un reliquaire du début du XIIe siècle que la chronique
de l’abbaye, rédigée à la même époque,
présente comme ayant été donné par Charlemagne.
Fondateur d'une vingtaine de monastères, l’empereur aurait
envoyé à chacun un reliquaire ayant la forme d’une
lettre de l'alphabet, le A désignant Conques comme “ le premier
de ces monastères ”. Une manière ingénieuse
de se placer dans la longue cohorte des églises qui se réclament
de ce fondateur prestigieux ! Les autres lettres n’ont pas été
retrouvées, à l’exception du Y*.
Abiathar
Apparaît dans la légende* de saint Jacques comme le grand
prêtre qui fit passer une corde au cou de l'apôtre et le conduisit
devant le roi Hérode Agrippa qui le condamna à avoir la
tête tranchée. (Voir martyre).
Abbé laïc
En Béarn les abbés laïcs furent, au Moyen Age, de simples
particuliers qui usurpèrent ou achetèrent des dîmes
ecclésiastiques et devinrent, dans certains cas, propriétaires
de maisons possédant des droits sur les établissements religieux
qu’ils avaient fondés sur leurs propres terres. Ce ne fut
qu'au XVIe siècle que tous furent admis dans la noblesse. Les armoriaux
du XVIIe siècle mentionnent ainsi les abbés laïcs de
la famille d'Espalungue, apparue à Béost* au XVIe siècle.
Abbaye
Depuis le Moyen Age, une abbaye est le lieu de résidence de moines
(ou de moniales) vivant sous la direction d’un abbé (ou d’une
abbesse). Nombreuses furent celles qui adoptèrent, et vivent encore,
sous la règle de saint Benoît. Conformément à
cette règle, elles comptent toutes une hôtellerie où
sont reçus tous les passants, y compris les pèlerins. Cette
hôtellerie est extérieure à la clôture, c’est-à-dire
aux bâtiments où vivent les moines (dortoirs, cuisines, bibliothèque,
salle du chapitre*, ordonnés autour du cœur du monastère,
le cloître). Les voyageurs riches laissaient tous une somme d’argent
en paiement de leur séjour. Aujourd’hui encore, les abbayes
reçoivent, parfois dans des structures hôtelières
importantes. Pas plus que les autres, les abbayes Saint-Jacques n’ont
été (et ne sont) spécialisées dans l’accueil
des pèlerins de Compostelle.
Abbeville
(Somme, ch.l-ar.)
Un quartier de la ville porte le nom de saint Jacques, patron* des bateliers
de la Somme. L'église* paroissiale Saint-Jacques a été
reconstruite au XIXe siècle à l'emplacement d'une église
déjà mentionnée au XIIe siècle. Fin 2005,
elle est en très mauvais état et son accès est interdit.
Abraham
Ce personnage de la Bible* est l’ancêtre des croyants. A l’appel
de Dieu* il a quitté son pays pour se mettre en route vers une
terre que Dieu promettait à sa descendance (Gn 12, 1-8) A ce titre
il est souvent présenté comme le premier des pèlerins.
Mais, contrairement à nos pratiques contemporaines, son pèlerinage*
ne connut point de retour*. Peut-être faut-il voir là l’origine
de l’expression “ pèlerinage de vie humaine ”
qui élargit le sens des mots pèlerin et pèlerinage
et donne une autre vision des récidivistes* et de toutes les formes
de prolongation de l’expérience du chemin ?
ACIR (Association de Coopération Interrégionale)
Bien que sous le régime de la loi de 1901, l’ACIR ne doit
pas être considérée comme une association* de pèlerins.
Créée à l’initiative de la Région Midi-Pyrénées,
en 1990, les membres majoritaires de son Conseil sont des personnes morales,
en particulier les trois Régions Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon
et Aquitaine qui la subventionnent. Son objectif est “ la revitalisation
culturelle et pédagogique des anciennes voies de pèlerinage
”. Il traduit son adhésion à l’hypothèse
qu’il existait des voies de pèlerinage différentes
des voies de communication empruntées à chaque époque
par tous les voyageurs. En ce qui concerne l’histoire, cette association
soutient les idées de la Société des amis de saint
Jacques qui en est membre. Elle a préparé avec elle le dossier
français d’inscription au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO*.
Elle contribue à propager l’idée que, comme en Espagne,
les chemins de Compostelle en France sont inscrits au Patrimoine* Mondial.
Actes de saint Jacques
Les Actes de saint Jacques sont des textes apocryphes*, rédigés
entre 750 et 800, que le Moyen Age a considérés comme émanant
du Majeur. Ils décrivent comment, après la mort du Christ
“ le bienheureux Jacques s’en alla dans les villes de Judée.
Il imposait les mains aux malades, aux démoniaques qui venaient
à lui et aussitôt tous étaient délivrés
de leurs maux ”. Ils relatent les funérailles de ce premier
apôtre martyr, le 30 avril à Jérusalem. “ Des
prodiges insignes, nombreux, merveilleux et surprenants se produisirent
sur son tombeau, non seulement sur le moment mais même encore aujourd’hui
”
Actes des apôtres
Ce cinquième livre du Nouveau Testament est attribué à
saint Luc, rédacteur du troisième Evangile. Il est daté
du Ier siècle de notre ère. Avec les Catalogues* apostoliques
il a contribué à établir la légende* de la
venue de saint Jacques en Occident. Au XIIe siècle à Compostelle,
il a inspiré le rédacteur du Codex Calixtinus pour établir
la liste des peuples qui viennent vénérer l’apôtre
(Ac 2, 8-11). De cette liste est venue l'affirmation sans cesse répétée
de “ foules nombreuses ” puis de “ millions* de pèlerins
” se rendant à Compostelle.
Accueil
L’augmentation du nombre de pèlerins a conduit au développement
de structures d’accueil, nouvelles formes de l’hospitalité*
médiévale. Les initiatives en ce sens sont publiques, souvent
municipales, ou privées, orientées par le souci de rendre
un service. De plus en plus d’anciens pèlerins s’y
investissent mêlant parfois une activité commerciale à
un “ accueil pèlerins ” plus désintéressé,
voire gratuit ou laissé à la libre appréciation de
celui qui le reçoit. Faut-il que l'accueil des pèlerins
soit une charge pour les contribuables dans certaines municipalités
ou pour les fidèles dans certaines paroisses ou diocèses*
? Les pèlerins sont-ils les seuls à avoir besoin de renouveau
et de rupture avec le quotidien ? N'y a-t-il pas d'autres urgences que
l'accueil de pèlerins qui, dans leur immense majorité, ont
les moyens financiers d'assumer leur pèlerinage ? Faire le pèlerinage
de Compostelle ouvre-t-il le droit de vivre à la charge de la communauté
?
Adalard (ou Alard)
A l’hôpital-dômerie* d’Aubrac*, l’identité
d’Adalard pose problème. Fut-il vraiment le premier maître
de la maison, vicomte de Flandre et pèlerin de Compostelle ? Tous
les textes relatant son histoire datent du XVIIe siècle. Quand
on sait le nombre de faux* que des fondations ont pu susciter, mieux vaut
alors parler d’une légende, forgée peu à peu.
La plus achevée se présente comme une copie de copie d’un
texte du XIIIe siècle ! La voici, dans toute sa poésie et
son mystère : Adalard, revenant de Compostelle avec sa suite de
trente chevaliers, traversait l'Aubrac au crépuscule et cherchait
un abri pour la nuit lorsqu'il avisa une grotte, “ dans un lieu
épais et ténébreux ”. Ils y trouvèrent
vingt à trente têtes de voyageurs assassinés. Ce ne
pouvait être que des pèlerins de Compostelle ! Le Christ
apparut alors et demanda à Adalard de fonder un hôpital en
ce “ lieu d’horreur et de vaste solitude (citation empruntée
au Deutéronome, 32, 10). Adalard acheva son pèlerinage et
revint, seul, obéir à l'ordre divin ”. Une autre version
est représentée sur une tapisserie du XVIIe siècle
tendue dans l'église : Adalard avait fait son vœu* en partant
à Compostelle mais l'avait oublié. Au retour, alors qu'il
retraversait l’Aubrac, il fut rappelé à l’ordre
par le Christ qui fit tomber sa mule dans la neige épaisse. Au
XIXe siècle, la fondation est racontée d’une manière
encore différente : “ Attaqué par des bandits en ce
lieu alors qu’il se rend à Compostelle, Adalard fait le vœu,
s’il leur échappe, d’y fonder un asile pour recevoir
et escorter les pèlerins. Au retour, il fonde l'hôpital-dômerie
d'Aubrac, avec des prêtres, douze chevaliers pour escorter les pèlerins
et défendre la maison, des frères et des sœurs, ainsi
que des oblats. Et il reste là pour le restant de ses jours ”.
Adoptianisme
Hérésie faisant de Jésus le “ fils adoptif
” de Dieu, élaborée au VIIIe siècle par Elipand,
évêque de Tolède, sous l’influence de l’Islam,
attaché à un Dieu unique. Elle se répandit dans l’Espagne
catholique, en particulier dans les Asturies et en Galice. Charlemagne*
soutint vigoureusement les papes dans la lutte contre cette hérésie.
Il se peut que la légende de sa venue en Espagne soit liée
à cette intervention dans la lutte contre l’adoptianisme.
De même, l’invention* de la relique du corps de saint Jacques
en Galice est venue à point nommé renforcer l’Eglise
après les querelles suscitées par cette hérésie.
Agonie
Nuit de prière du Christ au Jardin des Oliviers avant son arrestation.
Il avait demandé à ses trois disciples préférés,
Pierre, Jacques et Jean, déjà présents à sa
Transfiguration* de l’accompagner pour “ veiller et prier
” mais ils s’endormirent à l’heure où
Jésus était en proie à l’angoisse de la mort
(Mat 26, 37).
Aimeric Picaud
Voir Picaud
Aire-sur-la-lys
(Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer)
La chapelle* Saint-Jacques de l’église Saint-Pierre a longtemps
abrité une moitié d’un chef * de saint Jacques, relique*
venue au XIIe siècle de l’abbaye Saint-Vaast d’Arras*.
Un riche reliquaire* posé sur l’autel était offert
à la vénération des nombreux pèlerins venus
implorer l’intercession de saint Jacques pour ressusciter* des enfants.
Un mur de la chapelle est orné de peintures murales datant des
premières années du XVIIe siècle. Elles relatent
l’histoire mouvementée de cette relique et les nombreux miracles
qu’elle a accomplis. Aire fut un sanctuaire de pèlerinage
très actif, si important qu’il a même survécu
aux guerres de Religion. Il était géré par deux confréries*,
la “ grande ” rassemblant une centaine de pèlerins
de Compostelle, la “ petite ” restant locale avec plus de
cinq cents membres. Chaque année une procession solennelle parcourait
la ville, portant le reliquaire précédé d’un
porte-étendard à cheval représentant saint Jacques
Matamore*, “ pour mémoire des anciennes victoires remportées
contre les Infidèles ”.
Aix-en-Provence
(Bouches-du-Rhône)
Plusieurs petits bas-reliefs représentant des pèlerins de
saint Jacques tous semblables s’échelonnent dans un quartier
de la ville proche de la cathédrale. S'agit-il des maisons de confrères
d'une confrérie Saint-Jacques ? Le mystère de leur signification
demeure.
Albergue
En Espagne, nom des gîtes* théoriquement réservés
aux pèlerins piétons ou cyclistes. Certaines sont privées,
d'autres publiques. Elles ont été très développées
à partir de l’année sainte* 1993. En principe on ne
réserve pas dans ces gîtes ; les places sont pour les premiers
arrivants. Pour y être accepté, il faut présenter
la crédencial* ou carnet* de pèlerin. Les prix sont variables.
Lorsqu’ils sont laissés au libre choix des passants (formule
dite du donativo*), ceux-ci ont parfois tendance à oublier que
tout a un coût, même avec des hospitaliers* bénévoles.
Rien ne justifie qu’un pèlerin vive aux crochets de la communauté.
Alchimie
Ancêtre de la chimie, l’alchimie cumulait la recherche de
la fabrication de l’or et celle de la pierre philosophale, autrement
dit l’élixir de longue vie. Toujours drapée dans les
brumes de l’ésotérisme*, elle continue d’avoir
des adeptes qui pensent que Compostelle est un chemin initiatique au bout
duquel ils risquent de trouver la “ Connaissance* ”. Certains
sont guidés par l’amalgame entre les deux livres de Paulo
Cœlho*, L’alchimiste (1994) et Le pèlerin de Compostelle
(1996). D’autres se réfèrent à Fulcanelli*
qui, en 1925 dans Le mystère des cathédrales, affirmait
que les alchimistes, munis de leur coquille* devaient “ accomplir,
avec le bourdon* pour guide et la mérelle* pour enseigne, ce long
et dangereux parcours ” afin d’obtenir la compost-stella*,
qui conjugue la terre et le ciel (compost=terre, stella=étoile=ciel).
En effet, l’une des phases décisives du Grand Oeuvre est
celle où, sur la matière préparée (compost)
surgit une étoile, signe de la réussite prochaine des travaux.
Le pèlerin serait le symbole de l’alchimiste et le pèlerinage
celui de sa quête*. Cette référence au chemin de Compostelle
dans la mythologie alchimique ne date que du XVIe siècle. En cette
époque de Contre-Réforme* où l’alchimie pouvait
sentir le soufre, il était bon qu’elle reste dans l’orthodoxie
sur un chemin menant dans l’Espagne très catholique. On pouvait
s’appuyer sur l’illustre exemple de Raymond Lulle*, pèlerin
de Compostelle au XIIIe siècle, auquel on prête des écrits
alchimiques. Dès 1561 un alchimiste affirmait que Nicolas Flamel*
avait trouvé la Connaissance sur ce chemin, et cette idée
a duré longtemps. En 1590, l’auteur (anonyme) du Discours
d'auteur incertain sur la pierre des philosophes évoque saint Jacques
en référence cette fois à son Epître* où
il compare les œuvres chrétiennes et le Grand Oeuvre alchimique
: “ me souvins de l’Epître de saint Jacques qui dit
: Et la foi sans les œuvres est morte… je dis il est temps
de travailler… et résolus de mettre la main à ce grand
œuvre… ”. En 1604 le moine allemand Basile Valentin,
alchimiste, évoque, dans Le char triomphal de l’antimoine,
son “ difficile voyage à Compostelle ”, preuve qu’il
n’avait pas basculé dans le Protestantisme. Les alchimistes
du XVIIe siècle ont ensuite pensé que toutes les grandes
fortunes provenaient de l’alchimie. Selon eux, celle de Jacques
Cœur* y puisait sa source : les coquilles de ses armoiries* semblaient
même affirmer qu’il aurait trouvé l’or sur le
chemin de Compostelle.
Alexandre VI
C'est seulement après la prise de Grenade en 1492, sous le règne
des Rois* catholiques Ferdinand d'Aragon et Isabelle la Catholique, que
le pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia, pape de 1492 à 1503) a déclaré
que Compostelle était, avec Rome et Jérusalem, l'un des
“ trois grands pèlerinages de la chrétienté
”. Il l’a fait dans le cadre d’une coalition italo-espagnole
destinée à contrer les visées du roi de France en
Italie.
Alphonse VI (1072-1109)
A partir de 1078, Alphonse VI, devenu roi de Castille, Léon et
Galice est assez fort pour lutter contre les musulmans et envisager le
siège de Tolède. Il engage une politique d'alliances avec
les Bourguignons*. En 1080 il épouse Constance, nièce du
saint abbé de Cluny*, Hugues. Tolède prise en 1085, Alphonse
VI donne sa fille Urraca* en mariage à Raymond, fils du comte de
Bourgogne. Mais Raymond meurt en 1108, Alphonse VI en 1109. L’héritier
de la couronne, Alphonse-Raymond, né en 1105, est un enfant de
trois ans, le futur roi de Castille, Alphonse VII*.
Alphonse VII (1105-1157)
Fils de Raymond de Bourgogne († 1108) et petit-fils du roi Alphonse
VI*. Héritier du trône, sa minorité fut troublée
par le remariage de sa mère, la reine Urraca*, avec le roi d’Aragon
qui avait des visées sur le royaume. Soutenu par ses parrains et
co-tuteurs, l’évêque de Compostelle Diego Gelmirez*
et le futur pape Calixte* II, l’infant fut proclamé roi de
Castille et de Léon (Galice incluse) en 1112. En 1135, il se déclara
empereur d’Espagne, héritier de Charlemagne. La Chronique*
d’Alphonse VII, écrite peu après sa mort, le décrit
comme “ le chef de l’Empire de tous, l'égal de Charles
”. A la cérémonie du couronnement, dit la Chronique,
avaient été invités “ tous les seigneurs de
la Gascogne* et des régions qui s’étendent jusqu’au
Rhône, ainsi que Guillaume de Montpellier. Ils arrivèrent
ensemble, reçurent du roi de l’argent et de l’or, de
nombreux cadeaux divers et précieux, beaucoup de chevaux, se reconnurent
comme ses sujets et promirent de lui obéir en toute chose. Et beaucoup
d’autres fils de comtes, de ducs et de seigneurs de France, ainsi
que des Poitevins en grand nombre vinrent aussi, et reçurent des
armes ainsi que d’autres présents en grande quantité
”. L’espoir d’Alphonse VII n’eut guère
de suite puisque, deux ans plus tard, Aliénor apportait l’Aquitaine*
en dot au roi de France Louis VII*. A sa mort, en 1157, son fils Sanche
III lui succède, mais il meurt l’année suivante, laissant
le trône à son fils Alphonse VIII*, âgé de trois
ans, ce qui entraîna une minorité très agitée.
Alphonse VIII (1155-1214)
Alphonse VIII est le petit-fils du roi Alphonse VII*, le fils de Sanche
III. Pour asseoir sa légitimité, la Chronique* d’Alphonse
VII fut écrite, en 1157, racontant comment son grand-père
avait été le successeur de Charlemagne*. Mais la situation
n’était plus la même : le duc d’Aquitaine Guillaume
X*, mort en 1136, avait donné sa fille Aliénor en mariage
au roi de France Louis VII*. L’Aquitaine était devenue partie
du domaine royal. Après la rupture entre les époux, elle
passa par second mariage entre les mains du roi d’Angleterre (1152).
L’Espagne ne perdit pas espoir et donna pour épouse à
Alphonse VIII, en 1177, Aliénor d’Angleterre, fille de Henri
II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine. Elle
lui apportait en dot le comté de Gascogne*, ce qui concrétisait
enfin une partie des espoirs d’Alphonse VII.
Alphonse de Poitiers
Au XIIIe siècle, Alphonse de Poitiers (1220-1271), fils de Blanche*
de Castille et frère du roi saint Louis, avait fait vœu* d’un
pèlerinage à Compostelle. Il le commua par testament en
don d’un cierge qui devait brûler en permanence sur l’autel
de saint Jacques à Compostelle. Par la suite, cette donation fut
incluse dans l’entretien de la chapelle* des Rois de France. (Aujourd’hui,
ce sont quatre cierges qui brûlent, par la volonté d’Alphonse
XI pour commémorer l’éclatante victoire sur les maures,
en 1340, sur le rio el Salado, près de Tarifa, en Andalousie,)
Altitude
Il y a trois difficultés dans la marche : la charge, la distance
et le dénivelé*. Le profil du chemin et les calculs des
dénivelés permettent de comprendre les caractéristiques
du parcours et les différences entre la partie française
et la partie espagnole du chemin. Une fois le Massif Central traversé,
le chemin du Puy est plutôt un chemin de basse altitude (autour
de 200 m) tandis que le Camino francés est presque toujours au-dessus
de 800 m. (D’après un article de Madeleine Griselin sur le
chemin du Puy)
Amaryllis croix Saint-Jacques
Plante originaire du Mexique, dont la couleur rouge évoque la croix
rouge de l’Ordre* de Santiago. Elle est aussi nommée Lys*
Saint-Jacques ou Lys des Incas ou alstrœmeria peregrina ou Sprekelia
formosissima (du nom du botaniste Sprekelsen) ou amaryllis formosissima
(XVIIIe siècle)
Amédée VIII / Félix V
Amédée VIII (1383-1451) fut comte de Savoie en 1391, duc
de Savoie en 1416 (reconnu par l’Empereur Charles). En 1434 il abdique
en faveur de son fils Louis et fonde l’ordre des chevaliers.de Saint-Maurice.
En 1439, le concile* de Bâle le nomme pape sous le nom de Félix
V, face au pape de Rome, Nicolas V, qui finit par l’emporter. Amédée
renonce à sa charge en 1449. Il fit de Sébastien Ilsung*
son ambassadeur lorsque ce dernier passa à sa cour en 1446.
Amiens
(Somme)
Dans la cathédrale, une chapelle Saint-Jacques est mentionnée
en 1253 (côté sud, dans la 1ère chapelle après
la chapelle axiale du déambulatoire). Une relique* du menton de
saint Jacques apparaît au XIVe siècle, vénérée
sur un autel Saint-Jacques inclus, lui, dans le jubé ; il était
l’autel de la confrérie* Saint-Jacques des merciers. Tout
a disparu, mais, dans le bras sud du transept de la cathédrale,
on admire aujourd’hui encore un haut-relief dit “ la clôture
de Saint-Jacques ”. Cette œuvre du XVIe siècle présente
en quatre épisodes la conversion du magicien Hermogène*
par saint Jacques, telle que la raconte la Légende dorée*.
Le chanoine donateur s’était fait inhumer à son pied,
se plaçant implicitement sous la protection de l’apôtre
“ passeur* des âmes ”. Saint Jacques apparaît
encore au portail central de la cathédrale, aux côtés
de saint Jean et, aussi, à la base de la flèche reconstruite
entre 1528 et 1531. La ville comprend encore un quartier Saint-Jacques*,
né autour d’une église bâtie au début
du XIIIe siècle, à l’ouest, lorsque la ville déborda
de l’enceinte du XIIe siècle. En 1417, Simon Le Bourguignon
fit un legs à la “ confrérie instituée en l’église
Saint-Jacques pour les pèlerins ” dont il était membre.
Il est à noter que rien ne permet de faire de ces “ pèlerins
” d’anciens pèlerins de Compostelle, d’autant
qu’Amiens était un sanctuaire où des foules venaient
vénérer le chef de saint Jean-Baptiste. En 1314, un hôtel-Dieu*
Saint-Jacques, aujourd’hui disparu, fut fondé au nord de
la ville, sur la grande route des Flandres par un bourgeois ayant fait
fortune dans la guède. Ce dernier fonda également une chapelle*
Saint-Jacques dans le cimetière Saint-Denis. La confrérie
des Trépassés y avait son siège. On peut penser que
le saint patron fut choisi en raison de sa qualité de “ passeur
des âmes ”. Une fontaine Saint-Jacques fut mise en service
en 1755, peut-être à l’emplacement d’une source
plus ancienne. Quant à la maison dite aujourd’hui “
maison du pèlerin ”, son qualificatif remonte aux années
1990.
Amigos de los Pazos (Amis des châteaux)
Déclarée d'utilité publique par le Gouvernement espagnol,
cette association s'occupe de la défense du patrimoine artistique.
Dès 1980, elle a mené une campagne en faveur de Saint-Jacques-de-Compostelle
et de son chemin. En mai 1982, estimant que le Chemin de Saint-Jacques
revêtait une dimension internationale et faisait partie du patrimoine*
artistique et religieux européen, elle a demandé au président
de l'Assemblée parlementaire du Conseil* de l'Europe, de le reconnaître
comme un “ bien culturel commun de l'Europe ”.
Amours et pèlerinage
Voir Pèlerin (pèlerins de l’Amour).
Ampoules
Rares sont les marcheurs qui n’en ont pas été victimes
un jour ou l’autre. Les plus optimistes disent qu’elles éclairent
la marche d’un jour nouveau, les plus malchanceux qu’il leur
a fallu s’arrêter plusieurs jours ; d’autres qu’ils
ont marché les talons à l’air en espadrilles le temps
nécessaire à leur guérison. Elles divisent les marcheurs
en deux clans qui parfois pourraient en venir aux mains à force
d’avoir mal aux pieds : faut-il les percer ou pas ? Certains laboratoires
pharmaceutiques proposent des protections miracles dont l’auteur
de ces lignes a constaté combien elles avaient contribué
à aggraver son cas. Des magasins de sport proposent, eux, des chaussettes
à plusieurs composants… finalement à chacun sa lumière
et, en chemin, son bon Samaritain.
Ampoules de pèlerinage
Petites fioles d'étain que les pèlerins achetaient au sanctuaire
pour transporter de l'huile sainte ou de l'eau bénite. Elles étaient
marquées d'un signe caractéristique permettant d'identifier
le sanctuaire d'où elles provenaient. Celles de Compostelle sont
souvent en forme de coquille Saint-Jacques.
Ane
Animal quadrupède, utilisé souvent comme une bête
de somme. On lui attribue à tort la bêtise alors qu’il
est très intelligent mais comprend lentement. Pérégriner
avec un âne est une idée qui fait rêver. Aux temps
anciens, nos ancêtres l’utilisaient couramment pour transporter
leurs charges : les entreprises de transport* de bagages à but
lucratif qui ont fleuri sur le Chemin n’existaient pas… De
nos jours randonner avec un âne, c’est avoir un porte-bagages
à quatre pattes bien commode. Mais attention : un âne n’est
pas comme une voiture dans laquelle on met une clef et on part…
Son maître ne doit pas oublier qu’il est entièrement
responsable de lui qui n’a rien demandé. Si l’âne
est négligé, le reste du voyage risque d’être
compromis, voire de devenir l’enfer. Le maître est le chef,
et l’âne doit le savoir. À l’étape, même
épuisé, avec les pieds en ruine, le maître doit d’abord
s’occuper de son âne : le brosser sur tout le corps (il adore
ça) pour s’assurer qu’il n’est pas blessé
; lui curer les membres ; lui donner à boire, à manger ;
lui trouver un endroit sécurisé pour dormir; ensuite, seulement
le pèlerin aura le droit de s’occuper de lui et de ses pieds.
Malgré ces contraintes, il aura toujours un ami fidèle et
avec quelques petits soucis, de grandes joies. (Pierre Prénat)
Angers
(Maine-et-Loir)
L’église Saint-Jacques d’Angers fut consacrée
au XIIe siècle par l’évêque Ulger, qui fut pèlerin
de Compostelle et a témoigné d’une grande dévotion
à saint Jacques. Elle est située dans l’actuelle rue
Saint-Jacques (avant 1880, rue du faubourg Saint-Jacques). Elle a subi
plusieurs fois des restaurations importantes, la dernière étant
celle du campanile en 1993, ce qui souligne une affection certaine des
angevins. Jusqu’à la Révolution, chaque 25 juillet,
elle a été le but des processions* des confrères
de la confrérie* Saint-Jacques, processions qui se terminaient
parfois en scandales. En 1518, cette confrérie rédige de
nouveaux statuts qui montrent qu’à cette date, elle accueillait
principalement d’anciens pèlerins de Compostelle. Aujourd’hui,
la ville a oublié qu’elle a possédé un tombeau*
de saint Jacques, situé dans la crypte de l’église
Saint-Pierre, communiquant avec Saint-Maurille. D’après les
données archéologiques il semble plausible que l’aménagement
ait été l’œuvre de l’évêque
Ulger. D’où tenait-il ce corps ? On ne sait. Ecrit en 1610
par Claude Ménard, un livre passionnant présente quelques
hypothèses et rapporte que les pèlerins revenus de Compostelle
descendaient à la crypte pour rendre grâce à saint
Jacques. Quelques couplets humoristiques racontent même que ces
pauvres pèlerins s’étaient fait moquer par les Espagnols
leur demandant pourquoi ils venaient de si loin alors qu’ils avaient
saint Jacques chez eux… Le tombeau a disparu dans l’indifférence
générale, en 1870, lors de l’aménagement de
la place du Ralliement. Mais, curieusement, la densité exceptionnelle
des vestiges attachés à saint Jacques autour de la ville
semble comme un souvenir du mystérieux tombeau, disparu de la mémoire
collective.
Année sainte ou année jubilaire
Année au cours de laquelle l'Eglise accorde des grâces spirituelles
particulières. Selon l’Ancien Testament, ces années
étaient célébrés tous les 50 ans sous le nom
de jubilés* (Lv 25). Dans le Nouveau Testament, Jésus dit
qu'il vient annoncer “ une année de grâce du Seigneur
” (Lc. 4, 16). Cette coutume a été reprise dans l’Eglise
qui célèbre des années saintes universelles. Certains
grands sanctuaires, comme Compostelle ou Le Puy* ont défini des
années saintes particulières.
- A Rome
En 1300 le pape Boniface VIII institue un jubilé renouvelable tous
les 100 ans. La grâce accordée est l’indulgence* plénière
pour tous ceux qui visiteront chaque jour pendant 15 jours les églises
Saint-Pierre et Saint-Paul. Clément VI (1342-1352) prévoit
ensuit un jubilé tous les 50 ans, donc un jubilé en 1350.
En 1450 Nicolas V (1447-1455) instaure enfin un jubilé tous les
25 ans.
- A Compostelle
Les années jubilaires sont celles où le 25 juillet, fête
de saint Jacques, est un dimanche, en mémoire de ce que la découverte
du tombeau* de saint Jacques fut faite un dimanche. Elles se présentent
avec une périodicité de 11, 6, 5, 6 ans. Une fausse* bulle
papale de 1179 et la Chronique* d’Alphonse VII voudraient faire
remonter à 1122 l’octroi par Rome de cette année jubilaire.
En réalité, elle ne peut pas être antérieure
au jubilé de Rome, cité dans cette bulle. Il est possible
que l’année sainte ait été instaurée
par Béranger de Landore*. Parmi les années saintes les plus
notables des XXe et XXIe siècles : 1937 et 1948 avec la présence
du général Franco* ; 1954 avec le pèlerinage de la
Paix auquel participe une délégation française conduite
par Mgr. Feltin*, cardinal-archevêque de Paris, président
de Pax Christi ; 1965 avec les chevauchées organisées par
René de La Coste-Messelière* ; 1982 marquée par le
pèlerinage de Jean-Paul II* qui, depuis Compostelle, lance son
appel à l’Europe pour qu’elle “ se souvienne
de ses racines chrétiennes ” ; 1993 première année
sainte après les JMJ* (Journées Mondiales de la Jeunesse)
; 1999 dernière année jubilaire du XXe siècle, 2004
première année sainte du nouveau millénaire, qui
a connu un nombre record de pèlerins. La prochaine est en 2010.
Antonins
L’Ordre hospitalier des Antonins a été créé
au XIe siècle à Saint-Antoine-de-Viennois (aujourd’hui
Saint-Antoine-l’Abbaye, Isère). Sa fonction était
de soigner les malades atteints du “ feu de saint Antoine ”,
tout en accueillant les pèlerins venus vénérer la
relique de saint Antoine. Ce sanctuaire figurait sur la liste des pèlerinages
pénitentiels* mineurs. Il était fréquenté
aussi par des pèlerins des régions voisines qui l’associaient
parfois à celui de Saint-Claude et du Puy*. L’Ordre a essaimé
en de nombreuses commanderies qui, elles aussi fonctionnaient comme lieux
de pèlerinage à saint Antoine. Contrairement à une
idée reçue, aucun texte ne permet d’affirmer que ces
commanderies jalonnaient de quelconques chemins de Compostelle.
Apocalypse
Le Nouveau Testament a retenu sous ce nom un des livres de révélations
sur les destinées de l’humanité parmi ceux qui sont
apparus chez les Juifs aux alentours de l’ère chrétienne.
Il est attribué à Jean l’Evangéliste, frère
de Jacques* le Majeur, qui l’aurait rédigé au Ier
siècle lors des persécutions des chrétiens pour les
aider à garder l’espérance. Les visions de saint Jean
concernant les foules d’élus et la Jérusalem céleste
se retrouvent transposées dans les sermons du Codex Calixtinus,
celle “ d’une foule immense de toute nation, race et peuple
” et celle de la cathédrale dont “ les portes restent
ouvertes de jour comme de nuit ”. Comme beaucoup d’autres
églises, Compostelle est comparée à la cité
céleste. Mais elle est la seule à avoir eu l’idée
géniale de valoriser aussi le Chemin qui mène vers elle,
et de faire du Camino* francés l’image du fameux “
chemin d’étoiles ”, la Voie* Lactée décrite
dans la Chronique* de Turpin. 
Apocryphe
Ecrit relatif aux premiers temps du christianisme, non reconnu par le
Canon de l’Eglise. Le Protévangile* de Jacques et les Actes* de Jacques
en font partie. Les Actes latins des apôtres ou les Catalogues* apostoliques
sont des apocryphes, faussement attribués à des auteurs faisant autorité
(Abdias, saint Jérôme, Isidore de Séville) afin de les rendre crédibles.
Ils apportent des informations sur saint Jacques qui doivent être considérées
comme légendaires.
Apôtre
Nom donné aux douze compagnons les plus proches du Christ. L’Evangile
de Matthieu (6, 2-4) en donne la liste : “ Voici les noms des douze apôtres.
Le premier, Simon, que l'on appelle Pierre, et André, son frère ; Jacques*
fils de Zébédée et Jean son frère ; Philippe et Barthélémy ; Thomas et
Matthieu le collecteur d'impôts ; Jacques*, fils d'Alphée et Thaddée ;
Simon le zélote et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra ”. Deux
apôtres portaient donc le nom de Jacques, mais ils sont souvent confondus
dans l’esprit des fidèles. On les distingue par les qualificatifs de Majeur
et Mineur. Compostelle prétend posséder le tombeau de Jacques le Majeur.

Aquitaine
A partir du IXe siècle, l’Aquitaine est une très vaste
principauté indépendante, bornée à l’ouest
par l’Atlantique, au sud par les Pyrénées, et s’étendant
au nord presque jusqu’à la Loire et à l’est
jusqu’au Rhône. Très tôt elle eut des liens politiques
forts avec la Galice et la Castille : au tournant de l’an Mil, le
duc Guillaume* d’Aquitaine (933-1030) allait régulièrement
à Compostelle puis, vers 1070, Alphonse VI* épousa Agnès,
11 ans, fille de Guillaume VI comte de Poitiers. Quatre des grands sanctuaires
indiqués dans le Guide* du pèlerin marquent les limites
de cette grande région convoitée par l’Espagne d’Alphonse
VII*. L’Aquitaine fut rattachée au domaine royal français
en 1137 lors du mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec
le roi Louis VII*, mais elle en sortit lors de leur divorce, en 1152.
Elle passa dans le domaine royal anglais par le remariage d’Aliénor
avec Henri Plantagenêt. En 1258 elle fut reconnue possession anglaise
sous le nom de Guyenne (Bordelais, Périgord, Limousin, Quercy et
Gascogne*) avant de redevenir française en 1453 (bataille de Castillon).
Arbre Saint-Jacques
De tout temps, les arbres isolés ont fait partie des repères
offerts aux voyageurs. Parfois, comme à Issoudun, ils portent un
nom indiquant la distance depuis la ville : “ orme des deux lieues
”, “ orme des trois lieues ”. Plus souvent, ils portaient
le nom du lieu où ils étaient plantés. Au Puy, dans
le quartier Saint-Jacques, “ l’arbre Sainct-Jacme ”
marquait la limite avec les paroisses voisines d’Espaly et de Val.
A Bouffry (Loir-et-Cher), un “ frêne de Saint-Jacques ”,
haut de 28 mètres, était un repère planté
près de la maladrerie* Saint-Jacques d’Aigrefins, au sommet
de la butte la plus haute de la région (env. 250 m.), que l’on
voyait depuis Chartres et Vendôme. Il fut abattu par une tempête
le 30 mars 1892. Ce frêne disparu a été parfois confondu
avec son proche voisin, le “ chesne de Cormont ” (replanté
en 1997) qui figure sur la carte de Cassini, dans lequel le géographe
avait installé un observatoire.
Archevêché
Circonscription ecclésiastique regroupant plusieurs diocèses*,
administrée par un archevêque*. Synonymes : province ecclésiastique
ou métropole, d’où la désignation de l’archevêque
comme métropolitain d’une province ecclésiastique.
L’archevêque administre le diocèse où il réside.
Il a simplement sur les évêques des pouvoirs de juridiction.
Compostelle fut érigée au rang d’archevêché
en 1120, par la grâce du nouveau pape Calixte II. Le titre fut enlevé
à Mérida, sur la via* de la Plata.
Archevêques de Compostelle
Quelques archevêques ont, plus que d’autres, marqué
l’histoire des relations entre la France et Compostelle, Diego Gelmirez*
au XIIe siècle, Béranger de Landore* au XIVe, Miguel Paya
y Rico* au XIXe, Quiroga y Palacio* au XXe.
Architecture
L’architecture des sanctuaires de pèlerinage a été
mise en évidence et étudiée par Emile Mâle*.
Arles
(Bouches-du-Rhône, ch.-l. ar.)
Arles doit son inscription au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au
titre des chemins de Compostelle au fait qu’elle est mentionnée
par le Guide* du pèlerin qui conseille de visiter Saint-Trophime,
Trinquetaille et les Alyscamps. Mais, bien plus qu’au Guide resté
confidentiel, Arles doit sa notoriété dans toute l’Europe
à la mention des Alyscamps dans la Chronique* de Turpin. Ils sont
“ deux cimetières sacro-saints et vénérables
” où furent enterrés dix mille combattants de Roncevaux
(l’autre cimetière est à Blaye*). Ensuite, pour l’âme
de ces chevaliers, Charlemagne* donna aux pauvres de la ville 12000 onces
d’argent et autant de besans d’or. Cette notoriété
trouve peut-être un écho dans cette mention d’un hôpital
Saint-Jacques et Saint-Philippe fondé (XIVe-XVe siècle ?)
pour recevoir “ les pèlerins qui venaient de tous les coins
du monde visiter le cimetière d’Alyscamps ”. Aujourd’hui,
deux statues s’offrent au pèlerin qui cherche saint Jacques,
l’une en façade de Saint-Trophime où il est présent
parmi le collège* des apôtres, l’autre, plus intéressante
parce que rare, sur un pilier du cloître où Jacques est à
la gauche du Christ, ce dernier ayant un autre apôtre à sa
droite (saint Pierre ?).
Armes parlantes
Blasons* dont la lecture est facilitée par un jeu de mots ou une
image rappelant de façon simple le nom du propriétaire.
Ainsi le blason de la ville de Grenade porte un fruit du grenadier, celui
de Jacques Coeur* porte coquilles et cœurs et celui de la Galice
est un calice. Le gisant de Pierre Pellerin -1494- (musée de Saint-Amand)
porte un blason avec “ trois bourdons de pèlerin, en pal,
chargés chacun d'une coquille ”.
Armoiries
Voir héraldique
Arnold von Harff
Voir Harff (Arnold von)
Arras
(Pas-de-Calais)
Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-Vaast d’Arras possédait
dans son enclos une chapelle* Saint-Jacques. Le chef* de saint Jacques
y était conservé avant d’avoir été volé
pour être transféré à Berclau. Volé
ensuite par Aire-sur-la-Lys*, une moitié seulement revint au monastère.
Mais, miracle, cette relique existe encore, conservée dans une
chapelle de l’ancienne église abbatiale devenue cathédrale*.
Elle est mélangée à d’autres, rassemblées
après la Révolution dans un reliquaire* commun. Dans la
ville fut en outre fondé, avant 1218, un hôpital Saint-Jacques,
disparu depuis le XVIe siècle, à l’angle des actuelles
rues des Agaches et Saint-Aubert. La rue Saint-Jacques doit son nom à
la confrérie* qui transféra son siège de l’église
Sainte-Croix dans l’hôtel de Rely en 1494. Elle regroupait
des industriels du textile. Cette maison fut ensuite transformée
en un hôpital* Saint-Jacques dont on ignore le fonctionnement et
qui prit sans doute la suite du premier. Tout n'était pas austère
dans la confrérie, et on s'y amusait bien : en 1494, le dimanche
Gras, un joyeux “ Prince de saint Jacques avec sa compagnie ”
partit à la rencontre des “ confrères de Cambrai ”
en compagnie de “ l’abbé de Lyesse et du Prince de
Bon Vouloir ”. En retour, les confrères d'Arras allaient
à Cambrai au moment de l'Epiphanie. En 1516, lors de la visite
de Charles Quint la confrérie présenta un spectacle mettant
en scène la prise de Grenade. La maison devint ensuite une école
puis, après la Révolution, une filature qui existait encore
en 1914. Il semble que tout a laissé la place au centre administratif.
Ce qui reste des 234 portraits des “ mayeurs et princes ”
de la confrérie, réalisés entre 1602 et la mi-XVIIIe
siècle, pour orner la grande salle de la confrérie, est
relégué aujourd’hui dans les réserves du musée.
Arrivée
Le pèlerinage à pied est un moment d’expériences
intenses. La fatigue physique s’estompe généralement
au fil des jours mais elle fait place à une certaine exacerbation
des sensations et sentiments tendus vers l’arrivée au but
final. La place de la cathédrale de Compostelle voit ainsi beaucoup
de pèlerins pleurer* d’émotion*. Des habitudes nouvelles
ont été prises, des liens se sont créés au
long du chemin, des amitiés sont nées. L’arrivée
au terme de la marche* met un point final brutal à l’état
de pèlerin dans lequel beaucoup rêvent de pouvoir s’installer.
On ne séjourne pas à Compostelle. Certains prolongent leur
marche jusqu’à Finisterre*. Mais il faut inéluctablement
un temps “ d’atterrissage ” avant le retour*. Certains
pèlerins ne pourront plus se défaire du besoin du Chemin
et deviendront des récidivistes* ou poursuivront leur recherche
d’une autre façon.
Art
Des formes nouvelles sont apparues dans l’architecture* religieuse
grâce aux pèlerinages. L’apport de multiples reliques
de saints et de martyrs, venant d’Orient ou de Rome, la “
découverte ” de corps saints comme celui de saint Jacques
à Compostelle ou à Toulouse, ont créé autant
de nouveaux lieux de pèlerinages et ont rendu nécessaire
la construction d’églises nouvelles, ou l’agrandissement
de celles devenues trop petites. Emile Mâle* a, le premier, remarqué
les églises dites “ de pèlerinage ”, avec déambulatoire*
autour du chœur* et simple ou double bas-côtés* dans
la nef* pour permettre la circulation des pèlerins. Les grands
centres possédaient des reliques* de plusieurs saints et ont entouré
le déambulatoire de chapelles* rayonnantes, chacune dédiée
à un saint. Les églises furent ensuite décorées.
Sur les embrasures de portails, les saints apparurent ; aux tympans*,
les miracles qu’ils avaient accomplis furent sculptés. A
l’intérieur, les chapiteaux*, les peintures murales, les
retables* représentèrent d’autres miracles ou la vie
des saints. Les vitraux imagèrent des scènes semblables
ou, des saints seuls, immenses, parfois accompagnés des donateurs*.
Les reliques furent enfermées dans des châsses ou des reliquaires*
d’or et de cristal que les orfèvres fabriquèrent avec
beaucoup d’ingéniosité. Les jongleurs, qui étaient
musiciens, danseurs, acrobates et récitants ne doivent pas être
oubliés. Les textes les montrent sur tous les parvis d’églises
les jours de pèlerinages ; ce sont eux qui ont colporté
et embelli oralement les légendes hagiographiques avant qu’elles
n’aient été écrites par Jacques de Voragine
au XIIIe siècle (La Légende* Dorée). Ce sont les
légendes qu’ils racontaient, les Mystères* qu’ils
représentaient, qu’on retrouve mis en images dans les peintures
murales, dans les vitraux, mais aussi dans les nombreux manuscrits hagiographiques.
Mal vus par l’église dès le XIIIe siècle, parce
qu’ils ne relataient pas que des légendes pieuses, ils ont
été indispensables, comme les pèlerins par leurs
dons, au développement de l’art dû aux pèlerinages.
(Janine Michel)
Art contemporain
La vogue actuelle du pèlerinage à Compostelle fait que de
nombreuses villes se veulent sur le chemin de Saint-Jacques. Faute de
preuves historiques de passages de pèlerins, elles font sculpter
dans le métal ou la pierre des statues de pèlerins vêtus
“ à l’ancienne ”, qu’elles placent de préférence
sur des ronds-points mais aussi sur des fontaines, dans des niches sur
des façades ou au détour d’une rue. Aubrac*, Moissac*,
Navarrenx*, Pons*, Le Puy-en-Velay* en sont des exemples. A Lyon, la crypte
de la basilique de Fourvière abrite depuis 2004 une mosaïque
de 23 m2. Nous laissons aux spécialistes de l’art contemporain
le soin d'apprécier la valeur de ces œuvres coûteuses.
Pour notre part, nous nous contentons de déplorer l’abandon
dans lequel sont laissés des éléments du patrimoine*,
témoignages anciens du culte à saint Jacques, sous le prétexte
qu’ils “ ne sont pas sur LE Chemin ”. Autre forme d’art,
les clous* en forme de coquilles fondues dans le bronze qui balisent (à
grands frais) le supposé chemin dans les villes, prétexte
à y promener le pèlerin ou le touriste avec l’espoir
de le voir déjeuner sur place. A défaut d’œuvres
d’art, certains se contentent de plaques* de marbre…
Ascèse
Rupture avec les habitudes, efforts nécessaires pour parcourir
le chemin, frugalité de la condition de pèlerin imposent
une ascèse parfois vécue comme une offrande en expiation
des fautes commises et dans l’espoir d’assurer son salut*.
Associations
Des associations réunissent, dans un secteur géographique
donné, d'anciens pèlerins soucieux de se mettre au service
de ceux qui empruntent le chemin à leur suite. Les mots qui se
retrouvent dans leurs statuts sont : aider, conseiller, accueillir, renseigner,
encourager, héberger. Ils manifestent un réel souci de faciliter
le pèlerinage de ceux qui ne pourraient pas partir sans une aide
extérieure et d’apporter une assistance à ceux qui
traversent leur territoire. Une activité importante de ces associations,
à côté des fonctions d’information et d’accueil
est la recherche et le balisage* de nouveaux chemins. D’autres mots
apparaissent dans les statuts : prolonger, partager, transmettre. Les
anciens pèlerins aiment se retrouver pour revivre l’esprit*
du chemin, souvent en organisant des marches. Transmettre leur expérience
les conduit parfois à faire du pèlerinage une sorte de rite
initiatique dont elles seraient les gardiennes. En matière d’histoire*
dont elles sont friandes, la plupart ont érigé en tradition*
intangible les hypothèses des premiers chercheurs, contribuant
ainsi largement à la propagation d’idées périmées.
Elles sont souvent qualifiées de jacquaires* ou d’amis de
saint Jacques ou du chemin. Certaines ont adopté l’ancien
nom de confrérie*, sans en reprendre l’esprit. La plupart
sont de véritables associations de personnes physiques bénévoles.
Mais certaines, en particulier les associations de personnes morales,
poursuivent des buts économiques et politiques ou servent des ambitions
personnelles bien éloignées du bénévolat et
du véritable intérêt des pèlerins.
Athanase
L’un des disciples de saint Jacques qui, avec Théodore passe
pour l’avoir accompagné dans sa Translation* vers la Galice
et pour avoir été inhumé près de lui, à
Compostelle. La présence de leurs restes dans les ossements découverts
sous la cathédrale de Compostelle au cours des fouilles de 1879
a été authentifiée par la bulle* Deus Omnipotens
du pape Léon XIII* en 1884.
Attributs de saint Jacques pèlerin
Saint Jacques présente beaucoup de points communs avec le dieu
Hermès*. Comme lui “ il porte le pétase* aux larges
bords préservateurs ”. Il porte aussi le mantelet constellé
de coquilles* qui prendra le nom de “ pèlerine ”, tenant
en main le bourdon* ou bâton de marche, portant en bandoulière
sa besace* (empruntée à Mercure) et arborant sur ses vêtements
un nombre plus ou moins élevé de coquilles. Ces attributs
sont aussi ceux du pèlerin. Le Veneranda dies* en fournit une interprétation
symbolique. Le XVIe siècle ajoute à ces attributs le chapelet*.
L’iconographie* utilise chacun de ces attributs pour permettre une
reconnaissance rapide du saint.
Aube
C’est le moment du jour que la plupart des pèlerins choisissent
pour leur départ* quotidien. L’aube est un moment souvent
vécu dans la brume et la fraîcheur. Même si le réveil
a été difficile, si l’esprit est encore engourdi,
si l’estomac n’a pas reçu le petit-déjeuner
habituel, les premiers pas du matin sont un moment privilégié.
Le pèlerin repart, tendu vers son but lointain. D’instinct
il retrouve le rythme bienfaisant de la marche. Bientôt le soleil
le réchauffera... à moins que la pluie ne l’oblige
à revêtir sa cape*.
Auberges, relais, hôtels Saint-Jacques
Au Moyen Age et jusqu’au XIXe siècle, de nombreuses villes
ont possédé une ou plusieurs auberges portant l’enseigne
Saint-Jacques, parmi lesquelles, au hasard, Amboise, Amiens, Angers, Avignon,
Bordeaux, Bourges, La Charité-sur-Loire, Cloyes-sur-le-Loir, Cosne-sur-Loire,
Issoudun, Limoges, Loches, Nancy, Nevers, Paris, Pithiviers, Saint-Amand-Montrond,
Tours, Troyes, Vendôme, etc. Certaines ont succédé
à des hôpitaux médiévaux ou des aumôneries,
par exemple à Poitiers, où la chapelle Saint-Jacques, située
dans l’actuelle rue Jules Ferry, est devenue auberge après
la Révolution, avec pour enseigne : “ à la chapelle
Saint-Jacques ”. Leur abondance même interdit de les aligner
sur une route de Compostelle, même si elles étaient par définition
situées sur des voies de passage. Ce vocable était souvent
lié au voisinage d’une église ou d’un quartier*
sous le même patronage, ou à l’existence d’une
confrérie*, ou à un pèlerinage* local. Plusieurs
établissements modernes ont gardé le vocable ancien, tel
Cloyes-sur-le-Loir (Eure-et-Loir), dont, deux auberges mitoyennes, le
Grand et le Petit Saint-Jacques, sont mentionnées déjà
au XVIe siècle, à leur emplacement actuel. D’autres,
poussés par la mode, l’ont choisi récemment, ainsi
l’hôtel Saint-Jacques du Puy*. Pêle-mêle, quelques
autres enseignes bien vivantes aujourd’hui, anciennes ou récentes
: Blois, Bruz, Chapelle-Montlinard (La), Chinon, Coings, Collonges-la-Rouge,
Conques, Figeac, Frotey-les-Vesoul, Joigny, Joinville, Jupille, Meung-sur-Loire,
Monestiés, Montréal, Parthenay, Rouen, Saint-Capraise-de-Lalinde,
Saint-Flour, Saint-James, Sallanches, Sancergues, Seiches-sur-le-Loir,
Talence, Thorigné-sur-Due, Tournoisis, Touvet (Le), Valence, Vals-les-Bains.
Aubervilliers
Le 12 juillet 1885, obéissant au pape Léon XIII* qui venait
d’authentifier les reliques* de saint Jacques à Compostelle,
l’évêque de Paris désigne l’église
Saint-Jacques et Saint-Christophe* d’Aubervilliers comme l’un
des trois sanctuaires du diocèse (avec Montrouge* et la Villette*)
où se rendre en pèlerinage si on ne peut pas aller jusqu’à
Compostelle. Il octroie “ une indulgence* plénière
pour les âmes du purgatoire, aux fidèles (paroissiens et
autres) qui, s'étant confessés et ayant fait la sainte communion,
visiteront l'une de ces trois églises le dimanche 26 juillet, jour
de la solennité de saint Jacques… ” Pourtant, à
cette époque, le vocable avait déjà pratiquement
disparu au profit de celui de Notre-Dame-des-Vertus, du nom d’une
Vierge miraculeuse vénérée depuis le XIVe siècle
dans l’une des chapelles et réhabilitée en ce XIXe
siècle qui multipliait les pèlerinages mariaux. Néanmoins,
le curé s’engage à relancer une ancienne fête
religieuse en faveur de saint Jacques en invitant les autorités
civiles et militaires, en ressortant sa bannière et en s’associant
à la fête populaire qui continuait d’avoir lieu à
la date du 25 juillet. Aujourd’hui la mémoire collective
a totalement oublié saint Jacques. Vers 1750, l’abbé
Lebeuf déclarait que son culte n’était apparu dans
cette église que “ depuis peu ” ; sans doute faisait-il
allusion à sa statue qui, depuis les années 1625-1630, surmontait
l’une des portes d’entrée de la façade nouvellement
construite. Il faisait erreur, car l’apôtre figure, depuis
le XVe siècle, sur la clé* de voûte du chœur*,
en compagnie des deux autres patrons, saint Christophe et la Vierge. Encore
en 1865, il figure sur le vitrail central de l’église (dû
au maître-verrier Potet), agenouillé aux pieds de la Vierge
qui lui apparaît dans le ciel : sans doute un souvenir de l’apparition
de la Vierge* du Pilier de Saragosse, transformée ici en Notre-Dame-des-Vertus,
tant il est vrai que ces deux saints sont souvent associés.
Aubrac
Le plateau de l’Aubrac est un plateau volcanique raboté par
l’érosion glaciaire, aujourd’hui couvert de prairies.
Situé entre les vallées du Lot et de la Truyère,
il est le point de jonction des trois départements du Cantal au
Nord, de la Lozère à l’Est et de l’Aveyron à
l’Ouest. Il fait partie des espaces mythiques du chemin de Grande
Randonnée (GR) n° 65 (dit “ LE Saint-Jacques ”)
tracé à partir de 1970 au départ du Puy. Il en constitue
un intérêt majeur, offrant aux marcheurs et aux pèlerins
d’immenses étendues propres à la contemplation et
à la méditation. C’est une région rude qu’il
vaut mieux traverser à la bonne saison. On peut s’y perdre
dans le brouillard* et y geler en hiver (comme a failli le faire le pèlerin
italien Bartolomeo Fontana* à son retour de Compostelle pendant
l’hiver 1539). Un lieu légendaire de ce plateau est cher
aux pèlerins qui y trouvent un gîte propre à faire
rêver : la dômerie* d’Aubrac (commune de Saint-Chély
d’Aubrac). Ce plateau a été traversé par la
via Agrippa qui reliait Lyon à Toulouse. Mais le chemin de Compostelle,
lui, se dirige vers Conques sans suivre les itinéraires marchands
du Moyen Age. Le tronçon du GR* 65 situé entre Nasbinals
et Saint-Chély d’Aubrac a été inscrit par l’UNESCO*
au Patrimoine* Mondial au titre des chemins de Compostelle.
Aumônerie
Petit hôpital*.
Augustins
Au XIe siècle ont été institués des chanoines*
réguliers qui vivaient en communauté sous la règle
dite “ de saint Augustin ” tout en assumant des charges pastorales.
Ils ont souvent géré des hôpitaux* mais leur rôle
dans l’expansion des pèlerinages n’a jamais été
vraiment étudié.
Aurillac
(Cantal)
Les armes d’Aurillac “ de gueules à trois coquilles
d’argent, au chef d’azur chargé de trois fleurs de
lys d’or ” servent trop souvent de preuve pour définir
la ville comme étant située sur un chemin de Compostelle.
Ces trois coquilles* sont en réalité les armes des Astorg,
une famille influente d’Aurillac (dont certains sont allés
en Croisade). A l’origine, ils les ont certainement prises en référence
à saint Géraud, dont ils prétendaient descendre,
ce dernier étant allé sept fois en pèlerinage, mais
jamais à Compostelle. Le lien de la ville avec Compostelle ne s’établit
donc ni avec l’héraldique*, ni avec des coquilles trouvées
dans des tombes dans l’église mais avec la Grande Chanson*,
dont la plus ancienne version (XIVe siècle), met en scène
des pèlerins partis d’Aurillac pour Compostelle. D’autre
part, l’abbaye Saint-Géraud posséda pendant plusieurs
siècles un prieuré au Cebreiro*. Une confrérie* Saint-Jacques
est mentionnée à partir du XVe siècle, confrérie
de métier regroupant les “ marchands ambulants, colporteurs
et émigrants ” dont beaucoup étaient tournés
vers l’Espagne. Au XVIIe siècle, elle devient la confrérie
des pelletiers. Au XVIIIe siècle seulement, les dirigeants se disent
tous “ pèlerins ”. Fait rarissime, elle a survécu
à la Révolution, après laquelle les confrères
assistaient aux offices en grande tenue et “ chantant leur chanson
”.
Authenticité
La démarche pèlerine implique la recherche d’authenticité
et d’honnêteté dans la quête* personnelle qu’elle
engage. De nombreux prestataires au long des chemins ont aussi à
cœur de fournir aux pèlerins des informations et des services
marqués du sceau de l’authenticité. Mais, dans l’histoire
de Compostelle, l’imaginaire et le rêve ont une telle importance
que ce désir est parfois difficile à satisfaire. Des voix
autorisées n’hésitent pas à travestir la vérité
avec le souci de “ ne pas briser le rêve ”. D’autres,
aussi peu scrupuleuses, le font avec des objectifs moins louables, à
des fins mercantiles ou pour servir leurs intérêts politiques
ou personnels. Le pèlerinage lui-même peut apparaître
comme un gigantesque jeu* où les participants tiennent un rôle
qui peut occulter l’authenticité de leurs comportements.
Mais authenticité et rêve ne sont pas antinomiques, trop
d’organismes “ du chemin ” ont tendance à sacrifier
l’authenticité et à fabriquer un rêve frelaté
que les médias ne cessent de proposer aux pèlerins en prétendant
répondre à leurs attentes.
Authentique
Nom féminin qui désigne un document destiné à
permettre l'identification d'une relique*. L’authentique peut se
présenter sous la forme d'un procès-verbal de reconnaissance
en bonne et due forme, ou être réduit à une simple
étiquette découpée grossièrement dans
un morceau de parchemin. Elle est généralement
placée dans le reliquaire, attachée à la relique,
mais elle peut être conservée dans les archives du lieu où
se trouve la relique.
Aventure
Pour beaucoup de pèlerins contemporains la marche* au long cours
est une façon de vivre l’aventure. Certains la souhaitent
même “ sans risques ”, leur parcours étant balisé
de réservations (parfois multiples) pour éviter le désagrément
d’avoir à chercher un couchage. Si d’aucuns partent
le matin sans savoir où ils dormiront le soir, d’autres s’effraient
à cette idée. Mais aujourd’hui l’essentiel de
l’aventure est ailleurs, dans la rencontre avec cet inconnu que
chacun porte en lui et dont l’épreuve de la marche lui renverra
inéluctablement l’image. D’autres aventures sont de
tous temps, sur les chemins de pèlerinage comme dans la vie (voir
sexe*).
Avezan
(Gers, ar. Condom, c. Saint-Clar)
Avezan est né au XIIIe siècle, lorsque les habitants du
village de Saint-Jaymes sont venus, pour des raisons de sécurité,
habiter près du château d’Avezan. Ils apportèrent
avec eux leur saint patron, auquel ils construisirent une nouvelle église
et ils continuèrent à le fêter, en particulier le
25 juillet, en mémoire de l’antique pèlerinage qui
avait donné son nom à tout le village. Peu à peu,
Saint-Jaymes disparut même des mémoires. Seule survit la
fête à Avezan, le 3e dimanche de juillet. L’église
actuelle garde des traces du XIIIe siècle, mais l’ensemble
date des années 1890. 
Avy : 
Azabache
Mot espagnol désignant le jais*. Il existe à Santiago une
rue de la Azabacheria.
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