| Cacéres
En Extrémadure, lieu où fut fondé l’Ordre*
des “ frères de Cáceres ” qui devinrent chevaliers
de l’Ordre* de Santiago.
Cadillac
(Gironde, ar. Bordeaux)
Un hôpital Saint-Léonard avait été fondé
au XIIe siècle, lors de l’expansion démographique
qui a poussé villes, villages, paroisses et seigneurs à
fonder des hôpitaux pour recevoir les pauvres malades du voisinage
ainsi que les passants, les voyageurs et les pèlerins. Comme il
était d’usage, il était hors les murs de la ville.
Sur la grande route d’Espagne, on le voit en 1532 distribuer des
aumônes à des pèlerins revenant de Compostelle. En
1617, le duc d’Epernon décide d’une reconstruction.
Les douze lits prévus étaient réservés aux
malades de Cadillac et Benauge, mais, dans un autre bâtiment furent
aménagées six cellules pour loger, une ou deux nuits, les
pèlerins et autres passants nécessiteux. Au XVIIIe siècle,
les registres des entrées de l’hôpital mentionnent
quelques pèlerins de Compostelle soignés plus longtemps
à cause d’une maladie. Mais n’y a jamais eu de registre
pour les cellules dont on ignore qui elles ont hébergé,
combien de pèlerins et, parmi eux, combien de pèlerins de
Compostelle. Par miracle, ces cellules ont continué leur fonction,
par delà la Révolution, et jusqu’à nos jours.
Si le fait n’est pas rare (les hôpitaux généraux
continuent d’être tenus de recevoir les passants sans-logis),
il est unique que les bâtiments soient restés les mêmes,
même si deux cellules seulement sont affectées au logement
désormais exclusif des pèlerins.
Caillou
A Rabanal del Camino, les moines bénissent ceux qui seront déposés
à la Cruz* de Ferro. Cette habitude de marquer son passage
en déposant un caillou, s’apparentant à la construction
des cairns*, a été étendue à de nombreux lieux
symboliques, par exemple des socles de croix.
Cairn
Premier élément du balisage* d’un itinéraire,
marque d’un passage humain par l’empilement de quelques pierres
(parfois deux seulement). Enrichi par les passants successifs, le cairn
devient un tas de pierres visible de loin. Les cairns sont peu fréquents
sur les chemins de Compostelle qui bénéficient d’une
signalétique* plus élaborée. Cette habitude ancestrale
des nomades* trouve aujourd’hui des applications plus symboliques,
voire folkloriques, le long du chemin.
Calahons (Saint-Jacques de)
(Pyrénées-Orientales, ar. Prades, com. Catllar)
Sur un site-frontière habité depuis longtemps, Saint-Jacques
de Calahons est un petit sanctuaire à relique* dédié
à un “ bienheureux Jacques de Calaons ” (XIIIe siècle)
vers lequel les pèlerinages* ont perduré miraculeusement
peut-on dire, tant ont été nombreuses les disparitions imposées
par la Contre-Réforme*. A Calahons, les transformations faites
à la statue, sans doute au XVIIIe siècle, sont particulièrement
révélatrices du souci de mettre “ aux nouvelles normes
” ce saint Jacques à l’authenticité douteuse
en l’habillant en pèlerin. C’est sans doute ce qui
l’a préservé de la disparition totale. Autre survivance
particulièrement intéressante, les dates des fêtes
de saint Jacques qui montrent, une fois de plus, la double fête*
du 1er mai et du 25 juillet attribuées l’une au Mineur l’autre
au Majeur. Contrairement à ce que certains n’hésitent
pas à affirmer, au prix de l’apposition de coûteux
panneaux sur la route départementale 619, voisine de l’ermitage,
cette petite chapelle*, pas plus d’ailleurs que les églises
Saint-Jacques de Villefranche-de-Conflent* et de Nyer, ne balise un quelconque
chemin de Compostelle sous le seul prétexte de son vocable. (D’après
Yvan Marquié)
Calebasse
Nom du fruit de plusieurs espèces de cucurbitacées, dont
la courge. Vidée et séchée, la calebasse (ou gourde*)
sert à contenir des liquides.
Camail
Etymologiquement, vient de cap, la tête et mail, l’armure.
D’abord armure de tête, puis, à la fin du XVIe siècle,
cape* et, plus tard, pèlerine* (souvent de cuir) protégeant
la tête et les épaules des voyageurs et des pèlerins.
Dans l’iconographie*, ce vêtement figure parmi les attributs*
du pèlerin.
Calixte II, pape
Guy de Bourgogne (v. 1050-1124) était fils du comte de Bourgogne
Guillaume Ier Tête hardie, frère de Raymond (père
d’Alphonse VII*). De son enfance, l’histoire n’a pratiquement
rien reconnu, sinon des légendes forgées après sa
mort pour célébrer sa mémoire et fixées au
XVIIIe siècle. C’est ainsi que le château de Quingey*
passe pour être le lieu de sa naissance. Une seule chose est certaine,
sa scolarité chez les chanoines* de la cathédrale* de Besançon.
Prenant à la lettre les dires du Codex Calixtinus (dont on lui
accorda longtemps la paternité), la légende lui prête
un pèlerinage à Compostelle dans son adolescence pour recueillir
les miracles de saint Jacques. Ce n’est pas plus juste que le fait
qu’il ait été moine à Cluny*. En 1108, il fut
élu archevêque de Vienne (Isère). La même année,
il alla à Compostelle, à la mort de son frère Raymond
qui laissait un orphelin de trois ans, le futur Alphonse VII, dont il
devient le tuteur. A partir de ce moment, il fit beaucoup pour étendre
la renommée de Compostelle, en étroite liaison avec l’évêque
Diego Gelmirez*. Il fut élu pape en 1119, à Cluny, sous
le nom de Calixte II. Dès février 1120, il transforma l’évêché
de Compostelle en archevêché. 
Camino
Dénomination espagnole d’un chemin, ce mot, utilisé
d’abord dans des expressions comme Camino francés finit par
être employé comme substantif désignant le chemin
de Saint-Jacques : on est, on marche sur “ Le Camino ” ce
qui implicitement renvoie Camino francés. L’afflux des pèlerins
contemporains a conduit à en définir plusieurs autres :
Camino aragonese, Camino del Levante, Camino de l’Ebro. L’Espagne
multiplie les caminos venant de tous les horizons, plus d’une douzaine
ont été dénombrés début 2006.
- Camino francés
C’est LE chemin espagnol. Il relie Puente-la-Reina à Compostelle.
Voie naturelle de déplacement dans le Nord de l’Espagne,
il a été la voie de communication terrestre reliant Galice
et Aragon. Il a été une voie de pénétration
pour le repeuplement des villes après la reconquête sur les
Sarrasins. Dans plusieurs de ces villes des quartiers “ francs ”
avaient été institués pour attirer l’immigration.
Ce “ chemin des Francs ” fut un chemin d'échange entre
la Galice et l'Europe et de peuplement du nord de l'Espagne. Comme toutes
les autres routes, il n'a jamais été réservé
aux seuls pèlerins ni tracé à leur intention. Remis
en honneur par sa reconnaissance comme Itinéraire Culturel Européen*
(1987), puis son inscription au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO*
(1993). Il est le chemin de pèlerinage vers Compostelle le plus
fréquenté en Espagne.
- Camino primitivo
Nom espagnol désignant le chemin qui conduit à Santiago
en passant par la côte Cantabrique. Ce chemin également appelé
Camino del Norte comporte comme les autres des variantes. Plus difficile
et moins fréquenté que le Camino francés, il offre
plus d’occasions d’aventure*.
Camping
Les pèlerins aux revenus modestes qui ne souhaitent pas vivre de
la charité publique ou ceux qu’effraie la promiscuité
des gîtes recourent au camping. Assez fréquent en France
où les terrains aménagés sont nombreux, il est moins
courant en Espagne. Quoiqu’interdit, le camping sauvage reste pratiqué.
Il existe heureusement des tentes d’un poids* moyen de 2 kg. qui
limitent la charge à transporter.
Cantigas
Strophe lyrique traditionnelle de l'aire galaïco-portugaise, équivalente
de la canso occitane, mais dans le sens que donnaient les troubadours
au mot “ chanson ” et non pas dans le sens actuel, affadi
et sans mystère. 
Canville-la-Rocque
(Manche, ar. Coutance, c. La Haye-du-Puits)
Village normand dont l’église Saint-Malo est décorée
d’un important ensemble de fresques datées du XVIe siècle
(1520-1540). La chapelle seigneuriale, située au Nord de l’église,
a été décorée de peintures, au XVIe siècle,
sur les voûtes et sur trois des murs. Les peintures des voûtes,
représentant le Jugement dernier, les quatre Evangélistes,
le soleil et la lune ont été classées Monuments historiques
en 1923 et restaurées en 1930 et 1950. Les peintures des murs,
représentant la légende du pendu-dépendu*, ont été
découvertes en 1952, sous le badigeon qui s’écaillait,
et n’ont été complètement dégagées
qu’en 1983, puis restaurées. Sur les quatorze scènes,
six sont encore lisibles aujourd’hui : pendaison du jeune pèlerin
; départ des parents pour Compostelle ; les parents agenouillés
devant le juge demandent leur fils ; la dépendaison ; le jugement
de la servante ; la servante conduite au supplice. La lune, symbole des
Ténèbres, est peinte au dessus des parents suppliant le
juge de dépendre leur fils ; le soleil, un peu plus à l'est,
symbole de Lumière, est au dessus de la dépendaison et au
début de la Résurrection des morts. Trois groupes de trois
âmes sortent des tombeaux, tendant les bras vers le ciel et se dirigent
vers le Christ au sud, sauf la première âme encore courbée
et la seconde qui retourne en arrière, vers les Ténèbres.
Cette chapelle était sans doute la chapelle* funéraire des
seigneurs de Canville. Ils pouvaient espérer que saint Jacques,
passeur* des âmes, leur serait reconnaissant d’avoir représenté
l’un de ses miracles les plus célèbres, et les aiderait
à gagner le Paradis. (Janine Michel et Pierre Hébert)
Cap Saint-Jacques
La toponymie* mentionne un cap Saint-Jacques (aujourd'hui Vung Tau) exporté
au Vietnam par les marins portugais et adopté par les colons français,
à 120 km. de Saigon. Un autre existe au Canada, sur l'île
de Montréal, au point de rencontre du lac des Deux-Montagnes et
de la rivière des Prairies. Plus modeste, on trouve encore une
“ pointe de Saint-Jacques ” au sud de Vannes, à l'est
de Saint-Gildas de Rhuys. Un bateau-hôpital* français portait
ce nom de “ cap Saint-Jacques ” en 1946. Un “ hauturier
” le porte encore aujourd'hui, géant des mers, immatriculé
à Boulogne et qui pêche en mer du Nord.
Cape
Capuchon, manteau de voyage protégeant la tête, dont l’iconographie
fait un des attributs* désignant le pèlerin. Synonymes :
camail*, mantelet, pèlerine*. La cape est souvent de gros drap
ou de cuir. La cape de confrérie était un élégant
ornement fait de tissu léger, destiné simplement à
évoquer le pèlerinage. Au fil des siècles, elle s’orna
de coquilles* et d’enseignes* de pèlerinage, de plus en plus
nombreuses.
Carta itineriae Europae
Voir Oberstrasse. De cette carte des routes de l’Europe rééditée
en 1520 ne reste qu’un exemplaire, conservé au Tiroler
Landesmuseum Ferdinandeum à Innsbrück.
Carnet de pèlerin
Egalement dénommé crédenciale* ou parfois passeport
du pèlerin. Petit livret dont sont munis les pèlerins de
Compostelle* pour prouver leur condition. Son utilité première
est de servir de justificatif de l’itinéraire parcouru pour
obtenir la Compostela*. A cet effet, le pèlerin fait apposer chaque
jour un tampon* daté d’un lieu de passage. Le nombre de tampons
spéciaux a suivi l’augmentation de celui des pèlerins.
Le carnet permet aussi d’obtenir des “ prix* pèlerins
”, voire même la gratuité de l’hébergement,
dans certains gîtes*. Il est délivré, ou vendu, par
tout individu ou organisme qui s’autoproclame autorisé à
le faire ou, s’il a eu la conscience de le faire, en a demandé
l’autorisation au Bureau* des pèlerinages de Compostelle.
Selon les cas, il est remis après un “ entretien ”
ou envoyé par courrier, gratuitement ou non. Le plus souvent l’association*
qui le délivre demande en échange une adhésion. Il
en existe une grande variété, chaque association cherchant
à faire preuve d’originalité, mais une attestation
sur l’honneur de l’état de pèlerin, établie
sur papier libre, peut le remplacer. Le projet d’un modèle
européen unique est périodiquement évoqué.
En France, en 1998, l’Eglise a défini, sous le nom de créanciale*,
un carnet de pèlerin catholique destiné à mieux qualifier
la démarche pèlerine de celui qui en fait la demande. Il
est en vente en particulier à la cathédrale du Puy*.
Cartes
Des cartes peuvent être utiles au pèlerin qui s’écarte
des sentiers balisés* et se perd, ou pour celui qui souhaite se
situer dans un environnement plus vaste et tracer son propre chemin. Certains
guides* (comme les topo-guides* de la FFRP*) présentent les chemins
sur un fond de carte. Ils ne remplacent pas toujours les cartes. La carte
au 1/100 000 convient généralement. Dans certains cas une
échelle plus grande est souhaitée, au prix de l’augmentation
du nombre de cartes nécessaires. De savants découpages préalables
ou l’envoi périodique aux proches des cartes utilisées
permettent d’en réduire le poids*. Pour certains pèlerins,
sur les petites routes des Asturies, la carte Michelin au 1/400 000 a
été suffisante. A défaut de carte, demander son chemin
est une manière de provoquer des rencontres et d’entrer en
communication avec les habitants*. 
- Carte des chemins
Depuis l’édition du dernier Livre du Codex Calixtinus* par
le père Fita* des cartes des chemins de Compostelle ont été
régulièrement produites, par les érudits puis les
marchands. Celle datée de 1648 est un faux* édité
dans les années 1970. A partir des années 1980, elles ont
été prolongées jusqu’aux extrémités
de l’Europe, satisfaisant les vœux du Conseil* de l’Europe.
Catalogues apostoliques
Livres apocryphes* écrits entre les IIe et Ve siècles (Bréviaire
des Apôtres et Naissance et Mort des Pères) qui, avec les
Actes des Apôtres* ont été la trame première
de la légende de saint Jacques. Ils consacrent à saint Jacques
une brève notice informant qu’il a prêché l’Evangile
“ en Ibérie et dans d’autres contrées occidentales
”. Si les Espagnols ont traduit Ibérie par Espagne, les Irlandais
l’ont traduit par Irlande que ce mot désignait aussi au Moyen
Age. D’autres “ contrées occidentales ” semblent
avoir pris prétexte de ces notices pour mettre en valeur des traces
du passage de saint Jacques, ainsi Buxerolles* ou la Tarentaise*.
Cathares
Adeptes du catharisme*. Certains se sont camouflés sous l’habit
du pèlerin de Compostelle pour fuir les persécutions.
Catharisme
Hérésie provenant d’Orient et particulièrement
répandue dans les provinces méridionales du royaume de France
au XIIIe siècle. Certains Cathares* repentis ont été
condamnés à des pèlerinages pénitentiels*.
La lutte contre le catharisme a été utilisée par
le roi de France comme prétexte pour faire rentrer les comtés
du Sud dans sa mouvance.
Cathédrale
Eglise principale du diocèse où siège l’évêque
sur sa cathèdre (chaire). A ne confondre ni avec la basilique*,
ni avec l’abbatiale* même si, en France depuis la Révolution
et la nouvelle carte des diocèses, d’anciennes abbatiales
ont été transformées en cathédrales (par exemple
Saint-Denis dans le Val d’Oise). L’évêque est
entouré d’un chapitre (communauté) de chanoines* réguliers,
vivant sous la règle de saint Augustin. Dès le IXe siècle,
Saint-Jacques-de-Compostelle* a ravi à Iria Flavia le siège
du diocèse*.
Catllar
(Pyrénées-Orientales, ar. et canton Prades,)
Voir Calahons
Cebreiro
A 1293 m. d’altitude, le col d’El Cebreiro (O Cebreiro en
galicien) marque la frontière orientale de la Galice. En ce point
de passage, un prieuré dépendant de Saint-Géraud
d’Aurillac* fut fondé au XIe siècle. C’est une
étape importante pour les pèlerins qui y ressentent de façon
intense leur arrivée prochaine. Le village a rénové
ses habitations primitives, les pallozas, aux toits de chaume. L’église
conserve un calice et une patène en souvenir d’un miracle*
célèbre (santo Milagro). Vers 1750, les passionnés
d’ésotérisme* commencèrent à voir ce
calice comme étant le saint Graal* (Santo grial gallego) des légendes
arthuriennes, arguant que “ Perceval le Gallois ” peut aussi
se dire “ le Galicien ”. D’aucuns vont aujourd’hui
jusqu’à prétendre que c’est pour cela que la
Galice autonome a choisi pour blason* officiel un calice surmonté
d’une hostie, en 1981. Officiellement, il s’agit du Saint-Sacrement
de Lugo, exposé perpétuellement dans la cathédrale
au moins depuis le XIIe siècle. Mais sait-on jamais les raisons
cachées ? Ainsi vont les légendes… Le lieu doit beaucoup
à l’abbé Elías Valiña Sampedro, curé
de la paroisse de 1956 à 1989 (il est enterré dans l’église
et son buste orne la cour). Promoteur du pèlerinage et inventeur
des flèches*, jaunes on lui doit un guide du chemin dans lequel
il rappelle l’importance du Cebreiro en tant que lieu de pèlerinage
où sont fêtés Santa Maria la Real, patronne de la
région, et le santo Milagro. Comme partout, ce lieu finit par n’être
plus considéré que comme une étape sur le Camino
francés. A tel point que des pèlerins aquitains, étonnés
de ne pas voir une statue de saint Jacques dans l’église,
en ont offert une, en 1999, sculptée par les moines de Solesmes.
Comme celle du Puy*, cette statue renforce l’idée, ô
combien fausse, qu’aucun lieu de pèlerinage n’aurait
jamais existé sans Compostelle. 
Celtes
Les passionnés de culture celte trouvent en Galice* un terrain
de prédilection qui commence au Cebreiro* avec ses pallozas, ces
maisons aux toits de chaume dont la technique de construction remonterait
à l’époque celtique. Au-delà, les férus
d’ésotérisme trouveront matière à rêver
avec les romans de Charpentier* et Vincenot*.
Certificat de pèlerinage
Voir Compostela
Châlons-en-Champagne
(Marne)
En 1998, l'église Notre-Dame-en-Vaux a été classée
par l'UNESCO* Patrimoine* Mondial au titre des chemins de Compostelle.
Cette église abrite trois vitraux consacrés à saint
Jacques, des XVe et XVIe siècles. L'un raconte la légende
de Charlemagne* vue par la Chronique de Turpin*, l'autre le miracle* du
pendu-dépendu*, le troisième l'apparition de saint Jacques
au cœur des batailles (Clavijo* ou Las Navas de Tolosa). A défaut
d'avoir vu passer des pèlerins de Compostelle, la ville témoigne
d'une ardente dévotion à saint Jacques. L'église
Saint-Alpin possède deux vitraux copiés sur ceux de Notre-Dame-en-Vaux
(Clavijo et le pendu-dépendu). La ville compte encore aujourd'hui
un quartier* Saint-Jacques qui ouvrait sur la ville par une porte* Saint-Jacques,
né sans doute autour d’une léproserie Saint-Jacques.
Enfin, une “ confrérie* des vignerons de la porte Saint-Jacques
” avait son siège dans l'église Saint-Louis. Elle
a laissé un ex-voto* montrant deux confrères taillant un
cep de vigne, ainsi qu'une statue de l'apôtre.
Champ jacquet
D’aucuns pensent que ces champs étaient des lieux de rassemblement
pour les “ jacquets ”*, pèlerins en partance pour Compostelle.
Devant le nombre de ces toponymes en Bretagne, un historien amateur, bien
que touché par le syndrome* de Compostelle, a cependant renoncé
à cette hypothèse, constatant que tant de départs
auraient vidé la région !
Chanaleilles
(Haute-Loire, ar. Le Puy-en-Velay, c. Saugues)
Voir Hospitalet (col de l')
Chanoine
Membre d'un chapitre cathédral ou collégial
Chants de pèlerins
Contrairement à une idée répandue, le Codex Calixtinus
ne contient pas de chants de pèlerins, mais des pièces liturgiques
destinées à la célébration des offices dans
la cathédrale de Compostelle. On y trouve simplement la recommandation
que certaines messes soient chantées par les pèlerins ainsi
que la mention de messes dites pour les pèlerins. Pourtant les
pèlerins chantent dans l’église, dit le Livre I, chap.
XVII : ils “ veillent en chantant toutes sortes d’airs…
On y entend des chants d’Allemands, d’Anglais, de Grecs et
des autres races et peuples de l’univers entier ”. Quelques
versions de ces répertoires sont parvenues jusqu’à
nous, brodées sur différents thèmes. La Grande Chanson
des pèlerins de Saint-Jacques popularisée par les livrets
de colportage du XVIIIe siècle, et dont la version des pèlerins
d’Aurillac* semble dater du XIVe siècle, met en musique des
différentes étapes du chemin afin de les mémoriser
plus facilement. Celle de Yann* Derrien, datable du XVIe siècle,
raconte un pèlerinage original. Les chants composés depuis
les années 1990 ne se comptent plus.
Chapelet
Objet de dévotion introduit par saint Dominique. Il est constitué
de grains enfilés que l’on fait passer successivement entre
ses doigts en récitant des dizaines d’Ave Maria séparés
par des Gloria et des Pater Noster (d’où le nom médiéval
de patenôtre*). Il est parfois en jais*. L'usage s'en développe
vers 1500 et les images le mettent volontiers dans la main des pèlerins.
Chapelle d’Angillon (La)
(Cher, ar. Bourges)
La Chapelle d'Angillon a pour patron saint Jacques*, un saint Jacques
différencié de ses homonymes par la dénomination
“ de Saxeau ”, nom primitif du village. Le corps était
conservé dans l’église primitive, hors-les-murs, sur
la prairie, entre ville et château. Il n’en restait que des
débris au XIXe siècle, noyés aujourd’hui dans
le plan d’eau. On y accédait par la porte* Saint-Jacques.
Le prieur y disait une messe chaque dimanche et fête, ainsi que
deux messes le jour “ des fêtes* solennelles et le jour de
saint Jacques, patron de l’église ”. Les bâtons*
des confréries étaient amenés processionnellement
depuis les maisons des bâtonniers. Cloches sonnées, cierges
allumés, “ oublies ” distribuées, tout était
fête et les offrandes étaient importantes. Jusqu’au
XVIe siècle et la destruction de l’église par les
Huguenots, l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges, dont dépendait
la paroisse, a laissé faire, mais lorsque l’église
fut reconstruite, elle le fut à l’autre extrémité
du village, et les moines ont écrit la Vie d’un saint jardinier
qui aurait vécu et serait mort là, au IXe siècle.
Les fidèles y sont restés indifférents. En 1604,
alors que ne reste plus que le chef* de saint Jacques, l’authentique*
rédigée par les paroissiens explique : “ Ceci est
du propre chef de monsieur St. Jaque… ”. Un siècle
plus tard, dans la procession* de 1702 figurent des “ pèlerins
chacun en manteau à la pèlerine* garnie de coquilles ”.
Encore en 1878, une nouvelle authentique parle du “ reliquaire*
de St. Jacques, patron de la paroisse ”. Il faut attendre 1886 pour
qu’un curé fasse imprimer et largement diffuser la vie du
saint jardinier pour que l’apôtre soit enfin oublié.
Aujourd'hui, saint Jacques est fêté le 19 novembre, date
anniversaire de sa mort, en un pèlerinage qui reprend vie après
quelques années d'interruption, sous l'impulsion de l'association
Saint-Jacques du village. Mais plus rien ne rappelle l’apôtre.

Chapelle des rois de France à Compostelle
A la mort d’Alphonse* de Poitiers en 1271, le Poitou fut réuni
au domaine royal, et le roi honora le testament* du prince, dépense
prise en charge par les finances de la Saintonge*. En 1372, cette rente
fut englobée dans celle de 3 000 florins qui fut constituée
par Charles V pour six messes quotidiennes à célébrer
dans la chapelle du Saint-Sauveur (chapelle axiale) de la cathédrale
de Compostelle qui prit dès lors le nom de chapelle des rois de
France. Les archives de Compostelle et celles du royaume de France conservent
quelques traces de ces paiements, qui furent néanmoins interrompus
puisqu’en 1467, Louis XI “ rétablit ” la fondation
de Charles V, mais seulement pour trois messes quotidiennes. Les paiements
ont donc repris, mais, un siècle plus tard, le chapitre de Compostelle
envoya un rappel à l’ordre pour demander le paiement. Cette
chapelle fut nommée, au début du XXe siècle “
chapelle Saint-Louis des Français ”. Après la guerre,
elle fut desservie pendant quelque temps par un curé français.
Aujourd’hui, l’appellation courante, à Compostelle,
est celle de l’origine, chapelle du Saint-Sauveur.
Chapelles Saint-Jacques
Les chapelles peuvent être des bâtiments isolés ou
des chapelles incluses dans des églises. Les chapelles isolées
sont (ou ont été) de différentes natures : chapelles
castrales (Saint-Jacques-de-Tarentaise*, Fontaine-les-Ribouts*), chapelles
de confréries* (Bourges*, Cordes*, Orléans*), chapelles
d’hôpitaux* (Nîmes*, Blois*), chapelles de pèlerinages
(Calahons*) avec fontaines* de dévotion (Trémeven*, Mâcot-la-Plagne*),
chapelles d’alpages parfois à 2000 m. d’altitude (Névache*
dans les Hautes-Alpes, le Châtel ou Seraz à Sainte-Foy-Tarentaise
en Savoie). Certaines sont minuscules, d’autres atteignent la taille
d’une église. Elles peuvent cumuler les fonctions de confrérie,
hôpital et sanctuaire de pèlerinage (Saint-Jacques-aux-pèlerins
à Paris*). Leur implantation géographique est très
variable : en ville, dans les faubourgs, dans un village, au haut d’une
montagne, sur un pic dominant une rivière, au fond des bois, etc.
Les considérer comme des balises sur les chemins de Saint-Jacques
est un symptôme caractéristique du syndrôme* de Compostelle.
Les chapelles incluses dans des églises peuvent être des
chapelles funéraires (Canville-la-Roque*, Cléry Saint-André*),
des chapelles de confréries* ou des lieux de pèlerinage
quand elles abritent une relique (Aire-sur-la-Lys*, Arras*).
Chapiteau
Elément architectural qui coiffe une colonne ou un pilier, généralement
décoré de motifs ornementaux ou de scènes représentant
des épisodes de l’Ancien ou du Nouveau Testament ou de la
vie de saints (chapiteaux historiés).
Chapitre
Le mot désigne simultanément la salle où se réunissait
la communauté religieuse, les membres de cette communauté,
la réunion au cours de laquelle se prenaient les décisions.
Le chapitre général est la réunion (chaque année
ou davantage) de tous les religieux d'un même Ordre.
Charlemagne
Roi des Francs en 768, Charlemagne (742 – 814) devient empereur
d’Occident en 800. L'un de ses soucis fut de faire des Pyrénées
une barrière à la menace musulmane. D'autre part, en tant
que chef de l'Eglise, il s'est beaucoup intéressé à
l’adoptianisme*. Si l'empereur n'est jamais allé à
Compostelle*, il est évident qu'il s'entretint de cette question
avec les rois chrétiens de la péninsule et en particulier
avec celui de Galice qui portait déjà la bannière
de saint Jacques. Ce n’est qu’au XIIe siècle que la
Chronique de Turpin* le fait aller délivrer le tombeau de saint
Jacques, ce que contestent d’ailleurs les chroniques espagnoles.
Certaines prétendent qu’il n’a jamais passé
les Pyrénées, d’autres qu’il est néanmoins
l’ancêtre des rois de Castille. L’Histoire retient qu’il
a fondé une “ marche frontière ” en Catalogne,
qu’il a aidé l’évêque d’Urgel à
lutter contre l'adoptianisme, mais qu’il n’est jamais allé
au-delà. Tout le reste, on le sait depuis le XVIIIe siècle,
relève de la légende. De nombreuses églises prétendent
avoir été fondées par lui et dotées de reliques
de saint Jacques à son retour de Compostelle.
Charles V (sceptre du roi de France)
Le musée du Louvre conserve le sceptre que le roi Charles V (1338-1380)
fit confectionner lors de son accession au trône, en 1364. Le thème
iconographique prouve que le roi se veut le descendant de Charlemagne*
: l'extrémité porte une statuette de l'Empereur. L'ornementation
du nœud introduit saint Jacques dans l'image de la royauté,
par trois scènes empruntées à la Chronique de Turpin*.
La première représente saint Jacques apparaissant à
Charlemagne pour lui ordonner de partir délivrer son tombeau en
Galice, la seconde décrit le miracle* des lances fleuries, la troisième
rappelle la mort du grand empereur dont l’âme fut arrachée
au démon par saint Jacques. Sur les bords sont gravés ces
mots : Sanctus Karolus magnus Italia, Roma, Germanica. Le roi annonce
ainsi qu'il a l'intention de soutenir l'un des deux prétendants
au trône de Castille, Henri Trastamare, en envoyant à son
secours la chevalerie française, et en espérant que cette
bonne action lui sera comptabilisée par saint Jacques à
l’heure de sa mort*. Durant son règne, le roi a envoyé
plusieurs fois des ambassadeurs à Compostelle, porteurs de dons
à la chapelle* des rois de France.
Charpentier (Louis)
Dans son livre ésotérique* Les Jacques et le mystère
de Compostelle, publié en 1971, se côtoient les pèlerins,
les Celtes*, les Basques, les Templiers*, la cathédrale de Chartres,
les Compagnons*, les alchimistes*, les Cagots, la grande pyramide, le
Graal*, etc. Pas de doute, “ le chemin Saint-Jacques, en Espagne,
est un chemin initiatique* qui date du néolithique et dont le parcours
semble bien n’avoir jamais été interrompu. Son nom
lui vient du fait qu’il est un chemin d’initiés, c’est-à-dire
de savants ”. Méconnaissant l’histoire et la diversité
qui caractérisaient les anciens compagnonnages, il leur prête
un état d’esprit et des pratiques imaginaires. Pourtant,
son livre suggère des pistes de recherche et fournit quelques documents
qui ne sont pas inintéressants. C’est à lui que l’on
doit le récit de la légende de la “ pendule* à
Salomon ”
Chartres
(Eure-et-Loir)
Si la cathédrale de Chartres figure sur les listes du Patrimoine*
Mondial de l’UNESCO* depuis 1979, elle n’a pas eu l’honneur
d’y être retenue au titre des chemins de Compostelle. Elle
recèle pourtant un nombre important de témoignages de dévotions
à saint Jacques, principalement dans ses vitraux. Les deux plus
intéressants, datés du XIIIe siècle, se trouvent
dans les verrières basses du chœur : la baie 5 représente
le martyre de saint Jacques et la baie 7 l’histoire de Charlemagne,
d’après la Chronique* de Turpin. Entre le XIIIe et le XVIIe
siècle, saint Jacques apparaît encore, en compagnie de donateurs*
ou d’autres saints, sur plusieurs autres vitraux. Dans la chapelle
Saint-Clément de la crypte de la cathédrale, subsiste une
peinture murale échappée par miracle à la destruction,
datable du XIIe ou XIIIe siècle. Elle met en scène six personnages
nimbés, à des hauteurs différentes selon leur place
sous la voûte. De gauche à droite on reconnaît Charlemagne*
assistant à la fameuse “ messe de saint Gilles* ”,
puis un évêque, puis saint Pierre. Ensuite, le quatrième
et le plus haut en taille est saint Jacques* bénissant, reconnaissable
aux coquilles* qui couvrent son manteau. Puis saint Nicolas et saint Clément.
Malheureusement, rien ne permet de comprendre le sens de l’ensemble.
On peut seulement remarquer que se retrouvent côte à côte
saint Gilles, Charlemagne et saint Jacques et que le miracle II du Livre
des miracles* de saint Jacques raconte le même miracle* que celui
de saint Gilles : le coupable est un Italien anonyme et le prêtre
est l’évêque de Compostelle. De Chartres provient la
relique de saint Jacques donnée par l’évêque
en 1862 à l’église Saint-Jacques de Montlandon*.
Chaussures
L’erreur à ne pas commettre est de partir avec des chaussures
neuves. Cheville bien tenue ou chaussure plus basse et plus légère
? Les deux écoles existent. Les inconditionnels des sentiers et
des parcours boueux auront intérêt à choisir des chaussures
montantes, éventuellement complétées de guêtres.
Certains font des milliers de kilomètres en sandales. Des conseils
: quel que soit votre choix, casser vos chaussures avant de partir* et
choisissez des chaussettes d’excellente qualité, à
changer souvent et n’hésitez pas à prendre une pointure
de plus que vos chaussures de ville.
Chef
Synonyme de “ tête ” : une relique* du chef de saint
Jacques est tout ou partie de sa tête. Elle est conservée
dans un buste-reliquaire*
Cheminant
Terme parfois utilisé pour désigner les personnes qui parcourent
les chemins de Compostelle, évitant ainsi l’emploi du mot
pèlerin, même dans son acception la plus générale.
Un pèlerin en donne la raison suivante : « les termes "cheminement"
et "cheminants" ont été préférés
à ceux plus courants de pèlerinage ou de pèlerins
qui portent actuellement avec eux une connotation religieuse réductrice
au regard de l'universalisme souhaitable. Nous le regrettons d'autant
plus, qu'à nos yeux, ce qui est "religieux" est, dans
son étymologie, ce qui "relie" les hommes entre eux et,
avec eux, l'humanité au Sacré. C'est cette "mise en
relation" qui nous paraît conférer au fait religieux
un sens éminemment "catholique", c'est à dire
authentiquement "universel", sous la réserve de ne pas
le réduire à une religion particulière aussi respectable
et estimable soit elle ». Cependant pour la majorité de nos
contemporains le mot pèlerin a un sens, hérité de
l’histoire, que n’a pas le mot cheminant. Que son utilisation
soit à ce point refusée mérite réflexion.
Chemins
Des raisons de sécurité et le développement de la
marche comme activité sportive ont conduit les pèlerins
contemporains à utiliser des chemins plutôt que les routes
moins favorables aux piétons. Certains croient en les empruntant
se mettre dans les conditions des pèlerins médiévaux,
ce qui est une erreur. Les pèlerins médiévaux utilisaient
les routes.
- Chemins de Compostelle
Sous le nom “ chemins de Compostelle ” se cachent des réalités
différentes selon les pays et les interlocuteurs. En Espagne il
s’est agi pendant longtemps du seul Camino francés*. Ce chemin
étant de plus en plus fréquenté les pèlerins
recherchant le calme ou par des récidivistes* avides de changement,
empruntent de nouveaux itinéraires parmi lesquels la Via* de la
Plata. En France, depuis l’édition, en 1882, du dernier Livre
du Codex Calixtinus (paru en 1938 sous le titre de Guide* du pèlerin),
les chemins de Compostelle désignent essentiellement les quatre
chemins tracés d’après les indications du Guide, qualifiés
de chemins historiques*. Ils ont ensuite été prolongés
et complétés de bretelles et itinéraires de liaison
qui forment finalement l’écheveau de toutes les possibilités
de se rendre d’un point de départ quelconque à l’un
des passages des Pyrénées couramment utilisés par
l'ensemble des voyageurs. En Europe, depuis la déclaration du Conseil*
de l’Europe de 1987, chaque pays s’est efforcé de retrouver
ou définir ses chemins de Compostelle. Pour cela, des lieux de
cultes à saint Jacques dont, en général, rien ne
prouve qu’ils aient eu avec le sanctuaire galicien d’autre
relation que la dévotion au même saint, ont souvent fait
office de balises*.
- Chemins de Saint-Jacques
Sur les cartes* et les plans, un chemin de Saint-Jacques est un chemin
qui mène à un lieu-dit Saint-Jacques ou en vient. Si des
pèlerins l’ont emprunté, ils allaient à quelque
sanctuaire local, à l’hôpital Saint-Jacques ou vers
un sanctuaire plus lointain, Compostelle peut-être ? La Voie Lactée*
est devenue chemin de Saint-Jacques par la légende rapportée
par la Chronique de Turpin*.
- Chemins historiques
En France prévalent “ quatre chemins historiques ”
esquissés par le Guide du pèlerin* et cartographiés,
très théoriquement, dès la fin du XIXe siècle.
Devant la concurrence de plus en plus forte, on arrive à des conflits
entre tenants de tel ou tel itinéraire. Telle association s’indigne
de ce que “ des sauvages balisent des itinéraires erronés
propres à détourner le pèlerin du chemin historique
”. Des pèlerins candides n’osent pas s’écarter
du GR* 65, de peur que leur pèlerinage ne soit pas valable…
Comme si la valeur du pèlerinage tenait à l’historicité
du chemin ou au pourcentage de route goudronnée* ! En réalité,
on peut parler de “ chemins historiques ” lorsqu’il
s’agit d’itinéraires réellement empruntés
par des pèlerins, par exemple, en 1592, le chemin recommandé
par la confrérie au départ d’Orléans passe
par Cléry Saint-André, Saint-Laurent-des-Eaux, Blois, Amboise,
évite Tours pour aller directement à Port-de-Pile, Châtellerault
et la grande route d’Espagne par Blaye et Bordeaux. Le retour coïncide
avec le tracé de la Nationale 20 actuelle : Toulouse, Limoges,
Châteauroux. Ce chemin fut celui d’un pèlerin d’Orléans
qui indique aux autres confrères la route qu’il a suivie.
On peut dire qu’il y a presque autant de “ chemins historiques
” que de pèlerins.
- Chemins initiatiques
Voir Alchimie*
- Chemins roumieux
Chemins empruntés par des pèlerins de Rome, puis, par extension,
chemins conduisant à des sanctuaires de pèlerinage.
Chevaliers
Tout au long du Moyen Age, les chevaliers-pèlerins participent
à la Reconquista*. Ils se veulent les descendants des preux compagnons
de Charlemagne* exaltés par la Chronique* de Turpin, et sont des
figures banales sur les routes menant vers l’Espagne et, parfois,
à Compostelle. Mélangeant histoire* et légendes*,
combats et Pas d’Armes, s’y rencontrent par vagues Adalard*
et ses compagnons, les Bourguignons* des XIe et XIIe siècles, Du
Guesclin envoyé par Charles V*, les chevaliers envoyés par
Charles VI pour aider le roi de Castille contre les Anglais, Jean de Werchin*,
Jacques de Montmayeur*, Bayard* même qui serait venu incognito.
L’imagination de vraie noblesse, un ouvrage rédigé
au début du XVe siècle à l’intention des jeunes
bourguignons conseille : “ Il est bienséant en temps de paix
que les jeunes hommes de noble lignages accomplissent des pèlerinages
tels que Jérusalem, Sainte-Catherine ou Saint-Jacques et parcourent
les royaumes chrétiens. Qui plus est, qu’ils s’emploient
en guerre contre les Sarrasins et les mécréants, car un
jeune homme ne peut nulle part mieux apprendre les affaires du monde que
par ces voyages et apprendre le métier des armes qu’en pays
étrangers ”
Chevet
Arrière d’une église*.
Chiens
Ils ont remplacé les loups dans le catalogue des dangers* dont
tout pèlerin est menacé. Incontournables sur le chemin tant
en France qu’en Espagne où on dit qu’ils sont habitués
au passage des pèlerins. Néanmoins, ils ne sont pas toujours
maîtrisés et les plus hargneux obligent parfois à
des détours. Contrairement à une idée reçue,
il ne faut jamais brandir son bourdon* pour s’en défendre,
cela peut rendre agressif un chien paisible. Il convient de s’arrêter
ou de se déplacer très lentement, de ne pas manifester sa
peur* et de regarder le chien dans les yeux, jusqu’à ce qu’il
recule. D’aucuns vont même jusqu’à préconiser
de se mettre à quatre pattes ! Aujourd’hui, les sifflets
à ultra-sons* semblent assez efficaces.
Chœur
Voir Eglise
Chrisme
Voir Pendule à Salomon.
Christophe (saint)
Comme saint Jacques*, saint Christophe passe pour avoir succédé
à Hermès*, bien que d’une manière différente.
Tous les trois sont (ou étaient) fêtés le 25 juillet,
au moment de l’arrivée de la Canicule qui se levait du 19
au 26 juillet (constellation du Chien). Dans l’iconographie, saint
Christophe est parfois représenté avec une tête de
chien, ce qui en fait le descendant du dieu gréco-égyptien
Hermanubis unissant sous ce nom les fonctions semblables du dieu égyptien
Anubis (dieu des morts à tête de chien) et du dieu grec Hermès*
(dieu conducteur des âmes). Comme saint Jacques, saint Christophe
est celui qui assure la traversée des eaux, le passage entre la
vie et la mort. Pour toutes ces raisons, on retrouve fréquemment
les deux saints associés dans les vocables de confréries
(Saint-Jacques-de-la-Boucherie à Paris*) et d’églises
(Guermantes en Seine-et-Marne, Aubervilliers* en Seine-Saint-Denis, la
Villette à Paris).
Chronique d’Alphonse VII
La Chronique d’Alphonse VII a été écrite
vers 1157. Elle relate les cérémonies de 1135 qui avaient
fait de ce roi l’empereur successeur de Charlemagne : “ Ils
furent égaux par la race, identiques par la force des armes ”.
Y figure la liste de ceux qui avaient accepté de le reconnaître
comme empereur et qui avaient été invités aux cérémonies
depuis “ toute la Gascogne et toutes les régions qui s’étendent
jusqu’au Rhône, ainsi que de Montpellier… des seigneurs
de France et des Poitevins en grand nombre ”. Ainsi, dit la chronique,
Alphonse VII aura pu “ étendre les frontières de son
royaume des rives de l’Océan, c’est-à-dire du
rocher de saint Jacques, jusqu’au cours du Rhône ”.
La période était propice car le duché d’Aquitaine*
était encore une principauté indépendante et les
relations avec le duc Guillaume X* semblaient excellentes. Cette vision
castillane des choses reprenait le vieux rêve d’une souveraineté
espagnole jusqu’aux rives du Rhône, qui avait existé
avant l’invasion des Wisigoths et qu’un chroniqueur décrit
ainsi : “ Les rois espagnols gouvernèrent du Rhône,
le plus grand fleuve de Gaule, jusqu’à la mer qui sépare
l’Europe de l’Afrique, l’ensemble des six provinces,
la Narbonnaise, la Tarragonaise, la Bétique, la Lusitanienne, la
Carthagénoise et la Galice. ” Rédigé à
la même époque, le dernier Livre du Codex Calixtinus
donne la liste des sanctuaires préférés de ces nobles
invités. Ce n’est sans doute pas pure coïncidence. Et
reportées sur une carte, les six provinces dessinent la carte qui
peut être déduite de l’énumération des
sanctuaires. Les chemins de Compostelle sont ceux des seigneurs qui se
sont rendus au couronnement d’Alphonse VII plus que ceux de pieux
et pauvres pèlerins médiévaux que le XIXe et le XXe
siècles ont imaginés.
Chronique de Turpin
Ce document constitue le Livre IV du Codex Calixtinus*. Il a été
rédigé au XIIe siècle par trois co-auteurs, l’évêque
de Compostelle Diego Gelmirez*, le pape Calixte II* et l’abbé
de Saint-Denis en France. Les deux premiers agissent pour le jeune Alphonse
VII*, le troisième pour le roi de France Louis VI. Attribuée
à l’évêque Turpin*, cette chronique raconte
l’histoire de Charlemagne*, de Roland et des chevaliers partis,
au nom de saint Jacques, délivrer l’Espagne. Elle s’ouvre
sur l’apparition de saint Jacques demandant à Charlemagne
de venir en Galice en suivant la Voie Lactée* et se développe
autour du récit des expéditions aboutissant à la
mort du roi païen Aigolan. Elle s’achève sur la défaite
de Roncevaux et la mort de Charlemagne. Elle a été considérée
comme véridique jusqu'au XVIIIe siècle où il a été
montré qu'elle n'était que légende et pure invention
; elle est dénommée depuis Pseudo-Turpin*. Utilisée
comme document historique authentique en France, en Espagne et dans l’Empire
germanique pour justifier les prétentions des rois au titre d’Empereur
descendant de Charlemagne, elle figure dans des centaines de manuscrits
épars à travers l’Europe. Connue de toute la noblesse
européenne, elle contribua plus que le nombre de pèlerins
à la renommée de Compostelle.
Chronique du Turpin saintongeais
Nom donné à une variante de la Chronique de Turpin*
racontant longuement, au début du XIIIe siècle, les batailles
de Charlemagne* et de Roland en Saintonge*. Ce récit a laissé
de nombreuses traces dans le patrimoine de la région. Outre la
statue de l’Empereur à Saintes*, on retrouve son souvenir,
entre autres, sur la chaussée Saint-James de Taillebourg où
il a livré une bataille, à Saint-Saturnin-de-Séchaud,
dont il a fondé l’église dans le cimetière
où il a enterré les morts. A Moragne, au village de la Pillette
il s’est battu contre le géant Golias devant la fontaine
Sainte-Lucie. A Châtellaillon, il massacra encore des Sarrasins.
A Lussac, il a fondé la chapelle Saint-Martin dont il ne reste
que le portail. A Puyrolland, il a reçu le renfort de Roland et
Olivier : le pays en garde une jolie légende dans laquelle Roland,
pour l’amour d’une belle, a détourné les eaux
de la Boutonne pour les faire passer au pied de la colline de Saint-Marmé.
Saint-Agnant a remis en valeur la fontaine Charles et la fontaine Charlemagne.
A Saint-Léger*, Charlemagne aurait encore fondé l’église
Notre-Dame de l’île, près de la Seugne et y aurait
déposé “ la croix qu’il portait à son
cou ”. Une fontaine Charlemagne y a longtemps attiré les
pèlerins.
Ciboire (du maréchal Pétain)
Le musée de la cathédrale de Compostelle* conserve le ciboire
remis en 1943 par l'ambassadeur de France au nom du Maréchal Pétain*.
Clavijo (bataille de)
Bataille légendaire relatée seulement au XIIe siècle,
sans doute à partir d'éléments réels : le
roi des Asturies Maurégat (783-789) avait obtenu l’aide de
l’émir de Cordoue pour déjouer des complots destinés
à le détrôner. En échange, il devait donner
chaque année cent jeunes filles aux harems d'Andalousie. En 844,
le roi Ramire Ier refusa de payer. Une bataille s’ensuivit, à
Clavijo près de Logroño au cours de laquelle saint Jacques
apparut, monté sur un cheval blanc, déployant un grand étendard
blanc lui aussi. Galvanisée, l’armée chrétienne
remporta la victoire au cri de : “ Santiago y cierra España
” (saint Jacques, et reste ferme Espagne). En remerciement, Ramire
se serait engagé à verser chaque année une contribution
financière à la cathédrale de Compostelle, le voto
de Santiago (Vœu à saint Jacques*). L’image du saint
Matamore* (tueur de Maures) en découle.
Clermont-Ferrand
(Puy-de-Dôme)
L'église Notre-Dame-du-Port est classée par l'UNESCO* Patrimoine*
Mondial au titre des chemins de Saint-Jacques. Cette église, fondée
dans le quartier marchand, est l'une des cinq plus belles églises
romanes d'Auvergne. Elle fut un grand sanctuaire de pèlerinage
à une Vierge Noire conservée dans la crypte, mais ne présente
aucun rapport, ni avec saint Jacques, ni avec Compostelle. En revanche,
Clermont possède un quartier Saint-Jacques très récent,
sur un plateau dominant la ville, en direction du Sud-est. Symboliquement,
l'apôtre y protège la vie médicale en ce lieu récemment
urbanisé : un hôpital* Saint-Jacques (CHU), une résidence
universitaire, une cité-jardin construite en 1920 et rénovée,
une église* (qui a perdu en 2004 son titre de paroisse) et un cimetière
Saint-Jacques. Ce quartier moderne succède à un village
Saint-Jacques qui était installé là, au milieu des
vignes, au pied du puy de Gravenoire.
Cléry-Saint-André
(Loiret, ar. Orléans)
Le 22 mars 1994, la commune de Cléry a adopté la coquille*
dans ses armoiries*. En 1998 une croix de fer ancienne fut posée
sur un socle de pierre neuf, à proximité de l’église.
Sur ce socle fut sculptée une coquille par les artisans qui restauraient
l’église. Ce symbole de la coquille rattache aujourd’hui
Cléry à l’imaginaire compostellan. Cléry fut
longtemps située sur l’une des grandes routes menant de Paris
vers l’Espagne, par Bordeaux ou Toulouse. Sanctuaire très
couru, dédié à Notre-Dame, il fut naturellement une
étape sur cette route très passante. L'église fut
dotée au XVIe siècle d’une chapelle Saint-Jacques,
richement décorée par les frères Pontbriant qui la
voulurent comme chapelle* funéraire. Ce geste témoigne d’une
dévotion universelle à saint Jacques passeur* des âmes
vers l’Au-delà. Elle fut un lieu de rassemblement d’une
confrérie* Saint-Jacques dans le cadre de la Contre-Réforme,
quand le pèlerinage de Compostelle prit une ampleur nouvelle. Elle
compta quelques anciens pèlerins de Compostelle parmi ses membres.
Auparavant rien n’indique des passages fréquents de pèlerins
de Compostelle. Jérôme Münzer en 1494 décrit
ainsi le village : “ … Au village de Notre-Seigneur de Cleri,
on trouve une très belle église voûtée avec
une nef élevée qui fut établie par le roi Louis [XI]
en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie et dotée de
12 chanoines. Le roi Louis y est enseveli, ainsi que son épouse
Charlotte, un de ses fils et le second fils de Charles (VIII), né
de la duchesse Anne de Bretagne. ”. Bien plus tard, en septembre
1663, le poète La Fontaine en voyage écrit à sa femme
: “ De Cléry à Saint-Dié, qui est le gîte
ordinaire, il n'y a que 4 lieues, chemin agréable et bordé
de haies, ce qui me fit faire une partie de la traite à pied. Il
ne m'y arriva aucune aventure digne d'être écrite, sinon
que je rencontrai, ce me semble, deux ou trois gueux et quelques pèlerins
de Saint-Jacques ”. Peut-on imaginer que des pèlerins ont
porté la renommée de Notre-Dame de Cléry jusqu’à
Compostelle ? C’est en effet vers la Vierge de Cléry que
se sont tournés en 1554 “ cent vingt pèlerins galiciens
qui y vinrent en pèlerinage, porteurs d’une châsse
de saint Jacques, afin de demander de l’eau pour leur pays désolé
par une sécheresse depuis trois ans ”.
Cloches des égarés
Dans des régions difficiles et cependant parcourues par des voyageurs,
plusieurs lieux se sont munis d’une cloche dite “ des égarés
” qui servait de guide sonore en cas de brouillard ou de mauvais
temps. A Saint-Hubert, elle ramenait à l’abbaye les pèlerins
perdus dans la forêt d’Ardenne. Dans les Ardennes belges,
sur le pilgerweg entre Raeren et Katlertherberg trouvaient dans le désert
de la Fagne un établissement religieux destiné à
venir en aide aux voyageurs. Une ordonnance de Jean, duc de Juliers, du
20 juillet 1515 ordonne de faire installer une nouvelle cloche à
“ notre maison sur le Reinart ” pour le secours des voyageurs.
A Cohaifagne, encore au cœur des Hautes-Fagnes belges, non loin de
Sart et de Verviers, un hôpital Saint-Nicolas “ sonnait tous
les soirs une cloche, afin que ceux qui se trouvaient à portée
pussent s’adresser au moyen du son, vers ce refuge de la charité
… On sonnait aussi cette cloche pendant le jour … lorsque
l’air se trouvait obscurci soit par les flots de neige, soit par
les brouillards épais qui sont très fréquents dans
ces parages ” Sur le Causse, celle de Sonac servait aux pèlerins
de Rocamadour. La cloche Maria, dite “ cloche des perdus ”
d’Aubrac*, marquée de cette inscription à double sens
: “ Jubile pour Dieu / Chante pour les clercs / Chasse les démons
/ Rappelle les égarés ”. Elle guidait tous ceux qui
sillonnaient l'immense plateau. Plusieurs fois fondue, déménagée,
celle qui sonne aujourd’hui a échappé à la
Révolution et à la convoitise des paroissiens de Saint-Chély
d’Aubrac. A Roncevaux*, accrochée au campanile de la chapelle
Saint-Jacques, est la cloche de Saint-Sauveur de Ibañeta qui signalait
autrefois le chemin de la Collégiale aux voyageurs perdus (une
autre fut remise en 1965 à la chapelle moderne d’Ibañeta).
Non loin du mont Pilat, près du crêt de la Perdrix, le refuge
de la Jasserie dresse encore sa cloche des égarés.
Clou
Pour affirmer leur présence sur les chemins contemporains de Compostelle,
des villes de plus en plus nombreuses balisent* leur traversée
par des clous de bronze à base de coquille* stylisée. Une
association a même conçu ce balisage comme marque d’un
itinéraire qu’elle prétend historique. Elle a acquis
des droits exclusifs de diffusion d’un modèle déposé
qu'elle propose aux municipalités ignorantes de l'histoire et soucieuses
de se mettre en valeur. Périgueux* a été la première
ville dotée de ces clous. On en trouve aussi à Limoges*,
Issoudun* et dans diverses autres villes de la “ voie de Vézelay*
”. Des modèles particuliers existent à Montpellier*
et Bordeaux* où il est aussi apposé sur les plaques de rues.
Des initiatives semblables ont été prises dans des villes
étrangères comme Namur ou Bruxelles.
Cluny
(Saône-et-Loire, ar. Mâcon)
Ce puissant monastère bourguignon fondé au début
du Xe siècle a étendu son influence sur toute l’Europe.
Ses relations avec Compostelle au XIIe siècle étaient liées
à celles des comtes de Bourgogne*. Contrairement à une idée
répandue, on ne peut pas dire qu'il a organisé le pèlerinage
à Compostelle. Mais, à la demande de Sanche III de Navarre
et Alphonse VI de León-Castille (1040-1109), il a joué un
rôle important pour l’introduction en Espagne du rite grégorien
imposé par Rome à la place du rite propre de l’Eglise
espagnole hérité des usages mozarabes. Parmi ses reliques*,
Cluny a possédé une portion de chair de saint Jacques. 
Codex Calixtinus
Nom d’un manuscrit du XIIe siècle conservé à
la cathédrale de Compostelle, également connu sous les noms
de Livre de Calixte ou Livre de saint Jacques ou Jacobus
ou Liber sancti Jacobi (traduction intégrale en français
publiée, en 2003, par Bernard Gicquel chez Tallandier). Il s’ouvre
par une lettre-prologue faussement attribuée au pape Calixte II*
pour en augmenter la notoriété. Il comprend cinq Livres
: I, des sermons (les 4/5 du volume total) ; II, Livre des Miracles* ;
III, Translation* ; IV, Chronique de Turpin* ; V, sans titre, (titré
au XXe siècle Guide du pèlerin* dans la traduction
française). Ce manuscrit est une compilation de textes antérieurs
rassemblés, pour des raisons politiques, (à Vézelay*
?) vers 1160, après la mort de Diego Gelmirez. On ne peut donc
pas le considérer comme le document fondateur de la légende
compostellane. Il a été très peu utilisé,
ainsi qu’en témoigne son état neuf ; il n'en existe
que trois copies datant du XIVe siècle, au Vatican, à Madrid
et au British Museum à Londres. Il n’a donc pas contribué
directement à la diffusion de cette légende. En revanche,
les textes antérieurs, qui en sont les sources, ont continué
leur vie propre et ont été plus largement diffusés.
On les retrouve dans de nombreuses bibliothèques, souvent appelés,
improprement, Livres des Miracles du pape Calixte. Leur contenu est variable,
incluant ou non la Lettre de Calixte, la Translation, la Chronique
de Turpin, les miracles ainsi que des passages du Livre V. Vers 1255,
le dominicain Jacques de Voragine a puisé dans ces textes pour
écrire la Légende Dorée. Souvent recopiée
puis rééditée, elle a fait de la légende*
de saint Jacques une histoire sainte incontournable.
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compléter votre information sur l'histoire du Codex :

Coelho (Paulo)
Par la publication en 1996 du roman de fiction Le Pèlerin de Compostelle,
l'écrivain Paulo Coelho a mis en route de nombreux pèlerins
et popularisé Compostelle au Brésil. Cet ouvrage ne doit
pas être lu comme un récit de pèlerinage. Il a fortement
contribué à vulgariser la dimension initiatique du pèlerinage.
Cœur (Jacques)
Grand argentier du roi Charles VII, Jacques Cœur (1395-1456) avait
une forte dévotion pour son patron, saint Jacques. Dans ses armoiries*,
il adopte les coquilles* ; à la cathédrale de Bourges* il
finance, dans sa chapelle, le vitrail de l’Annonciation sur lequel
figure saint Jacques en pèlerin ; deux de ses navires sont placés
sous la protection de l’apôtre (“ Notre-Dame-Saint-Jacques
” et “ Santa-Maria-e-Sant-Jacme ”). Néanmoins,
lors de son procès, parmi toutes les charges qu’on accumulait
contre lui, on lui reproche d’avoir été à l’origine
du suicide d’un jeune pèlerin allemand “ honnête
homme et de bonne conversation ” qui, étant en route pour
Compostelle, se vit arrêter et embarquer de force sur la Notre-Dame-Saint-Jacques.
De désespoir il se jeta à l’eau. L’argentier
se défendit en alléguant l’ignorance des faits, connus
de lui seulement par ouï-dire. Peut-être en souvenir de ce
malheureux pèlerin, pendant ses années de prison, il fit
vœu* d’un pèlerinage à Compostelle s’il
échappait à ses ennemis, ce qu’il n’a d’ailleurs
pas fait. Par testament*, il a chargé son quatrième fils
d’exécuter cette promesse. Mais ce dernier a obtenu du pape
la dispense d'accomplissement, faisant valoir son mauvais état
de santé. En 1655, Pierre Borel, dans ses Dictionnaire des termes
du vieux français ou Trésor de recherches et antiquitez
gauloises et franques reprend pour Jacques Cœur l’idée
de l’interprétation alchimique* de sa fortune : comme Flamel*,
il a sculpté des allégories sur ses maisons de Montpellier.
Borel rapporte une autre histoire, celle d’un Jacques Cœur
né à Poussan près de Montpellier, fort pauvre jusqu’à
ce qu’il rencontre Raymond Lulle*, lequel lui aurait “ communiqué
son secret de faire de l’or ”. La chose ne lui paraît
pas impossible, vu, dit-il, que “ Jacques Cœur en sa jeunesse
le pourrait avoir vu, car Lulle vivait l’an 1337 [ce en quoi il
se trompe] et vécut 140 ans ”.
Collège
Du latin collegium, ensemble de magistrats ou de prêtres.
Corps de personnes revêtues de la même dignité : le
collège des apôtres*.
Collégiale
Eglise importante fondée pour augmenter le service divin et, pour
ce faire, desservie par un collège* de chanoines*. Ces chanoines
sont le plus souvent réguliers (vivant sous la règle de
saint Augustin), mais certains sont séculiers (vivant dans le siècle).
En général, la collégiale assume le service paroissial.
Colloques
Plusieurs colloques internationaux ont été organisés
par le Conseil* de l’Europe, ce qui a contribué à
développer la conscience européenne de la place des pèlerinages.
Deux d’entre eux ont été particulièrement importants,
celui de Bamberg en 1988 et celui de Viterbe en 1989. Malheureusement
leur objectif n’a pas toujours été l’accroissement
des connaissances et l’ouverture. Ils ont progressivement été
détournés au service du seul chemin de Compostelle et des
intérêts qui lui sont liés. Les chercheurs qui émettaient
des réserves sur l’impact du pèlerinage n’ont
jamais été réinvités.
Collonges-la-Rouge
(Corrèze, ar. Brive-la-Gaillarde, c. Meyssac)
Au XIVe siècle, un seigneur de Collonges, Barthélémy
de Vassinhac, fonda une chapelle* Saint-Jacques dans l’église
(elle est aujourd’hui transformée en sacristie). Cette chapelle
était desservie par un vicaire, mais on ignore sa fonction initiale.
Ce n’est qu’à partir des années 1950 que des
érudits locaux, imprégnés des hypothèses de
cette époque (voir Chemins), ont fait de Collonges une “
ancienne étape des pèlerins de Compostelle ”. En 1955,
Roger Ouvradou, habitant de Collonges et membre de la société
savante des Amis de Collonges, partit à Compostelle, sans aucun
doute en voiture car il en rapporta une statue de facture ancienne qu’il
fit poser sur une pierre saillante, en façade de sa maison. Depuis,
elle accrédite l’idée que Collonges a, depuis longtemps
reçu des pèlerins de Compostelle, faisant oublier ceux qui
allaient à Rocamadour. Cette même année 1955, le 16
juillet, s’ouvrit, dans le village déserté, un restaurant
qui prit pour enseigne Relais Saint-Jacques-de-Compostelle. Les touristes
pouvaient désormais s’arrêter dans ce lieu, connu déjà
comme étant l’un des plus beaux villages de France.
COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté Européenne)
La COMECE est un instrument de liaison entre les Conférences épiscopales
et la Communauté européenne. Elle a vu le jour le 3 mars
1980. Les conférences épiscopales de Roumanie, Croatie et
Bulgarie y ont un statut d’observateur. Entre le 17 et le 21 avril
2004, à l'invitation de l'archevêque de Compostelle, la COMECE
a organisé un pèlerinage afin de célébrer
l’adhésion de dix nouveaux États membres en mai 2004.
A cette invitation ont répondu 300 pèlerins de plus de 25
pays européens, parmi lesquels 40 évêques ainsi que
des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs. A cette
occasion, le Pape Jean-Paul II* a qualifié Compostelle* de “
capitale spirituelle de l’Europe ”.
Commerce
Pendant la période médiévale, les marchands étaient
nombreux sur les routes, profitant de leurs déplacements pour aller
vénérer des sanctuaires. Ces dévotions courantes,
à cette époque, ne permettent pas pour autant de les considérer
comme des pèlerins au sens moderne du terme. Le développement
contemporain du pèlerinage a renforcé des activités
commerciales parfois moribondes, et en a fait naître de nouvelles,
comme les services de transport de bagages. Des prestataires traditionnels
y ont trouvé de nouvelles opportunités. Ainsi un paysan
du Gers a-t-il pu dire “ je ne fais plus de canard, je fais du pèlerin
”. Une activité commerciale en relation avec leur expérience
pèlerine a tenté beaucoup d’anciens pèlerins
: édition de livres ou de guides, ouverture de gîtes, production
de spectacles. Toutes ne sont peut-être pas d’une grande rentabilité
mais elles permettent à ceux qui les exercent de poursuivre leurs
rêves en cherchant à rendre service à leurs successeurs.
Commynes (Philippe de)
Philippe de Commynes (1447-1511), seigneur de Renescure (près d’Aire-sur-la-Lys*),
fut d’abord conseiller et chambellan du duc de Bourgogne Charles
le Téméraire avant de passer dans le camp ennemi, celui
du roi de France Louis XI. Il semblerait que, pour partir, il ait annoncé
un départ à Compostelle. C’est ce qui ressort d’un
message envoyé dans l’été 1471 au duc de Bourgogne
par un de ses espions, Symon de Quingey, par ailleurs écuyer d'écurie
de Louis XI* : “ Monseigneur de Renescure s'en va à Saint-Jacques,
et passe par la Bretagne ”, auquel répondit, en marge, Charles
le Téméraire : “ Commynes a été rencontré
à Orléans, donc il ne peut manquer de passer par vous ”.
Dans la nuit du 7 au 8 août 1472, Commynes passa au service de Louis
XI. Stratagème vraisemblable. La famille de Commynes portait les
coquilles* Saint-Jacques dans ses armes et un grand-père avait
demandé un sauf-conduit pour aller à Compostelle. Le musée
du Louvre conserve le tombeau de Commynes et de son épouse avec,
sur le socle, les armes de la famille, de gueule au chevron d’or,
accompagné de trois coquilles de même.
Compagnons du Tour de France
L’idée reçue selon laquelle il existe une relation
entre le Compagnonnage et le pèlerinage à Saint-Jacques
de Compostelle est relativement nouvelle (1950) dans la littérature
consacrée aux Compagnons du tour de France. Elle repose sur deux
éléments. D’une part, des auteurs établissent
une relation entre le tour de France considéré comme un
voyage et cet autre voyage qu’est le pèlerinage à
Saint-Jacques. D’autre part, une analogie s’établit
entre saint Jacques et le nom de l’un des fondateurs légendaires
des Compagnons du Devoir, Maître Jacques*. C’est à
partir de ces similitudes entre deux pratiques d’itinérance
et deux noms, que se sont élaborées les certitudes des férus
de mystère et de secrets initiatiques. Elles conduisent à
trois affirmations erronées : le pèlerinage à Saint-Jacques
était celui des Compagnons du tour de France ; ils se rendaient
au tombeau de saint Jacques, qui n’est autre que Maître Jacques,
en un pèlerinage à caractère ésotérique*.
Leur succès actuel est dû pour beaucoup aux livres de Louis
Charpentier*, Raoul Vergez* et Henri Vincenot*. La trace écrite
la plus anciennement connue aujourd’hui de pèlerinages de
compagnons à Compostelle date du XVIIIe siècle ; elle est
due à Jacques-Louis Ménétra*. Certains chefs-d’œuvre
de compagnons sont inspirés de saint Jacques, en particulier une
serrure à secret conservée au musée Calvet à
Avignon. (D’après Laurent Bastard) 
Compostela
Certificat de pèlerinage, la Compostela est un document rédigé
en latin, par le Bureau* des pèlerinages de Compostelle, délivré
aux pèlerins remplissant les conditions requises. Il se rattache
à la tradition médiévale qui voulait qu’un
pèlerin rapporte un témoignage de son arrivée au
sanctuaire. Si ce texte rédigé en latin n’est pas
compris de tous, son contenu varie au fil des années. En 1976,
le texte était le suivant : “ Nous soussigné, (évêque)
de Compostelle, recteur de l’éminent chapitre de la cathédrale
de Compostelle, attestons que M… après avoir parcouru le
chemin dit de Saint-Jacques, comme il ressort des tampons apposés
en chaque lieu sur son carnet de route par les institutions du chemin,
suivant les traces des pèlerins des siècles passés,
a visité dévotement en cette année jubilaire de 1976
le tombeau* de saint Jacques le Majeur que garde avec vigilance l’église
cathédrale de Compostelle ”. En 2000, le “ chemin ”,
les “ tampons ”, les “ pèlerins des siècles
passés ” et le “ tombeau ” ont disparu, faisant
place à un texte plus emphatique, moins concret, voire énigmatique
(“ au vu des circonstances ” ?) et rappelant que saint Jacques
est un saint espagnol : “ Le chapitre de cette bienheureuse église
métropolitaine et apostolique de Compostelle, garde des sceaux
de l'autel du Bienheureux Apôtre Jacques, afin de délivrer
à tous les Fidèles et Pèlerins du Monde entier parvenant
auprès de saint Jacques, notre Apôtre, patron et protecteur
des Espagnes, mus par la dévotion ou par un vœu, un certificat
de pèlerinage, au vu des circonstances, certifie que M…,
mû(e) par sa foi, a dévotement visité ce très
saint Temple. Au nom de cette foi, je lui remets la présente attestation,
munie du sceau de cette Sainte Eglise ”. Aujourd’hui, les
pèlerins qui ne se déclarent pas “ mus par la dévotion
” reçoivent une attestation-souvenir, obtenue de haute lutte
grâce à la pression populaire. Au Moyen Age, ce certificat
était une “ lettre sous scel authentique ” et n’était
une obligation que lorsqu’il s’agissait d’un pèlerinage
pénitentiel*. On n’en conserve que de très rares exemplaires,
tel celui-ci, daté de 1594, qui n’est en réalité
qu’une sorte de “ billet de retard ” expliquant pourquoi
cette pèlerine de Choue (Loir-et-Cher) est restée aussi
longtemps absente : “ Moi soussigné Denis Suchay, hospitalier
du grand hôpital de Monsieur saint Jacques certifie à tous
ceux qui ces présentes lettres verront que Matalina Rugiere, née
et native de la paroisse de Choue est venue au voyage à monsieur
Saint Jacques de Galice qui est à Compostelle, qui est arrivée
le jour des Rogations en ladite cité de Compostelle, laquelle a
été malade au grand hôpital de saint Jacques pendant
l’espace de six semaines. Après qu’elle a été
guérie de la maladie qu’il a plu à Dieu, est revenue
à la santé, et retournée en son pays ”. Les
certificats sont devenus obligatoires à la suite des réglementations
des XVIIe et XVIIIe siècle. Une version tardive de la Grande Chanson
raconte comment “ toute la troupe courut pour prendre la patente
de confession ”. Celui de Louis Piau (de Saint-Georges-le-Gaultier,
dans la Sarthe) a été traduit : “ Moi, Joachim-Ignace
Pardo, chanoine avec la dignité de cardinal de l'auguste, apostolique
et métropolitaine église de Compostelle, qui ai la garde
de cette construction, député par un article de la loi et
par Illmus, doyen, à l'administration de la chapelle du très
chrétien roi des Francs située au même lieu, je fais
cette lettre pour qu'elle soit donnée à titre de serment
à tous les fidèles et étrangers du monde entier qui,
par dévotion ou en raison d'un vœu, viennent au temple de
notre apôtre, le plus grand en Espagne et le seul apôtre,
et son protecteur SAINT JACQUES. Je fais la présente lettre pour
faire connaître à tous et en particulier à ceux qui
la consulteront que Louis Piau de nationalité française
retournant en son pays a visité ce sanctuaire très saint,
s'est confessé, a été absout et a reçu le
corps eucharistique de Notre Seigneur, en foi de quoi je lui remets la
présente lettre signée de mon nom et munie du sceau de la
même église. Fait à Compostelle le neuvième
jour du mois avril année mil sept cent soixante trois ”.
Compostelle
Voir Saint-Jacques-de-Compostelle, en espagnol Santiago de Compostela
Compostelle-Rome-Jérusalem
Ces trois sanctuaires ont été décrétés
“ grands pèlerinages de la chrétienté ”,
seulement à la fin du XVe siècle par le pape Alexandre VI*.
Il ne faut pas confondre cette expression avec les quatre pèlerinages*
pénitentiels majeurs listés au XIIIe siècle.
Concile
Assemblée d’évêques et de théologiens
qui décident de questions de dogmes de l’Eglise ou prennent
des décisions d’ordre juridique. Les conciles ont joué
un grand rôle dans l’histoire de l’Eglise, manifestant
dès ses origines un souci de collégialité. Ils ont
eu des formes très diverses, conciles régionaux organisés
par un archevêque, conciles œcuméniques convoqués
par le pape ou par l’empereur. Leurs compétences n’étant
pas codifiée, les sujets traités ont été les
plus divers. L’essentiel reste cependant la défense de la
foi et la discipline de l’Eglise.
- Concile de Latran
Une joute oratoire eut lieu le 13 novembre 1215, dans les jours qui ont
précédé l’ouverture du concile de Latran IV.
L’archevêque de Tolède, Rodrigue Ximenez de Rada, s'y
inscrivit en faux contre les prétentions de l'archevêque
de Compostelle à supplanter Tolède pour la primatie d'Espagne
en s'appuyant sur la possession d'un grand sanctuaire. Il y exprime son
doute à propos de la venue de saint Jacques en Espagne, à
laquelle il n’accorde “ d’autre crédit que celui
qu’on peut accorder à des contes de nourrices ”. Il
rappelle que la grandeur de Compostelle* ne date que de 1124, “
par la grâce du pape Calixte* qui avait élevé au rang
d’archevêché un très modeste oratoire qui n’avait
jamais attiré qu’un nombre très limité de pèlerins
”. L’authenticité de ce document redécouvert
au XVIe siècle par Baronius* a été longuement discutée
pendant des siècles. Elle est parfaitement reconnue, seulement
depuis le milieu du XXe siècle.
- Concile de Trente
Tenu à Trente entre les années 1545 et 1563 le concile de
Trente eut pour but de réformer l’Eglise dans le cadre de
la Contre-Réforme*. Son impact fut important sur tous les pèlerinages
locaux où étaient vénérés des saints
pas toujours très “ canoniques ” (conformes au droit
de l’Eglise dit “ droit canon ”). Beaucoup de petits
sanctuaires disparurent au profit des plus grands à l’origine
parfois tout aussi contestable. Compostelle, qui, en outre, n’avait
pas été touchée par la Réforme*, bénéficia
de la disparition des sanctuaires Saint-Jacques. A partir de ce moment
se multiplient les pèlerinages de groupes de fidèles.
Confrère
Le confrère d’une confrérie* Saint-Jacques n’est
pas obligatoirement un ancien pèlerin de Compostelle. Il s’inscrit
dans un groupe de sociabilité dans le cadre de sa paroisse (Ourdis-Cotdoussan*),
d’une œuvre hospitalière (Nîmes*), d’un
sanctuaire de pèlerinage local (Aire-sur-la-Lys*), d’un groupement
de métier (Bourges*). Aux XIVe et XVe siècles les confrères
anciens pèlerins de Compostelle sont généralement
aisés, souvent marchands, capables de quitter leur domicile plusieurs
semaines sans mettre en péril leur foyer ou leurs affaires. Théoriquement,
ils doivent rester pour la vie “ comme bons frères du ventre
d’une mère ”. Pourtant, certains vont jusqu’à
s’entre-tuer comme ces deux qui, en 1447, “ étaient
frères du voyage de Saint-Jacques qu'ils avoient fait ensemble
”. A partir du XVIe siècle, le recrutement change et, partout,
des gens modestes intègrent des confréries après
avoir accompli le pèlerinage : le protestantisme progresse et l’un
des recours est le pèlerinage vers l’Espagne restée
catholique. Certains déplorent cette baisse du niveau social. A
Paris*, on attribue le déclin de la confrérie de Saint-Jacques-aux-pèlerins
au recrutement des maîtres qui ne se fait plus que parmi gens “
mécaniques et nécessiteux ”. En 1513 à Toulouse
le mélange se fait mal et les “ gens de cour ou marchands
” sont contestés par les “ gens de métier ”
et obligés de compter avec eux.
Confréries Saint-Jacques
Parmi toutes les confréries médiévales, les confréries
Saint-Jacques occupent un rang très modeste (7 % environ entre
les XIIIe et XVIe siècles). La meilleure manière de comprendre
leur fonctionnement est la lecture de la vingtaine de statuts conservés.
Contrairement à l’idée reçue, ils montrent
que moins de la moitié sont des confréries d’anciens
pèlerins de Compostelle. Pèlerins ou non, leur vie se déroule
à l’écart de la vie paroissiale, autour de l’autel
de leur chapelle* Saint-Jacques. Vêtus de leurs costumes* de cérémonie,
ils sortent en procession* lors des grandes fêtes* de la ville et
le jour des fêtes solennelles de saint Jacques, derrière
le maître de la confrérie et les porteurs de tous les objets
identitaires, bannières*, statues*, reliquaires* et torches. A
Paris*, le 9 février 1492, lors de l’entrée d’Anne
de Bretagne couronnée à Saint-Denis la veille, les confrères
de Saint-Jacques ont présenté un tableau vivant devant la
porte de l’hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins : un
Charlemagne géant monté sur un cheval géant lui aussi
harangue la reine puis la précède jusqu’à Notre-Dame,
entouré des confrères-pèlerins en grande tenue. (Au-delà
de la fiction, les bourgeois marquent leur puissance en s’affichant
comme les égaux des nobles compagnons de Charlemagne). A Arras*
en 1516, lors de la visite de Charles Quint, les confrères de Saint-Jacques
ont mimé la prise de Grenade. Chaque année a lieu un banquet
après la messe, au cours duquel se tient l’assemblée
générale avec l’élection et la prestation de
serment des nouveaux responsables. Les chapelles* de confréries
sont, en règle générale, réservées
à l’usage des confrères. Elles sont nombreuses à
posséder une cloche. Des cierges y brûlent en permanence.
Elles abritent parfois les insignes* de la confrérie dans un coffre
soigneusement gardé. Certaines fois, comme à Béthune,
le banquet annuel y a lieu. Parfois, comme à Saint-Jacques-aux-pèlerins
à Paris*, elles veillent sur une relique* de saint Jacques et règlent
la vie du sanctuaire. Dans certains cas, comme à Nîmes* ou
Blois* les confréries sont fondatrices d’hôpitaux.
Certaines regroupent des “ métiers ”, comme à
Amiens* et à Bourges*. Protection du groupe par le groupe, la confrérie
fonctionne comme une assurance mutuelle contre la maladie et la pauvreté.
Aucune, fut-elle de pèlerins, ne signale jamais dans ses comptes
d’aumône aux pèlerins et seules quelques-unes distribuent
des aumônes ponctuelles aux pauvres. Elles sont aussi des lieux
politiques et, comme telles, souvent frondeuses vis-à-vis des pouvoirs
en place qui s’en méfient beaucoup. Pour cette raison, à
partir du XVe siècle, elles sont souvent contrôlées,
voire dirigées, par des ecclésiastiques. Et de plus en plus
souvent, elles font obligation à leurs membres d’être
allés à Compostelle. A toutes les époques, par le
culte qu'elles vouent à saint Jacques, par les légendes
qu'elles mettent en scène, toutes ces confréries ont contribué
à diffuser les légendes compostellanes et ont inévitablement
suscité des désirs de voyages vers la Galice.
Confrérie européenne des Rois Catholiques
La reconstruction par les Rois Catholiques* de l’hôpital*
des pèlerins de Compostelle fut assortie de la création
d’une confrérie internationale afin de recueillir des fonds
pour assurer son financement. Les rois étendaient à l'Europe
deux très anciens systèmes, les quêtes et les associations
de prières. Plusieurs campagnes ont eu lieu. Par exemple, en 1609,
le procureur général de Saint-Jacques-de-Compostelle obtint
l'autorisation d'effectuer, en France des “ quêtes en faveur
de l'église et de l'hôpital du dit saint Jacques ”.
Il est possible que l’image conservée à Rodez* ait
été imprimée à l’occasion d’une
de ces quêtes.
Connaissance
En schématisant, on peut écrire qu’il y a sur le chemin
ceux qui cherchent et ceux qui savent, ceux qui sont sûrs et ceux
qui doutent. Connaître n’a pas la même signification
pour ces deux catégories de pèlerins. Savoir statique pour
les uns, la connaissance est pour d’autres un processus proche de
l’expérience pèlerine qui ne se termine pas dans l’étreinte
de la statue du saint, l’un des gestes* du pèlerin à
son arrivée à Compostelle ; le pèlerinage ouvre à
la connaissance de soi et des autres plus qu’à l’enfermement
sur des certitudes. Pour les alchimistes*, le chemin de Saint-Jacques
ouvre encore d’autres perspectives.
Conques
(Aveyron, ar. Rodez)
Trois coquilles* figurent aujourd’hui sur le blason* de Conques.
Sa description héraldique* est : “ de gueules au pairle alaisé
d’argent accompagné de trois coquilles du même ”.
Aux pèlerins et aux touristes, les guides expliquent que “
les coquilles sont celles des pèlerins de Compostelle et que le
Y représente les chemins de Compostelle, un qui arrive à
Conques et deux qui en repartent. Son origine remonte au XIe siècle
au moins et est due au passage de saint Jacques à Conques ”.
Pourquoi douter ? L’abbaye n’est-elle pas mentionnée
par le Guide du pèlerin* et, depuis 1998, l’abbatiale* et
le pont sur le Dourdou classés au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO*
comme “ éléments essentiels de l’architecture
au long des chemins de Compostelle ” ? Pourtant, des études
locales sérieuses et concordantes remarquent qu’aucun blason
des abbés de Conques ne porte de coquille, mais qu’au XIVe
siècle, le blason de la ville porte une marmite, dite conca en
occitan. Il pourrait s’agir alors d’armes* parlantes, allusion
au site dans lequel est bâtie l’abbaye, une vallée
enchâssée dans des montagnes, une sorte de conca. En 1696,
l’Armorial général de France (voir Héraldique)
fait apparaître des perles et des coquilles d’huîtres
sur les armes de la ville et celles du chapitre*. Le 11 avril 1954, le
Conseil municipal de Conques transforme les “ perles ” en
“ pairle ” (on nomme ainsi le Y) et les “ coquilles
d’huîtres ” en “ conques ”. En 1995, l’Armorial
général des communes de France, avec une fausse référence,
transforme la “ conque ” en “ coquille ”. Et c’est
ainsi que Conques, oubliant son identité propre et tous les pèlerins
venus en foule vénérer sainte Foy, depuis le XIe siècle,
ne se présente plus que comme une “ étape majeure
sur le chemin de Compostelle ”.
Conques de saint Jacques (Tubae marium sancti Jacobi)
Un problème de traduction : conque ou trompe* ? Une certitude :
quand le pèlerin fait du bruit, il a moins peur. Le Codex Calixtinus*
l’affirme : “ On rapporte que, partout où le son d’une
conque marine de saint Jacques, que les pèlerins ont coutume d’emporter
avec eux, résonne aux oreilles des populations, la dévotion
de la foi se trouve augmentée en elles et que toutes les embûches
de l’ennemi sont écartées : le fracas de la grêle,
les bourrasques de l’ouragan, la fureur des tempêtes sont
apaisés, le tonnerre et la foudre, les coups de vent se font plus
retenus et moins dangereux, les puissances des airs sont dominées
”. Tout se passe comme si saint Jacques permettait que le souffle
humain soit plus fort que le souffle des éléments déchaînés,
sur mer ou sur terre.
Conseil de l'Europe
Le Conseil de l'Europe a été voulu en 1949 comme une institution
capable de promouvoir les droits de l'homme et la démocratie et
de développer, dans les pays membres, la conscience d'une identité
européenne fondée sur des valeurs communes. En 1982, l’association
Amigos* de los Pazos a demandé au Conseil* de l’Europe de
désigner le Chemin de Compostelle comme “ bien culturel européen
” et d'élaborer un plan d'action concertée comprenant
: “ la construction d'une bonne route moderne, bien balisée,
un inventaire de tous les monuments qui jalonnent le Chemin et un programme
de conservation de ces monuments, la publicité nécessaire
pour mieux faire connaître le Chemin de Compostelle, notamment parmi
les jeunes ”. En 1984, après étude de cette demande
par sa Commission de la Culture, le Conseil de l’Europe recommande
aux Etats membres d’élargir la perspective à “
d’autres itinéraires internationaux de pèlerinage,
en s'inspirant de l'exemple du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle
”. Il soutient les initiatives prises pour ce Chemin mais souligne
aussi l'intérêt général que présentent
les routes de pèlerinage pour une coopération culturelle
européenne axée sur des Itinéraires* culturels européens.
Contre-Réforme
Nom donné à la réaction, au XVIe siècle, de
l’Eglise catholique vis-à-vis de la Réforme protestante.
L’un des effets de ce redressement spirituel fut de retirer du calendrier
des saints ceux qui n’étaient pas canoniques et de supprimer
les reliques multiples d’un même saint, ce qui entraîna
la disparition de nombreux sanctuaires de pèlerinage à saint
Jacques. Son acte majeur est le concile* de Trente. C’est l’époque
où, contrairement à une idée reçue, les pèlerinages
à Compostelle se sont faits plus nombreux, vers cette Espagne qui
seule avait su rester très catholique. Mais qui court les routes
? Des catholiques convaincus, allant prier en Galice un saint Jacques
qui, ailleurs, avait disparu des sanctuaires qui lui étaient voués.
Souvent aussi de pauvres hères, de ceux que Jacques Callot, graveur
célèbre du début du XVIIe siècle, met en costume
de pèlerin sous le titre de “ Gueux ”, fuyant la misère.
Car le pèlerinage de ces époques est lié à
l’errance, à la pauvreté et à la délinquance.
Conversion
Le chemin de Saint-Jacques est parfois un chemin de conversion, une occasion
de retrouver ou d’approfondir la foi* de l’enfance ou d’engager
une relation avec Dieu*.
Coquillard
Ce nom apparaît au XVe siècle, il désigne à
la fois des mendiants déguisés en pèlerins et une
bande de brigands ayant sévi dans la région lyonnaise. Il
est repris largement dans ce sens dans la littérature à
partir du XIXe siècle sans véritable justification historique.
Coquille
Aujourd’hui, le syndrome* de Compostelle conduit à considérer,
bien à tort, la moindre coquille sur un bâtiment comme une
preuve du passage de pèlerins de Compostelle. Certes, depuis le
XIIe siècle, la coquille possède un lien très fort
avec Compostelle, mais ce lien n’est pas exclusif. Tout d’abord,
on la pêche partout, et pas seulement sur les côtes de Galice.
Dans l’Antiquité, la coquille est symbole de la conception
et de la fécondité (en évoquant les eaux où
elle se forme), ce qui en fait l’attribut de Vénus, déesse
de l’Amour. Elle préserve de la sorcellerie, des mauvais
sorts et des maladies. On place des coquilles au côté des
dépouilles mortelles (on en a ainsi retrouvé à Paris
dans les tombes d'un cimetière mérovingien, bien avant Compostelle)
; elles sont offrandes mortuaires, symboles de la tombe qui enveloppe
les corps, symboles aussi de la barque-nacelle qui mène vers l’Au-delà,
symboles enfin de la résurrection*. Contrairement à une
idée reçue, leur présence dans une sépulture
n'indique donc pas forcément un pèlerin ni, a fortiori,
un pèlerin de Compostelle. Par analogie avec ce pèlerinage
qu’est le passage de la vie à la mort, la coquille est sans
doute devenue emblème du pèlerin terrestre, mais insigne
commun à tous les pèlerins : par exemple, lorsque l’Empereur
Charles IV vient en visite à Paris en 1377 et qu’il se rend
en pèlerinage à Saint-Maur-des-Fossés, le roi lui
“ envoie des coquilles parce qu'il est pèlerin ”. Les
pèlerins du Mont-Saint-Michel reviennent également chargés
de coquilles. En héraldique*, la coquille n’est souvent qu’un
“ meuble ” au même titre que les autres, pour lequel
il est impossible d’établir un lien systématique avec
Compostelle, même s’il existe parfois. 
Coquille Saint-Jacques
Dès le XIIe siècle, Compostelle se fait une spécialité
de la coquille qu’elle vend comme souvenir aux pèlerins.
Les marchands en expliquent la symbolique : les lignes en éventail,
disposées comme les doigts d’une main, sont l’image
des œuvres que le pèlerin doit poursuivre (le mot “
œuvres ” pris dans le sens de “ œuvres charitables
”, mais aussi de “ travail ”). Peu à peu, les
représentations iconographiques* de l'apôtre saint Jacques
adjoignent une coquille, qui sur la besace, qui sur le chapeau, qui sur
la pèlerine. Elle fait partie des attributs* du pèlerin.
A Toulouse* en 1513 chaque confrère de la confrérie Saint-Jacques
est tenu de timbrer d’une coquille le linteau de sa porte. En 1554,
Guillaume Rondelet, dans son Histoire entière des poissons, attribue
différents noms à l’espèce Pecten : “
en Languedoc Large coquille, ailleurs Coquille S. Iaques, en Italie Cape
sante ”, ce qui officialise, partiellement, l'alliance de la coquille
et du pèlerinage de Compostelle. En 1726 Guillaume Manier en note
une sur une auberge à Bayonne*.En 1758, Linné, dans sa classification,
ne donne plus que le terme “ coquille Saint-Jacques ”. Mais,
encore aujourd’hui, cette dénomination n’est pas universelle.
En Normandie par exemple, elle est appelée “ gofiche ”
à Granville, “ goufique ” ou “ goufigue ”
dans la Hague, “ cilleux ” ou “ peigne ” dans
le Val-de-Saire. Et, très curieusement, en galicien, coquille Saint-Jacques
se dit vieira, sans aucune référence à l'apôtre
Corps de saint Jacques
Voir Reliques et tombeau
Costume
L’iconographie* montre que, souvent, dans des scènes décrivant
sans ambigüité un pèlerinage, les pèlerins sont
habillés comme tous les voyageurs. Ce n’est que lorsque le
dessinateur veut désigner un pèlerin isolé qu’il
lui donne ses attributs* symboliques. A plus forte raison quand il s’agit
de désigner saint Jacques.
- Costume du confrère
Dans les confréries Saint-Jacques, le port du costume traditionnel
du pèlerin n’est pas aussi obligatoire qu’on a voulu
le dire. Certains statuts décrivent des costumes n’ayant
qu’un lointain rapport avec celui du pèlerin théorique.
A Nîmes, seuls les quatre recteurs portent un “ manteau de
soie ” sur lequel est attaché un “ insigne* ”.
A Tournai en 1351 chacun reçoit pour insigne une “ blanche
courroie ” et une “ blanche verge ”. Seuls les confrères
de Lisieux en 1449 portent des chaperons uniformes. Cependant, en général,
les confrères aiment se parer du costume traditionnel, même
s’ils ne sont pas allés à Compostelle. Ils peuvent
le faire à l’exclusion de quelques uns des attributs* les
plus symboliques, en particulier la chandelle, ou l’écharpe*,
ou le bourdon*, ou le bijou de jais* qu’on ne peut rapporter que
de Compostelle.
- Costume du confrère-pèlerin
Les confréries* de pèlerins parlent plus volontiers du costume
dont ils sont fiers. Au Mans* les jours de fête, les confrères
portent “ écharpes, bourdons et chapeaux tout ainsi qu’ils
avaient quant ils revinrent ” de Compostelle. En 1459 à Cordes,
chaque confrère doit porter “ jammeta, coquille et bourdon
”. En 1513 à Toulouse* chacun porte plus simplement un “
chapeau avec les enseignes* de Mgr. saint Jacques, à savoir une
coquille et un saint Jacques. A la main un bourdon* et un chapelet de
jais* ”. A Moissac*, tous doivent être vêtus “
comme des pèlerins, avec leurs chapeaux et bourdons ”, de
même ceux de Bordeaux* en 1525. D’autres confrères
portent des costumes très riches qui n’ont rien à
voir avec le costume que nous croyons traditionnel : ceux de Paris* sont
aux couleurs de la ville, les femmes chapeautées de fleurs. Ceux
de Béthune* changent chaque année la couleur et la forme
de leur chaperon, au gré des ordres du prévôt. Ceux
d’Angers* brillent dans le taffetas, le brocart rouge et vert, le
velours brodé avec des armoiries faites de coquilles d’argent
disposées autour d’un saint Jacques doré. Si ceux
de Chalon doivent théoriquement “ être accoutrés
en pèlerins, avec chapeaux et bourdons en la manière accoutumée
”, leur image dessinée en première page du livre de
confrérie les montre dans une tenue d’apparat qui n’a
rien à voir avec les conseils. Aujourd'hui, le costume du pèlerin
s’apparente à l’uniforme du randonneur acheté
dans les grands magasins de sport. Certains se croient obligés
de se singulariser en portant ce qu’ils croient être le costume
traditionnel des temps anciens.
Cotdoussan
(Ourdis-Cotdoussan, Hautes-Pyrénées, ar. Argelès-Gazost,
c. Lourdes)
En 1998, l'église* Saint-Jacques de Cotdoussan a été
classée par l'UNESCO* Patrimoine Mondial* au titre des chemins
de Compostelle, bien que nul n'ait gardé souvenir d'un quelconque
pèlerin passant par là. Cette inscription a cependant été
fort utile en permettant la restauration d'un splendide retable commandé
en 1662 par les habitants de ce ravissant village de montagne. Le contrat
prévoyait “ trois tableaux en basse taille dans deux desquels
sera représenté le martyre de saint Jacques, dans l'autre
le même saint Jacques dans la gloire avec des figures de pèlerins
implorant son intercession, dans le troisième Dieu le Père
”. Pour représenter le martyre, les sculpteurs ont scrupuleusement
suivi la Vie de saint Jacques le Majeur telle qu’elle est décrite
au XIIIe siècle dans la Légende Dorée* ; ils l'ont
représenté en deux scènes : “ Le grand prêtre
Abiathar fit passer une corde au cou de l'apôtre (scène de
gauche avec saint Jacques, le garde Josias et le prêtre Abiathar
en arrière-plan) et le conduisit devant le roi Hérode Agrippa
qui le condamna à avoir la tête tranchée (scène
de droite avec saint Jacques, Hérode et le bourreau) ”. Ces
scènes sont très fréquemment représentées
mais souvent saint Jacques est tenu par une corde passée, non autour
du cou mais autour de sa taille. Le troisième tableau, représentant
saint Jacques dans sa gloire, reprend deux des miracles* rapportés
dans la Légende Dorée, dans lesquels saint Jacques apparaît
devant celui qui le prie : “ un prisonnier ne cessait d'invoquer
saint Jacques. Le saint lui apparut ”... “ Il invoqua saint
Jacques qui apparut ”. De nombreux imagiers montrent ainsi des pèlerins
agenouillés aux pieds de l’apôtre. Depuis 1615, les
habitants étaient groupés en une confrérie* que les
statuts, très classiques, montrent comme un groupement d'entraide
mutuelle. De nombreux articles des statuts évoquent la mort.
Courants telluriques
Voir tellurisme.
Coût
Voir budget et mendicité.
Covadonga
Village des Asturies situé dans la sierra de Covadonga, dans les
Pics de l’Europe, lieu de la première victoire remportée
en 722 par les chrétiens sur les Sarrasins.
Créanciale
En France, carnet de pèlerin* édité par l'Eglise
catholique et ainsi défini par elle : “ Le pèlerinage
[…] certains le vivent dans un esprit évangélique
: laissant place à la prière, en lisant l'Evangile, […]
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