Connaître saint Jacques - Comprendre Compostelle
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Dangers (de la route)
Même s'ils ne dramatisent pas, les récits des pèlerins de toutes les époques ne laissent pas de faire frissonner à la seule évocation de loups et de brigands, de mauvais aubergistes et de prostituées, de naufrages et de captures (celle de Jacques Lemaire*), de guerres et d’épidémies de peste*. Il faut y ajouter les passages des gués, les intempéries, les personnes malhonnêtes ou les enrôlements forcés (tel celui qu’a failli subir Bonnecaze*). De nos jours les loups (restent les chiens*) et les gués ont disparu, la malhonnêteté demeure. Les vols* et les viols* ne sont pas plus nombreux que sur d’autres parcours touristiques très fréquentés. Les dangers de la route existent et font chaque année des victimes, ce qui conduit les marcheurs à fuir le goudron*. Si les chemins font aussi courir des risques, le plus grand est l’imprudence ou l’insouciance qui peuvent conduire à errer pendant des heures, voire à mourir d’épuisement en cherchant Roncevaux*, comme cela arrive de temps en temps.
Daniel-Rops (Henri Petiot, dit)
Avec son livre Sur le chemin de Compostelle paru en 1952, très illustré de photos, cet éminent historien catholique (1901-1965) a adopté sans vérification et couvert de son autorité toutes les hypothèses de l’époque qui se sont ainsi trouvées élevées au rang de vérités.
Danse
Au XIIIe siècle, le dominicain Etienne de Bourbon entre en lutte contre cette coutume de danser dans les églises, devant l'église et dans le cimetière les veilles et jours de pèlerinages et regrette que des pèlerins chantent des luxuriosas cantilenas dans les lieux saints, car ces chants portent à la luxure. Selon un entrefilet de La Croix du 24 sept. 2003, p. 3, une réforme liturgique serait en préparation à Rome pour “ mettre fin à des abus (...) voire le fait de danser ou applaudir pendant une célébration ”.
Daum (Friedrich)
Pèlerin présenté dans une émission Thema de la chaîne Arte* dans le film Le prix de la foi, en janvier 2006. Ce film mentionnait qu’il était basé sur un document retrouvé dans un monastère de Bavière, composé de comptes et de lettres adressées par ce pèlerin à sa femme pendant son périple. S’il a bien existé, ce Friedich Daum n’est jamais allé à Compostelle. Il s’agit donc d’un faux* sorti de l’imagination des producteurs espagnols, habillé d’une compilation de récits et de documents historiques s’étalant du XIIe au XVIIe siècle. Ce film n’est donc qu’une entière fiction et non un documentaire. A toutes les époques, il y eut dans l’histoire* des précédents de cette nature, y compris dans l’histoire de Compostelle.
Daux (Camille)
En 1898 et 1899, l'abbé Camille Daux (1844-1917) publie Le Pèlerinage à Compostelle et la confrérie des pèlerins de Mgr saint Jacques de Moissac, Les chansons des pèlerins de Saint-Jacques (paroles et musique) et Sur les chemins de Compostelle, souvenirs historiques, anecdotiques et légendaires (rééd. 2006). Ces ouvrages font partie des études sérieuses à partir desquelles les recherches actuelles sont menées. Camille Daux est né à Montauban et passa toute sa carrière de prêtre dans le Tarn-et-Garonne, d'abord curé puis membre de la congrégation des missionnaires diocésains de Saint-Théodard. Il consacra sa vie aux études historiques, multipliant les recherches sur les croyances populaires du montalbanais et, sans doute à cette occasion, retrouva la trace de pèlerins de Compostelle.
Déambulatoire
Espace de circulation autour du chœur, voir Eglise.
Décollation
Voir Jacques le Majeur ; Martyre ; Vie (de saint Jacques)
Découverte
Quitter ses habitudes pour prendre le chemin, devenir étranger, accepter la solitude* c’est se rendre disponible et vulnérable. Les longues journées de marche* offrent au pèlerin de multiples occasions de découvertes. Il a le temps, il prend le temps, de se mettre à la disposition de “ l’inconnu ” : les paysages, la nature, tous les autres sur le chemin, plus rarement les habitants* des régions parcourues. Ses sens s’aiguisent au fil des jours, ses émotions* sont plus profondes le rendant plus apte à écouter et recevoir. Aujourd’hui le chemin présente un kaléidoscope de nationalités. Où ailleurs rencontrer dans la même semaine deux Allemandes et un Japonais, une Canadienne, trois Brésiliennes, trois Suédois et un Chinois sans compter les Espagnol(e)s, et toute la liste des nations citées par les Actes* des Apôtres, reprise dans le Codex Calixtinus ?
Delisle (Léopold)
En 1866, un conservateur de la Bibliothèque Nationale, Léopold Delisle, s'intéressa à un manuscrit du Xe siècle afin de l’authentifier. Lisant le prologue, il y découvrit la mention du pèlerinage effectué en 951 par Godescalc* évêque du Puy-en-Velay*. Il publia sa découverte dans les Annales de la Société académique du Puy, bulletin de la société savante locale.
Dénivelé
Un pèlerin qui va du Puy* à Compostelle parcourt environ 1500 kilomètres. En France, le dénivelé total de son parcours est de 12 740 mètres et en Espagne de 8 300 mètres. Au total le chemin représente donc deux Everest et demi ! Ces informations sont rarement fournies par les guides et pas faciles à évaluer pour qui n’est pas familier des courbes de niveaux. Mais ceux qui empruntent les petites routes à flanc de coteaux plutôt que de plonger dans un vallon pour remonter de l’autre côté n’ont pas besoin de calculs de dénivelés pour économiser leurs mollets. (D’après Madeleine Griselin)
Départ
Au Moyen Age, les pèlerins partaient de chez eux. Aujourd'hui 80% des pèlerins qui souhaitent se mettre dans les pas de ces lointains prédécesseurs partent du Puy*, parce qu'une tradition, vieille d'une cinquantaine d'années seulement, leur présente cette ville comme étant l’un de leurs points de rassemblement* historiques. Le départ pour un grand pèlerinage était précédé d'une bénédiction*, la cathédrale du Puy en propose une chaque matin après la messe des pèlerins. Mais le départ, c’est aussi chaque matin à l’aube*.
Désert
L’image du désert est fréquemment utilisée par les récits de pèlerins surtout pour décrire la Meseta et les vastes étendues de Castille. Cette région est peu peuplée, monotone, les conditions peuvent y être rudes sous le soleil*, la pluie*, voire la neige*. Elles requièrent la prudence mais le terme de désert ne reste cependant qu’une image pâlie du vrai désert. Il est pourtant conseillé de prendre une bonne provision d’eau pour traverser la Meseta sous le soleil* d’été, de partir très tôt et de s’arrêter aux heures chaudes.
Détachement
Partir*, quitter ses proches, son logement, ses habitudes, est la démarche fondamentale de tout pèlerin. Cette rupture est parfois difficile mais apprendre le détachement est un des bénéfices du pèlerinage.
Dexter (chroniques dites de)
Peu après 1611, en réponse aux attaques de Baronius*, l'éditeur espagnol Fr. Bivar publiait des chroniques qui prouvaient indubitablement la venue de saint Jacques en Espagne. Selon lui, ces chroniques lui avaient été remises quelques années auparavant par un jésuite, Jérôme-Roman de La Higuera (1538-1611) qui prétendait les avoir copiées en Allemagne sur un manuscrit original récemment tiré de l'oubli par un chercheur de ses amis. La Higuera avait soigneusement annoté cette soi-disant copie. Ce manuscrit rassemblait des écrits d’auteurs ayant réellement vécu entre les Ve et XIe siècles et ayant réellement écrit des chroniques, lesquelles mentionnaient toutes, comme par hasard, la présence de saint Jacques en Espagne : Flavius Dexter († 444), gouverneur de Tolède et ami de saint Jérôme, Maxime évêque († 619), Helecan évêque de Saragosse († 903), Julian Pérez de Tolède archiprêtre de Tolède vers 1067... Mais dès leur publication ces textes ont suscité une très vive polémique et n’ont entraîné ni l’adhésion escomptée ni l’invalidation des thèses de Baronius. Cette affaire de faux* devint un symbole. Malheureusement, ces Chroniques de Dexter ont été incluses dans les volumes de Patrologie latine, largement diffusés dans toute l’Europe et certains érudits travaillant sur Compostelle les ont considérées comme authentiques, tel l’abbé Pardiac qui écrivait en 1862 : “ Flavius Dexter dans sa Chronique (PL t 31, col 135) dit que saint Jacques alla d’Espagne évangéliser les Gaules, la Grande-Bretagne et la Vénétie ”.
Diego
Diminutif de Santiago, saint Jacques en espagnol (voir Jacques en Europe)
Diego Gelmirez
Eduqué à l’école cathédrale de Compostelle, Diego Gelmirez fut choisi comme secrétaire par Raymond de Bourgogne* lorsqu’il devint comte de Galice. En 1093, bien qu’il ne soit pas encore ordonné, une vacance de l’évêché le fit promouvoir administrateur temporaire. Il assura une autre vacance de 1096 à 1100, entouré d’un conseil des anciens puis il fut élu évêque par les chanoines et consacré le 21 avril 1101. Dès son élection, Gelmirez a agrandi et réorganisé son chapitre* dont la majorité des membres fut clunisienne, française ou de culture française (d’où cette idée de généraliser le rôle de Cluny* dans l’expansion de Compostelle). En 1107, il mit en chantier l’Historia Compostelana* et, en 1108, devint co-tuteur, avec Guy de Bourgogne*, du futur Alphonse VII*. Il sacre l’enfant en 1110 pour mieux assurer son trône. Il fut fait archevêque par son ami Calixte II, dès 1120 et, dès lors, se voulut primat des églises d’Espagne. Il lança même un appel à la Croisade et prit part aux émeutes qui secouaient la ville de Compostelle en lutte avec la reine Urraca*. Il mourut en 1140.
Dieu
“ Le simple fait d’être assailli de doutes sur Dieu n’est-il pas déjà un chemin vers Lui ” (Patrick Poivre d’Arvor, conversation avec Bertrand Révillon, dans Panorama, 2004). Dans la solitude, sur les chemins de saint Jacques, les pèlerins marchent vers “ les profondeurs secrètes de leur vérité ”. Le chemin de Compostelle est pour beaucoup l’occasion de se poser des questions sur Dieu et sur les relations qu’ils entretiennent avec Lui.
Diocèse
Circonscription territoriale administrée par un évêque. Après la Révolution française, la carte des diocèses fut calquée sur celle des départements, ce qui a amené à supprimer parfois une cathédrale (Yonne, Gironde), parfois à en créer une (Pas-de-Calais).
Document
Pour comprendre les chemins de Saint-Jacques, il faut en connaître l’histoire*. Pour cela l’historien a besoin de documents, qui sont toutes les sources d’information dont il saura tirer parti pour accroître cette connaissance (chroniques, pièces de procès, lettres royales, actes de fondation, etc.). Chaque document doit être passé au crible de la critique (dans quel contexte a-t-il été écrit, par qui, pourquoi ? Y a-t-il eu volonté d’écrire un faux* ?). Malheureusement, les amateurs ignorent presque toujours ce travail de critique, tout comme ils confondent souvent le document d’origine et les commentaires qui en ont été faits à différentes époques.
Dômerie
Une dômerie est un hôpital dont le maître porte le titre de “ dom ”. A l’origine, la dômerie signifie “ la maison du Seigneur ”, “ dom ” étant un diminutif de dominus. La plus connue sur les chemins de Compostelle est à Aubrac* sur le GR* 65. La légende attribue sa fondation à Adalard*, vicomte de Flandre, pèlerin de Compostelle.
- Dômerie d’Aubrac
(Aveyron, comm. Saint-Chély d’Aubrac, ar. Rodez)
Dans son cartulaire, Conques* rapporte la donation qui lui fut faite de l’hôpital d’Aubrac* par son maître, Dom Adalard*, entre 1110 et 1130. Une des fonctions de cet hôpital fut d’accueillir les voyageurs et les pèlerins mais elle ne justifiait pas à elle seule un tel établissement. Sa position stratégique fait comprendre son importance pour mettre en valeur et contrôler de vastes territoires, situés à la frontière des trois diocèses de Rodez, Mende et Saint-Flour qu’il ne faut pas imaginer aussi déserts qu’ils le sont aujourd’hui. Malgré la dureté du climat ces lieux étaient riches et convoités et il convenait de les protéger. La dômerie a suscité bien des envies et fut pillée par les Albigeois en 1210, convoitée par l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1297, par les Templiers en 1310, par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, pillée par les Protestants en 1595. La Révolution a achevé ce qui restait, les pierres des bâtiments ont servi à construire le village. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une grande tour, la vieille église devenue paroissiale, la fameuse “ cloche* des perdus ”, la grandeur du site et l’animation apportée par “ LE Saint-Jacques ”. Si la fondation restera à jamais légendaire, quelques archives éclairent cependant le fonctionnement de cette maison. Un texte du XIVe siècle rappelle que, comme partout, l'hôpital recevait tous les pauvres passants et les pèlerins allant visiter “ les églises de Sainte-Marie de Rocamadour, de Saint-Jacques, de Saint-Sauveur d’Oviedo, de Saint-Dominique d’Estrémadure et de nombreux autres sanctuaires, ainsi que ceux qui iront visiter le Saint-Sépulcre ”. Dans cette liste, Compostelle n’est qu’un sanctuaire parmi les autres. Contrairement à ce qu’on dit aujourd’hui, c’est seulement à partir des années 1430 qu’apparurent les chevaliers présents aux côtés des frères et leur fonction d’assistance n’est mentionnée qu’en 1470. A cette date, dom Jean d’Estaing rappelle que le nombre des frères est limité à soixante-dix “ parmi lesquels quatre chevaliers pour la garde et la défense de l’hôpital et de la solitude qui l’environne, contre les assassins et les voleurs, et pour escorter les voyageurs et les pèlerins à travers les bois et les lieux déserts des montagnes d’Aubrac ”.
Donateur
Le donateur est le commanditaire (celui qui commande et qui paye) d’une œuvre d’art religieux, chapelle, vitrail, peinture ou sculpture. Plusieurs chapelles* (Sevraz à Vieuz-en-Sallaz ou Vaunessin à Thônes en Haute-Savoie) ou hôpitaux* Saint-Jacques (Montpellier*) doivent leur vocable au prénom de leur donateur. Sur les représentations iconographiques, un homme agenouillé au pied de saint Jacques, s’il n’a ni bourdon, ni chapeau, ni panetière se prénomme vraisemblablement Jacques et habite la paroisse. (Ne pas le confondre avec un pèlerin). Il a fait faire cette œuvre en remerciement de faveurs reçues ou (et) dans l’espoir d’une future protection et de son salut*.
Donativos
En espagnol, oboles que les pèlerins laissent au gîte qui les a reçus gratuitement. En France, le synonyme est “ libre participation aux frais ”. Ils sont souvent d’une modestie inconvenante : tout à un coût et rien dans un pèlerinage ne justifie de vivre aux crochets de la société. En France, ceux qui demandent cette forme de rémunération y retrouvent cependant leur compte, car il s’agit là d’un “ travail au noir ”, même s’ils sont emplis de bonnes intentions charitables. Les revenus qu’ils en tirent ne sont soumis ni aux taxations ni aux impôts. Les hôteliers et tenanciers de chambres d’hôtes subissent ainsi une concurrence déloyale qui les prive d’une clientèle nécessaire pour faire face à leurs frais et gagner leur vie. Sur le Camino francés, les Espagnols ont été les premiers à réagir : dans des bourgades de plus en plus nombreuses, les cuisines* des gîtes (construites souvent avec des deniers publics) sont aujourd’hui fermées, afin d’obliger les pèlerins à aller au restaurant.
Donats
Personnes qui se donnaient, corps et biens, à un hôpital, une maison-Dieu, une maladrerie, une léproserie en s’engageant à servir cette maison jusqu’à leur mort. Parfois, comme à Aubrac* ce sont des nobles. A Mâcon*, on voit quelques frères et sœurs s’engager afin d’avoir un abri sûr, du type maison de retraite. A Issoudun*, des serfs qui se donnent gagnent le statut d’homme libres. Tous ne sont pas pour autant égaux, les serfs étant nommés “ frères rendus ” car ils sont rendus à la liberté. Ils sont seulement “ frère et sœur ” alors que les autres sont “ Père et Dame de chœur ” mais tous ont la même voix délibérative aux conseils. On les nomme aussi “ confrères*”. Tous sont nourris et vêtus par l'hôpital. A Issoudun, ils portent une longue robe de drap, avec un chaperon de couleur “ écrusse ” ou brune pour les hommes et violette ou pers pour les femmes. Sur la manche gauche est appliquée la lettre D, non pas “ en signe de religion ” (D signifiant Deus), mais en signe de reconnaissance (D signifiant Donati). A leur mort, tous recevront une sépulture honorable.
Donnés
Voir Donats.
Douai
(Nord, ch.-l. ar.)
Une première église paroissiale du XIIIe siècle, sous le vocable Saint-Jacques, a été détruite pendant la Révolution. Elle était située en dehors de l’enceinte médiévale. Elle a donné son nom à une porte* et une rue* du même nom dans le quartier actuel de la Neuville. Elle n’a pas survécu à la Révolution. Au XVe siècle une confrérie Saint-Jacques est constituée, qui fonde, en 1526, un hôpital* Saint-Jacques, dans la paroisse dédiée à ce saint (les échevins leur donnent 10 000 briques). Elle le dote d'une chapelle. Il assume sa fonction de “ loger et héberger les pauvres pèlerins passants et repassants ” jusqu'en 1765, date à laquelle ses biens sont unis à ceux de l'hôpital général. On en conserve la localisation sur un plan du XVIIe siècle. En 1837, la paroisse Saint-Jacques se vit affecter un nouveau lieu de culte, l'ancienne église Saint-Bonaventure des frères Récollets anglais. En 1862, Douai reçut une relique* de saint Jacques en provenance de la relique d’Arras. En 1883 l’abbé Edmond Jaspar, curé de Saint-Jacques partit pour Compostelle. Il a laissé le récit savoureux de son pèlerinage tel qu'il l'a raconté en chaire à son retour, le 8 septembre 1883.
Douarnenez
(Finistère, ar. Quimper)
Voir Pouldavid.
Duio
Village de Galice situé à 4-5km. dans l’isthme du cap Finisterre* qui aurait remplacé la ville engloutie de Dugium (ou Duyo, ou Duio). C’est au gouverneur de cette ville païenne que les disciples de saint Jacques, lors de la translation, auraient demandé un emplacement pour ensevelir le corps de saint Jacques (Livre III du Codex Calixtinus).
Duchesne (Mgr Louis)
On lui doit un article majeur, “ Saint Jacques en Galice ”, publié dans les Annales du Midi en 1900, dans lequel il met en doute l'authenticité des reliques de saint Jacques reconnues par Léon XIII*. Il le conclut en ces termes à la fois prudents, très clairs et d’une grande humilité : “ un seul fait subsiste, celui du culte galicien... pourquoi le crut-on ? Nous n'en savons rien. L'autorité ecclésiastique intervint ; on peut croire qu'elle ne se détermina que sur des indices graves. Ces indices ne nous ayant pas été transmis, nous n'avons pas à les apprécier ; les connaîtrions-nous qu'ils échapperaient peut-être à notre compétence ”. Né à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) le 13 sept. 1843, il fit ses études au collège de Saint-Servan, au petit séminaire de Saint-Méen et au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc. Il entra au grand séminaire de Saint-Brieuc, puis fut envoyé à Rome. De retour en France, il fut ordonné prêtre en 1867. Professeur au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc, de 1867 à 1871, il vint ensuite à Paris pour y suivre les cours de l'Ecole des Carmes et de l’Ecole des hautes études. En 1873, il fut nommé membre de l'Ecole française de Rome. En 1877, il soutient sa thèse de doctorat, alors qu'il était déjà nommé à la chaire d'histoire ecclésiastique de l’Institut catholique de Paris. Son enseignement, très critique, notamment sur les origines des Eglises de Gaule, suscita bientôt des oppositions : il dût quitter la faculté de théologie en 1883, mais il conserva néanmoins une chaire à l’Ecole supérieure des lettres jusqu'en 1895. A partir de 1887, il enseigna aussi à l'Ecole des hautes études. Ses travaux lui valurent une réputation internationale ; en 1888, il fut élu membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. En 1895, il fut nommé directeur de l'Ecole française de Rome et garda cette fonction jusqu'à sa mort. En 1900, Léon XIII lui donna la dignité de protonotaire apostolique. Le 26 mai 1910, Mgr Duchesne fut élu à l'Académie française. Pourtant, en 1911, son livre Histoire ancienne de l'Eglise fut interdit dans les séminaires et les couvents italiens. Il fut à son tour mis à l'index en France, au grand scandale de l'Etat français, tout cela dans le cadre politique de l'époque, l'Italie étant plus favorable à l'Allemagne qu'à la France. Mgr. Duchesne mourut en 1922.
Durandal
L’épée nommée Durandal aurait été offerte à Roland* par son oncle Charlemagne lors de son adoubement. Elle avait été enlevée à Eaumont, adversaire de l'empereur qui, sans l'appui de Roland aurait péri. Dans la Chanson de Roland, le héros, tente de briser son épée contre un rocher dans le défilé de Roncevaux* pour ne pas la laisser entre les mains des païens. Mais ce n'est pas la lame qui a cédé ; c'est le rocher...

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