| Eau
Les chemins de Compostelle ne traversent pas de désert* et l’eau
se trouve pratiquement partout. Il en faut une provision adaptée
aux besoins de chacun, à l’époque et à l’étape.
Une bouteille en plastique d’un demi-litre, régulièrement
remplie, est généralement suffisante. Par temps très
chaud et dans certaines régions : Meseta ou via de la Plata il
sera prudent de prendre une quantité nettement plus importante
(jusqu’à trois litres). La calebasse n’est plus d’usage
courant par contre de plus en plus de marcheurs sont tentés par
les récipients souples qui permettent une alimentation en continu
avec une pipette. Cela nous paraît largement superflu pour la pratique
pèlerine. Demander son eau en chemin est une façon d’expérimenter
l’ouverture* à l’autre et fait partie de la démarche
pèlerine.
Echarpe
Voir besace
Echirolles
(Isère, ar. Grenoble)
Depuis une date inconnue, Echirolles a possédé un tombeau
de saint Jacques*, à proximité d’une chapelle Saint-Jacques,
sur une falaise dominant la vallée du Drac. Aujourd’hui canalisée,
cette rivière impétueuse au cours capricieux provoquait
des inondations à Grenoble. Saint Jacques était régulièrement
invoqué comme protecteur des démons qui hantaient ces eaux.
Au XIVe siècle, les comptes de la ville de Grenoble montrent que,
chaque année le 25 juillet, les édiles se rendaient en procession
à cette église Saint-Jacques pour déposer une “
offrande de noix pour que les eaux du Drac ne causent aucun dommage à
la ville et au territoire de Grenoble ”. Les notables étaient
accueillis par les habitants du village portant une statue de saint Jacques.
Tous se déchaussaient en signe de pénitence et montaient
pieds nus. Après la messe solennelle et une collation faite aux
frais de la Ville, les édiles, accompagnés de maîtres
maçons et de maîtres charpentiers parcouraient les bords
du Drac jusqu’à sa jonction avec l’Isère afin
de pouvoir ordonner les réparations jugées nécessaires.
Cette procession des consuls est attestée jusqu’en 1721,
malgré l'interdiction du culte qui intervient en 1488 (voir saints
Jacques). La chapelle a disparu mais l’église paroissiale,
construite dans la vallée en 1846, a gardé son vocable.
Ecoles Saint-Jacques
A la Révolution, quelques établissements hospitaliers ont
été transformés en écoles, comme la maladrerie
de Joigny (Yonne), transformée en petit séminaire en 1882
puis en école en 1907. A Hazebrouck, un collège a été
créé sous ce vocable en 1891, en mémoire de Mr. l’abbé
Jacques Dehaene, ancien directeur du collège communal. A Poitiers*,
c’est un lycée qui a reçu ce nom.
Economie
Peu d’études ont été entreprises sur l’économie
du pèlerinage. Il est néanmoins certain que la définition
des chemins comme Itinéraire* culturel européen a entraîné
des flux financiers non négligeables, en particulier en Espagne.
Les éléments manquent pour les chiffrer. Remettre en état
des tronçons des chemins, des ponts, des bâtiments, créer
des lieux d’accueil, revitaliser des commerces* et l’artisanat
local ont été la conséquence de l’augmentation
du nombre de pèlerins et de touristes. Les créations d’art*
contemporain sont elles-aussi génératrices de recettes touristiques,
ainsi à Pons* où de nombreux visiteurs viennent se faire
photographier sur le rond-point. Beaucoup de municipalités subventionnent
des gîtes qui reçoivent les pèlerins. Il serait intéressant
de savoir si ces activités sont vraiment rentables pour les habitants
des communes concernées. Tous n’en sont pas persuadés.
L’économie du pèlerinage reste à étudier.
L’augmentation du nombre de commerces sur le Camino francés
laisse penser qu’elle est florissante.
Eglise
Par les papes Léon XIII* et Jean-Paul II* l’Eglise a joué
un rôle majeur dans le renouveau et l’extension du pèlerinage
contemporain à Compostelle. Mais, comme souvent dans l’histoire
de ce sanctuaire, à côté des aspects purement religieux,
leurs démarches ont eu une indéniable dimension politique.
Eglise (architecture)
Les églises sont dans leur immense majorité tournées
vers l’Est où se trouve, vu de l’extérieur,
le chevet. L’entrée principale se fait par un portail* qui
peut être précédé d’un porche* qui donne
accès à la nef. Le lieu de la célébration
est, à l’opposé du portail, le chœur. La nef
et le chœur sont le plus souvent couverts par des voûtes avec
parfois des coupoles ; elles sont soutenues par des colonnes surmontées
de chapiteaux. Les murs extérieurs sont plus ou moins ajourés
selon les styles. Leurs ouvertures sont décorées de vitraux.
Dans les sanctuaires de pèlerinage, mis en évidence par
Emile Mâle*, les bas-côtés sont prolongés autour
du chœur par un déambulatoire qui facilite la circulation
des pèlerins. Beaucoup d’églises ont un plan en forme
de croix, le chœur étant séparé de la nef par
un transept. Les plus grands sanctuaires comportent des chapelles latérales
ouvrant sur les bas-côtés ou des chapelles rayonnantes autour
du chœur, accessibles depuis le déambulatoire.
Eglises ou chapelles Saint-Jacques
- Eglises Saint-Jacques fondées par Charlemagne
De nombreuses églises se vantent d’avoir été
fondées par Charlemagne*, soit de son vivant au retour de Compostelle,
soit après sa mort. La liste la plus ancienne, très précise
mais sans aucun vocable, est donnée au IXe siècle par le
biographe de Charlemagne, Eginhard. En Italie : Rome, Ravenne, Milan,
Frioul (Aquilée), Grado (sur l’Adriatique, à l’entrée
du golfe de Trieste) ; en Allemagne : Cologne, Mayence, Salzbourg, Trèves
; en France : Sens, Besançon, Lyon, Rouen, Reims, Arles, Vienne,
Tarentaise (Moutiers), Embrun, Bordeaux, Tours, Bourges. Au XIIe siècle,
la Chronique* de Turpin donne, à titre d’exemple, les noms
de plusieurs églises Saint-Jacques fondées avec “
l’immense quantité d’or et d’argent qu’il
rapporta d’Espagne ” : Aix-la-Chapelle, Béziers (ou
Bourges*, selon les copistes), Toulouse*, “ et celle qui est en
Gascogne, entre la ville que le peuple nomme Dax et Saint-Jean de Sorde,
le long du chemin de Saint-Jacques, ainsi que l’église Saint-Jacques
qui est à Paris* entre la Seine et Montmartre ” mais donne
toute liberté aux autres puisque l’énumération
évoque pour finir les “ innombrables abbayes* qu’il
établit par le monde ”.
- Eglises paroissiales Saint-Jacques
Dans les villes, les plus anciennes de ces églises ont souvent
donné leur nom au quartier tout entier (Reims, Châtellerault,
Amiens*, Abbeville, Angers*, Chinon, etc.). La rue qui y mène se
nomme rue Saint-Jacques, et on trouve aussi la rue des Fossés-Saint-Jacques,
le pont* Saint-Jacques et, au-delà, le faubourg Saint-Jacques.
Aux environs de cette église s’élève parfois
l’hôpital* Saint-Jacques, voire une fontaine* Saint-Jacques.
Ces quartiers sont pratiquement tous en périphérie et sont
occupés par des artisans, des marchands, des jardiniers, des bateliers,
une des fonctions* de saint Jacques étant souvent de protéger
les uns ou les autres. Encore aujourd’hui, ce sont souvent des quartiers
populaires (Perpignan, Grenoble). Dans les villages, ces églises
sont parfois d’anciennes chapelles castrales autour desquelles s’est
groupée la population. Elles ont parfois donné leur nom
au village : on compte en France actuellement douze communes* et plusieurs
gros villages rattachés aux commune voisines (Clermont-Ferrand*
par exemple). Certaines paroisses ont choisi saint Jacques pour patron
sans pour autant adopter son nom : Villefranche-de-Conflent, Avezan*,
Barjouville*, ou Ourdis-Cotdoussan*. Certaines de ces églises ont
abrité des reliques* de saint Jacques et accueilli des pèlerins
comme à Echirolles*, ou Saint-Jacques de Toulouse* ou, plus récemment,
Locquirec* et Montlandon*. Les plus récentes ont choisi saint Jacques
presque par hasard : Aubervilliers* et la Villette parce que sa fête
tombait le même jour que celle de saint Christophe et que tous les
deux étaient patrons des voyageurs, Châteauroux parce que
le quartier voisin était sous le vocable de saint Jean, frère
de Jacques.
- Eglises abbatiales
Les abbayes fondées sous le vocable de saint Jacques sont relativement
peu nombreuses. Parmi elles, à simple titre d'exemples, Provins
(disparue), Bourges* (disparue), Béziers (désaffectée),
Idrac*(église paroissiale), Montfort-sur-Meu (ruines). Aucune de
ces abbayes n’a été construite pour les pèlerins
de Compostelle. Elles ont toutes une histoire indépendante même
si les légendes ramènent souvent à la Galice.
- Eglises d’hôpitaux
Voir hôpital Saint-Jacques.
Eglise (en pèlerinage)
L'Eglise, communauté des croyants et corps du Christ, a toujours
reconnu qu'elle était elle-même en pèlerinage. Le
Concile* Vatican II a particulièrement insisté sur cette
réalité dans ses textes les plus importants : c'est par
la sagesse et la prudence des évêques assistés des
prêtres, dit le Concile en sa Constitution sur l'Eglise, que le
Christ "dirige et oriente le peuple du Nouveau Testament dans son
pèlerinage vers l'éternelle béatitude". Même
les plus grands signes visibles de la présence du Christ sont transitoires
: "L'Eglise en pèlerinage porte en ses sacrements et ses institutions,
qui relèvent de ce temps, la figure du siècle qui passe
(Constitution Lumen Gentium 21 et 48). (Hubert Debbash)
Emblème
Voir Logo.
Emotion
Redécouvrir sa capacité d’émotion, être
conduit à l’exprimer est une des chances que le Chemin offre
au pèlerin. La solitude*, la fatigue, les épreuves surmontées
mais aussi le bien-être physique que procure la marche et les joies
des découvertes* du chemin en facilitent l’expression. La
partager avec d’autres pèlerins avec qui l’on a marché
ou de simples rencontres ponctuelles est une expérience majeure
du pèlerinage. Elle est intense pour tous les pèlerins à
leur arrivée* à Compostelle.
Enseigne de pèlerinage
Du désir des pèlerins de rapporter un “ signe ”,
une preuve, de leur pèlerinage sont nées les enseignes de
pèlerinage dont subsistent des modèles du XIIe siècle.
Attachées au manteau, au sac ou au chapeau, elles permettaient
de savoir quels étaient les sanctuaires visités par le pèlerin.
Fondues en série, en argent, laiton ou plomb, leur prix était
en général modique. La fabrication était souvent
un monopole de certaines familles qui s'enrichissaient considérablement
à ce commerce. Malgré les prétentions de Compostelle
à l'exclusivité, d'autres sanctuaires fabriquaient des enseignes
à saint Jacques, par exemple Aire-sur-la-Lys en 1526* : une enseigne
à l'effigie de saint Jacques ou en forme de coquille ne signe donc
pas un pèlerinage à Compostelle. Synonymes : signe, insigne,
sportelle*.
Entraînement
Prendre le chemin de Compostelle sans un minimum d’habitude d’une
activité physique ne serait pas raisonnable. Il n’est cependant
pas nécessaire de s’astreindre à un entraînement
calqué sur celui des sportifs ou des militaires. Les premiers jours
de marche* servent à cela à condition de savoir partir progressivement
et de ne pas courir après la performance. Il est par contre nécessaire
de “ casser ” ses chaussures* avant le départ.
Epître de Jacques
Première des épîtres qualifiées de “
catholiques ”. Contrairement à une idée répandue,
l'Epître a un rapport étroit avec Jacques* le Majeur, auquel
on l'a longtemps attribuée, comme le montrent plusieurs témoignages,
dont les liturgies compostellanes elles-mêmes. Au XIIe siècle,
au portail de Saint-Gilles-du-Gard, dans le collège* des apôtres,
le Majeur (le Mineur a son nom gravé dans la pierre) est représenté
porteur, non du Livre, mais bien de l’Epître dont une phrase
est gravée sur les pages de pierre : OMNE DATUM OPTIMUM ET OMNE
DONUM PERFECTUM DES. La suite se lit sur l’auréole SURSU(M)
EST DESCENDENS A PATRE LUMINE : “ Tout don de valeur et tout cadeau
parfait descendent d'en-Haut, du Père des Lumières “
(Jc. 1, 17). Au XXe siècle, les Espagnols se sont référés
explicitement à cette Epître pour combattre le communisme.
Le 25 juillet 1943, l’éditorialiste du journal Ya, invitait
ses lecteurs à suivre les “ enseignements prêchés
par l’apôtre saint Jacques et qu’il légua au
monde dans son Epître catholique. Citations à l’appui,
il présentait saint Jacques comme “ l’apôtre
de la justice sociale ” accomplissant les “ œuvres ”
(La Croisade) sans lesquelles “ la foi est morte ”. Aujourd’hui,
l’Epître n’est plus attribuée ni à l’un
ni à l’autre des deux apôtres Jacques. Son auteur était
un proche de l'enseignement de Jésus mais les exégètes
ne sont pas d’accord à son sujet. Quoi qu’il en soit,
elle reste d'une grande actualité sociale. Elle est par ailleurs
à l'origine du sacrement de l'Extrême-onction* et de la dévotion
à saint Jacques comme “ passeur des âmes ”* au
moment de la mort. 
Esotérisme
Doctrine secrète que certains philosophes de l’Antiquité
ne communiquaient qu’à un petit nombre de disciples. Cette
transmission est exclusivement orale ou tellement cryptée qu’elle
est incompréhensible aux profanes. Selon Bartolomeo Bennassar,
“ le milieu gallego était fait pour recevoir saint Jacques
qui était un initié au surnaturel : combien de fois le voit-on
confronté aux mages et à la magie dont il triomphe ? ”
et Compostelle était “ prédisposée aux interprétations
ésotériques ”. Le chemin de la “ Connaissance
” inlassablement cherché par les alchimistes*, les compagnons*
et les francs-maçons* ne pouvait que coïncider avec celui
menant vers cette Galice mystérieuse, remis en honneur dès
1882 par l’édition du dernier Livre du Codex Calixtinus,
devenu le Guide du pèlerin*. En témoigne la vogue constante
des ouvrages de Fulcanelli*, Raoul Vergez*, Louis Charpentier*, Henri
Vincenot* ou Paulo Coelho*, pour ne parler que des plus célèbres
dans le monde de l’ésotérisme.
Espalion
(Aveyron, ar. Rodez)
Voir église de Perse
Avec six autres, le tronçon Saint-Côme d'Olt-Espalion est
inscrit Patrimoine* Mondial de l'UNESCO* au titre des chemins de Compostelle
Estaing
(Aveyron, ar. Rodez)
Située sur le GR* 65, Estaing est connue des pèlerins par
son “ Hospitalité Saint-Jacques ”. Cet accueil chrétien
est tenu par une communauté de laïcs engagés au service
des pèlerins dans l’esprit évangélique qui
était celui des donats*. Le pont sur le Lot est classé par
l'UNESCO* Patrimoine* Mondial de l'humanité au titre des chemins
de Compostelle. Pourquoi celui-là ?
Esprit du Chemin
Ce sont souvent ceux qui n'ont pas fait le pèlerinage, ou qui se
sont contentés d'en parcourir quelques étapes, ou les journalistes,
qui en parlent le plus volontiers. L'esprit du chemin s'acquiert dans
la durée, dans la monotonie de la marche*, dans la persévérance
pour atteindre l'étape* du jour, dans la joie d'accueillir la vie
comme l'air du matin, dans l'ouverture à l'imprévu et l'acceptation
de la pluie… Au fil des jours, le pèlerin apprend que rien
ne lui est dû. Il acquiert patience*, humilité* et gratitude*,
qui se vivent dans l’intimité personnelle. Il apprend la
tolérance, le partage et l’ouverture qui se vivent dans les
échanges fraternels des rencontres*. Cet esprit survit-il au pèlerinage
? C’est l’un des objectifs des associations* d’anciens
pèlerins de le faire survivre. Mais il en est de lui comme de tous
les grands enthousiasmes humains confrontés aux égoïsmes,
aux ambitions personnelles, aux illusions d’un monde qui serait
fraternel sans efforts. Les personnes morales sont à l’image
des personnes physiques, et les bonnes intentions sont parfois déviées
par la pesanteur des idéologies et des traditions. 
Etape
Il n’y a pas d’étape obligée pour qui prend
le chemin de Compostelle. Elles sont affaire de choix personnels, de forme
physique, d’intérêt artistique, de possibilités
d’hébergement*. Les pèlerins choisissent généralement
de faire une étape chaque jour, suivant la règle imposée
par la plupart des gîtes qui n’accueillent que pour une nuit.
La longueur moyenne se situe aux alentours de 25 à 30 km. Il est
prudent de les faire plus courtes au début et l’expérience
montre qu’elles s’allongent avec l’entraînement*
et l’excitation de l’approche du terme du pèlerinage.
Etampes
En 1183, Philippe-Auguste implanta à Etampes une commanderie de
l’Ordre* de Santiago, doublée d’un “ hôpital
Saint-Jacques-de-l'Epée-lez-Etampes ”. Cet établissement
était situé hors-les-murs, borné par les actuelles
avenues de Paris, allée de la Victoire et la rivière Juine
sur laquelle les chevaliers contrôlaient l’important “
port Saint-Jacques ”. La rue Saint-Jacques actuelle (anciennement
“ Grande rue Saint-Jacques ” prolongée autrefois sur
le tracé de la rue Moreau) tient son nom du fait qu’elle
menait à cette importante commanderie, guidant ainsi les commandeurs
espagnols quand ils venaient la visiter. Elle était la rue principale
de la ville, en même temps que la grande route, l’ancienne
N. 20 menant de Paris à Toulouse et vers l’Espagne. Dotée
de tous temps d’un trafic intense, elle était bordée
d’auberges*, dont un hôtel de l’Image-Saint-Jacques,
mentionné en 1504, situé à l’actuel n°146
de cette rue. Au-dessus de cette rue, ouvrant sur la Commanderie et le
faubourg Saint-Jacques, fut construite en 1512 une porte* Saint-Jacques
avec deux tours et deux corps de garde placés de chaque côté.
En 1772, la porte fut remplacée par deux piliers, eux-mêmes
abattus en 1871. Au XVIe siècle, la commanderie fut donnée
aux Capucins qui y installèrent leur couvent. Il ne subsiste aucun
vestige, si ce n’est un modeste “ passage Saint-Jacques-de-l’Epée
” ouvrant dans le boulevard Saint-Michel. Auparavant, le roi Philippe
I avait donné le hameau de Bénegon aux chanoines de Notre-Dame
en leur demandant d’y bâtir une chapelle Saint-Jacques, détruite
lors de la Fronde, dont Etampes garde le souvenir avec la rue Saint-Jacques
de Bénegon.
Ethique
La question d’une éthique du chemin de Compostelle ne se
posait pas au début des années 1980. Le nombre de personnes
sur les chemins était faible, les gîtes étaient rares.
Les relations étaient faciles entre personnes partageant la même
vie spartiate. Le développement du pèlerinage, son exploitation
commerciale, l’apparition de nouvelles catégories de pèlerins,
plus ou moins motorisés ou assistés a engendré des
tensions. Le besoin s’est fait sentir de définir des règles
acceptables et acceptées par tous. Mais aucune autorité
n’est en mesure de les imposer. Les associations* de pèlerins
s’efforcent de les définir et de les transmettre aux futurs
pèlerins.
Etoile
Une lumière ou une étoile serait apparue à l'ermite
Pélage pour lui indiquer l'emplacement du tombeau de l'apôtre.
Dans la Chronique* de Turpin, saint Jacques indique la Voie* Lactée
à Charlemagne* comme chemin pour aller délivrer son tombeau.
Au XVIIe siècle, dans une tentative de christianiser le ciel, les
astronomes ont voulu remplacer les figures mythologiques par des images
bibliques : ils ont alors attribué la constellation des Gémeaux
à Jacques le Majeur et celle de la Vierge au Mineur. Orion* devient
Jacob luttant avec l’Ange. Le projet a échoué, mais
quelques esprits poètes ont gardé ces images, ainsi Claudel
parlant de la “ Bible de la nuit ”.
Europe
Le lien entre Compostelle et l'Europe est relativement récent.
A l'époque de la découverte du tombeau de saint Jacques,
au lieu qui deviendra Compostelle, l'Europe telle que nous la connaissons
aujourd'hui n'existait pas. Le mot, emprunté à la mythologie
grecque, n’a désigné qu'une réalité
géographique jusque vers le début du XVe siècle.
Seule existait la Chrétienté dont l'empereur Charlemagne*
reste la figure emblématique. Compostelle en était un pôle
de résistance face à l'invasion sarrasine. Le mot “
européen ” aurait été employé pour la
première fois par le pape Pie II vers 1450. A cette époque
Europe et Chrétienté sont encore confondues mais Compostelle
n'est plus aux avant-postes. Lorsque Léon XIII* reconnaît
les restes de l'apôtre en 1884, la Chrétienté n'existe
plus, l'Europe n'existe pas encore, Compostelle n'existe pratiquement
plus en tant que lieu de pèlerinage symbolique. Ceux qui, comme
l'abbé Daux*, écrivent sur les chemins de Saint-Jacques,
évoquent de vieux souvenirs sans pouvoir deviner ce qu'ils deviendront
un siècle plus tard. Aujourd'hui tout a changé, Jean-Paul
II*, pape venu d’Europe orientale, a fait de Compostelle le symbole
d'une Europe aux racines chrétiennes. La ville retrouve un rôle
qui s'amplifie avec le flux de pèlerins qui grossit constamment.
Ce rôle a pris une nouvelle dimension avec la reconnaissance des
chemins de Compostelle, par le Conseil* de l’Europe, comme premier
Itinéraire* Culturel Européen. 
Evangile de Jacques
Voir Protévangile de Jacques
Evêques du Chemin
Evêques des diocèses de France traversés par le GR*
65. Depuis leur lettre pastorale de juillet 1988, ils se préoccupent,
sans vouloir « canaliser, centraliser, récupérer quoi
que ce soit », de la réponse que l’Eglise peut apporter
au phénomène compostellan contemporain. Soucieux de répondre
aux besoins des « pèlerins authentiques » tout en restant
attentifs aux attentes spirituelles exprimées par tous les autres,
randonneurs, cheminants, sportifs …, c’est-à-dire les
pèlerins au sens où nous l’entendons dans ce dictionnaire.
Pour eux la présence sur le chemin de lieux « d’accueil
chrétien explicite » est primordiale.
Exorciste
Saint Jacques, parmi ses vertus thaumaturgiques, possède celle
de chasser les démons des corps des possédés. La
bibliothèque de Cambrai possède un texte du XIIe siècle
qui détaille sa façon de procéder. L'histoire se
passe entre Toulouse, Jaca et Oviedo. Une fillette illégitime née
à Toulouse est donnée au diable qui l'éduque comme
une princesse. Lors d'un voyage avec lui à Jaca, saint Jacques
trace le signe de la Croix sur la main de la jeune fille. Satan, furieux,
“ pénètre dans son corps ” et la dispute âprement.
Les moines de Jaca recueillent la possédée pendant un an,
puis l'envoient à Oviedo où des reliques du Sauveur et de
saint Jacques se trouvent dans la cathédrale. A la fin de séances
d'exorcisme pratiquées dans la chapelle Saint-Jacques, par le chanoine
préposé à cette tâche, saint Jacques finit
par triompher. Guérie, la jeune fille part pour Saint-Jacques,
Sainte-Marie de Rocamadour et Saint-Thomas de Cantorbéry, puis
vers Jérusalem et le Saint-Sépulcre. Ce récit est
joint à une notice relatant le transport en Europe de plusieurs
reliques de Jérusalem, via Carthage, certaines, dont une de saint
Jacques, ayant été déposées à Oviedo.
Il est destiné sans nul doute à assurer la promotion de
cette nouvelle relique. 
Experts
En 1985, lors de l’examen de la proposition de définition
d’itinéraires* culturels européens, le Conseil* de
l’Europe avait fait appel à des experts originaires de différents
pays d’Europe. Ceux-ci ont ensuite apporté leur concours
à la Xunta* de Galice pour la promotion du chemin de Compostelle.
Expositions
La prise de conscience de l’importance du patrimoine hérité
des cultes à saint Jacques a été développée
par plusieurs expositions d’importances diverses, à Paris*
en 1965, à Cadillac* en 1967, à Parthenay* en 1976, à
Gand* en 1985. Comme les colloques*, elles ont contribué à
diffuser les connaissances sur ces sujets mais elles les ont aussi figées
sur des hypothèses qui n’ont pas été remises
en cause avant la fin des années 1990.
Expressions populaires
Que le pèlerin se rende à Compostelle ou visite telle ou
telle relique de l’apôtre à Arras* ou à Echirolles*,
à Toulouse* ou à Angers*, son personnage a enrichi le vocabulaire
d'expressions dont on a souvent oublié l'origine (jamais certaine
d'ailleurs). La malice populaire montre comment le “ jacquet* ”
est perçu par celui qui le regarde passer : il est un lève-tôt,
comme l’écureuil qui lui emprunte son nom en Normandie, ce
qui donne l’expression “ se lever dès le paître
au jacquet ”, puis se lever dès “ patron jacquet ”
et “ potron jacquet ”. Il est celui que l'on peut gruger :
au XIVe siècle, on peut vendre aux “ Jacques de Douvres ”,
dit le poète Chaucer, “ ce qui a été deux fois
chaud et deux fois froid ”. Par suite, dans le langage des cuisiniers
“ un Jacques ” est un mets manqué qui n’est vendable
qu’au pèlerin. “ Va-t'en de ma fenêtre, tu fais
le Jacques ” s’écrie une jeune fille du XIVe siècle,
ce qui signifie sans doute : tu attends inutilement, aussi inutilement
que le “ Jacques de Douvres ” qui attend un bateau en partance
pour Compostelle. Dans le Maine, le “ feu de Saint-Jacques ”
est une maladie contagieuse moins grave que la lèpre, dont on se
méfie. Ailleurs le “ mal saint Jacques ” est un mal
de gorge. Saint Jacques est-il invoqué pour obtenir la guérison
? Dans les milieux cavaliers du XIXe siècle, quand un cheval déjetait
sa jambe toujours dans une même direction, on disait : “ il
montre le chemin de Saint-Jacques ”. Chez les imprimeurs, la coquille
étant devenue la faute typographique à corriger, les omissions
du texte ont été signalées dans la marge par un bâton
surmonté d’une boule, un bourdon, d’où l’expression
“ faire des bourdons ” pour désigner ces fautes du
compositeur. En Sicile, on dit d’une affaire pas très régulière
ou déraisonnable qu’elle est “ tordue comme l’escalier
de saint Jacques ”, cet escalier représentant la Voie* Lactée
qui apparaît là-bas comme un escalier très difficile
à franchir, fait de couteaux, de poignards, de clous et d’épines.
Extrême-onction
L'onction des malades était déjà pratiquée
dans la première communauté chrétienne, selon les
préceptes donnés dans l'Epître de Jacques* : “
Si l'un de vous est malade, qu'il fasse appeler les anciens de la communauté
qui prieront pour lui en pratiquant une onction d'huile au nom du Seigneur.
Leurs prières, inspirées par la foi, sauveront le malade,
le Seigneur le relèvera, et s'il a commis des péchés,
ils lui seront pardonnés. ” (Jc, 5,14-15). Au Moyen Age,
les chrétiens ne reçoivent plus ce sacrement qu'à
la dernière extrême extrémité : l'onction des
malades est devenue onction des mourants. En 1173, le sacrement des malades
prend le nom d'“ extrême-onction ”, repris par le concile
de Trente en 1551. Le Concile Vatican II proposa de reprendre l'expression
“ Onction des malades ” selon les mots de Jacques : “
Par l'onction sacrée des malades et la prière des prêtres,
toute l'Église recommande les malades au Seigneur souffrant et
glorifié, afin qu'il adoucisse leurs peines et les sauve ”.
Cette Epître de Jacques a certainement contribué à
faire de l'apôtre le “ passeur des âmes ”*
Ex-voto
Mot latin qui signifie “ en conséquence d’un vœu
”*. Dans les sanctuaires, un ex-voto marque le plus souvent la reconnaissance
pour une grâce obtenue, comme une guérison, la protection
dans une circonstance difficile … On y trouve des tableaux naïfs,
des objets, des plaques gravées, des maquettes … Les objets
déposés à Compostelle s’apparentent plus à
des offrandes*.
Eygliers
(Hautes-Alpes, ar. Briançon, c. Guillestre
Sur l'un des murs de l'église du village du haut, l’église
conserve les restes d'une petite peinture murale représentant le
miracle* du pendu*-dépendu.
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