Connaître saint Jacques - Comprendre Compostelle
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E

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Eau
Les chemins de Compostelle ne traversent pas de désert* et l’eau se trouve pratiquement partout. Il en faut une provision adaptée aux besoins de chacun, à l’époque et à l’étape. Une bouteille en plastique d’un demi-litre, régulièrement remplie, est généralement suffisante. Par temps très chaud et dans certaines régions : Meseta ou via de la Plata il sera prudent de prendre une quantité nettement plus importante (jusqu’à trois litres). La calebasse n’est plus d’usage courant par contre de plus en plus de marcheurs sont tentés par les récipients souples qui permettent une alimentation en continu avec une pipette. Cela nous paraît largement superflu pour la pratique pèlerine. Demander son eau en chemin est une façon d’expérimenter l’ouverture* à l’autre et fait partie de la démarche pèlerine.
Echarpe
Voir besace
Echirolles
(Isère, ar. Grenoble)
Depuis une date inconnue, Echirolles a possédé un tombeau de saint Jacques*, à proximité d’une chapelle Saint-Jacques, sur une falaise dominant la vallée du Drac. Aujourd’hui canalisée, cette rivière impétueuse au cours capricieux provoquait des inondations à Grenoble. Saint Jacques était régulièrement invoqué comme protecteur des démons qui hantaient ces eaux. Au XIVe siècle, les comptes de la ville de Grenoble montrent que, chaque année le 25 juillet, les édiles se rendaient en procession à cette église Saint-Jacques pour déposer une “ offrande de noix pour que les eaux du Drac ne causent aucun dommage à la ville et au territoire de Grenoble ”. Les notables étaient accueillis par les habitants du village portant une statue de saint Jacques. Tous se déchaussaient en signe de pénitence et montaient pieds nus. Après la messe solennelle et une collation faite aux frais de la Ville, les édiles, accompagnés de maîtres maçons et de maîtres charpentiers parcouraient les bords du Drac jusqu’à sa jonction avec l’Isère afin de pouvoir ordonner les réparations jugées nécessaires. Cette procession des consuls est attestée jusqu’en 1721, malgré l'interdiction du culte qui intervient en 1488 (voir saints Jacques). La chapelle a disparu mais l’église paroissiale, construite dans la vallée en 1846, a gardé son vocable.
Ecoles Saint-Jacques
A la Révolution, quelques établissements hospitaliers ont été transformés en écoles, comme la maladrerie de Joigny (Yonne), transformée en petit séminaire en 1882 puis en école en 1907. A Hazebrouck, un collège a été créé sous ce vocable en 1891, en mémoire de Mr. l’abbé Jacques Dehaene, ancien directeur du collège communal. A Poitiers*, c’est un lycée qui a reçu ce nom.
Economie
Peu d’études ont été entreprises sur l’économie du pèlerinage. Il est néanmoins certain que la définition des chemins comme Itinéraire* culturel européen a entraîné des flux financiers non négligeables, en particulier en Espagne. Les éléments manquent pour les chiffrer. Remettre en état des tronçons des chemins, des ponts, des bâtiments, créer des lieux d’accueil, revitaliser des commerces* et l’artisanat local ont été la conséquence de l’augmentation du nombre de pèlerins et de touristes. Les créations d’art* contemporain sont elles-aussi génératrices de recettes touristiques, ainsi à Pons* où de nombreux visiteurs viennent se faire photographier sur le rond-point. Beaucoup de municipalités subventionnent des gîtes qui reçoivent les pèlerins. Il serait intéressant de savoir si ces activités sont vraiment rentables pour les habitants des communes concernées. Tous n’en sont pas persuadés. L’économie du pèlerinage reste à étudier. L’augmentation du nombre de commerces sur le Camino francés laisse penser qu’elle est florissante.
Eglise
Par les papes Léon XIII* et Jean-Paul II* l’Eglise a joué un rôle majeur dans le renouveau et l’extension du pèlerinage contemporain à Compostelle. Mais, comme souvent dans l’histoire de ce sanctuaire, à côté des aspects purement religieux, leurs démarches ont eu une indéniable dimension politique.
Eglise (architecture)
Les églises sont dans leur immense majorité tournées vers l’Est où se trouve, vu de l’extérieur, le chevet. L’entrée principale se fait par un portail* qui peut être précédé d’un porche* qui donne accès à la nef. Le lieu de la célébration est, à l’opposé du portail, le chœur. La nef et le chœur sont le plus souvent couverts par des voûtes avec parfois des coupoles ; elles sont soutenues par des colonnes surmontées de chapiteaux. Les murs extérieurs sont plus ou moins ajourés selon les styles. Leurs ouvertures sont décorées de vitraux. Dans les sanctuaires de pèlerinage, mis en évidence par Emile Mâle*, les bas-côtés sont prolongés autour du chœur par un déambulatoire qui facilite la circulation des pèlerins. Beaucoup d’églises ont un plan en forme de croix, le chœur étant séparé de la nef par un transept. Les plus grands sanctuaires comportent des chapelles latérales ouvrant sur les bas-côtés ou des chapelles rayonnantes autour du chœur, accessibles depuis le déambulatoire.
Eglises ou chapelles Saint-Jacques
- Eglises Saint-Jacques fondées par Charlemagne
De nombreuses églises se vantent d’avoir été fondées par Charlemagne*, soit de son vivant au retour de Compostelle, soit après sa mort. La liste la plus ancienne, très précise mais sans aucun vocable, est donnée au IXe siècle par le biographe de Charlemagne, Eginhard. En Italie : Rome, Ravenne, Milan, Frioul (Aquilée), Grado (sur l’Adriatique, à l’entrée du golfe de Trieste) ; en Allemagne : Cologne, Mayence, Salzbourg, Trèves ; en France : Sens, Besançon, Lyon, Rouen, Reims, Arles, Vienne, Tarentaise (Moutiers), Embrun, Bordeaux, Tours, Bourges. Au XIIe siècle, la Chronique* de Turpin donne, à titre d’exemple, les noms de plusieurs églises Saint-Jacques fondées avec “ l’immense quantité d’or et d’argent qu’il rapporta d’Espagne ” : Aix-la-Chapelle, Béziers (ou Bourges*, selon les copistes), Toulouse*, “ et celle qui est en Gascogne, entre la ville que le peuple nomme Dax et Saint-Jean de Sorde, le long du chemin de Saint-Jacques, ainsi que l’église Saint-Jacques qui est à Paris* entre la Seine et Montmartre ” mais donne toute liberté aux autres puisque l’énumération évoque pour finir les “ innombrables abbayes* qu’il établit par le monde ”.
- Eglises paroissiales Saint-Jacques
Dans les villes, les plus anciennes de ces églises ont souvent donné leur nom au quartier tout entier (Reims, Châtellerault, Amiens*, Abbeville, Angers*, Chinon, etc.). La rue qui y mène se nomme rue Saint-Jacques, et on trouve aussi la rue des Fossés-Saint-Jacques, le pont* Saint-Jacques et, au-delà, le faubourg Saint-Jacques. Aux environs de cette église s’élève parfois l’hôpital* Saint-Jacques, voire une fontaine* Saint-Jacques. Ces quartiers sont pratiquement tous en périphérie et sont occupés par des artisans, des marchands, des jardiniers, des bateliers, une des fonctions* de saint Jacques étant souvent de protéger les uns ou les autres. Encore aujourd’hui, ce sont souvent des quartiers populaires (Perpignan, Grenoble). Dans les villages, ces églises sont parfois d’anciennes chapelles castrales autour desquelles s’est groupée la population. Elles ont parfois donné leur nom au village : on compte en France actuellement douze communes* et plusieurs gros villages rattachés aux commune voisines (Clermont-Ferrand* par exemple). Certaines paroisses ont choisi saint Jacques pour patron sans pour autant adopter son nom : Villefranche-de-Conflent, Avezan*, Barjouville*, ou Ourdis-Cotdoussan*. Certaines de ces églises ont abrité des reliques* de saint Jacques et accueilli des pèlerins comme à Echirolles*, ou Saint-Jacques de Toulouse* ou, plus récemment, Locquirec* et Montlandon*. Les plus récentes ont choisi saint Jacques presque par hasard : Aubervilliers* et la Villette parce que sa fête tombait le même jour que celle de saint Christophe et que tous les deux étaient patrons des voyageurs, Châteauroux parce que le quartier voisin était sous le vocable de saint Jean, frère de Jacques.
- Eglises abbatiales
Les abbayes fondées sous le vocable de saint Jacques sont relativement peu nombreuses. Parmi elles, à simple titre d'exemples, Provins (disparue), Bourges* (disparue), Béziers (désaffectée), Idrac*(église paroissiale), Montfort-sur-Meu (ruines). Aucune de ces abbayes n’a été construite pour les pèlerins de Compostelle. Elles ont toutes une histoire indépendante même si les légendes ramènent souvent à la Galice.
- Eglises d’hôpitaux
Voir hôpital Saint-Jacques.
Eglise (en pèlerinage)
L'Eglise, communauté des croyants et corps du Christ, a toujours reconnu qu'elle était elle-même en pèlerinage. Le Concile* Vatican II a particulièrement insisté sur cette réalité dans ses textes les plus importants : c'est par la sagesse et la prudence des évêques assistés des prêtres, dit le Concile en sa Constitution sur l'Eglise, que le Christ "dirige et oriente le peuple du Nouveau Testament dans son pèlerinage vers l'éternelle béatitude". Même les plus grands signes visibles de la présence du Christ sont transitoires : "L'Eglise en pèlerinage porte en ses sacrements et ses institutions, qui relèvent de ce temps, la figure du siècle qui passe (Constitution Lumen Gentium 21 et 48). (Hubert Debbash)
Emblème
Voir Logo.
Emotion
Redécouvrir sa capacité d’émotion, être conduit à l’exprimer est une des chances que le Chemin offre au pèlerin. La solitude*, la fatigue, les épreuves surmontées mais aussi le bien-être physique que procure la marche et les joies des découvertes* du chemin en facilitent l’expression. La partager avec d’autres pèlerins avec qui l’on a marché ou de simples rencontres ponctuelles est une expérience majeure du pèlerinage. Elle est intense pour tous les pèlerins à leur arrivée* à Compostelle.
Enseigne de pèlerinage
Du désir des pèlerins de rapporter un “ signe ”, une preuve, de leur pèlerinage sont nées les enseignes de pèlerinage dont subsistent des modèles du XIIe siècle. Attachées au manteau, au sac ou au chapeau, elles permettaient de savoir quels étaient les sanctuaires visités par le pèlerin. Fondues en série, en argent, laiton ou plomb, leur prix était en général modique. La fabrication était souvent un monopole de certaines familles qui s'enrichissaient considérablement à ce commerce. Malgré les prétentions de Compostelle à l'exclusivité, d'autres sanctuaires fabriquaient des enseignes à saint Jacques, par exemple Aire-sur-la-Lys en 1526* : une enseigne à l'effigie de saint Jacques ou en forme de coquille ne signe donc pas un pèlerinage à Compostelle. Synonymes : signe, insigne, sportelle*.
Entraînement
Prendre le chemin de Compostelle sans un minimum d’habitude d’une activité physique ne serait pas raisonnable. Il n’est cependant pas nécessaire de s’astreindre à un entraînement calqué sur celui des sportifs ou des militaires. Les premiers jours de marche* servent à cela à condition de savoir partir progressivement et de ne pas courir après la performance. Il est par contre nécessaire de “ casser ” ses chaussures* avant le départ.
Epître de Jacques
Première des épîtres qualifiées de “ catholiques ”. Contrairement à une idée répandue, l'Epître a un rapport étroit avec Jacques* le Majeur, auquel on l'a longtemps attribuée, comme le montrent plusieurs témoignages, dont les liturgies compostellanes elles-mêmes. Au XIIe siècle, au portail de Saint-Gilles-du-Gard, dans le collège* des apôtres, le Majeur (le Mineur a son nom gravé dans la pierre) est représenté porteur, non du Livre, mais bien de l’Epître dont une phrase est gravée sur les pages de pierre : OMNE DATUM OPTIMUM ET OMNE DONUM PERFECTUM DES. La suite se lit sur l’auréole SURSU(M) EST DESCENDENS A PATRE LUMINE : “ Tout don de valeur et tout cadeau parfait descendent d'en-Haut, du Père des Lumières “ (Jc. 1, 17). Au XXe siècle, les Espagnols se sont référés explicitement à cette Epître pour combattre le communisme. Le 25 juillet 1943, l’éditorialiste du journal Ya, invitait ses lecteurs à suivre les “ enseignements prêchés par l’apôtre saint Jacques et qu’il légua au monde dans son Epître catholique. Citations à l’appui, il présentait saint Jacques comme “ l’apôtre de la justice sociale ” accomplissant les “ œuvres ” (La Croisade) sans lesquelles “ la foi est morte ”. Aujourd’hui, l’Epître n’est plus attribuée ni à l’un ni à l’autre des deux apôtres Jacques. Son auteur était un proche de l'enseignement de Jésus mais les exégètes ne sont pas d’accord à son sujet. Quoi qu’il en soit, elle reste d'une grande actualité sociale. Elle est par ailleurs à l'origine du sacrement de l'Extrême-onction* et de la dévotion à saint Jacques comme “ passeur des âmes ”* au moment de la mort.
Esotérisme
Doctrine secrète que certains philosophes de l’Antiquité ne communiquaient qu’à un petit nombre de disciples. Cette transmission est exclusivement orale ou tellement cryptée qu’elle est incompréhensible aux profanes. Selon Bartolomeo Bennassar, “ le milieu gallego était fait pour recevoir saint Jacques qui était un initié au surnaturel : combien de fois le voit-on confronté aux mages et à la magie dont il triomphe ? ” et Compostelle était “ prédisposée aux interprétations ésotériques ”. Le chemin de la “ Connaissance ” inlassablement cherché par les alchimistes*, les compagnons* et les francs-maçons* ne pouvait que coïncider avec celui menant vers cette Galice mystérieuse, remis en honneur dès 1882 par l’édition du dernier Livre du Codex Calixtinus, devenu le Guide du pèlerin*. En témoigne la vogue constante des ouvrages de Fulcanelli*, Raoul Vergez*, Louis Charpentier*, Henri Vincenot* ou Paulo Coelho*, pour ne parler que des plus célèbres dans le monde de l’ésotérisme.
Espalion
(Aveyron, ar. Rodez)
Voir église de Perse
Avec six autres, le tronçon Saint-Côme d'Olt-Espalion est inscrit Patrimoine* Mondial de l'UNESCO* au titre des chemins de Compostelle
Estaing
(Aveyron, ar. Rodez)
Située sur le GR* 65, Estaing est connue des pèlerins par son “ Hospitalité Saint-Jacques ”. Cet accueil chrétien est tenu par une communauté de laïcs engagés au service des pèlerins dans l’esprit évangélique qui était celui des donats*. Le pont sur le Lot est classé par l'UNESCO* Patrimoine* Mondial de l'humanité au titre des chemins de Compostelle. Pourquoi celui-là ?
Esprit du Chemin
Ce sont souvent ceux qui n'ont pas fait le pèlerinage, ou qui se sont contentés d'en parcourir quelques étapes, ou les journalistes, qui en parlent le plus volontiers. L'esprit du chemin s'acquiert dans la durée, dans la monotonie de la marche*, dans la persévérance pour atteindre l'étape* du jour, dans la joie d'accueillir la vie comme l'air du matin, dans l'ouverture à l'imprévu et l'acceptation de la pluie… Au fil des jours, le pèlerin apprend que rien ne lui est dû. Il acquiert patience*, humilité* et gratitude*, qui se vivent dans l’intimité personnelle. Il apprend la tolérance, le partage et l’ouverture qui se vivent dans les échanges fraternels des rencontres*. Cet esprit survit-il au pèlerinage ? C’est l’un des objectifs des associations* d’anciens pèlerins de le faire survivre. Mais il en est de lui comme de tous les grands enthousiasmes humains confrontés aux égoïsmes, aux ambitions personnelles, aux illusions d’un monde qui serait fraternel sans efforts. Les personnes morales sont à l’image des personnes physiques, et les bonnes intentions sont parfois déviées par la pesanteur des idéologies et des traditions.
Etape
Il n’y a pas d’étape obligée pour qui prend le chemin de Compostelle. Elles sont affaire de choix personnels, de forme physique, d’intérêt artistique, de possibilités d’hébergement*. Les pèlerins choisissent généralement de faire une étape chaque jour, suivant la règle imposée par la plupart des gîtes qui n’accueillent que pour une nuit. La longueur moyenne se situe aux alentours de 25 à 30 km. Il est prudent de les faire plus courtes au début et l’expérience montre qu’elles s’allongent avec l’entraînement* et l’excitation de l’approche du terme du pèlerinage.
Etampes
En 1183, Philippe-Auguste implanta à Etampes une commanderie de l’Ordre* de Santiago, doublée d’un “ hôpital Saint-Jacques-de-l'Epée-lez-Etampes ”. Cet établissement était situé hors-les-murs, borné par les actuelles avenues de Paris, allée de la Victoire et la rivière Juine sur laquelle les chevaliers contrôlaient l’important “ port Saint-Jacques ”. La rue Saint-Jacques actuelle (anciennement “ Grande rue Saint-Jacques ” prolongée autrefois sur le tracé de la rue Moreau) tient son nom du fait qu’elle menait à cette importante commanderie, guidant ainsi les commandeurs espagnols quand ils venaient la visiter. Elle était la rue principale de la ville, en même temps que la grande route, l’ancienne N. 20 menant de Paris à Toulouse et vers l’Espagne. Dotée de tous temps d’un trafic intense, elle était bordée d’auberges*, dont un hôtel de l’Image-Saint-Jacques, mentionné en 1504, situé à l’actuel n°146 de cette rue. Au-dessus de cette rue, ouvrant sur la Commanderie et le faubourg Saint-Jacques, fut construite en 1512 une porte* Saint-Jacques avec deux tours et deux corps de garde placés de chaque côté. En 1772, la porte fut remplacée par deux piliers, eux-mêmes abattus en 1871. Au XVIe siècle, la commanderie fut donnée aux Capucins qui y installèrent leur couvent. Il ne subsiste aucun vestige, si ce n’est un modeste “ passage Saint-Jacques-de-l’Epée ” ouvrant dans le boulevard Saint-Michel. Auparavant, le roi Philippe I avait donné le hameau de Bénegon aux chanoines de Notre-Dame en leur demandant d’y bâtir une chapelle Saint-Jacques, détruite lors de la Fronde, dont Etampes garde le souvenir avec la rue Saint-Jacques de Bénegon.
Ethique
La question d’une éthique du chemin de Compostelle ne se posait pas au début des années 1980. Le nombre de personnes sur les chemins était faible, les gîtes étaient rares. Les relations étaient faciles entre personnes partageant la même vie spartiate. Le développement du pèlerinage, son exploitation commerciale, l’apparition de nouvelles catégories de pèlerins, plus ou moins motorisés ou assistés a engendré des tensions. Le besoin s’est fait sentir de définir des règles acceptables et acceptées par tous. Mais aucune autorité n’est en mesure de les imposer. Les associations* de pèlerins s’efforcent de les définir et de les transmettre aux futurs pèlerins.
Etoile
Une lumière ou une étoile serait apparue à l'ermite Pélage pour lui indiquer l'emplacement du tombeau de l'apôtre. Dans la Chronique* de Turpin, saint Jacques indique la Voie* Lactée à Charlemagne* comme chemin pour aller délivrer son tombeau. Au XVIIe siècle, dans une tentative de christianiser le ciel, les astronomes ont voulu remplacer les figures mythologiques par des images bibliques : ils ont alors attribué la constellation des Gémeaux à Jacques le Majeur et celle de la Vierge au Mineur. Orion* devient Jacob luttant avec l’Ange. Le projet a échoué, mais quelques esprits poètes ont gardé ces images, ainsi Claudel parlant de la “ Bible de la nuit ”.
Europe
Le lien entre Compostelle et l'Europe est relativement récent. A l'époque de la découverte du tombeau de saint Jacques, au lieu qui deviendra Compostelle, l'Europe telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existait pas. Le mot, emprunté à la mythologie grecque, n’a désigné qu'une réalité géographique jusque vers le début du XVe siècle. Seule existait la Chrétienté dont l'empereur Charlemagne* reste la figure emblématique. Compostelle en était un pôle de résistance face à l'invasion sarrasine. Le mot “ européen ” aurait été employé pour la première fois par le pape Pie II vers 1450. A cette époque Europe et Chrétienté sont encore confondues mais Compostelle n'est plus aux avant-postes. Lorsque Léon XIII* reconnaît les restes de l'apôtre en 1884, la Chrétienté n'existe plus, l'Europe n'existe pas encore, Compostelle n'existe pratiquement plus en tant que lieu de pèlerinage symbolique. Ceux qui, comme l'abbé Daux*, écrivent sur les chemins de Saint-Jacques, évoquent de vieux souvenirs sans pouvoir deviner ce qu'ils deviendront un siècle plus tard. Aujourd'hui tout a changé, Jean-Paul II*, pape venu d’Europe orientale, a fait de Compostelle le symbole d'une Europe aux racines chrétiennes. La ville retrouve un rôle qui s'amplifie avec le flux de pèlerins qui grossit constamment. Ce rôle a pris une nouvelle dimension avec la reconnaissance des chemins de Compostelle, par le Conseil* de l’Europe, comme premier Itinéraire* Culturel Européen.
Evangile de Jacques
Voir Protévangile de Jacques
Evêques du Chemin
Evêques des diocèses de France traversés par le GR* 65. Depuis leur lettre pastorale de juillet 1988, ils se préoccupent, sans vouloir « canaliser, centraliser, récupérer quoi que ce soit », de la réponse que l’Eglise peut apporter au phénomène compostellan contemporain. Soucieux de répondre aux besoins des « pèlerins authentiques » tout en restant attentifs aux attentes spirituelles exprimées par tous les autres, randonneurs, cheminants, sportifs …, c’est-à-dire les pèlerins au sens où nous l’entendons dans ce dictionnaire. Pour eux la présence sur le chemin de lieux « d’accueil chrétien explicite » est primordiale.
Exorciste
Saint Jacques, parmi ses vertus thaumaturgiques, possède celle de chasser les démons des corps des possédés. La bibliothèque de Cambrai possède un texte du XIIe siècle qui détaille sa façon de procéder. L'histoire se passe entre Toulouse, Jaca et Oviedo. Une fillette illégitime née à Toulouse est donnée au diable qui l'éduque comme une princesse. Lors d'un voyage avec lui à Jaca, saint Jacques trace le signe de la Croix sur la main de la jeune fille. Satan, furieux, “ pénètre dans son corps ” et la dispute âprement. Les moines de Jaca recueillent la possédée pendant un an, puis l'envoient à Oviedo où des reliques du Sauveur et de saint Jacques se trouvent dans la cathédrale. A la fin de séances d'exorcisme pratiquées dans la chapelle Saint-Jacques, par le chanoine préposé à cette tâche, saint Jacques finit par triompher. Guérie, la jeune fille part pour Saint-Jacques, Sainte-Marie de Rocamadour et Saint-Thomas de Cantorbéry, puis vers Jérusalem et le Saint-Sépulcre. Ce récit est joint à une notice relatant le transport en Europe de plusieurs reliques de Jérusalem, via Carthage, certaines, dont une de saint Jacques, ayant été déposées à Oviedo. Il est destiné sans nul doute à assurer la promotion de cette nouvelle relique.
Experts
En 1985, lors de l’examen de la proposition de définition d’itinéraires* culturels européens, le Conseil* de l’Europe avait fait appel à des experts originaires de différents pays d’Europe. Ceux-ci ont ensuite apporté leur concours à la Xunta* de Galice pour la promotion du chemin de Compostelle.
Expositions
La prise de conscience de l’importance du patrimoine hérité des cultes à saint Jacques a été développée par plusieurs expositions d’importances diverses, à Paris* en 1965, à Cadillac* en 1967, à Parthenay* en 1976, à Gand* en 1985. Comme les colloques*, elles ont contribué à diffuser les connaissances sur ces sujets mais elles les ont aussi figées sur des hypothèses qui n’ont pas été remises en cause avant la fin des années 1990.
Expressions populaires
Que le pèlerin se rende à Compostelle ou visite telle ou telle relique de l’apôtre à Arras* ou à Echirolles*, à Toulouse* ou à Angers*, son personnage a enrichi le vocabulaire d'expressions dont on a souvent oublié l'origine (jamais certaine d'ailleurs). La malice populaire montre comment le “ jacquet* ” est perçu par celui qui le regarde passer : il est un lève-tôt, comme l’écureuil qui lui emprunte son nom en Normandie, ce qui donne l’expression “ se lever dès le paître au jacquet ”, puis se lever dès “ patron jacquet ” et “ potron jacquet ”. Il est celui que l'on peut gruger : au XIVe siècle, on peut vendre aux “ Jacques de Douvres ”, dit le poète Chaucer, “ ce qui a été deux fois chaud et deux fois froid ”. Par suite, dans le langage des cuisiniers “ un Jacques ” est un mets manqué qui n’est vendable qu’au pèlerin. “ Va-t'en de ma fenêtre, tu fais le Jacques ” s’écrie une jeune fille du XIVe siècle, ce qui signifie sans doute : tu attends inutilement, aussi inutilement que le “ Jacques de Douvres ” qui attend un bateau en partance pour Compostelle. Dans le Maine, le “ feu de Saint-Jacques ” est une maladie contagieuse moins grave que la lèpre, dont on se méfie. Ailleurs le “ mal saint Jacques ” est un mal de gorge. Saint Jacques est-il invoqué pour obtenir la guérison ? Dans les milieux cavaliers du XIXe siècle, quand un cheval déjetait sa jambe toujours dans une même direction, on disait : “ il montre le chemin de Saint-Jacques ”. Chez les imprimeurs, la coquille étant devenue la faute typographique à corriger, les omissions du texte ont été signalées dans la marge par un bâton surmonté d’une boule, un bourdon, d’où l’expression “ faire des bourdons ” pour désigner ces fautes du compositeur. En Sicile, on dit d’une affaire pas très régulière ou déraisonnable qu’elle est “ tordue comme l’escalier de saint Jacques ”, cet escalier représentant la Voie* Lactée qui apparaît là-bas comme un escalier très difficile à franchir, fait de couteaux, de poignards, de clous et d’épines.
Extrême-onction
L'onction des malades était déjà pratiquée dans la première communauté chrétienne, selon les préceptes donnés dans l'Epître de Jacques* : “ Si l'un de vous est malade, qu'il fasse appeler les anciens de la communauté qui prieront pour lui en pratiquant une onction d'huile au nom du Seigneur. Leurs prières, inspirées par la foi, sauveront le malade, le Seigneur le relèvera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés. ” (Jc, 5,14-15). Au Moyen Age, les chrétiens ne reçoivent plus ce sacrement qu'à la dernière extrême extrémité : l'onction des malades est devenue onction des mourants. En 1173, le sacrement des malades prend le nom d'“ extrême-onction ”, repris par le concile de Trente en 1551. Le Concile Vatican II proposa de reprendre l'expression “ Onction des malades ” selon les mots de Jacques : “ Par l'onction sacrée des malades et la prière des prêtres, toute l'Église recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, afin qu'il adoucisse leurs peines et les sauve ”. Cette Epître de Jacques a certainement contribué à faire de l'apôtre le “ passeur des âmes ”*
Ex-voto
Mot latin qui signifie “ en conséquence d’un vœu ”*. Dans les sanctuaires, un ex-voto marque le plus souvent la reconnaissance pour une grâce obtenue, comme une guérison, la protection dans une circonstance difficile … On y trouve des tableaux naïfs, des objets, des plaques gravées, des maquettes … Les objets déposés à Compostelle s’apparentent plus à des offrandes*.
Eygliers
(Hautes-Alpes, ar. Briançon, c. Guillestre
Sur l'un des murs de l'église du village du haut, l’église conserve les restes d'une petite peinture murale représentant le miracle* du pendu*-dépendu.

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