| Faïences
Voir objets de piété domestique
Faux
Document* comportant des éléments (souvent la date) ou des
informations ne correspondant pas à la réalité de
faits constatés par ailleurs, modifiant un document authentique
ou écrit entièrement imaginaire. Le Moyen Age a composé
beaucoup de fausses généalogies, de faux actes de propriété,
de fausses chroniques telles que la Chronique* de Turpin. Au XVIIe siècle,
la publication en Espagne des fausses Chroniques de Dexter* a déclenché
un scandale. Dans le même temps et dans le même but, entre
1588 et 1682 ont été mis à jour à Grenade
et dans le Sacromonte des plaques de bronze gravées de textes relatant
la prédication de saint Jacques en Andalousie. En 1682, le pape
Innocent II les a reconnus faux. Le XXIe siècle n’est pas
en reste, et par exemple, en 2006 la chaîne de télévision
ARTE s’est appuyée sur un faux document pour diffuser un
“ documentaire ” qui est une parfaite fiction*.
Feltin (cardinal Maurice)
En sa qualité de président de Pax Christi, le cardinal Feltin,
archevêque de Paris (1949-1966), accompagné de M. Bernard
Lafay, président de l'Assemblée parisienne, participa aux
cérémonies du 25 juillet 1954 à Compostelle à
l’occasion de la première année sainte* d’après-guerre.
Il y retrouva 200 étudiants français et européens
participant à la marche de la paix organisée par ce mouvement.
Dans son allocution, le président déclara : “ Le message
de saint Jacques de Compostelle revêt en ce moment un indéniable
caractère d’actualité… il ne vient pas nous
prêcher un lâche renoncement. Sans manquer à la charité
envers les âmes, il nous indique clairement qu’à certaines
périodes le devoir est dans l’intransigeance. L’Eglise
peut pardonner aux hérétiques repentis, elle ne peut pardonner
à l’hérésie. Il en va de même dans notre
monde terrestre… ”.
Ferme (Saint-Jacques)
Les cartes mentionnent parfois des fermes ou lieux-dits Saint-Jacques.
L'origine de ces toponymes est généralement un hôpital*
local auquel la ferme ou le terrain avaient été donnés.
Ces dénominations ne signalent donc pas des passages de pèlerins
de Galice même si elles alimentent les rêves* des pèlerins
contemporains.
Fêtes
Durant tout le Moyen Age, fête et pèlerinage sont étroitement
liés, souvent associés à une foire commerciale. C’est
seulement la Contre-Réforme qui a tenté de mettre fin aux
réjouissances bruyantes et profanes qui accompagnaient tout pèlerinage.
Elles ont parfois été réprimées très
brutalement. L’Eglise de France du XIXe siècle a clos ce
chapitre et les villes-sanctuaires sont bien plus austères que
leurs homologues espagnoles.
- Fêtes de saint Jacques
Dans diverses versions du Livre des miracles puis à Compostelle,
trois fêtes liturgiques rappellent le souvenir de saint Jacques,
chacune d'elles commémorant l’anniversaire d’un fait.
Le 25 juillet eut lieu la translation* du corps d'Iria à Compostelle,
le 30 décembre le corps fut déposé dans le tombeau*
nouvellement construit, le 3 octobre eut lieu le miracle* XVII du Livre
des miracles du pèlerin ressuscité. Le 25 mars, date du
martyre de l’apôtre, n'a pas de célébration
liturgique, alors qu’au XVIIIe siècle il en a une à
Toulouse. A Paris* Saint-Jacques de la Boucherie fut la seule église
qui garda ces trois fêtes, celle d’octobre devenant, le 6,
la date de la dédicace de l’église. La fête
du 1er mai y était célébrée, comme partout
ailleurs en France où se célèbrent indifféremment
les fêtes des deux saint Jacques (1er mai et 25 juillet), assorties
de foires et de réjouissances profanes. Aujourd’hui en Espagne
où saint Jacques reste le Patron*, ces fêtes sont célébrées
de différentes manières. En Galice le 25 juillet est une
journée particulière parce qu'on célèbre aussi
le Dia de Galicia. Etonnamment les galleguistas revendiquaient cette journée
depuis 1920 comme Dia da Patria Galega. Les secteurs le plus à
gauche préféraient une autre date sans connotation religieuse
mais finalement le 25 juillet s'est imposé à tout le monde.
- Fête nationale espagnole
La fête nationale en Espagne n’est pas le 25 juillet bien
que saint Jacques en soit le patron*. En 1918, le roi Alphonse XIII décréta
que le jour fête nationale serait la date retenue comme celle de
la découverte de l'Amérique, le 12 octobre. Il la déclara
Fiesta de la raza (Fête de la race), en référence
à une race hispano-américaine née grâce au
mélange des arrivants espagnols avec les habitants du nouveau continent.
Le franquisme n'a officiellement reconnu cette fête qu'en 1958 par
décret, définie alors Dia de la Hispanidad. En 1981, un
décret royal ratifia le 12 octobre comme Fiesta nacional de España
y Dia de la Hispanidad. Finalement, une loi de 1987 établit cette
date comme Fiesta Nacional et fait disparaître toutes les autres
dénominations à connotation impérialiste, voire raciste.
- Fêtes des confréries Saint-Jacques
Les confréries sont en fête chaque année, le 25 juillet,
jour de l’assemblée générale. La fête
commence la veille. La journée est marquée par plusieurs
temps : la messe, la reddition des comptes, l’élection des
nouveaux maîtres, la procession* et le banquet. La dénonciation
des excès commis pendant les repas des confréries intervient
régulièrement depuis le IXe siècle car ce banquet
est souvent fauteur de troubles. Les statuts de Nîmes essaient de
prévenir et exigent que “ pendant le repas, chacun doit être
doux et patient, sans mener le bruit du siècle, pour qu’on
entende celui qui nous fera la lecture ”. A Paris* en 1578 où
les pratiques de la confrérie Saint-Jacques-de-l’Hôpital
deviennent soudain insupportables : “ Durant ce banquet celui qui
dit les mots les plus lascifs et qui y fait le plus d’insolences…
et aultres vilenies… est le mieux estimé, et jamais telles
assemblées ne se font qu’il n’y ait du scandale public…
Après ce banquet, ces pèlerins s’en vont dansant par
la rue Saint-Denis, principalement ces vieilles pèlerines avec
telle impudence que le vulgaire même en a horreur ”. L’entrée
en confrérie* est aussi prétexte à une fête,
plus grave, qui a lieu parfois lors de l’assemblée générale.
Elle exige une prestation de serment dont l’importance doit être
soulignée par une solennité toute particulière.
Feu de saint Jacques
A l’abbaye de Savigny, en Mayenne, fut soignée, à
une date indéterminée, une personne atteinte d'une affection
appelée le “ feu de Saint-Jacques ”. Est-elle à
rapprocher du “ mal saint Jacques ” dit aussi “ mal
S. Martin ”, qui semble un mal de gorge ?
FFRP (Fédération Française de la Randonnée
Pédestre)
Créée en 1978, la FFRP a succédé au CNSGR,
Comité national des Sentiers de Grande Randonnée, fondé
en 1947 et reconnu d'utilité publique en 1971. Elle a pour but
de développer la randonnée pédestre en France, tant
pour sa pratique sportive que pour la découverte et la sauvegarde
de l'environnement, le tourisme et les loisirs. Elle a joué un
rôle moteur dans le développement de chemins de pèlerinage
contemporains vers Compostelle. Le plus célèbre d’entre
eux est le GR* 65 qui relie Le-Puy-en-Velay* à Compostelle, tracé
à partir de 1970. Des topo-guides* existent pour tous les grands
chemins contemporains. En 2006, la FFRP regroupe près de 3000 associations
dont les bénévoles participent à l’entretien
de 180000 km de sentiers GR* et PR* balisés. Elle édite
260 topo-guides décrivant ces sentiers pour 170 000 licenciés
et des millions de pratiquants qui se baladent ou randonnent.
Figures du chemin contemporain
Chaque pèlerin garde le souvenir de l’accueil reçu
à certains moments de son chemin. Au risque d’oublier plusieurs
de ces hospitaliers bénévoles, retenons, pour les années
antérieures à la ruée de 1993 le chanoine Navarro
à Roncevaux*, Don Elías Valiña Sampedro, curé
du Cebreiro*, Don José Maria, curé de San-Juan de Ortega*.
Ce furent ensuite Don José Ignacio, curé de l’église
Santiago à Logroño* et Louis Janin*, pèlerin multirécidiviste
depuis 1963 et hospitalier en Espagne depuis 1994. Dans un autre style,
Tomas, le faux Templier de Manjarin* et Felisa qui proposait “ figues,
eau et amour ” à l’arrivée à Logroño.
En France, nombreuses sont les voix qui ont chanté la qualité
de l’accueil du père Ihidoy à Navarrenx*.
Finisterre
Fisterra en galicien. “ Etoile obscure ”, d’après
le sens que les pèlerins allemands donnaient au mot par approximation
phonétique (Finsteren Stern, Finstern) cité entre autres
par Léon de Rozmital* au XVe siècle. Cap et ville les plus
occidentaux de l’Espagne où se terminaient beaucoup de pèlerinages
après la visite de Compostelle. Lié au culte à saint
Jacques par le récit de la translation* de la dépouille
de l’apôtre dans le Livre III du Codex Calixtinus. Le plus
haut mont du cap est le mont Pindo (O Pindo), l’Olympe celtique
des galiciens, avec de mystérieux rochers de granit rosé.
Plus loin, Fisterra, ville de pêcheurs centrée sur la place
de l’Arc Solis, en mémoire de l’autel érigé
par les Romains pour adorer le Soleil. Là est édifié
le sanctuaire de Notre-Dame* de Fisterra. La route mène au bout
du cap. C'est l'extrême Occident, le bout du monde médiéval.
Aujourd’hui, un phare guide le défilé incessant les
navires d’un des trafics maritimes les plus intenses du monde. A
cet emplacement existait autrefois un ermitage dédié à
saint Guilhem du Désert* (mentionné au XVe siècle
par Nompar de Caumont*) et des pierres travaillées de caractère
sacré. La Chronique* de Turpin dit que Charlemagne* y planta sa
lance dans la mer “ en rendant grâces à Dieu et à
saint Jacques ”. Sur ordre de Charlemagne, Turpin baptisa les Galiciens
qui le souhaitaient. Les autres furent exécutés ou faits
prisonniers. voir une carte du cap
Fisterra
“ Diplôme ”, établi sur le modèle de la
Compostela, accordé aux pèlerins de Compostelle qui ont
poursuivi leur voyage jusqu’au cap Finisterre. L’initiative
de la création de cette reconnaissance relève des opérations
de marketing des autorités locales pour attirer des visiteurs.
Fita (Père Fidel)
Jésuite, historien, directeur de l’Académie royale
d’Espagne. Il a, le premier, édité le dernier Livre
du Codex Calixtinus en 1882. Cette édition, intervenant au moment
de la redécouverte du corps de saint Jacques à Compostelle
(1879) a été le point de départ de l’activité
intellectuelle qui a ouvert la voie au phénomène contemporain.
Elle est à l'origine de l'idée fausse de Guide* du pèlerin
ayant conduit à l’authentification actuelle de “ quatre
routes historiques* ”
Flamel (Nicolas)
En 1562, l’alchimiste Jacques Gohory raconte, pour la première
fois, comment Nicolas Flamel (1330-1418), un riche marchand parisien,
aurait réussi à fabriquer de l’or et de l’argent
au retour d’un pèlerinage à Compostelle : “
il acheta en 1357 un vieux livre d’alchimie* qu’il étudia
sans relâche pendant vingt-et-un ans. Sans résultat. Pour
le comprendre il fit un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle
et reçut en Espagne des explications partielles. Rentré
à Paris il dut encore travailler trois ans. Enfin le lundi 17 janvier
1382 vers midi il opéra la projection en blanc (transmutation en
argent) et le 25 avril la projection en rouge (transmutation en or). Il
mit son savoir en sculptures sur les bâtiments qu’il édifiait,
notamment au charnier [cimetière] des Innocents et au portail de
l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie à Paris ”*.
En 1612, Pierre Arnaud, dans Figures hiéroglyphiques de Nicolas
Flamel affirme que ce sont bien des figures qu’il aurait étudiées
sur le chemin Compostelle puis comprises et reproduites sur les monuments
parisiens. Aujourd’hui disparues, ces figures poussent encore des
alchimistes à venir rôder dans le quartier de la tour Saint-Jacques
et se retrouver à l’auberge Flamel… ou à parcourir
le chemin “ alchimique ” de Compostelle, espérant dans
les fameuses rencontres* dont ils sont friands, trouver celui qui…
Qui sait ?
Flamme
Une flamme publicitaire (ou flamme postale, ou flamme d’oblitération)
est une oblitération de forme rectangulaire utilisée pour
annuler plusieurs timbres à la fois. Les collectionneurs s’appellent
des phlogophilistes ou maximécanophilistes. Les premières
flammes sont apparues à Paris à la fin du XIXe siècle,
émises par l’administration postale. Elles étaient
en forme de drapeau, de flamme, d’où leur nom. D’autres,
à but touristique, ont été demandées par les
villes et communes. Les plus touchées par le syndrome* de Compostelle
ont multiplié les coquilles sur les flammes afin de pouvoir se
situer sur un chemin historique, fut-il secondaire ou même bretelle.
A ne pas confondre avec les blasons* communaux.
Flèches jaunes
Dès le printemps 1982, le chanoine Navarro, prieur de Roncevaux*
avait marqué de jaune les pierres du chemin venant de Saint-Jean-Pied-de-Port*.
L’année suivante, Don Elías Valiña, (1929-1989),
abbé du Cebreiro* de 1956 jusqu'à sa mort, entreprit la
signalisation systématique du chemin avec des flèches de
couleur jaune entre la France et Santiago. Dans La Voz de Galicia du 21
avril 2004, son neveu raconte : “ Nous avions choisi le jaune parce
qu'il était très visible et parce qu’on nous en faisait
cadeau dans les chantiers sur les routes ”. Les flèches jaunes
sont les seules balises* présentes sur tous les chemins de Compostelle.
Foi
Tous les marcheurs qui prennent le chemin de Compostelle ne font pas une
démarche de foi. Beaucoup d’ailleurs réfutent le terme
simplificateur de pèlerin par lequel ils sont vite désignés
et qui les rattache à une pratique religieuse qu’ils rejettent.
Athées ou non, tous sont tentés par la visite des sites
religieux qui s’offrent à eux, tel celui-ci qui déclare
“ je n’entre jamais dans une église, mais sur le chemin
de Compostelle je n’en ai pas raté une ”. La plupart
des témoignages convergent : ceux qui sont allés à
Compostelle reviennent avec une certaine foi en des valeurs de tolérance,
et de fraternité, une foi en l’homme qu’ils ont expérimentée
dans les rencontres* d’un chemin dont une athée a écrit
qu’il “ transpire la paix, la sérénité
et l'amour du prochain.... ”. Une foi dont ils ont peut-être
éprouvé la réalité ou qu’ils ont pressentie
dans l’émotion du “ baiser de paix ” de la Messe
des pèlerins à la cathédrale de Compostelle, à
laquelle presque tous assistent. “ On sentait l'émotion,
la vérité, l'échange réel et profond ”
écrit une pèlerine. Consciemment ou non tous ceux qui marchent
sur le chemin de Saint-Jacques poursuivent une quête* qu’ils
ne savent pas définir. Approfondissement personnel, recherche de
sens à l’existence, envie de vivre une expérience
humaine enrichissante, souci d’authenticité*, de libération
des contraintes de la société de consommation … préalables
à l’accueil de la foi si elle s’offre à eux,
en chemin ou après, ou occasions d’approfondir sa relation
à Dieu*.
Folklore
L’augmentation du nombre de marcheurs et de curieux sur le chemin
a inévitablement entraîné des activités ou
des comportements folkloriques, à l’image de ceux qui ont
toujours accompagné les grands.rassemblements
Foncebadon
(Croix de Fer) Contrairement à une idée répandue,
la Croix de Fer de Foncebadon n’est pas plantée sur un tas de pierres
apportées par les pèlerins.
«Dans son sac, ce professeur de lettres américain a apporté
une petite pierre de chez lui, marquée de son prénom et de celui de sa
femme, pour la déposer au pied de la Cruz de Ferro. A quelques kilomètres
de Rabanal, sur les montagnes du Bierzo, cette croix de fer plantée au
bout d’un long mât de bois, à 1504 m. d’altitude, est l’un des symboles
les plus simples et les plus anciens de Compostelle. En jetant à ses pieds
un caillou, les pèlerins marquent leur chemin et poursuivent une tradition
antérieure à la romanisation. Une fois ce rituel accompli, il redescendent
vers Pontferrada (Le Point n° 1347, juillet 1998, p. 68,
col. 3).»
Trop souvent, une lecture rapide d'une information de ce
genre occulte la dernière proposition et laisse penser qu'il s'agit
là d'une tradition pèlerine. Pourquoi ces raccourcis inutiles,
alors que plusieurs ouvrages, même récents, racontent : Au haut du col
de Foncebadon existait, bien avant les pèlerinages à Compostelle, un monticule
de pierre dédié à Mercure, le dieu romain des voyageurs. L’endroit fut
christianisé, dit-on, au XIe siècle par l’abbé du monastère de Foncebadon
qui y planta une croix de fer, la Cruz de Ferro. Pourquoi une croix de
Fer ? Sans doute parce que la route mène à Pontferrada, la ville du fer
qui, au temps des Romains, exploitait aussi un gisement d’or. Longtemps,
les moissonneurs galiciens qui allaient louer leurs bras pour moissonner
en Castille, jetaient eux aussi, une pierre au pied de cette croix. La
tradition s’est ensuite perdue, jusqu’à ce que, vers 1948, le médecin
de Foncebadon pense à relever cette croix que l’abbé Branthomme a vue
lors de son premier pèlerinage d’après-guerre. Que les pèlerins modernes
aient repris à leur compte ce geste des anciens voyageurs n’autorise pas
à occulter les traditions plus anciennes.
En 1949 lorsque l’abbé Branthomme y est passé,
cette coutume existait mais c’était les paysans galiciens
allant faire les moissons en Castille qui apportaient une pierre.
Fondation David Parou Saint-Jacques
Connue aussi sous le nom de Fondation Européenne pour la Recherche
sur les Pèlerinages (FERPEL), cette association de chercheurs professionnels
et indépendants a été créée en 2002.
Elle poursuit des actions de recherche et valorisation de la recherche
sur saint Jacques, Compostelle et les pèlerinages. Elle s’intéresse
en particulier aux vestiges des cultes à saint Jacques et au patrimoine
qu’ils nous ont légué. Le nom de David Parou lui a
été donné en hommage à un jeune pèlerin
tragiquement disparu. Au sein de l’association* de la région
Centre dont il faisait partie, il avait aidé la recherche et la
sauvegarde du patrimoine pour contribuer au développement du pèlerinage
et à la mise en valeur culturelle et touristique de la Région. 
Fontaine Saint-Jacques
Les fontaines sont parfois sous l’invocation de saint Jacques. Est-ce
en fonction de son pouvoir de protecteur* des eaux ? A Compostelle, le
Guide* du pèlerin décrit la fontaine Saint-Jacques, semblable
à la Fontaine du Paradis, “ fontaine admirable qui n’a
pas son pareil dans le monde entier ”. A Padron* et à Saint-Marcel*
en Savoie, saint Jacques en a fait surgir une en frappant le sol de son
bâton. En France, quelques-unes ont gardé leur vocable, à
Autruy-sur-Juine (Loiret), à Blois* (Loir-et-Cher), à Fontaine-les-Ribouts
(Eure-et-Loir), à Amiens* ; elles sont nombreuses en Bretagne :
Trémeven, Plouberzé, Languidic, Ergué-Gabéric.
Lors des processions, ces fontaines sont souvent le but ou une étape.
Celle de Saint-Yaguen (Landes) est au cœur du culte. Souvent, elles
sont des sources alimentant des ruisseaux auxquels elles donnent parfois
leur nom, ainsi à Evron (Mayenne), à la Chapelle d'Angillon*,
à Névache*. Certaines sont pratiquement oubliées,
ainsi celle de Ménetou-Salon (Cher). Les eaux protégées
par saint Jacques semblent avoir souvent des vertus guérisseuses.
C’est ainsi que l’on constate que plusieurs parmi les plus
anciennes des confréries Saint-Jacques siègent dans des
lieux connus pour la valeur de leurs eaux thermales. Par exemple, en 1370
viennent à Saint-Christaud (Haute-Garonne) des gens malades ou
“ affligés d’une infirmité ” demander
leur inscription pour essayer d’obtenir l’aide de saint Jacques.
La fontaine de l’Hospitalet* et celle d’Ille-sur-Têt
(Pyrénées-Orientales), bien oubliées aujourd’hui,
avaient des vertus thérapeutiques qui attiraient les pèlerins.
A l’inverse, la fontaine de Plougastel-Daoulas* est peut-être
entrain de devenir fontaine Saint-Jacques, par la vertu du syndrome* de
Compostelle.
- La légende de la fontaine du renégat
En Espagne, le prêtre desservant du Cebreiro* racontait une légende
située avant Puente-la-Reina, entre Zariquiegui et Urtega, au haut
d’une montée où se trouve la “ fontaine du renégat
” : un pèlerin arrive un jour au sommet, mourant de soif.
Un voyageur (le diable) qui se trouvait là lui propose de lui montrer
une source à condition qu’il renie Dieu, la Vierge et saint
Jacques. Le pèlerin refuse. Presque mourant, il est sauvé
par un pèlerin qui survient (saint Jacques) et qui le mène
à la fontaine cachée et lui donne à boire dans une
coquille.
Fontana (Bartolomeo)
Citoyen de la République de Venise, son père était
marchand. Le 19 février 1539 il décide d'aller à
Saint-Jacques-de-Compostelle, il y arrive le 18 septembre. En 1550, il
publie le compte-rendu de son voyage, rédigé à partir
de ses notes journalières. Il le commence ainsi : “ Désireux
de voir les nombreuses vénérations et les innombrables reliques
laissées par nos croyants, désireux aussi de voir les différentes
parties du monde, je décidai l'année 1538 d'aller dans cette
Galice si renommée. Je mis donc mon manteau et mon chapeau, je
pris mon bourdon et c'est ainsi que je devins pèlerin. Le 19 février
de la même année, premier jour de carême, je pénétrai
sur la très longue route du bienheureux saint Jacques ”.
En une soixantaine d'étapes, il a passé environ deux mois
en France, du 29 avril à Mulhouse au 24 juin à Perpignan,
d'où il partit le lendemain matin pour se diriger vers le col du
Perthus. Il est l'un des rares pèlerins à être passé
par Aubrac* au retour. Son souvenir épouvanté prouve que
les légendes sur la difficulté du passage n'étaient
pas surfaites. 
France-Espagne
Plusieurs organismes portant ce nom se sont préoccupés de
développer les relations culturelles entre les deux pays. En 1934,
des intellectuels français créent une association France-Espagne,
sous le haut patronage de M. Edouard Herriot et de M. l’ambassadeur
d’Espagne. Elle a pour but, selon ses statuts, “ le développement
des relations intellectuelles, artistiques et économiques entre
la France et la République espagnole ainsi que l’étude,
dans un esprit de concorde et d’amitié, de toutes les questions
pouvant intéresser réciproquement les deux nations ”.
Sa première action est l’organisation d’un voyage en
Galice, relaté dans un rapport du consulat de France à la
Corogne conservé dans les archives du Ministère des Affaires
étrangères : “ Des intellectuels français en
Galice … excursion présidée par le sénateur
ex-ministre Mario Roustan et Jean Camp, agrégé d’université,
composée d’une quarantaine d’excursionnistes distingués
[ils ont reçu] un accueil des plus chaleureux. Ils venaient en
dernier lieu de Santiago de Compostelle ”. En 1938, avec des objectifs
semblables, mais dans un contexte politique différent, l’association
est devenue le comité France-Espagne présidé par
Charles Pichon*.
Franc-Maçonnerie
Issue de traditions qui pourraient remonter au delà de la construction
du Temple de Salomon, la Franc-Maçonnerie opérative, en
tant que groupement de métiers, a été liée
au gigantesque mouvement de construction des édifices religieux
médiévaux, dont bien sûr les sanctuaires que visitent
les pèlerins de Compostelle. Ces compagnons bâtisseurs ont-ils
transmis dans leurs œuvres des signes que seuls quelques-uns d'entre
eux peuvent aujourd'hui encore comprendre ? Certains pensent que oui.
En témoignerait, sur de nombreuses églises, la présence
du “ Chrisme* ” ou, comme à Estella et Compostelle,
celle de “ la pierre cubique ” compagnonnique qui seraient
autant de marques probatoires du chemin parcouru. La Franc-Maçonnerie
spéculative qu'on connaît aujourd'hui,ée au 18ème
siècle de la scission de loges opératives, garde la tradition
de l'errance sacrée qui portera le maçon de la redécouverte
des principes naturels à la connaissance de soi jusqu'à
celle des plus hautes valeurs spirituelles. De là à passer
du voyage symbolique au voyage réel il n'y a qu'un pas que quelques
Francs-Maçons n'hésitent pas à franchir. Cependant
la Franc-Maçonnerie en tant que telle n’a pas de relation
particulière avec Compostelle. Le “ cheminement ” qui
deviendra pèlerinage est affaire personnelle pour le maçon
comme pour tout individu. On peut cependant noter l’existence d’une
association dont l’objectif est “ d’étudier et
faire connaître l'apport des sociétés initiatiques
traditionnelles (Franc-Maçonnerie, Compagnonnage*…) à
l'histoire et à l'actualité des chemins de la tradition
pèlerine (Jérusalem, Rome, Compostelle).
Franco (général)
Francisco Franco y Bahamonde, général espagnol (1892-1975)
né en Galice. Chef des forces nationalistes qu’il dirigea
pendant la guerre civile (1936-1939) avant de devenir chef de l'Etat espagnol
à partir de mars 1939. Mort en novembre 1975. Son origine galicienne,
le prédisposait à manifester son attachement au culte de
saint Jacques. Il a favorisé la recherche sur Compostelle en facilitant
l’accès aux archives de la cathédrale et en créant
un prix qui a couronné en 1945 les travaux de trois chercheurs
espagnols L. Vasquez de Parga, J.M. Lacarra et J. Uri. Une peinture murale
allégorique “ Franco et la croisade ” le représente
en chevalier, sous le saint Matamore* chevauchant son destrier blanc.
Due à Reque Meruvia, elle est encore visible aux Archives Générales
Militaires à Madrid.
François d’Assise
Contrairement à ce qui est écrit couramment, saint François
d’Assise (~1182-1226) n’a pas été pèlerin
de Compostelle. Ses deux premiers biographes, Thomas de Celano et saint
Bonaventure, ses contemporains, n’en parlent pas et aucun historien
spécialisé dans les études franciscaines ne parle
d’autre chose que de légende. Mais cette légende naît
dès avant la fin du XIIIe siècle, ce qui prouve à
quel point le pèlerinage à Compostelle était connu
et capable de renforcer la notoriété du saint. On la trouve
dans les Fioretti, (en français Les petites fleurs de saint François),
où il est expliqué que saint François reçut
là, de Dieu, la révélation de fonder des couvents
partout dans le monde. Elle est reprise en 1370 par Arnaud de Sarant,
Ministre Provincial des frères mineurs d’Aquitaine, dans
sa Chronique des vingt-quatre Généraux où il rassemble
“ tout ce qu'il a pu trouver au sujet de saint François ”.
Il y ajoute la fondation qu’il aurait faite des couvents de Burgos
et Logrono. A Compostelle, sans doute lors de la création du premier
couvent franciscain, la légende s'est embellie d'un épisode
local : François demande au pauvre charbonnier Cotolay de construire
ce couvent. Il loue le terrain contre une corbeille de poissons payable
chaque année au couvent bénédictin et Cotolay trouve
l'argent nécessaire près d'une fontaine. Comme souvent,
l'histoire vraie se bâtit sur la foi d'une légende car, encore
au XVIIIe siècle, le couvent des Franciscains apportait encore
la corbeille ! La légende chemine : en Espagne, à Viana,
sur l’Ebre fut même construite une église Saint-François
en souvenir, dit-on, de son passage. Il existe une fontaine Saint-François-d’Assise
à Rocaforte, village proche de Sangüesa, sur le camino aragonese
Fraternité
Sur le chemin de Compostelle l’anonymat favorise les échanges
entre les pèlerins et l’expérience de relations fraternelles
qui malheureusement ne subsistent pas toujours dans les relations après
le pèlerinage.
Frères hospitaliers
Voir donnés, donats
Fulcanelli
Le mystère plane sur l’identité du maître de
l’alchimie* moderne, qui se cache sous ce pseudonyme (1841-1923).
On n’a de lui aucun portrait ou photographie. On lui prête
même l’immortalité : un de ses élèves
l’aurait rencontré en 1954. Dans les Demeures philosophales,
à propos du symbolisme des sculptures de la maison dite de l’Homme
des bois à Thiers, il écrit: “ saint Jacques ne quitte
point le livre ouvert de l’Apocalypse* ; avec la calebasse*, le
bourdon* bénit et la coquille* il possède les attributs
nécessaires à l’enseignement caché du grand
œuvre. C’est là le premier secret*, celui que les philosophes
ne révèlent point et réservent sous l’appellation
énigmatique de chemin de Saint-Jacques. Ce pèlerinage, tous
les alchimistes sont obligés de l’entreprendre. Au figuré
au moins, car c’est là un voyage symbolique et celui qui
désire en tirer profit ne peut, fut-ce un seul instant, quitter
le laboratoire. Compostelle, cité énigmatique, n’est
point située en terre espagnole mais dans la terre même du
sujet philosophique ”
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