| Gaillac
(Tarn, ar. Albi)
A Gaillac, ville où commençait la navigation sur le Tarn,
une association fait revivre une tradition ancienne d'une fête le
25 juillet qui semble héritée d’un culte à
saint Jacques patron* des mariniers et des marchands.
Galice
Région la plus à l’ouest de l’Espagne, autonome
depuis 1981, avec pour capitale Saint-Jacques-de-Compostelle*. Elle compte
quatre provinces : A Coruña, Lugo, Ourense, Pontevedra. La Xunta
de Galicia est le gouvernement régional. Le galicien, langue proche
du portugais, est langue officielle au même titre que l'espagnol.
La fête régionale, Dia de Galicia, est célébrée
chaque 25 juillet, fête de saint Jacques. La côte atlantique,
très accidentée, est découpée par les rias,
bras de mer rentrant profondément dans les terres, dont la ria
d'Arousa qui, selon la légende, a vu arriver la barque qui transportait
le corps de l'apôtre jusqu'à l'ancienne Iria Flavia*. Fortement
marquée par son caractère maritime, la Galice, qui présente
des ressemblances avec la Bretagne française, revendique un rapprochement
sentimental, culturel et artistique avec les peuples d'origine celte.
Le relief galicien est très montagneux comme peuvent le constater
les pèlerins qui, empruntant le Camino francés, entrent
en Galice par la célèbre montée d'O Cebreiro*. Protégée
par cette barrière montagneuse, la Galice est restée à
l’abri de l’invasion sarrasine et a pu servir de base pour
la Reconquista*. Après avoir été province romaine
(Gallaecia) et royaume suève, la Galice fut soumise au royaume
des Asturies au VIIIe siècle. Par courtes périodes, elle
a eu son propre roi, soit comme conséquence d'un partage d'héritage
soit pour des raisons de conquête : Fruela (866), Sancho Ordóñez
(925), Garcia (1065). Sous le royaume d'Alphonse VI*, frère de
ce dernier, elle s'intégra définitivement à la monarchie
de Castille-Léon en 1072. Avec l'indépendance du Portugal
au XIIe siècle, la Galice, dont le territoire s'étendait
à la partie nord de l'actuel Portugal, trouva ses frontières
naturelles d'aujourd'hui avec, au sud, le fleuve Miño. La gastronomie
galicienne est fondamentalement constituée des produits de la mer.
Les coquilles* Saint-Jacques (vieira en galicien, appellation qui ne fait
curieusement aucune référence à l'apôtre) sont
très abondantes et à la base de nombreux plats. La tarte
de Santiago est une pâtisserie traditionnelle avec de la pâte
d'amande qui a pris son nom actuel quand, en 1924, un célèbre
pâtissier compostellan décida de la décorer avec la
croix de saint Jacques. (Carlos Montenegro)
Gand
En 1985 a eu lieu une exposition intitulée Santiago de Compostela,
1000 ans de pèlerinage européen. Il en a été
édité un gros catalogue présentant 630 longues notices
des objets exposés, précédés de seize articles
de fond, rédigés par des scientifiques européens.
Quelques uns de ces articles ont fait faire un grand pas à la recherche
en ouvrant des perspectives nouvelles fort intéressantes.
Gascogne
Ancienne Vasconie, partie de l’Aquitaine* convoitée par les
rois de Castille comprenant les pays des Landes, Chalosse, Condomois,
Armagnac, Labourd, Bigorre, Comminges et Couserans, autrement dit les
départements du Gers, Landes, Hautes-Pyrénées, et
parties de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne. Pendant
l’épiscopat de Diego Gelmirez*, l’église de
Compostelle y eut des possessions qu'elle céda ensuite à
l'Ordre de Santiago puis à un Ordre* Saint-Jacques local qui disparut
au XIIIe siècle. En 1177, la Gascogne fut apportée en dot
par Aliénor d’Angleterre à son époux Alphonse
VIII*, roi de Castille.
Gayet
Synonyme de jais*
Geiler de Kaisersberg (Jean)
Prêtre strasbourgeois du XVe siècle qui a dénoncé
avec force les mœurs de certains clercs indignes de l’Eglise.
Préconisant une réforme morale, sans remettre en cause l’institution,
il est considéré comme ayant appartenu, comme Jean Gerson
à la “ réforme catholique ”. Prédicateur
renommé, il a en particulier écrit plusieurs sermons dans
lesquels il s’inspire de la vie du pèlerin comme guide spirituel.
Geilon
Au XVIIe siècle, un chroniqueur de Langres raconte que l’évêque
Geilon a rapporté de Compostelle le bras de saint Jacques conservé
dans la cathédrale. Amalgame hâtif si l’on se réfère
aux actes : Geilon a été nommé évêque
de Langres en 880 et le bras de saint Jacques est attesté en 814
par un document signé de l’empereur Louis le Pieux mentionnant
“ saint Jacques, apôtre et frère du Seigneur dont le
bras est conservé dans cette église ”. D’autre
part, le voyage à Compostelle est rapporté seulement en
1124 par le moine Théodore de Bèze : “ Avec l'aide
de Dieu, il [Geilon] suivit une route si heureuse qu'elle le conduisit
jusqu'à la demeure de l'apôtre Jacques, illustre dans le
monde entier et située presque au bout de la terre, sur les bords
de l'Océan. Ensuite, ayant accompli ses voeux, en revenant plein
de joie, le saint pontife parvint en Aquitaine ”. Mais aucun rapprochement
n’est fait avec la relique* de la cathédrale. Aucun document
contemporain de Geilon ne permettant d’affirmer un tel pèlerinage,
il semble plutôt que cette adjonction à un voyage effectif
aquitain ait été suggérée au bon moine par
la lecture de la Chronique* de Turpin récemment écrite.
Elle témoigne du rayonnement de Compostelle acquis par les actions
de Calixte II* et de Diego Gelmirez*. 
Géographie
Les chemins de Compostelle, chargés ou non d'histoire*, sont avant
tout dictés par la géographie. La carte des reliefs de la
France et de l'Espagne permet de caractériser les différents
chemins et d'en comprendre les tracés et les spécificités.
Le chemin de Paris* est un chemin de plaine ; un peu plus accidenté,
celui de Vézelay* évite le Massif Central, alors que le
chemin du Puy le traverse de part en part, quand celui d'Arles* l'effleure
juste par les Cévennes. Le chemin du Puy* est intégralement
un GR* (chemin de grande randonnée). Le chemin d'Arles l'est partiellement
comme celui de Vézelay. Pour tout marcheur ayant décidé
de parcourir intégralement le chemin à pied, les villes
(et notamment la traversée des zones périurbaines) sont
un réel problème : la carte des agglomérations parle
d'elle-même et l'on comprend que les pèlerins actuels s'agglutinent
sur le chemin du Puy dont la plus grosse ville est Le Puy, 24 000 habitants
! En Espagne, le Camino francés est un chemin d’altitude
moyenne élevée, tandis que le chemin primitif, pour côtier
qu'il soit, évite les hauts reliefs mais n'en est pas moins extrêmement
accidenté. L’un est l’autre traversent des agglomérations
importantes. Les chemins anciens sont devenus des voies commerciales,
des routes et des autoroutes, le chemin actuel longe les routes sous forme
d'une piste plus ou moins aménagée pour les piétons.
Seule la Navarre (versant espagnol des Pyrénées) et la Galice
(région de Santiago) présentent des chemins "naturels",
dans la lignée des chemins de randonnée français.
(D’après Madeleine Griselin)
Georges Podiebrad
Voir Podiebrad
Gestuelle des pèlerins
- Au Porche de la Gloire
Sur le meneau* de l'arc central, placer les doigts de la main droite dans
les cinq cavités creusées par les doigts des pèlerins
des siècles précédents. Cinq grâces seront
attribuées à celui qui prononce en silence cinq Pater sans
retirer sa main (à déconseiller les jours d’affluence).
Au pied de cet arbre de Jessé*, deux monstres dans la gueule ouverte
desquels les pèlerins d’hier déposaient des dons qui
débouchaient dans la crypte (aujourd’hui elles servent parfois
de poubelles).
- En entrant dans la cathédrale
Derrière ce meneau, face au maître-autel, un orant (Santo
dos Croques, le saint des bosses) qui serait l’autoportrait du maître-d'œuvre
Mathieu (auteur du Porche* de la Gloire). Les pèlerins posent trois
fois leur front sur sa tête, afin de recevoir une étincelle
du génie du présumé maître et conserver une
bonne mémoire jusqu'à la fin de leurs jours. Ils reprennent
une tradition de la ville qui veut que, à la veille des examens,
les étudiants de l’université, aillent procéder
à ce rite afin d’augmenter leurs capacités intellectuelles.
Lors des années* saintes, il convient d’entrer par la Porte
Sainte. Les plus croyants posent leurs lèvres sur les jambes de
cette porte au moment de la franchir. .
- Au tombeau
Voir “ tombeau ”
- Le baiser à l’apôtre
Après avoir gravi les marches qui mènent au buste de saint
Jacques placé sur le maître-autel (il daterait de 1211),
le pèlerin donne un baiser à l'Apôtre qui lui tourne
le dos, puis passe ses mains autour du cou de cette statue en prononçant
à haute voix : “ Ami, recommande-moi à Dieu ”.
Depuis 1704, la statue portait sur les épaules une courte cape
en argent, offerte par l’archevêque Antonio Monroy, imitant
celle que les pèlerins portaient pour se protéger des intempéries.
Cette cape a subi de nombreuses détériorations dues au nombre
incalculable d’accolades et aux tentatives d’arrachage des
pierres précieuses qui y sont incrustées. Selon La Voz de
Galicia du 22 novembre 2003, le chapitre de la cathédrale, en prévision
de l’affluence attendue pour l’Année Sainte 2004, a
retiré cette cape, remplacée par une réplique. L’original
restauré est exposé au Musée de la Cathédrale.
- Gestuelle moderne : écrire un papier à la Corticela
Au début du XXe siècle, dans la petite église romane
de La Corticela, annexe de la cathédrale, une habitude propre aux
habitants de Saint-Jacques-de-Compostelle est passée dans les mœurs
: on inscrit sur un bout de papier ce que l'on souhaite obtenir du Seigneur,
puis on laisse sa demande écrite entre les mains de l'image de
Jésus au Jardin des Oliviers (XVIe siècle). En 1999, 57,3%
des demandes visaient la réussite des examens, 10,8% concernaient
la famille, 7,9% avaient rapport à la vie amoureuse et 5,8% concernaient
la santé. Depuis les années 1990, les pèlerins sont
de plus en plus nombreux à vénérer cette image christique.
- Gestuelle transformée : brûler ses vêtements
Autrefois, les pèlerins les plus pauvres recevaient des vêtements
neufs avant de reprendre la route. Les vieux habits étaient laissés
sur la “ Croix des Guenilles ”. (Cruz dos Farrapos) située
sur le toit de la cathédrale. Ces guenilles étaient ensuite
brûlées. Si la croix existe encore, les pèlerins n’y
ont plus accès et tous, riches ou pauvres, brûlent symboliquement
une partie de leur équipement à Finisterre*.
- Gestuelles oubliées
- Le couronnement des pèlerins (coronatio peregrinorum)
Jusqu’au XVIe siècle, une couronne d'argent était
suspendue à une chaîne au-dessus de la tête de saint
Jacques. Avant la traditionnelle accolade, le pèlerin enlevait
son chapeau et le posait sur la tête de l'Apôtre. Après
l'avoir embrassé, il ceignait ladite couronne, puis au moment de
partir remettait son chapeau qui avait été en contact avec
l'image de saint Jacques. Ce chapeau devenait ainsi une sorte d'objet
fétiche pour le pèlerin qui le conservait comme une véritable
relique. Ce rituel est en relation avec cette promesse de saint Jacques
à Charlemagne rapportés dans la Chronique* du Turpin : “
A cause de tes travaux, je demanderai pour toi au Seigneur une couronne
céleste et ton nom sera honoré jusqu’à la fin
des temps ”. On retrouve à Montebourg* une coutume de même
inspiration.
- Demander un enfant
Au XVIe siècle, les couples qui désiraient avoir un enfant
priaient au pied d’une statue de la vierge Marie enceinte placée
derrière le chœur. Elle fut déplacée en 1945
et les guides n’en parlent plus.
- Toucher le bourdon de l’apôtre
Sur le pilier situé en face de l’Epître est encore
une colonne creuse, en bronze, du XIIe siècle, surmontée
d’une statuette de saint Jacques. La tradition veut qu’on
y conserve les bourdons de saint Jacques et de saint François de
Sienne, pèlerin du XIIIe siècle qui recouvrit la vue dans
la cathédrale. Toucher la pointe qui dépasse adoucit les
souffrances physiques et morales. (D’après Pablo Nogueira) 
Gilles (saint)
Voir Saint-Gilles
Gîtes
Lieux d’accueil des touristes et marcheurs sur les chemins de randonnée.
La plupart sont publics, soit en gestion directe par la municipalité
qui a pris l’initiative de leur construction soit gérés
par une association* ou un gérant sous contrat. La caractéristique
de ces gîtes par rapport à des hébergements plus traditionnels
est de fournir des services adaptés aux besoins de marcheurs au
long cours. La forte fréquentation des chemins de Compostelle a
conduit à l’établissement de nombreux gîtes
privés dont les prestations sont variables. Beaucoup sont tenus
par d’anciens pèlerins qui proposent un “ accueil pèlerin
”. Ils font parfois appel à des hospitaliers* bénévoles.
Godescalc (ou Gotheskalk)
Evêque du Puy, premier personnage célèbre dont le
voyage à Compostelle soit attesté par un manuscrit du Xe
siècle. Contrairement à une idée répandue,
la ville du Puy n'en a pas conservé la mémoire au cours
des siècles. La connaissance de ce pèlerinage est restée
confinée à des cercles réduits : le cardinal Baronius*
et un érudit du XVIIe siècle puis Léopold Delisle*
en 1866. Il est probable qu'on doit sa popularité à Mgr.
Martin* à partir de 1940. 
Goigs
Nom catalan désignant des cantiques de pèlerins, mais pas
uniquement de pèlerins de Compostelle. L’un de ces goigs
a été composé spécialement pour la chapelle
Saint-Jacques de Calahons*. Le texte actuel, imprimé à la
fin du XIXe siècle semble dater du siècle précédent.
Un couplet y détaille l’histoire officielle de saint Jacques
le Majeur d’après l’Evangile et d’après
la légende compostellane : “ O Galice fortunée ! O
sépulcre bienvenu / Des reliques sacrées / De cet apôtre
glorieux ! Combien heureuse est Compostelle / D’avoir si riche trésor
! La-bas vont en foule / Les groupes de pèlerins ; / Pour les visiter
ils parcourent / De longs et difficiles chemins. / En toute langue on
chante / De ce si grand saint les louanges ”. Le dernier couplet
rappelle que saint Jacques a permis que quarante hommes de Catllar, soldats
de la guerre de 1870 aient échappé à la mort*.
Gomboust (Marc)
En 1484, Marc Gomboust, notaire à Villepreux, (Yvelines) confiait
simplement son départ à ses registres : “ L’an
1484, le lundy 17e jour de Mai à mon partement du voyage de monseigneur
saint Jacques et ce pendant que je serai audit voyage jusqu’à
mon retour, j’ai commis mon substitut, maître Michel Lascande,
tant au tabellionnage qu’au greffe ”.
Goudron
Les puristes de la marche* bucolique l'évitent à tout prix
et les portions goudronnées sont limitées à 30 %
pour qu'un itinéraire ait droit au label GR*. Mais pour le marcheur
au long cours les petites routes offrent souvent des distances plus courtes.
Contrairement à une idée répandue, le goudron n'échauffe
pas les pieds correctement chaussés et entretenus. Il est en outre
beaucoup plus sûr que les sentiers caillouteux pour les chevilles
et les genoux. Il permet de lever le nez et de regarder autre chose que
les balises. D’autre part, il mène vers les villages et vers
les hommes du pays. Il favorise les rencontres avec les habitants* et
pousse le pèlerin à quitter ses semblables pour aller à
la découverte des autres.
Gourde
Elle est un accessoire utile au pèlerin comme à tous les
voyageurs. A l’origine, elle est une calebasse*. Au XVIIe siècle,
un auteur, Retz, parle même des “ calebasses de Saint-Jacques
”. Au fil des siècles, la dénomination “ gourde*
” l’a emporté pour désigner des récipients
dotés de formes dérivées de ce modèle, en
faïence, bois, métal, plastique, etc. Les simples bouteilles
de plastique sont souvent plus pratiques, car plus légères
et plus hygiéniques. Aujourd’hui, se répand la mode
des pipettes, à la manière des coureurs cyclistes : une
façon de se prendre pour un grand sportif ? Quel pèlerin
n’a pas le temps de s’arrêter pour boire, à moins
qu’il ne soit lancé dans une course à la première
place au gîte*?
GR
Marques déposées par la FFRP* pour désigner les sentiers
de randonnée, parcourant une région plus ou moins vaste
(abréviations de Grande Randonnée). La FFRP a la propriété
intellectuelle de leurs tracés. Elle en assure la définition,
le balisage et l’entretien. Ces chemins répondent à
des critères précis qui en font des itinéraires de
découverte de régions touristiques et de beautés
naturelles plus que des voies de cheminement pour de longs déplacements
à pied ; leurs tracés rallongent généralement
les trajets par rapport aux itinéraires empruntant des voies secondaires
goudronnées. Régulièrement entretenus, ils offrent
théoriquement la possibilité de cheminer de façon
sûre dans des endroits bucoliques, néanmoins souvent déserts.
Les principaux GR relatifs à Compostelle sont le GR65 “ le
Saint-Jacques ”* au départ du Puy*, prolongé au départ
de Genève (650), le GR 653 au départ d’Arles, dont
la prolongation vers l’Italie (Mont Genèvre et Vintimille
sera homologuée en 2006)) le GR654 de Namur à Vézelay
et dans le Gers. Les Gr les plus récents doivent beaucoup à
l’action des associations* de pèlerins. Beaucoup de leurs
membres sont d’ailleurs membres des comités locaux de la
FFRP (et réciproquement). A ce jour, aucun PR n’a été
consacré à la découverte du patrimoine jacquaire
d’une région.
Graal
Au XIIe siècle, Robert de Boron raconte, dans son Joseph d’Arimathie,
qu'au moment de la Descente de Croix, Joseph a lavé le Christ et
recueilli son sang dans un calice appelé Graal. Celui-ci a pour
particularité de demeurer invisible aux méchants. Le pur
chevalier Perceval l’a trouvé au bout d’une quête
qui a duré cinq ans. D'autres chevaliers l'ont cherché toute
leur vie. Certains pensent qu'il se trouve sur le chemin de Compostelle,
au col du Cebreiro* ou quelque part en Galice* dont il aurait inspiré
les Armes. 
Grâce
La cathédrale de Compostelle s’oppose à la tendance
actuelle visant à privilégier le chemin : pour elle, seules
sont prises en compte les démarches pieuses accomplies au sanctuaire.
L’évêque rappelle que le pèlerinage n’est
pas valable seulement pour les pèlerins ayant marché, la
marche n’étant pas une raison suffisante pour bénéficier
de la grâce (ce terme étant utilisé intentionnellement
à la place d’indulgence*). « Pour recevoir la Compostela*
il faut, en principe, faire le pèlerinage depuis la porte de sa
maison jusqu'à la tombe de l’apôtre Saint Jacques.
Les distances à parcourir étant très différentes
d'après le lieu de départ, il a été convenu
que le pèlerinage peut-être écourté jusqu'à
un strict minimum de 100 km à pied ou à cheval ou de 200
km à vélo… Il faut savoir que la grâce n'est
pas liée à la Compostela. On peut aussi obtenir cette grâce
en se rendant à Compostelle par n'importe quel moyen, sans y aller
à pied. D'autre part on peut obtenir la Compostela sans recevoir
la grâce. Pour gagner la grâce il faut visiter la tombe de
l’apôtre dans la cathédrale et y prier (en assistant
à la messe). Il faut aussi se confesser dans la cathédrale
ou ailleurs dans un délai de quinze jours avant ou après
la visite à la tombe de l'apôtre, et dans l'intention d'obtenir
la grâce. Enfin, il faut communier, de préférence
dans la cathédrale. On peut implorer la grâce pour la rémission
de son propre péché ou pour ceux des défunts. Les
malades qui ne sont plus capables de se déplacer peuvent obtenir
la grâce sans se rendre à Compostelle et y accomplir les
rites prévus. Des conditions spéciales ont été
prévues pour eux »
Grande Chanson
Chant de pèlerins français dont on connaît plusieurs
variantes. Le thème en est la vie des pèlerins, partant
généralement en groupes. Sentiments, faits et gestes, description
de l’itinéraire, y sont mêlés d’une façon
à la fois simple et émouvante avec des invocations pieuses,
des avertissements et des conseils. Elles expriment puissamment l’état
d’esprit de ces hommes (peu de femmes semble-t-il dans ces groupes
“ nous quittâmes nos enfants nos épouses ”) qui
partaient “ en grand désir ” de voir saint Jacques.
L’une d’elles, la plus ancienne, concerne un groupe parti
d’Aurillac* ; pour les autres “ Quand nous partîmes
de France … ” est la seule indication du lieu de départ.
La plupart donnent un itinéraire allant au plus droit, dans les
régions les moins difficiles à franchir : Poitiers*, Saintonge*,
Bordeaux* et les Landes puis Bayonne*, Biarritz ou Irun. En Espagne, les
itinéraires, un peu sinueux, passent par le tunnel Saint-Adrien*
et empruntent à la fois au Camino* frances : Santo Domingo de la
Calzada, Burgos, le Cebreiro* ou aux vieux chemins de la côte Cantabrique
et Oviedo*. Cette Grande Chanson, diffusée par l’imprimerie
à partir du XVIIIe siècle, sous forme de livrets peu coûteux,
reprend des mélodies anciennes qui versifiaient les itinéraires
pour faciliter leur mémorisation. Elle fut utilisée par
les pèlerins qui, après les Guerres de religion, se firent
si nombreux sur les routes de Compostelle ; ils s’en servaient pour
gagner leur vie en la chantant dans les villes, sur une musique ressemblant
à des psalmodies aux accents médiévaux.
Gratitude
Rendu plus sensible à tout ce qu’il reçoit, tant de
ses semblables le long du chemin que des merveilles de la nature dans
lesquelles il est plongé, le pèlerin* acquiert au fil des
jours des sentiments de bien-être et de gratitude. La plupart des
pèlerins en vivent longtemps après leur retour.
Grenouille
“ J’ai vu une grenouille ”. Derrière sa banalité,
cette observation d’un pèlerin rapportée à
un hospitalier* à son arrivée au gîte est profondément
éclairante. Plongé à longueur de journée dans
la nature, souffrant parfois de solitude*, le pèlerin, souvent
un citadin, devient attentif à ce qui vit autour de lui et en lui.
Gué
Rares sont aujourd’hui les rivières ou les fleuves qu’il
faut traverser à gué. Il n’en était pas de
même avant la généralisation des ponts* routiers.
Mais il en existe encore sur certains itinéraires en particulier
en Espagne.
Guerre d'Espagne
Guerre civile ayant fait suite à la victoire du Front Populaire
aux élections de 1936. Conduites par le général Franco*,
les forces nationalistes menèrent une nouvelle guerre de religion.
Saint Jacques a été utilisé de nouveau comme caudillo
(chef) pour cette croisade contre le marxisme, saint guerrier soutenant
la lutte des catholiques contre les athées. Pendant l’année
sainte 1937 des milliers de soldats vinrent le prier à Compostelle.
L’année 1939, année de la victoire, vit l’organisation
de grandes cérémonies ou saint Jacques a été
associé à la Vierge* du Pilar. Cette image de saint Jacques
patron de la lutte contre la nouvelle hérésie communiste
a durablement marqué les esprits en Espagne. 
Guerres de religion
Conflits qui, en France, opposèrent catholiques et calvinistes
de 1562 : massacre des protestants de Wassy (Haute-Marne) à 1598
: arrivée au pouvoir d’Henri IV et publication de l’Edit
de Nantes. Ils donnèrent lieu à de nombreuses destructions
du patrimoine religieux. Ils furent suivis du concile de Trente* et d'une
période appelée contre-Réforme*, étalée
sur les XVIIe et XVIIIe siècles.
Guide du pèlerin
Le Livre V du Codex Calixtinus* comprend onze petits chapitres.
Resté confiné dans les archives de la cathédrale
de Compostelle, on ne lui connaît que trois copies. Il a été
parfaitement inconnu du public jusqu’à son édition
par le père Fita* en 1882. En 1938 Jeanne Vielliard* l’a
traduit en français sous le titre de Guide du pèlerin. Ce
titre a fait sa popularité en le faisant passer, à tort,
pour l’ancêtre des Guides bleus. Contemporain de la Chronique
d’Alphonse VII*, il cite les sanctuaires qui sont, à cette
époque, ceux que préfèrent les princes qu’Alphonse
VII souhaitait voir entrer dans sa vassalité : Saint-Gilles*, Montpellier*
et Toulouse* ; Notre-Dame du Puy*, Sainte-Foy de Conques* et Saint-Pierre
de Moissac* ; Sainte-Madeleine de Vézelay*, Saint-Léonard
en Limousin* et Périgueux* ; Sainte-Croix d’Orléans*,
Saint-Martin de Tours*, Saint-Hilaire de Poitiers*, Saint-Jean d’Angély*,
Saint-Eutrope de Saintes* et Bordeaux*. Cette liste est identique à
celle de la Chronique d’Alphonse VII ; cartographiée,
elle dessine la grande Aquitaine* du XIIe siècle, convoitée
par l’Espagne, la France et l’Angleterre. Selon Bernard Gicquel
(La Légende de Compostelle, p.179), son auteur ne serait
pas Aimeric Picaud* mais Hugues le Poitevin, moine de Vézelay,
auteur de la Chronique de Vézelay. Il l’aurait rédigé
peu avant 1160.
Guides pour les pèlerins de Compostelle
Ouvrages décrivant des itinéraires et donnant des indications
pratiques pour ceux qui les parcourent. Les plus connus sont les topo-guides™
de la FFRP* (Fédération Française de la Randonnée
Pédestre). Ceux qui sont établis sur des fonds de carte
permettent de se repérer et de choisir son itinéraire. Beaucoup
de guides qui présentent de simples croquis sans fonds de cartes
sont inutilisables. Les informations historiques qu’ils fournissent
sont dans leur grande majorité dépassées et erronées,
rédigées par des amateurs ou, pire, par des personnes se
prétendant historiens sans en avoir la qualification.
Guillaume X, duc d’Aquitaine
Le duc d’Aquitaine Guillaume X fut favorable au projet d’empire
d’Alphonse VII* de Castille. En 1136, veuf, il épouse Emma,
fille du vicomte Aymar de Limoges. Mais les barons limousins ne l’entendent
pas ainsi : Guillaume Taillefer enlève la jeune femme et l’épouse.
Le chroniqueur Geoffroy du Vigeois (fin du XIIe siècle) raconte
que ceci aurait pu coûter cher aux Limousins si, dit-il, par la
grâce de saint Martial, il n’était mort à 38
ans, pendant son pèlerinage à Saint-Jacques, le Vendredi
saint 9 avril 1137. Avant de mourir, il a confié sa principauté
et sa fille aînée, Aliénor, au roi de France Louis
VI*, lui-même agonisant, lequel en transmet le soin à son
fils-héritier Louis VII*. Tous les espoirs espagnols étaient
ruinés. Un autre chroniqueur, Orderic Vital (1O75-1141), rapporte
que son corps fut enseveli sous l’autel de saint Jacques.
Gurgand (Jean-Noël)
Journaliste, il a fait en 1977 le pèlerinage à pied de Vézelay
à Compostelle avec Pierre Barret * qu'il avait connu en 1969 alors
qu'il était journaliste à l'Express. Il a publié
avec lui en 1978 Priez pour nous à Compostelle*. Né en 1936
il est mort en 1989.
Guy de Bourgogne
Voir Calixte II
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