| Karolus Magnus : Charlemagne* (742-814),
Roi des Francs en 768, empereur d’Occident en 800. Des chroniques
espagnoles prétendent qu’il n’a jamais passé
les Pyrénées, d’autres qu’il est néanmoins
l’ancêtre des rois de Castille. L’Histoire retient qu’il
a fondé une « marche frontière » en Catalogne,
qu’il a aidé l’évêque d’Urgel à
lutter contre une hérésie, mais qu’il n’est
jamais allé au-delà. Tout le reste, on le sait depuis le
XVIIIe siècle, relève de la légende écrite
dans le pseudo-Turpin.
Kilogrammes
Dans le sac les kilogrammes comptent énormément. Certains
pèlerins leur font la chasse gramme après gramme. Les vêtements
modernes offrent heureusement des qualités de confort inégalées
pour un poids* faible. Beaucoup de pèlerins utilisent les services
postaux pour renvoyer à leur domicile les kilogrammes superflus.
Kilomètres
D'après le règlement du Bureau* des pèlerinages de
la cathédrale de Compostelle, les 100 derniers kilomètres
parcourus à pied suffisent pour obtenir le certificat officiel
de pèlerinage ou Compostela* (200 km. en vélo). Cette distance
est prouvée par les dates des tampons* des lieux traversés
apposés sur le carnet de pèlerin*. Souvent les pèlerins
ignorent cette réglementation draconienne qui ne souffre aucune
dérogation. Malheur à celui qui, venu du fond de l’Europe,
prend l’autobus à la fin de son parcours ! Malheur aussi
à celui qui meurt en chemin, ses héritiers n’auront
pas ce précieux souvenir.
Künig (Hermann)
Pèlerin allemand qui a publié le récit de son pèlerinage
à Strasbourg en 1495. Il se dit “ servite de Marie ”.
Il appartient au monastère servite de Vacha sur la Werra, ce qui
est attesté par deux documents d'archives. En 1479, il est collecteur
d'aumônes de sa communauté. En 1486, il est noté absent,
peut-être pour cause de pèlerinage à Compostelle.
Par la suite, il ne paraît pas avoir regagné son monastère
mais aurait plutôt résidé en pays alémanique.
Son récit est rédigé en vers. Son intention est de
fournir des informations pratiques sur les aspects géographiques
et topographiques. Son information repose très vraisemblablement
sur l'expérience et l'observation personnelles, comme en témoignent
de nombreux détails, ainsi les noms d'aubergistes et la description
précise de carrefours importants. Il signale même qu'en un
village du sud de la France, on fabrique des clous pour les chaussures
des pèlerins. Il ne lui paraît pas non plus superflu d'attirer
l'attention sur les possibilités d'économiser de l'argent
et de ne pas se faire escroquer. En outre, l'auteur signale les douanes
à acquitter, les bureaux de change et les hôpitaux où
le pèlerin peut recevoir une aumône.
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