Connaître saint Jacques - Comprendre Compostelle
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Mabille de Poncheville (André)
Journaliste et écrivain essentiellement régional, André Mabille de Poncheville (1886-1969) a collaboré à La Voix du Nord ou à La Libre Belgique. Membre de l'Académie Royale de Belgique, il était aussi poète et ami de Verhaeren, Maurois, Bernanos... François Mauriac l'appelait le “ pèlerin-poète ”. Il a effectué un pèlerinage à Saint-Jacques, à une époque (1927-28) où personne ne marchait plus vers Compostelle. Sur les routes d’Espagne, il s’est retrouvé en vrai pèlerin, en étranger. Son témoignage campe avec talent sa vision des mœurs des populations rencontrées. Mais l’histoire qu’il présente est celle connue à son époque et doit donc être lue avec circonspection.
Mâcon
(Saône-et-Loire)
Au XVe siècle, Mâcon possède un hôpital* simplement désigné comme “ l’hôpital Saint-Jacques de Mâcon ”, sans qu’il y ait une quelconque mention de la Galice. Il est un sanctuaire* local qui reçoit des pèlerins venus vénérer, sur place, une relique* de saint Jacques conservée dans la chapelle sous forme “ d’un tableau avec reliques aux deux bouts et aux deux autres bouts des coquilles ”. Le personnel est formé de “ donnés ”*. Deux menus sont prévus, un pour les “ gens de bien ” et un pour les autres, avec une base commune faite de potage, pain et vin avec viande pour les jours gras, œufs les vendredis et samedis et harengs en Carême. Les premiers doivent payer un écot, les autres semblent employés à quelque tâche, ainsi celle “ d’enfouir les trépassés ”. Ce n’est qu’à partir des années 1580 qu’apparaît l’obligation de “ recevoir tous pèlerins allant ou revenant de Saint-Jacques en Galice ”. On est à l’époque de la Contre-Réforme* où beaucoup de pèlerins partent effectivement pour Compostelle, venus des régions où le Protestantisme s’implante et pensant trouver du réconfort dans l’Espagne restée catholique. On est également à l’époque où les petits hôpitaux* Saint-Jacques sont menacés de fermeture. Au XXe siècle, le syndrome* de Compostelle naissant pousse un érudit à écrire que dès sa fondation au XIIIe siècle la maison fut un “ hôpital ouvert aux pèlerins qui se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle ”.
Madeleine
A Illiers-Combray*, Marcel Proust, dans Du côté de chez Swann, a immortalisé “ ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille Saint-Jacques ”. Il en souligne les formes féminines : “ petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot ”. Le nom de ce petit gâteau apparaît en 1769 et il semble porter le nom de deux cuisinières qui l’auraient fait connaître, une Madeleine originaire de Commercy et qui travaillait à la cour du roi de Pologne Stanislas Leczinski ou une Madeleine Paumier, au service d’une Madame Perrotin de Barmond. Si les moules à madeleines sont depuis longtemps métalliques, il est possible que les premiers aient été des coquilles Saint-Jacques.
Magie
Le terme de “ magie du chemin de Compostelle ” est souvent utilisé pour manifester que le chemin de Saint-Jacques “ n’est pas comme les autres ”. Plusieurs explications sont possibles, certaines factuelles : tout le monde marche dans la même direction et vers le même but, l’anonymat y est une règle tacite qui gomme les différences. D’autres tiennent à l’état d’esprit de ceux qui l’empruntent. Ils ne se sentent pas “ simples randonneurs ” et savent à l’avance que ce chemin est différent même s’ils ne savent pas en quoi. Ils ont d’abord ce “ désir, indicible, de mettre leurs pas dans ceux d'autres pèlerins, marcheurs de l'Histoire ”. Le chemin est en quelque sorte peuplé de tous ces ancêtres. Ils ont “ envie de réaliser une route hors du temps, d'accomplir un chemin de paix, de rencontre, d'humilité, un chemin intérieur … ”. Alors l’allègement du sac prend une valeur d’humilité qui ne lui serait pas conférée s’il s’agissait de faire la traversée de la Corse. Ils ont aussi ce sentiment de vivre avec d’autres une expérience exceptionnelle “ le soir au gîte, c'est là que s'opère la magie des rencontres ”. Enfin, “ arrivés à Saint-Jacques, ils se retrouvent tout bêtes sur le parvis de la cathédrale : c'est fini … ”. (Tous les passages entre guillemets sont extraits de témoignages de pèlerins). L’émotion* de l’arrivée qui mêle la fatigue et une certaine angoisse du retour participe aussi de la magie du chemin que les pèlerins transmettent à leur retour. Pour les croyants, cette magie n’est autre que la grâce que Dieu* dispense à ceux qui se mettent en chemin.
Maître Jacques
Maître Jacques est le constructeur légendaire du Temple de Salomon et fondateur, tout aussi légendaire, d’une grande partie des Compagnons* du Devoir. Cette légende n’est connue qu’à partir du milieu du XIXe siècle, et encore selon des versions contradictoires. Certains y voient, non sans raison, la laïcisation de saint Jacques. L’une d’entre elle concerne le pays Basque à partir des suppositions de Louis Charpentier* qui présente les Basques comme les créateurs de la fraternité pyrénéenne des enfants de “ maître Jacques ”. En basque, le mot Jakin désigne le savoir et Jakinak, ceux qui savent, d'où dérivent les Jacques, dont l’auteur fait, sans sourciller, les voyageurs continuateurs des hommes préhistoriques et constructeurs de mégalithes.
Maire
Dans les villages, il est avec le curé* le recours pour trouver un hébergement* pour la nuit, gymnase, salle municipale ou tout autre abri en l’absence d’autre solution. Le titre de pèlerin mis en avant quand on s’adresse à lui est, plus ou moins consciemment, présenté comme une sorte de sésame devant attirer ses bonnes dispositions, même par ceux qui en récusent la connotation chrétienne.
Mâle (Emile)
En 1889 Emile Mâle (1864-1954) soutint sa thèse sur L’Art religieux au XIIe siècle en France. En 1912, il obtint la chaire d'histoire à la Sorbonne. Il fut ensuite directeur de l'École française de Rome. Spécialisé dans l’art chrétien médiéval, il a laissé une œuvre importante dans laquelle il souligne le rôle essentiel qu’ont joué les pèlerinages dans l’art en général et dans l’architecture* en particulier. C’est lui qui a remarqué et étudié les formes nouvelles des églises de pèlerinages, nécessaires à la circulation des nombreux pèlerins ; il a été cependant victime de la notion erronée de routes spécifiquement pèlerines. Il est à noter qu'il n'a pas souhaité figurer parmi les fondateurs de la Société* des Amis de saint Jacques.
Maladerie-maladrerie
Etablissement que les passants trouvaient souvent à la périphérie des villes, la maladerie pour recevoir les malades, la maladrerie pour recevoir les ladres (les lépreux). Mais ce ne sont que subtilités d’écriture, les mêmes lieux pouvant être désignés par l’un ou l’autre mot. Car, contrairement aux idées reçues, les pauvres pouvaient aussi être hébergés dans les léproseries.
Mallette
Un couplet de la Grande Chanson* montre un usage de ce mot par les pèlerins. Il désigne ici la besace*. “ Mon compagnon devint malade/Dont j'eus le cœur très dolent/Du pain de ma malette, /J'en donnai du plus blanc. /J'allai le réconfortant. ”
Manier (Guillaume)
Tailleur d’habits, né à Carlepont en 1704, Guillaume Manier, prend le chemin de Compostelle le lundi 26 août 1726. Il expose ainsi la raison de ce voyage : “ Dans ce temps, de fréquentes demandes que mon capitaine me faisait pour aller payer des billets qu’il m’avait fait faire, ne me voyant pas en état d’y pouvoir satisfaire si tôt, me firent prendre la résolution de sortir du pays ” L’idée lui en est venue en voyant revenir dans son village quatre pèlerins partis pour Saint-Claude, en Franche-Comté. Se joignent à lui trois compagnons saisis de la même envie de partir. Tous les quatre sont munis des papiers nécessaires. Arrivés à Compostelle le 1er novembre 1726, ils rentrent en passant par Madrid dans l’hiver 1727. Manier fait ensuite le voyage de Rome avant d’écrire ses mémoires en 1736.
Manjarin
En Galice, le village de Manjarin était déserté par ses habitants. Depuis une dizaine d’années, des maisons sont relevées. Au bord du chemin se dresse une étrange cabane, un capharnaüm habité par Tomas, une autre figure* du chemin. Il se dit Templier, ce qu’il n’est pas malgré une partie de la salutation templière (réservée aux adeptes), gravée sur son tampon, non nobis domine. Souvent habillé en Templier, il appelle le pèlerin et lui offre un bon feu, un grabat au-dessus et une fontaine parfois polluée, ce qui lui a déjà valu d’avoir des ennuis avec les services d’hygiène.
Manosque
(Alpes-de-Haute-Provence, ar. Forcalquier)
En Provence, de nombreux livres de comptes des hôpitaux et des œuvres de charité situés à proximité de la voie Domitienne restent à dépouiller pour trouver des traces d'éventuels pèlerins de Galice. La région a aussi été traversée par des “ roumieux ” ou pèlerins de Rome. Elle a aussi été marquée par les années de présence de la papauté en Avignon.
Mantelet
Voir cape
Maragateria
Au sud d’Astorga est le pays des Maragatos, une terre accidentée et peu fertile que les pèlerins traversent souvent sans en saisir sa particularité. Tout au plus certains se régalent-ils du cocido maragato, un excellent pot-au-feu fait à base de salaisons de grande qualité. Au XIXe siècle encore, les hommes se faisaient muletiers et laissaient leurs femmes cultiver les maigres champs. Les voyageurs étaient tous frappés par leur allure austère. L’abbé Daux rapporte le portrait dressé par le chantre des types espagnols, Salvador Rueda : “ Cet homme est une tache d'encre. Il ressemble à une ombre chinoise. On le croirait trempé dans un encrier… Il porte des espadrilles à cordons noirs, des bas noirs qui montent jusqu'aux genoux, un pantalon tout aussi noir, une ceinture de la même nuance sombre, une veste, un gilet et une cravate de couleur identique et le chapeau plus noir encore, s'il est possible ” Quelle est leur origine ? Des Maures captifs ? Des Berbères ? Des Celtes ? Plus vraisemblablement leur nom ne serait pas antérieur au XIVe siècle et viendrait de leurs activités de transports de marchandises : mercaderes-mericator. Aujourd’hui encore, les habitants revendiquent cette origine maragato, leurs fêtes folkloriques en étant le témoignage le plus visible. A Astorga, la tour de l’hôtel de ville est munie d’une cloche dont les heures sont sonnées par un couple d’automates, les maragatos (XVIIIe siècle). Peu après Astorga, le village typique de Castrillo de los Polvazares a été déclaré Monument d’intérêt national.
Marche
Compostelle a bénéficié de l’engouement pour la marche, pratiquée en France par des millions d’adeptes et encouragée par la FFRP* (Fédération Française de la Randonnée Pédestre). La marche est une activité naturelle à l’homme qui ne nécessite pas de préparation particulière. Son rythme permet la découverte* progressive des lieux traversés, il favorise les rencontres*. La marche procure des bienfaits physiques incontestables, elle est apaisante, élimine le stress et développe les sens. Les personnes qui souhaitent des conseils plus précis consulteront avec intérêt les recommandations de la FFRP* et constateront comme le dit son slogan qu’“ Un jour de sentiers c’est huit jours de santé ”. Bernard Ollivier, grand marcheur, dit de la marche qu’elle est “ un remède à la folie de l’urgence ” et que “ le marcheur refuse de laisser le temps le prendre, il prend son temps ”.
- Marche au long cours
La marche au long cours, telle que pratiquée sur les chemins de Compostelle, pendant plusieurs semaines et des centaines de kilomètres apporte ses bénéfices propres. Pour les personnes qui ont une activité physique régulière, les premiers jours servent d’entraînement aux suivants mais il faut avoir la sagesse de partir progressivement. Les personnes sédentaires seront bien avisées de prévoir un petit entraînement* en marchant régulièrement et progressivement dans les semaines précédant leur départ (cela leur permettra de casser leurs chaussures*). Passés les premiers jours, le corps a pris le rythme, les épaules et les hanches se sont faites au sac. Viennent les bénéfices sensoriels, intellectuels, spirituels. Les sens en éveil plus qu’à l’accoutumée s’affinent ; le marcheur devient plus sensible aux couleurs, aux odeurs, aux sons … Le contact avec la nature y contribue fortement. Les pensées se focalisent, s’ordonnent, s’envolent selon le tempérament, la situation du marcheur et ses besoins du moment. Insensiblement le calme envahit l’esprit, l’être se retrouve dans sa profondeur. Bienheureux le marcheur qui sait doser ses efforts et boire régulièrement pour que la fatigue ou des troubles physiques ne viennent pas lui faire perdre ces bénéfices de la marche.
Marcher
Une dimension spirituelle de la marche est donnée par la proposition suivante de Mgr Christophe Dufour, évêque de Limoges : “ Marcher, c’est se laisser décrasser le cœur, aller au-delà de soi et y percevoir la présence de Dieu* ”.
Marie (les 3)
Voir Sainte Parenté
Martin, Joseph-Marie (Monseigneur)
Né le 9 août 1891 à Orléans, élu évêque du Puy* le 6 février 1940, sacré à Bordeaux le 2 avril 1940, archevêque de Rouen le 15 octobre 1948, cardinal le 22 février 1965, démissionnaire le 6 mai 1968. Alors qu’il était aumônier des étudiants à Bordeaux, l’abbé Martin organisa un pèlerinage à Compostelle en 1935. Devenu évêque du Puy, il mit dans ses armes la coquille* emblème des pèlerins et les étoiles de la voie lactée et il est probable qu'on lui doit la popularité de Godescalc*. En 1954, première année* sainte d’après-guerre, il participa avec le cardinal Feltin*, archevêque de Paris aux cérémonies du 25 juillet à Compostelle. Il était alors archevêque de Rouen. En septembre 1942, il a participé à un pèlerinage au sanctuaire de la Peña de Francia avec des représentants de mouvements de jeunes de France. En 1962, il se rendit au Puy pour les cérémonies du millénaire de Saint-Michel l’Aiguilhe présidées par l’archevêque* de Compostelle.
Martyre
Jacques* le Majeur périt par le glaive en 44 après JC, sous le règne d'Hérode* Agrippa. Il est le premier apôtre martyr. Ceci est rapporté par les Actes des Apôtres (Ac 12, 1-2), unique fois où Jacques le Majeur est mentionné seul dans le Nouveau Testament. L'un des apocryphes attribue les causes de sa mort aux thèmes développés dans sa prédication : “ Jacques, fils de Zébédée se rendit auprès des douze tribus dispersées ” et là, il interdit de payer tribut aux rois, en particulier Hérode* et Néron ; furieux, Hérode se lève et lui tranche la tête. Mais des récits différents courent çà et là, souvent venus d’Orient : Michel le Syrien, historien des croisades et patriarche jacobite d’Alexandrie au XIIe siècle, raconte qu’il fut martyrisé par le marteau du foulon (martyr attribué au Mineur dans l’iconographie* occidentale : “ Jacques fils de Zébédée et son frère étaient de la tribu de Zabulon, du village de Beit-Çayda. Jacques prêche à Jérusalem même et ensuite il fut martyrisé par les Juifs à l’aide d’un bois de foulon ”. Une peinture murale d’une église copte du Caire évoque une troisième forme : l’apôtre, nu, fut découpé progressivement en morceaux (comme saint Jacques l’Intercis, décrit par la Légende* Dorée). Plus surprenant encore, cette peinture montre saint Jacques renaissant de ce corps émietté et sautant sur un cheval blanc qui s’élève dans les cieux. C’est là une tout autre interprétation du Matamore*.
Massages
Bien qu’il ne soit pas une épreuve sportive, le pèlerinage à Compostelle nécessite des efforts physiques auxquels beaucoup d’organismes ne sont plus habitués bien que la marche* soit une activité naturelle. Il est parfois nécessaire de recourir à des mains expertes ou charitables pour masser des pieds endoloris, des muscles raidis ou des épaules qui répugnent à reprendre le sac*..
Mataindios
Nom donné à saint Jacques par les conquérants espagnols de l'Amérique lorsqu'il est venu les aider dans leurs luttes contre les Aztèques (infidèles) comme il les avait aidés dans la lutte contre les Sarrasins.
Matamasones
Dans une église de Samora Correia au Portugal près de Lisbonne, se trouve une représentation de saint Jacques à cheval poursuivant un personnage qui laisse tomber derrière lui un compas, une équerre et un ciseau symboles franc-maçons. Certains voient en ce saint Jacques un “ Matamasones ”.
Matamore
Depuis la légende de la bataille de Clavijo*, ce nom est utilisé en Espagne pour désigner saint Jacques intervenant sous la forme d'un cavalier l'épée au poing soutenant les combats contre les Maures (Etymologie de matar : tuer, du latin mactare et Moro, Mores). Sans doute inspiré du “ Fils du Tonnerre ” de l’Evangile, il apparaît dans le ciel sur son cheval pour donner aux chrétiens la victoire à Simancas (938), à Coimbra (1064), à Las Navas de Tolosa (1212), à Xérès (1233). Puis il aida à vaincre les Protestants, à Anvers en 1585, ainsi que les Indiens (il devient le Mataindios*) ou les Turcs. Dès le XIIe siècle, l'effigie du Matamore orne les bannières des chevaliers de l'Ordre de Santiago* et on la retrouve sur nombre d'étendards jusqu'au XVIIIe siècle. Charles Quint et Philippe II se sont fait représenter en Matamores, imités, plus tard, par Franco* dont les troupes invoquaient encore “ l’irrésistible vainqueur de Clavijo ”. En France, cette représentation iconographique est rare. Au XVIIe siècle, les comédies espagnoles et françaises s'emparent du personnage pour en faire “ un faux brave qui ne cesse de vanter ses prétendus exploits contre les Maures ”. Dans Les Rodomontades espagnoles (1607), il est question du très épouvantable, terrible et invincible Capitaine Matamores. Corneille en fait un héros de l'Illusion comique (1636) auquel la diffusion du mot doit beaucoup. En 1637, Mareschal donne Le Véritable Capitan Matamore, et Scarron Les Boutades du Capitan Matamore (1647). Le personnage se retrouve chez Rotrou, Cyrano et Tristan. Le nom est passé ensuite dans l'usage courant comme nom commun, puis comme adjectif.
Mauron (Marie)
Auteur, intellectuellement proche des républicains espagnols, et femme engagée, Marie Mauron (1896-1986) a fait un voyage à Compostelle en 1955, “ sans doute par un désir ancestral qui voulait se réaliser ”. Elle est partie “ comme un de ces Gentils épris d’autre chose que de piété qui, à une faim d’art roman, joignent l’envie profane d’un long voyage à l’étranger ”. Elle a laissé une relation de ce voyage avec des descriptions saisissantes de l’Espagne d’après-guerre qui l’a profondément bouleversée. Elle a également tiré de son expérience un roman.
Médaille
Il n’existe pas de médaille souvenir du pèlerinage à Compostelle, par contre, à la cathédrale du Puy*, une médaille est donnée à chaque pèlerin à l’issue de la bénédiction* qui clôt la messe des pèlerins.
Médiéval – Moyenâgeux
Contrairement à un usage fréquent, ces deux adjectifs ne sont pas synonymes. Le second a pris un caractère péjoratif et signifie souvent dépassé, suranné, voire barbare ou obscurantiste. Le premier, plus récent et scientifique, doit être utilisé pour désigner ce qui est relatif à la période historique du Moyen Age, on parlera ainsi de pèlerins médiévaux, de traditions médiévales.
Mendicité
Voir budget
Ménétra (Jacques-Louis)
Parmi les pèlerins qui sont allés à Compostelle, il y eut des artisans au nombre desquels figuraient des Compagnons*. Parmi eux, Jacques-Louis Ménétra, Compagnon vitrier du Devoir, raconte, en 1763 : “ Comme j’étais en argent, étant à Toulouse, il me prit envie d’aller à Saint-Jacques. Nous partîmes trois de compagnie (…) Nous fûmes à Bayonne, passant par toute cette Biscaye. Comme nous étions, à ce que je puis me ressouvenir, sortis de Saint-Jean-Pied-de-Port, ou de Saint-Jean-de-Luz, pour entrer dans la Biscaye espagnole, nous vîmes arriver des compagnons qui en revenaient et qui étaient dans un état minable. Je demande au l’Angevin et au l’Agenais, qui étaient mes camarades de voyage, dont l’un était ferblantier et l’autre coutelier, de ne pas aller plus loin, et nous retournâmes à Bayonne. ”
Menthon (Nicod de)
Nicod de Menthon, “ seigneur de Montrottier ” part en pèlerinage à Saint-Jacques en 1429. La recommandation signée du duc de Savoie* dont il est chambellan donne un raccourci réaliste de ce que représente Compostelle pour un noble du XVe siècle : “ Nous recommandons à nos fidèles officiers, sujets et contribuables… notre aimé fidèle chambellan Nicod de Menthon... qui part pour la solennité des noces du très illustre prince, notre très cher neveu, le seigneur duc de Bourgogne et de son illustre épouse [ il s’agit du mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Portugal] et ensuite se dispose à aller en pèlerinage au monastère de saint Jacques, comme l'usage en est chez de tels nobles, et les autres royaumes d'Espagne. Avec vingt cinq chevaliers et écuyers… ”. Ses armes figurent sur le reliquaire de Sallanches*.
Merci
Un mot fréquent à la bouche du pèlerin qui a souvent besoin d’autrui sur le chemin. Mais sans doute plus fréquent encore dans ses pensées et son cœur tant l’expérience du chemin est gratifiante. Il y a bien sûr des jours de pluie, d’ampoules, de tendinites ou de fatigue où se mot vient moins spontanément. Mais c’est dans l’émotion* de l’arrivée que ce sentiment de gratitude envahit pleinement le pèlerin, avec l’angoisse du retour.
Méreau
Mérelle*, merel, marel, marelles sont des mots qui viennent de marr = pierre. Ce sont des petites pièces de plomb, de cuivre, quelquefois d’argent, dont chacun avait le droit de faire usage en tant que bons, attestations de présence, laissez-passer ou marques de reconnaissance. Les ecclésiastiques en firent un grand usage. Aux XIVe et XVe siècles, l’hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins en produisit des milliers, certainement d’aspect différents selon leur usage : comptabilité de la maison, distributions de nourriture, attestations de prières faites pour les confrères, attestations de paiement de taxes les jours de foire et de cotisations les jours de votes. On trouve aussi des méreaux de jeu. L’appellation “ méreau de pèlerinage ” parfois employée aujourd’hui ne correspond à rien de précis : aucun texte ne permet d’imaginer des distributions de méreaux en guise d’attestation de pèlerinage. Ces méreaux sont aujourd’hui des pièces rares car, n’ayant aucune valeur marchande, ils ont pratiquement tous été détruits, perdus ou refondus. (D’après Isabelle Rousselin et Jacques Labrot)
Mercure
Nom romain du dieu grec Hermès* dont il a pris les fonctions. Mercure comportant la même racine que mercator, le marchand, les artistes romains ont ajouté une bourse (ou besace* ou escarcelle) à ses représentations iconographiques. On la retrouve dans l’iconographie* de saint Jacques.
Mérelle de Compostelle
Selon Fulcanelli*, la mérelle de Compostelle est la coquille* Saint-Jacques. Dans la symbolique alchimique*, elle sert à désigner le principe “ Mercure 1 ”, appelé encore voyageur ou pèlerin. Elle est portée par ceux qui cherchent à obtenir l’étoile* qui rayonne sur le compost philosophal (compost stella), le mercure, d’où naîtra l’or, c’est-à-dire la sagesse. En arrivant à Compostelle, la coquille se transforme en astre éclatant.
Meseta
Etymologiquement : petite table. Voir Désert
Messe
Deux messes des pèlerins encadrent le parcours de la majorité des pèlerins français, celle du Puy* au départ et celle de Compostelle* à l’arrivée. La plupart des pèlerins “ jouent le jeu* ” et s’y retrouvent comme à l’un des rites indispensables au pèlerinage. Les pèlerins catholiques les plus fervents s’efforcent d’assister quotidiennement à la Messe, ce qui impose parfois des détours, des kilomètres supplémentaires ou le recours à des moyens de transport.
Miam-Miam Dodo
Régulièrement tenu à jour, ce guide des hébergements sur le chemin du Puy, conçu et réalisé par un pèlerin qui en a fait son fonds de commerce, est unanimement apprécié dans le monde pèlerin. Existe aussi sur le même modèle pour le Camino francés depuis 2003.
Millions de pèlerins
Cliché habituellement utilisé pour dire qu'il y avait beaucoup de pèlerins à Compostelle au Moyen Age. Cette image, faussement déduite des premières estimations du nombre* des pèlerins, a en fait son origine dans celle des foules d’élus marchant vers la Jérusalem céleste. Elle vient des textes du Nouveau Testament, copiés des Actes* de Apôtres et de l’Apocalypse*, utilisés par les chanoines de Compostelle dès le XIIe siècle pour mettre en valeur leur cité, en particulier dans le Veneranda dies*. Elle est régulièrement reprise dans les documents des papes qui ont contribué à la renforcer. Malheureusement prise au pied de la lettre par des chercheurs trop enthousiastes, cette image symbolique a conduit à échafauder des hypothèses erronées pour estimer le nombre de pèlerins qui furent ensuite transformées en postulat*.
Miracles
Aujourd’hui, des pèlerins partent encore à Compostelle avec l’espoir d’être témoins de miracles. Si certains sont déçus, d’autres racontent volontiers ces petits ou grands miracles dont ils ont été les bénéficiaires, la fontaine qui surgit un jour de grande soif, la chute qui aurait pu être mortelle et dont ils sortent indemnes, les lunettes retrouvées dans des broussailles inextricables. Au fil des siècles, les miracles de saint Jacques ont inspiré imagiers et conteurs, ceux de la translation* (arrivée de saint Jacques sur une barque* ou un rocher, les démêlés avec la reine Lupa*), le miracle du chevalier couvert de coquilles. De la trentaine de manuscrits des vingt-deux miracles de saint Jacques (rédigés vers 1132-1135 et, vers 1160, inclus dans le Codex Calixtinus* et fêtés le 8 octobre), quelques uns sont régulièrement évoqués.
- Miracle II : le billet effacé
Un homme avait écrit une très grave faute sur un papier qu’il avait déposé sur l’autel de saint Jacques. Lorsque l’évêque déplia ce papier, la faute avait été effacée. On retrouve ce même miracle à propos d’un péché commis par Charlemagne* et écrit puis effacé miraculeusement sur l’autel de saint Gilles*. La crypte de la cathédrale de Chartres* en conserve une représentation sur une peinture murale.
- Miracle IV : le pèlerin mort
Dans un groupe de pèlerins, l’un tombe malade. Les autres l'aident au début, puis l'abandonnent. Un seul reste près de lui jusqu'à sa mort. Terrifié, le survivant implore saint Jacques qui arrive sur son cheval et transporte le mort et le vif en une nuit jusqu’à Compostelle. Ce miracle a donné naissance à des variantes qu’on racontait encore en Auvergne au début du XXe siècle.
- Miracle V : le Pendu-dépendu
Ce miracle est l’un des plus populaires de ceux attribués à saint Jacques. Sa particularité est que son contenu s’enrichit tout au long du Moyen Age. Au XIIe siècle, les Livres des miracles de saint Jacques racontent l’histoire de deux pèlerins allemands, le père et le fils, se rendant en 1090 au tombeau de saint Jacques. Ils s'arrêtent dans une auberge à Toulouse*. L'hôtelier cupide les enivre et cache une coupe d'argent dans leurs bagages pendant leur sommeil. Il les accuse ensuite de vol. Ils sont arrêtés, condamnés par le juge et le fils est pendu tandis que tous leurs biens sont attribués à l’hôtelier. Le père continue son chemin jusqu'à Compostelle. Au retour, 36 jours après, il découvre son fils encore vivant, soutenu par saint Jacques. Il se rend à la ville, “ rassemble le peuple ” qui déclare l'aubergiste coupable, dépend le pendu “ en grand honneur ”. L'aubergiste, par “ un jugement unanime ”, est condamné à mort et pendu “ sur-le-champ ”. C’est ainsi que le raconte et le popularise la Légende Dorée. Au XIVe siècle, un auteur allemand introduit le miracle des coqs : après avoir dépendu le jeune homme, le père et les juges vont chez l'aubergiste qui ne croit pas que le pendu soit plus vivant que ses poulets cuisant à la broche. Mais les poulets s'envolent ! Et l'aubergiste est pendu. Au XVe siècle, le pèlerin Nompar de Caumont* situe le miracle à Santo-Domingo-de-la-Calzada, en Espagne. Il y ajoute la mère et un scénario plus détaillé : la servante de l’auberge s’éprend du fils et qui l’éconduit. Furieuse, elle fait condamner le jeune homme. Au XVIe siècle, la même histoire racontée en Italie remplace la servante par la fille de l’hôtelier.
Janine Michel
- Miracle XVII : le pèlerin suicidé
Vers 1115, Guibert de Nogent relatait un miracle qu’un informateur bourguignon lui avait raconté, qui “ le tenait lui-même de quelqu’un qui avait vu le ressuscité ” : un jeune homme avait eu commerce avec une femme et ne s’était pas confessé avant de partir pour Compostelle. Le diable, déguisé en saint Jacques, lui conseilla, pour se faire pardonner, de se faire eunuque. Le malheureux obéit et en mourut. Saint Jacques le rattrape avant qu’il ne soit emporté par le Diable et le ramène à la vie.
- Le miracle du chevalier couvert de coquilles
Cette légende se raconte sur les côtes de Galice : de grandes fêtes avaient lieu à l’occasion du mariage d’un noble chevalier. L'époux, seigneur du pays, était à cheval, accompagné d’un nombreux cortège. Tout à coup le coursier n'obéit plus, il s'élance et emporte son cavalier dans la mer, jusqu’à une barque qui surgissait de l'immensité. Dans cette barque, le corps de saint Jacques veillé par ses disciples. Subjugué le jeune homme se convertit et offre son palais pour inhumer l’apôtre. A cet instant, le cheval et le cavalier furent entièrement couverts de coquilles. Le nouveau chrétien ramena son cheval et revint au milieu de la foule éperdue qui avait cru qu’il ne reviendrait jamais.
- Le miracle des lances fleuries
La Chronique de Turpin* raconte que, la veille d'une bataille, les soldats de Charlemagne préparèrent soigneusement leurs lances et les fichèrent en terre devant le camp, dans une prairie au bord d’un fleuve. Le matin, ceux qui devaient mourir dans cette bataille trouvèrent leurs armes couvertes d'écorce et de feuillages. Remplis d'admiration, ils coupèrent les lances presque à ras de terre et les racines, restant dans le sol comme des surgeons, poussèrent et devinrent de grands arbres que l’on montre parfois, en Espagne ou en Saintonge*.
- Le miracle du Cebreiro
Ce miracle, qui n’a rien à voir avec saint Jacques, est l’un de ceux qui se racontent le plus volontiers sur le chemin de Compostelle : un jour de tempête, un unique fidèle arriva, épuisé, à l’église du Cebreiro* pour assister à la messe. En entendant grincer la porte, le prêtre se retourna et pensa : “ pourquoi se donner tant de mal pour voir un peu de pain et de vin ? ”. Le Seigneur ne voulut pas laisser impuni ce manque de foi et changea l’hostie en Chair et le vin en Sang. Longtemps, la Chair imputréfiée resta sur la patène et le Sang dans le calice. Le plus ancien texte (XVIe siècle) qui relate ce miracle le date de 1300. Il ajoute que la reine Isabelle (voir Rois Catholiques), passant par là sur la route de Compostelle, donna l’ordre de déposer les reliques dans deux reliquaires qu’elle fit confectionner, ceux que l’on voit encore aujourd’hui, près du calice et de la patène.
Miranda de Ebro
La statue d’un pèlerin a été installée près de l’hôpital Saint-Jacques, à la sortie de Miranda de Ebro, province de Burgos, en novembre 2004. Mis à part sa symbolique, ce pèlerin en plein effort, œuvre du sculpteur Marcial Mosteiro, remplit une fonction de signalisation comparable aux flèches jaunes. Il participe à la revalorisation du chemin qui, entrant en Espagne par Hendaye, traverse le pays basque par le tunnel de San Adrian*, passe par Miranda de Ebro et franchit le défilé de Pancorbo avant de rejoindre le Camino Francés* à Burgos ou à Santo Domingo de la Calzada comme l’a raconté à son époque Guillaume Manier* dans son récit.
Miséricorde (Œuvres de)
Les œuvres de Miséricorde sont la formalisation en précepte des paroles de Jésus (Mat. 25, 35-40) indiquant à ses disciples les actions qui vaudront le Salut*. Elles sont déjà mentionnées dans l'Ancien Testament et saint Cyprien les recommande dans son chapitre sur “ Les bonnes œuvres ” écrit en 258. Ne rejoignent-elles pas aussi les enseignements de l'Epître* de Jacques et son “ Sans œuvre la foi n'a aucun sens ” (Jc. 2, 20). Elles imprégnaient la spiritualité médiévale et tous, clercs et laïcs y étaient tenus. Elles étaient au nombre de sept : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, abriter les étrangers, visiter les infirmes, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Principes d'humanité, elles se retrouvent dans de nombreuses civilisations en particulier dans la tradition d'accueil de l'étranger que beaucoup de pays, souvent parmi les plus pauvres ont encore conservée de nos jours.
Modica (Sicile)
Un curieux pèlerinage à saint Jacques, tout près de ce village symbolise le douloureux passage du “ ponte* San-Giacomo ”, une fiction qui anticipe la mort*. Cette coutume a été rapportée au XIXe siècle par un ethno-anthropologue, Giuseppe Pitre : “ A un kilomètre de Modica se trouve, sur les bords de la rivière Scicli, une petite église consacrée à saint Jacques. On y parvient par un chemin abrupt et cahoteux plein de cailloux et de rocaille. La femme qui veut accomplir ce “ pèlerinage de saint Jacques ” s’y prépare ainsi : le 24 juillet à six heures du soir, elle pétrit uva di pasta, c’est-à-dire autant de macaronis que l’on peut faire avec un œuf et de la farine (sans y ajouter d’eau). Elle fait cuire ces nouilles aussitôt et verse l’eau des nouilles dans ces crete spregiate (pots de chambre). La femme se déshabille jusqu’à sa chemise, s’assied sur ce pot, met l’assiette de macaronis sur ses genoux et se noue la blouse autour des yeux, afin de ne rien voir en mangeant. Ensuite elle se met au lit, mais malheur à elle si elle venait à s’endormir ! Après minuit, le 25 juillet, elle enlève sa chemise et, nue comme un ver, s’enveloppe dans un drap de lin qu’elle a lavé le matin même. Elle se met en route. Elle ne saurait toutefois faire le trajet seule, car individuellement elle n’obtiendrait aucun résultat. Elle doit se faire accompagner par une femme, sa voisine depuis trois, six ou neuf ans. Toutes deux partent à l’église en silence. Elles ne doivent pas ouvrir la bouche pendant le trajet, même si elles recevaient une volée de bois vert ou si leur pudeur était offensée. Une fois arrivées, elles frappent trois fois à la porte verrouillée de la chapelle, d’abord avec les mains, ensuite avec les pieds, enfin avec la tête, s’agenouillent et disent neuf Notre Père, neuf Ave Maria, neuf Gloria en l’honneur du saint, trois Notre Père pour la mort de Jésus-Christ, un Ave Maria et un Salve Regina à l’intention de la Mère de Douleurs. Après cette prière, elles prennent le chemin du retour, le rosaire entre les dents ”. Aujourd’hui, si la tradition semble avoir évolué, une impressionnante procession pénitentielle a encore lieu dans la nuit du 24 au 25 juillet. Cette nuit-là, une multitude de pèlerins avance, dans un silence absolu, au long du torrent plein de pierres. Cette démarche éprouvante est toujours destinée à éviter, après la mort, l’horrible voyage à travers la multitude d’épées tranchantes entre lesquelles la pauvre âme du défunt, nu et sans chaussures, était obligée de se faufiler avec dextérité.
Moissac (Saint-Pierre)
(Tarn-et-Garonne, ar. Castelsarrasin)
Saint-Pierre de Moissac est citée par le Guide* du pèlerin comme l'un des sanctuaires situé sur une route menant à Saint-Jacques. En foi de quoi, le cloître et l’abbatiale ont été classés Patrimoine* Mondial par l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle. Comme partout le patrimoine concernant saint Jacques à Moissac n’est pas pour autant mis en valeur : le pèlerin qui passe n’est pas informé de l’existence d’une relique* de saint Jacques (un morceau d'un doigt) visible dans le Trésor de l’abbaye, pas plus qu’il n’est incité à admirer le bas-relief de saint Jacques qui orne l’un des angles du cloître. Il ignore aussi le quartier* Saint-Jacques avec l’église du même nom (fermée depuis 1990) qui abritait le siège de la confrérie Saint-Jacques. Cette église fut reconstruite en 1860 en remplacement d’une autre qui avait été détruite en 1585, car située hors-les-murs, en avant de la porte* Saint-Jacques, démolie parce qu’elle servait de “ repaire aux rebelles ”. Si la porte Saint-Jacques a disparu, le pont* Saint-Jacques, sur le canal latéral à la Garonne a pris son nom au XIXe siècle. Un des derniers pèlerins connus au XIXe siècle était originaire de cette ville. Son souvenir est rappelé par l'abbé Daux* dans son livre Sur les chemins de Compostelle paru en 1891 (rééd. 2006, chez Atlantica). Le savant abbé a recopié les statuts de la confrérie Saint-Jacques de la ville, souvenir de ce que furent les pèlerinages au XVIIe siècle. Sur la colline dominant la ville, la municipalité a installé un gîte qui accueille aujourd’hui les pèlerins dans un ancien Carmel.
Moissac (Neussargues-Moissac)
(Cantal, ar. Saint-Flour, c. Murat)
Vers 1930, fut transportée dans l’église une dalle funéraire qui recouvrait une tombe dans le cimetière, sculptée des attributs des pèlerins : une coquille*, une besace*, un bourdon* placés de part et d’autre d’une grande croix. S’y ajoute une tourte de pain percée en son milieu pour permettre le passage du bâton, forme de pain bien connue des paysans de la région. A l’époque, on s’est demandé s’il ne s’agissait pas de la tombe de “ Jean Rolland, dit Meimargou, âgé de 66 ans environ ”. Cette supposition était fondée sur un acte selon lequel : le 29 septembre 1698, trois témoins “ confrères de Saint-Jacques ont accompagné le corps dudit défunt qui était de la confrérie avec plusieurs autres ”. Après la restauration de 1996, sans information nouvelle, le doute n’existe plus, il est acquis que cette tombe est celle d’un pèlerin de Compostelle. Elle est annoncée à grand renfort de panneaux dont le plus drôle est celui qui annonce la “ pierre tombale saint Jacques de Compostelle ”. Encore un des méfaits du syndrome* de Compostelle.
Montebourg
(Manche, ar. Cherbourg)
L'abbaye bénédictine fondée à Montebourg au temps de Guillaume le Conquérant possédait une chapelle Saint-Jacques et l’église paroissiale fut dédiée à l’apôtre dès le XIIe siècle. Un acte de 1157, inclus dans le cartulaire, confirme l'existence de cette première église. L'église actuelle fut bâtie dans le premier tiers du XIVe siècle sur l'ordre de l’abbé Pierre Ozenne, seigneur du lieu. Construite en dix ans, elle fut consacrée le 2 septembre 1329 et dédiée à saint Jacques en continuation de la première. Au XVIIe siècle existait une confrérie* Saint-Jacques siégeant à la paroisse, connue par une seule mention dans le registre des visites de l'archidiacre du Cotentin en 1690. L’église conserve un important patrimoine mobilier lié au culte à saint Jacques, notamment une relique* et un vitrail moderne. La paroisse a conservé une tradition originale, le couronnement de la statue de saint Jacques au portail de l'église, par un enfant, la veille de la fête de l'apôtre.
Montesquieu-Volvestre
(Haute-Garonne, ar. Muret)
L’église conserve un buste-reliquaire* de saint Jacques. Longtemps remisé dans le clocher il a été restauré en 2006. Dans la même localité se trouve le sanctuaire de Notre Dame du Bout du Pont. Ceci permet de penser qu'il y avait là un double pèlerinage local, à saint Jacques et à Notre-Dame, plus qu'une hypothétique étape sur le chemin de Compostelle. En effet saint Jacques et la Vierge sont souvent associés, sans doute à cause de l’Evangile* de Jacques.
Montjoie
Colline d’où l’on apercevait pour la première fois le sanctuaire de pèlerinage. Le premier des pèlerins à crier “ montjoie ” était nommé roi* des pèlerins. En général, cette première approche se faisait du haut d’une “ montjoie ”. Quelques exemples : le Monte* del Gozo avant Compostelle, Saint-Michel de Montjoie près de Saint-Pois, à une trentaine de kilomètres du Mont-Saint-Michel d'où les pèlerins venant de l'Est apercevaient, par beau temps, la silhouette de l'abbatiale ; en Mayenne, Notre-Dame de Montjoie d’où l’on découvre la chapelle de Désertines autrefois but d'un pèlerinage local ; en Anjou, de la montjoie, à Doué-la-Fontaine, on découvre Le Puy-Notre-Dame.
Montlandon
(Eure-et-Loir, ar. Nogent-le-Rotrou, c. La Loupe)
En 1862, en un moment où Napoléon III se trouve face à des oppositions républicaines et anticléricales, l’évêque de Chartres cherche à regrouper les catholiques dans les campagnes de son diocèse. Il a en sa possession une relique de saint Jacques et décide l’offrir à l’église Saint-Jacques de Montlandon avec l’idée de créer un pèlerinage* local afin “ d’attirer Compostelle parmi nous, pour y relever le culte du grand apôtre ”. Il fait faire une châsse et, à l’intérieur, place “ l’image du saint en cire ”, haute de 1,15 m. “ Le bienheureux est couché sur des coussins, le regard fixé vers l’éternelle patrie, la main droite sur la poitrine et tenant dans la gauche une croix de bois, le plus riche trésor d’un apôtre. A ses côtés, on remarque la gourde et le bâton du pèlerin ; Et à la région du cœur un reliquaire en brillants renfermant les saintes reliques ”. L’entreprise n’a pas vraiment réussi. En 1872, dans un petit traité intitulé Le prêtre et le sorcier. Statistique de la superstition, l’auteur se moque et déclare : “ au moyen d’un petit morceau du saint, on a fabriqué un petit Compostelle. Par le même procédé, on en fera tant qu’on voudra ”. Aujourd’hui, relique* et reliquaire* sont toujours au fond de l’église, mais bien oubliés et poussiéreux.
Montmayeur (Jacques de)
Avant 1433, un jeune comte dont la famille est au service du duc de Savoie*, Jacques de Montmayeur, après être allé à Jérusalem avec son père Gaspard, puis à Saint-Patrick en Irlande, “ alla ensuite visiter le seuil de saint Jacques et, monté sur la flotte du roi de Castille, conduisit à ses frais un grand nombre de valeureux nobles combattre les Infidèles… ”.
Montrouge
(Hauts-de-Seine, ar. Antony)
Le 12 juillet 1885, selon la bulle* du pape Léon XIII* qui vient d’authentifier les reliques de saint Jacques à Compostelle, l’évêque de Paris désigne l’église Saint-Jacques de Montrouge comme l’un des trois sanctuaires (avec Aubervilliers* et, à Paris la Villette*) où se rendre en pèlerinage si on ne peut pas aller jusqu’à Compostelle. Il octroie “ une indulgence* plénière pour les âmes du purgatoire, aux fidèles (paroissiens et autres) qui, s'étant confessés et ayant fait la sainte communion, visiteront l'une de ces trois églises le dimanche 26 juillet, jour de la solennité de saint Jacques… ”. Il est à noter qu’aucune de ces quatre églises n’a jamais été située sur l’ancien tracé Paris-Orléans et n’a pu constituer une étape sur le chemin de Compostelle. La première mention d’un curé de Montrouge date du XIIIe siècle, ce qui prouve qu’il y avait déjà une paroisse. Quant au vocable, il n’apparaît qu’en 1617, ce qui ne signifie pas qu’il n’ait pas existé auparavant ; à partir de cette date, il oscille entre Saint-Jacques et Saint-Christophe pour les uns, Saint-Jacques et Saint-Philippe pour d’autres. Démolie une première fois après 1677, une seconde fois vers 1825, elle fut détruite à nouveau en 1930 après que l’église actuelle ait été érigée à son chevet. Elle le fut dans le cadre des chantiers du cardinal Verdier. Elle fut ouverte au culte le 5 décembre 1939. Son architecture peut surprendre, elle est en béton et construite sur le modèle des hangars de dirigeables et d’avions à Orly. Le clocher n’a jamais été construit, faute de moyens. La décoration intérieure est largement inspirée par le vocable : des centaines de petits vitraux ornés de coquilles dorées, des peintures murales, postérieures à 1945, racontant la légende de saint Jacques.
Mont Saint-Jacques
Saint Jacques est invoqué en altitude, peut-être à cause de son pouvoir* d’éloigner les tempêtes qui sévissent dans les hauteurs plus violemment qu’ailleurs (voir conque marine). On trouve par exemple une colline Saint-Jacques à Béziers, une pointe Saint-Jacques (2531 m) dans le massif de Lauzière en Savoie, des “ tours ” Saint-Jacques à Allèves en Haute-Savoie, un frêne Saint-Jacques au haut de la butte de Bouffry (250 m.), une chapelle d’alpage au plus haut de la vallée de la Clarée à Névache* (2000 m.). En Tarentaise*, un mont Saint-Jacques (anciennement mont Benoît) à Mâcot-la Plagne (2405 m.) a emprunté son nom à une chapelle que saint Jacques* de Tarentaise y aurait construite. Les textes la mentionnent au XVe siècle. Elle aurait été faite avec les pierres d’un camp antique qui couronnait le mont. Encore au XIXe siècle, on y allait en pèlerinage pour demander la pluie car, au sommet, une pierre était toujours pleine d’eau, dans laquelle les pèlerins trempaient leur croix de procession. Aujourd’hui, restent les murs de la chapelle, en cours de restauration, et une grande croix.
Monte del Gozo
Montjoie*, premier point depuis lequel les pèlerins aperçoivent les tours de la cathédrale de Compostelle. Lieu de rassemblement des pèlerins lors de la visite de Jean-Paul II* est aujourd’hui équipé d’un grand complexe hôtelier et touristique permettant de faire face à l’afflux des visiteurs.
Montpellier
(Hérault)
Montpellier est l’une des rares villes citée par le Guide* du pèlerin qui n’ait pas eu l’honneur d’être distinguée par l’UNESCO* afin d’être inscrite au Patrimoine* Mondial au titre des chemins de Compostelle. En 1220, le roi Jacques Ier* d'Aragon, dit le Conquérant, ordonna la fondation d'un hôpital à Montpellier et demande à son mandataire Guillaume de Peyrefixe “ d’y vouloir mettre le nom de saint Jacques, à cause qu’il s’appelle Jacques ”. Selon lui, ce nom de Jacques qui lui fut donné fut un signe du destin, une élection divine faisant de lui, le catalan, la figure symétrique de celle de Jacques de Galice. Cet hôpital était situé au nord-ouest de la ville, à l’angle de la rue du Carré-du-Roi et du faubourg auquel il a donné son nom, Saint-Jaume*. La porte* par laquelle on entrait dans le faubourg prit le même nom. Selon les historiens de la ville, Jacques Ier y passait lorsqu’il se rendait dans son jardin, le Carré du Roi. L’hôpital était géré par les bourgeois de la ville, assistés d'une confrérie Saint-Jacques dont on conserve les statuts datés de 1272, rien n’y indiquant que les membres soient allés à Compostelle. Elle témoigne d’un souci de participer à la vie politique de la ville car elle se préoccupe d’ordre moral, de bonne vie et mœurs, de paix et de calme, sous la houlette des plus hautes autorités civiles, le roi de Majorque et son représentant le bayle de Montpellier. Au XVe siècle, le pèlerin Hermann Künig* signale que, dans cet hôpital, “ l'hôte n'aime pas les Teutons ” ! L’histoire de cet hôpital est typique du syndrome* de Compostelle qui a frappé certains érudits avant d’atteindre le grand public. En 1855, A. Germain (souvent recopié), alors même qu’il avait sous les yeux le document d’origine dont il donne la cote, le falsifiait sans le moindre scrupule afin qu’il corresponde à ses certitudes préétablies : “ Un pieux bourgeois, Guillaume de Peyre-Fixe, revenu de Saint-Jacques-de-Compostelle, le fonda en 1220, en faveur des fidèles qui entreprendraient à l’avenir ce pèlerinage ” Aujourd’hui, l’une des églises de la ville, construite en 1968, a été mise sous le vocable Saint-Jacques. (Il est possible que la rue Saint-Jacques tienne son nom d’une église disparue) et, au Crès-Jacou (l’étymologie ramène à Jacques), banlieue nord-est de Montpellier, une nouvelle paroisse Saint-Jacques-de-Compostelle à vu le jour, à cause, dit-on, du passage des pèlerins sur un chemin d’aujourd’hui, “ symbole du cheminement de la communauté vers le Seigneur ”. Autre symbole contemporain, les coquilles Saint-Jacques placées en 2005 sur la façade en trompe-l’œil de la place Saint-Roch.
Morisques
Musulmans convertis au christianisme en 1499 sur ordre d’Isabelle la Catholique. En 1609 Philippe III décida leur expulsion. L’Inquisition les soupçonnait de n’avoir abjuré l’Islam qu’en apparence et de représenter un danger pour l’Espagne en fomentant des alliances avec les musulmans d’Afrique. Certains ont profité du costume du pèlerin pour revenir incognito. Cervantès en fait un portrait très réaliste dans Don Quichotte.
Mort
On a souvent dit que la marche vers l’Ouest est une marche vers la mort, au-delà de laquelle est une renaissance dont la coquille* est le symbole. Aujourd’hui, un certain nombre de pèlerins se retrouvent sur le chemin de Compostelle après la mort d’un proche. Consciemment ou non, ne sont-ils pas là pour implorer l’aide de saint Jacques, capable de ressusciter* les morts ou, en cas d’insuccès, de se faire passeur* de leurs âmes afin de leur assurer une place au Ciel ?
- Morts sur le chemin
Presque chaque année, malheureusement, des pèlerins, mal préparés ou mal renseignés, meurent d'épuisement dans des étapes difficiles comme celle de Roncevaux. D’autres sont accidentés de la route. Même si saint Jacques les accompagne sur le chemin des étoiles, les règles élémentaires de précaution et de prudence restent nécessaires. De plus en plus de monuments rappellent leur souvenir le long du chemin… Un Japonais dans le Puerto de Erro, un Belge un peu avant Zaraquiegui, un Allemand dont le monument est “ orné ” d’une bicyclette à El Acebo, etc. Une bonne dizaine désormais jusqu’à Santiago…
Motivations
La motivation “ chimiquement pure ” n'existant pas, bien imprudents sont ceux qui peuvent distinguer le vrai du faux pèlerin. Dévotion, défi personnel, exploit sportif, invitation amicale, deuil, faible coût, désir de rencontres, quête* de soi, sont autant de raisons de prendre le chemin. L'augmentation constante du nombre de pèlerins, en particulier lors des années* saintes laisse penser qu'il y a un effet d'entraînement et de mode (il est bien d'avoir “ fait le Saint-Jacques ”, en tout ou partie)... mais il est indéniable qu’il existe une magie* de Compostelle appelant à cette aventure* répondant à un besoin de la société. Elle créée chez les marcheurs empruntant ces chemins des comportements différents de ceux qu’ils ont sur d’autres sentiers, autour du Mont Blanc, en Corse ou ailleurs. C’est le seul chemin sur lequel ils sont identifiés comme “ pèlerins ”, même si certains récusent ce terme à connotation religieuse. Les rencontres* y sont d’une autre nature. Plaise à saint Jacques que cet esprit* perdure malgré l'affluence croissante !
Moyen Age
Période historique commençant avec la chute de l'Empire Romain et s'étendant du Ve au XVIe siècle. Longtemps limitée à la prise de Constantinople en 1453, cette période est de plus en plus étendue jusqu'à 1492 et même au Concile de Trente (1545-1563). Pendant toute cette période, l’imbrication entre pouvoir religieux et pouvoir politique a été forte. Les grands sanctuaires n’ont pas échappé aux luttes d’influence et leur histoire ne peut être réduite à leur dimension spirituelle. Les historiens du XIXe siècle ont souvent donné une image déformée de cette période.
Münzer (Jérôme)
Jérôme Münzer, médecin à Nuremberg depuis 1480 est confronté à deux épidémies de peste, en 1484 et en 1494. Les deux fois, il applique “ l’antique remède de la fuite ”, la première fois vers l’Italie, la seconde vers l’Espagne. En même temps, il en profite pour travailler sa passion scientifique pour les grandes découvertes. A ce propos il sert d’intermédiaire entre l’empereur Maximilien et le roi du Portugal au sujet d’un projet d’expédition. Il rencontre aussi les Rois catholiques, Ferdinand et Isabelle. Comme beaucoup de voyageurs, il inclut dans ses centres d’intérêt les sanctuaires de pèlerinage. C’est ainsi qu’à Compostelle il copie une version ancienne de la Chronique de Turpin. Le récit de son second voyage, Itinerarium, est conservé dans un unique manuscrit, à la bibliothèque de Munich.
Muxia
Ville de Galice, à l'extrémité Nord de la “ Costa de la Muerte ”, au Nord du cap Finisterre*, lieu de pèlerinage à Notre-Dame* de la Barque.
Mystères
Les jours de fêtes* sont jouées des pièces de théâtre appelées “ mystères ” dont les acteurs sont souvent des membres de la confrérie* Saint-Jacques. Ils ont beaucoup contribué à la diffusion de la légende compostellane. A Béthune en 1502 et 1503 vingt-trois confrères jouent Le jeu de la vie de monseigneur saint Jacques. A Aire-sur-la-Lys* en 1524, saint Jacques est monté sur un cheval blanc et porte un étendard “ pour marque des anciennes victoires remportées autrefois contre les Infidèles ”. En 1528 les confrères de Pithiviers jouent deux fois les Jeux et mystères de Mg. sainct Jacques. A Douai* en 1538 ils donnent le Jeu des miracles de saint Jacques. A Angers* un parc de jeux est installé place de la halle où sont présentés des “ jeux Saint Jacques ” avec intervention de l’artillerie et des canons de la ville.
Mythes
Le Petit Robert donne cinq équivalences pour ce mot. Quatre s’appliquent au pèlerinage contemporain à Compostelle : 1- Récit fabuleux transmis par la tradition (ceux de la légende* de saint Jacques rassemblés dans le Codex Calixtinus). 2- Pure construction de l’esprit (les nombreux miracles). 3- Représentation idéalisée de l’état de l’humanité dans un passé fictif (les millions de pieux pèlerins médiévaux). 4- Image simplifiée, souvent illusoire […] qui joue un rôle déterminant dans le comportement (images colportées par les médias qui mettent sur les routes de nombreux pèlerins). S’il naît d’une réalité qu’il embellit, le mythe est ainsi créateur d’histoire*.

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