| Nantes
(Loire Atlantique)
Au XIIe siècle fut fondé, à Nantes, un prieuré
bénédictin Saint-Jacques autour duquel se développa
un quartier* Saint-Jacques. Il était situé au village de
Pirmil, au bout des ponts sur la Loire. La porte qui ouvrait sur ces ponts
était flanquée de deux tours, dont une tour* Saint-Jacques,
à l’est. Contrairement aux idées reçues, ce
prieuré n’a jamais exercé d’autre hospitalité
qu’une aumône hebdomadaire aux pauvres, de Noël à
la Saint-Jean, aucun document médiéval ne rapporte que les
moines faisaient traverser la Loire aux pèlerins de Compostelle,
ni n’atteste de la présence d’un hôpital adjacent.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le prieuré
devint un dépôt de mendicité. A ce moment, l’église
du prieuré devint paroissiale, ouverte à tous les habitants
du quartier, des tisserands en majorité (un chapiteau du XIIIe
siècle représente saint Jacques pèlerin ; statue,
vitrail et bannières datent des XIXe et XXe siècles). Vers
1835, les bâtiments conventuels furent démolis pour laisser
la place à hôpital général moderne, avec une
spécialisation psychiatrique pilote. Une chapelle y fut intégrée,
dans laquelle sont conservées les anciennes stalles de l’église.
Napoléon (1769-1821)
Empereur des Français de 1804 à 1815. De 1808 à 1813,
il mène des campagnes de conquêtes en Espagne. En 1808, ses
troupes séjournent à Compostelle où elles pillent
la cathédrale. Pour longtemps, les Français furent de ce
fait indésirables en Espagne. Aujourd’hui, il n’est
pas exclu que ces exactions ne soient encore dans la mémoire de
certains, comme les campagnes de Turenne le sont encore outre-Rhin. Un
monument nouveau, à Astorga, montrant un lion écrasant un
aigle, en est une preuve.
Navarrenx
(Pyrénées-Atlantiques, ar. Oloron-Sainte-Marie)
Cette petite ville est devenue un haut-lieu du pèlerinage contemporain
à Compostelle par l’action de l’ancien curé
de la paroisse connu de tous les pèlerins pour la qualité
de son accueil et de son écoute, le père Ihidoy, qui fut
l’une des grandes figures* du chemin.
Nef
La nef est le grand volume intérieur d’une église*.
Elle est souvent bordée de bas-côtés*.
Neige
Fréquente au printemps sur le plateau de l’Aubrac*, à
Roncevaux ou en Castille, elle peut aussi surprendre en fin de saison.
Certains pèlerins ont payé de leur vie un départ
imprudent dans le froid. Les paysages enneigés accentuent l’impression
de solitude et leur calme favorise la méditation et le retour sur
soi.
Névache
(Hautes-Alpes, ar. et c. Briançon)
Située dans la vallée de la Clarée, affluent de la
Durance, cette commune possède une chapelle Saint-Jacques, la dernière
d'une série de vingt minuscules chapelles construites, sans doute
au XVIIIe siècle, par les propriétaires d'alpages. Elle
est située au confluent de la Clarée et d'un “ ruisseau
Saint-Jacques ” qui descend de la montagne. Lequel a donné
son nom à l'autre ? Signes de la piété populaire,
ces modestes chapelles sont aussi les témoins d’une émulation
entre leurs bâtisseurs.
Nicod de Menthon
Voir Menthon
Nicolaï (Alexandre)
Erudit de la fin du XIXe siècle qui traça une des premières
cartes des chemins de Compostelle en Aquitaine à partir des indications
de l’édition du Père Fita*. Il écrivait néanmoins,
en 1897, dans Monsieur saint Jacques de Compostelle : “ au sujet
des chemins de Saint-Jacques il sera peut-être oiseux pour l’avenir
de chercher à compléter davantage le réseau …
ce sera sans grand intérêt car on ne fera que reconstituer
le réseau des communications pendant le Moyen Age ”.
Niederstrasse
Voir Oberstrasse. La Niederstrasse emprunte un itinéraire différent
de l’Oberstrasse*, plutôt itinéraire de retour : elle
se dirige vers le bas (Nord) et revient d’Espagne par la côte
basque, Bordeaux, Blaye, Pons, Saintes, Tours, Orléans, Paris,
Clermont d’Oise, Arras, Douai, Valenciennes, Mons, Bruxelles, Maastricht,
Aix-la-Chapelle.
Nîmes
(Gard)
Au Moyen Age, Nîmes est située sur l'une des routes Allemagne-Espagne,
l'Oberstrasse* qui emprunte la vallée du Rhône. Elle est
aussi un point sur une route Italie du Nord-Espagne, franchissant les
Alpes au col de Montgenèvre. Plusieurs pèlerins ayant emprunté
ces grandes routes commerciales mentionnent la ville, racontant parfois
l'histoire telle qu'ils l'ont comprise. En 1446, Sébastien Ilsung*
est impressionné, vraisemblablement, par le temple de Diane des
jardins de la Fontaine, bien avant les détériorations massives
: “ un temple puissant construit en gros murs et de si grosses pierres
que l'on n'eût pas cru possible que les hommes les aient transportées.
Il est encore plus grand que la maison de Théodoric à Vérone.
L'empereur Charles de France vint et détruisit ce temple et l'idolâtrie
des païens, et ce fut un grand combat. Un ange envoyé par
Dieu donna à l'empereur Charles l'épée et trois lys
jaunes ainsi qu'un bouclier bleu, ce qui lui permit de remporter la victoire
et de convertir tout le pays à la foi chrétienne. Ce furent
les derniers païens qu'il défit et sur lesquels il remporta
la victoire avec l'aide de Dieu. Amen ”. En 1466, Léon de
Rozmital* ne retient que les constructions antiques : “ Nîmes,
dans une plaine d'un côté et de l'autre donnant sur des montagnes
possède une citadelle. Au- dessus de la ville, dans la montagne,
se dresse une tour isolée, qu'un roi païen du nom d'Uzès
fit édifier. C'est lui aussi qui prit soin de construire dans la
ville un grand et bel amphithéâtre, dans lequel il y a un
temple magnifiquement orné où étaient installées
les idoles païennes ”. En 1490 Hermann Künig*, plus prosaïque,
voit seulement “ une tour curieuse ainsi qu'un couvent des Augustins
où l’on donne l'aumône ”. Aucun d'eux ne mentionne
l'hôpital* Saint-Jacques fondé au XIVe siècle par
une très active “ confrérie* des pèlerins de
Saint-Jacques ” formée principalement d'artisans et de commerçants.
En réalité, seuls quelques confrères sont d'anciens
pèlerins de Galice. Le siège premier de la confrérie
fut sans doute une très ancienne chapelle Saint-Jacques, proche
de l'actuelle Porte de France (ancienne Porte Couverte, puis porte d'Espagne).
En 1321, la confrérie construit un hôpital pour “ héberger
pèlerins et autres trépassans ”, situé près
de la porte du Champ-de-Mars (porte Saint-Antoine à partir de 1350)
à l'intérieur des murailles médiévales, approximativement
à hauteur de l'actuelle rue de la Monnaie. En 1346, les locaux
sont agrandis au-delà de la muraille. L'hôpital Saint-Jacques
connaît là ses heures de gloire. Malheureusement, en 1482,
il fut fermé ainsi que tous ceux qui se trouvaient dans la ville,
pour des raisons sanitaires. Sur son emplacement, se succédèrent
un “ Logis de la coquille ” puis l'hôpital Général
au XVIIe siècle et enfin le lycée Daudet. L'hôpital
fut fondu dans l'hôtel-Dieu Ruffi, sans doute voisin de la chapelle
Saint-Jacques ancienne, laquelle est encore mentionnée au XVIe
siècle comme “ église Saint-Jacques de la Porte Couverte
”. Ce n'est qu'en 1937 que la vocation hospitalière du lieu
céda la place à la Chambre de Commerce. Hormis le site,
restent la rue de l'Hôtel-Dieu et la rue Ruffi. Ayant appartenu
à la confrérie Saint-Jacques, une auberge nommée
“ Logis de Saint-Jacques ” perdura jusqu'au XVIIe siècle.
En 1500, elle fournissait encore des chevaux frais aux voyageurs qui en
avaient besoin.
Nombre (de pèlerins)
“ Jusqu’à 500 000 par an ”, cette estimation
faite par René de La Coste-Messelière* et reprise par Daniel
Rops* a durablement marqué les esprits et excité les imaginations.
Elle repose sur des dénombrements basés sur la capacité
d'accueil des hôpitaux en faisant l'hypothèse que chacun
d'eux avait été créé uniquement pour les pèlerins
de Compostelle et ne recevait qu’eux. Ce qui conduit à ces
nombres de plusieurs centaines de milliers de pèlerins par an au
Moyen Age. L’usage abusif des termes de millions* de pèlerins,
contribue au syndrome* de Compostelle.
Nompar de Caumont
Nompar de Caumont (1391-1446), seigneur de Caumont-sur-Garonne (Lot-et-Garonne,
cant. le Mas d’Agenais) accomplit un voyage à Compostelle
du 8 juillet au 3 septembre 1417. Il a laissé le récit de
son Voyage à Saint-Jacques en Compostelle et à Notre-Dame
de Finibus Terrae, racontant en détail la légende du pendu-dépendu*
qu’il a entendue à Santo-Domingo-de-la-Calzada. Deux ans
plus tard, il va à Jérusalem. Ayant pris le parti des Anglais
pendant la guerre de Cent Ans, il est dépouillé de ses biens
et contraint de s’exiler en Angleterre d’où il ne revient
pas.
Normandie : voir l'article sur le sauvetage d'une statue de saint
Jacques à Rouen
et la présentation de l'église Saint-Jacques de Montebourg
Notre-Dame de la Barque
Sanctuaire situé sur la côte occidentale de la Galice, à
proximité de Muxia*, au Nord du cap Finisterre*. Selon une légende
rapportée entre autres par Sébastien Ilsung*, la Vierge
Marie y serait venue en aide à saint Jacques pendant sa mission
d'évangélisation. Elle serait arrivée dans la Barca
de Pedra, une barque de pierre dont subsistent des vestiges sous la forme
de rochers. Deux traditions se prolongent encore. La première consiste
à essayer de remuer la Pedra de Abalar, rocher qui serait le corps
du bateau, abalar signifiant bouger. Seuls les justes, sans péché,
y réussissent. La seconde consiste à passer sous la Pedra
dos Cadris qui serait le mât et la voile de la barque de la Vierge
(Cadrís étant le pluriel de cadril, partie du corps humain
appelée le bassin, donc passer sous cette pierre soigne le mal
aux reins, les rhumatismes). Un troisième rocher, Timón,
symbolise le gouvernail du bateau. Une chapelle Notre-Dame au bord de
la mer rappelle cette légende. Ce sanctuaire a toujours été
fréquenté par les Galiciens, principalement le jour de la
fête qui a lieu le premier dimanche après le 8 septembre.
Jusqu’au milieu du XVIe siècle, il attirait les pèlerins
de Compostelle de la même manière que celui de Finisterre*.
Les pèlerins d’aujourd’hui prolongent de plus en plus
souvent leur séjour à Fisterra par une visite à Muxia.
Notre-Dame de Fisterra
Sanctuaire dédié à Notre-Dame de Guadalupe sur le
cap Finisterre en Galice.
Notre-Dame de Guadalupe : sanctuaire voué à une Vierge Noire dont
la statue aurait été donnée au VIe siècle par le Pape Grégoire le Grand
à saint Léandre, évêque de Séville. Egarée ensuite pendant 600 ans elle
fut retrouvée miraculeusement en 1326 par un bouvier nommé Gil Cordero
au-dessus du village de Guadalupe, en Estremadure. Un monastère fut fondé
en 1340 pour accueillir les très nombreux pèlerins. Parmi les pèlerins
médiévaux, Léon de Rosmital et Christophe Colomb, auquel on semble devoir
le nom de l’île de la Guadeloupe.
Notre-Dame de Lorette : sanctuaire situé en Italie dans les Marches
d’Ancône où on vénère la maison de la Vierge de Nazareth, transportée
à Lorette par des anges. De 1468 à 1513, la Santa Casa fut enfermée dans
une très riche église où se sont pressés de nombreux pèlerins
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