| Talmont
(Charente-Maritime, ar. Saintes, c. Cozes)
Ville de la côte Nord de l'estuaire de la Gironde qui, entre 1934
et 1985, a été touchée par le syndrome* de Compostelle.
Grâce au concours de quelques intellectuels et curés enthousiastes,
elle a intégré dans son passé médiéval
les passages supposés de pèlerins de Compostelle qui occultent
l’intérêt propre de son patrimoine. 
Tampon
Marque apposée chaque jour sur le carnet* du pèlerin comme
preuve de son parcours exigée du Bureau* des pèlerinages
pour la délivrance de la Compostela*. N’importe quel tampon
convient mais de plus en plus de paroisses, offices du tourisme ou gîtes
font dessiner des tampons spéciaux, à base de coquilles
et bourdons. Alors qu'un seul par jour est suffisant, la collection de
tampons tend à devenir une activité dérivée
du pèlerinage. Le carnet qui leur sert d’écrin devient
un souvenir précieux, fièrement montré aux néophytes
ou présenté sur Internet*.
Tarentaise et Beaufortin
En Savoie, les éléments de la double légende de saint
Jacques (apôtre et évêque de Tarentaise) restent très
mélangés et très présents dans les églises
ou chapelles ainsi que dans les contes populaires. En Tarentaise, saint
Jacques se retrouve aux prises avec le Diable à la chapelle Saint-Jacques
de Bonvillard, à Granier (où il est représenté
en pèlerin) ; pour prouver qu’il est le plus fort, il franchit
d’un bond la vallée de l’Isère, du mont* Saint-Jacques
à la chapelle Saint-Sigismond d’Aime (on dit que cette chapelle
aurait été édifiée par saint Jacques lui-même)
; du même mont Saint-Jacques il fait un concours hippique avec Satan
en sautant jusqu’à Mâcot. Il est décidément
un grand sportif car il saute également depuis la chapelle Saint-Jacques
de Hautecour jusqu’au rocher de Saint-Marcel. Il a poursuivi sa
mission d’évangélisation puisqu’on le retrouve
à l’église de Versoye à Bourg-Saint-Maurice
(récemment à la chapelle des Arcs 2000), puis au col du
Cormet, toujours aux prises avec le Diable. En Beaufortin, il est encore
présent à la chapelle Saint-Jacques de Boudin à Arêches-Beaufort
et à l’église de Hauteluce, tout comme à Tignes,
dans la haute vallée de l’Isère où les deux
personnages sont vénérés simultanément.
Thaumaturge
Comme tous les autres saints, saint Jacques est souvent invoqué
par des malades qui croient en son pouvoir d’intercession*. Comme
eux, il ne se spécialise guère avant le XIVe siècle
(il devient patron des voyageurs). Tout autant que les Actes*, l'Epître*,
prescrivant l'onction pour les malades, ouvre l'espoir à des guérisons.
Les miracles sont consignés dans différents Livres* des
Miracles de saint Jacques. On y constate que l’apôtre guérit
volontiers les tumeurs ; il rend la parole aux muets, la vue aux aveugles,
les jambes aux paralytiques. Il protège la santé des jeunes
mères et des enfants. Il se montre efficace dans la cessation des
maladies contagieuses et est particulièrement invoqué en
temps de peste. La coutume est sans doute ancienne, mais on en trouve
seulement trace à partir de 1467 à Paris*, au moment où
sévissait une “ pestilence ”, on porta en procession*
“ l’os du bras mons. S. Jaques ” depuis l’église
Saint-Jacques-de-l’Hôpital* où il était conservé
jusqu’à Saint-Germain-des-Prés. A Perpignan*, on voit
une semblable procession organisée derrière le chef * de
saint Jacques en 1482, suivie de l’envoi de deux habitants à
Compostelle. Pour la même raison, en 1489, la ville d’Arras*,
détentrice aussi d’un chef de saint Jacques, envoie deux
bourgeois à Compostelle. Hélas, saint Jacques n’est
pas tout puissant, car la peste sévit aussi en Galice : durant
l’hiver 1517-1518, la ville de Bayonne refoule tous les pèlerins
qui reviennent de Compostelle. En 1569, Compostelle accuse les pèlerins
qui arrivent d’être “ atteints de maux contagieux ”
et se préoccupe de les chasser au bout de trois jours. Au XVIIe
siècle, les autorités de la province d’Alava interdisent
tout passage de pèlerins venant de Nantes ou Bordeaux, à
cause encore des risques de contagion de la peste.
Téléphone (portable)
Heureux ceux qui peuvent s'en priver pendant le temps de leur pèlerinage.
Tellurisme
Depuis son origine, l'homme baigne dans un ensemble de fluides immatériels
dont certains sont mesurables, comme le magnétisme terrestre, la
radioactivité naturelle de la planète et d'autres, comme
le rayonnement cosmique. L'expérience des choses de la nature montre
que les organismes vivants paraissent réagir positivement ou négativement
aux lieux, environnements, ambiances auxquels ils sont soumis. Ainsi des
herbes, arbres, etc. poussent-ils drus et droits et, à quelques
mètres de là, d'autres sont déformés ou paraissent
malades ou voient proliférer les plantes parasites ou vénéneuses.
Ainsi dans les maisons, peut-on observer que les endroits qu'affectionnent
les chats ne sont pas ceux que préfèrent les chiens. Ainsi
de l'homme qui dit se sentir bien en certains lieux et mal dans d'autres.
Ces phénomènes ont été étudiés
depuis la très haute antiquité et l'homme a toujours cherché
à les utiliser à son profit. C'est de là que viennent
les “ sciences de la terre ” qui furent d'abord empiriques
(radiesthésie, sourcellerie ou fen-shui, radiesthésie venue
de Chine...) avant de devenir sciences à part entière (comme
la géobiologie). On sait maintenant, qu'en plus de son magnétisme
naturel, notre planète est parcourue par un grand nombre de courants
électromagnétiques issus des profondeurs, qu'elle est émettrice
de rayonnements résultants de la radioactivité naturelle
des roches, etc. Ces courants, rayonnements, émissions, etc. pourraient
être amplifiés, absorbés, déviés par
les diverses compositions et composantes des sols telles que les failles
géologiques, la plus ou moins grande conductibilité des
roches, les eaux souterraines, etc... Le constat est que, très
souvent, des monuments anciens, comme les cathédrales, églises,
monastères..., semblent avoir été construits sur
des lieux dégageant une “ énergie ” particulière
qui peut se ressentir ou non, où paraissent se rencontrer des eaux
souterraines et certains de ces courants. Si l'on rapproche les cartes
de France des courants telluriques (Université de Strasbourg),
des failles géologiques, des impacts sismiques et des principaux
“ Chemins de Compostelle ”, on peut voir que ces chemins “
fréquentent ”, parfois sur des distances assez longues, ces
courants, failles et points sismiques sur lesquels peuvent se trouver
quelques-unes de ces grandes étapes. Dans les édifices religieux
romans et gothiques qui jalonnent la pérégrination, on peut
voir des ornementations de chapiteaux – comme la fameuse Vouivre*
de Neuvy-Saint-Sépulchre* –, colonnes torses – comme
à Estella -, porches à dentures – comme à Cirauqui
-, ou les Chrismes* pyrénéens (chers à Raoul Vergez*)...
qui, selon la tradition, seraient évocateurs de ces “ forces
”, dont les Compagnons* auraient acquis la maîtrise, et qui
se trouveraient être mises au service des fidèles grâce
à certaines particularités de la construction. Mythes ou
réalité ? Par expériences personnelles, l'auteur
de cette notice penche pour la seconde hypothèse. Mais cela sans
pour autant se départir de l'obligation scientifique du “
doute nécessaire ”.
Jean-Marie Lepage
Templiers
Ordre religieux-militaire créé au début du XIIe siècle
pour la protection des pèlerins de Terre Sainte. En France l’Ordre
avait de nombreuses commanderies qui généraient des revenus
destinés à la Terre Sainte. Aucun historien spécialiste
n’a jamais établi un lien quelconque avec le pèlerinage
de Compostelle. C’est donc à tort que les commanderies sont
aujourd’hui utilisées pour justifier l’historicité
de tel ou tel chemin.
Tendinite
Douleur qui impose parfois un repos de quelques jours, voire un arrêt
de la marche. Elle risque de frapper le pèlerin qui ne boit pas
suffisamment ou fait des efforts démesurés par rapport à
sa condition physique, par exemple en empruntant des chemins difficiles
pour fuir le goudron*.
Tente
Utile pour ceux qui sont allergiques à la promiscuité et
aux ronflements. Il y en a aux alentours de 2 kg. mais le camping sauvage
n'est pas admis partout !
Testament
Pendant toute la période médiévale beaucoup de pèlerins
ne prenaient la route qu’après avoir rédigé
leur testament. Le pèlerinage, dont on risquait de ne pas revenir,
avait une dimension bien différente de celle que nous lui connaissons.
Il est aussi arrivé souvent qu’un testament impose aux héritiers
l'accomplissement d'un vœu* de pèlerinage non réalisé,
tel celui de Jacques Cœur*. Quant à savoir si ces vœux
sont respectés, impossible le plus souvent. Parfois et très
fortuitement on sait que tel ou tel ne l'a pas été, tel
celui de Jacques Cœur ou celui de Rose de Bourg qui, au XIVe siècle
demande à son fils Bernard d'Albret d'aller en son nom à
Compostelle, lequel à son tour transmet le message à ses
propres fils dans un premier testament avant de n'en plus parler dans
le second. Un prêtre d'Angers, lui, ne se fait guère d'illusions
qui, en 1362, demande quatre pèlerinages, à moins, dit-il,
que ses héritiers ne trouvent un meilleur emploi à l'argent
prévu.
Théodore
Voir Athanase
Tolérance
C’est avec la fraternité* une des vertus que le chemin permet
d’expérimenter.
Tombeau (de saint Jacques)
Si pour une majorité de personnes le tombeau de saint Jacques se
trouve à Compostelle, il n'en reste pas moins que d’autres
lieux se prévalent de l'abriter, dont Jérusalem. Certes,
on peut trancher en affirmant qu’il s’agit du tombeau de Jacques
le Mineur qui fut évêque de Jérusalem avant d’être
martyrisé par le marteau du foulon. Mais tout n’est pas si
clair puisque Jacques dit le Majeur fut lui aussi martyrisé à
Jérusalem. Le fait qu’il ait été décapité
complique encore les choses car le lieu d’inhumation de la tête
diffère parfois de celui du corps. D’autre part, la distinction
entre ces deux Jacques n’a pas été faite aussi clairement
durant le Moyen Age. Il en résulte un grand nombre de tombeaux,
de reliques* et de reliquaires* disséminés partout en Europe.
- Le tombeau de Compostelle
La découverte du tombeau de Compostelle, datée du IXe siècle,
est rapportée pour la première fois au XIIe siècle
dans l’Historia compostelana*, d’après un document
daté de 1077, la Concordia d’Antealtares : au temps de Charlemagne
et d'Alphonse II vivait un ermite nommé Pélage auquel les
anges révélèrent la présence du corps de saint
Jacques. Les voisins eurent confirmation de ce prodige en voyant planer
des lumières surnaturelles au-dessus d'une grotte. L'évêque
d'Iria Flavia*, Théodomir vérifia les faits, ordonna un
jeûne de trois jours au terme desquels il prit la tête des
fidèles et se dirigea vers l’endroit. Là, “
ils découvrirent un petit bâtiment à l'intérieur
duquel se trouvait une tombe en marbre, un tombeau recouvert de pierres
marmoréennes, une sorte de petite maison voûtée, de
petits bâtiments avec un autel. Ce tombeau était enterré
sous des voûtes de marbre… ”. Alerté, le roi
Alphonse II vint sur les lieux, fit des dons et ordonna l’édification
de trois églises, l'une dédiée à saint Jacques,
l'autre à saint Jean-Baptiste, la troisième en l'honneur
du Sauveur qui devint celle du monastère d'Antealtares (“
devant les autels ”), chargé de la garde du tombeau. Douze
moines devaient veiller au culte, dans une zone évaluée
à trois hectares constituant le véritable “ lieu saint
Jacques ”. A côté fut construite une résidence
épiscopale. L’histoire de Compostelle* commençait.
Malgré les affirmations de Compostelle certifiant, au XIIe siècle,
que “ le corps de l’apôtre est ici tout entier ”
et que, même “ Philippe roi de France ” qui essaya jadis
de l’emporter n’a pas réussi “ à le faire
sortir de son sarcophage ”, il semble bien que la “ construction
” de ce corps ne s’est pas faite avant le XVe siècle.
En 1056, des Liégeois en visite ne voient rien d’autre que
des reliquaires dispersés entre la cathédrale et la chapelle
royale. Au XIVe siècle, l’église Saint-Sernin de Toulouse*
prétend, très officiellement, posséder “ le
corps de saint Jacques et sa tête et le corps de saint Jacques le
Mineur, excepté sa tête qui est en Galice ”. De fait,
les pèlerins ne voient, en fait de relique, qu’une tête
enfermée dans un riche reliquaire par Béranger* de Landorre
en 1322. En 1325, les pèlerins de Bagnères-de-Bigorre reviennent
du “ lieu de Compostelle où est le chef du glorieux apôtre
monseigneur saint Jacques ”. D’autres témoignages concordent.
Personne n’a jamais vu le corps dont on dit qu’il est conservé
sous l’autel. Au XVe siècle, des pèlerins demandant
à voir les reliques se font rabrouer vertement et menacer d’excommunication.
En 1534, un chanoine de la cathédrale confie à un pèlerin
anglais, Andrew Borde que le peuple est abusé en “ faisant
vénérer une chose qui n’est pas ici ” et qu’il
n’y a “ pas un cheveu ni un os de saint Jacques ”. Et,
en 1572, Ambrosio Morales, historiographe de Philippe II dans l'exercice
de ses fonctions, se vit refuser l’autorisation qu’il demandait
pour le roi de descendre dans la crypte. En 1601 a enfin lieu l’ouverture
tant réclamée … mais on trouve un tombeau vide. Alors,
puisqu’il faut bien trouver une explication, on dit que le corps
a été enlevé en 1589 au moment de l’expédition
anglaise de l’amiral Drake qui souhaitait détruire Saint-Jacques,
“ principal bastion de la superstition papale ”. En 1624 les
reliques sont encore dites “ si bien enterrées et si bien
cachées que personne ne pourrait venir jusqu’à elles
”. En 1738 le cérémonial d’intronisation des
archevêques ne mentionne pas de descente au sépulcre. Ce
n’est qu’en 1879 qu’on retrouve soi-disant le corps
disparu et qu’en 1884 la découverte est officialisée
par la bulle Deus* omnipotens. En 1891, les premiers pèlerins furent
admis à descendre dans la crypte. Cette crypte est située
sous le maître-autel. Sur un autel est placé le reliquaire
d’argent contenant les ossements authentifiés. Il fut réalisé
par les orfèvres compostellans Rey et Martinez en 1886. Le dessin
est dû à J. Losada qui s’inspira d’un retable
du XIIe siècle et de motifs romans de la cathédrale. La
croix de cristal de roche qui surmonte l’autel avait été
offerte en 1569 par l’archevêque Gaspar Zuniga y Avellaneda.
Le devant d’autel est une plaque de marbre du IXe siècle
représentant deux colombes buvant à la Fontaine de Vie.
Les sépulcres vides des deux disciples Athanase et Théodore
sont placés de chaque côté du couloir d’entrée.
Face à l’urne, une plaque de marbres où sont gravés
les mots prononcés par le pape Jean-Paul II en 1981 : “ retrouve
tes racines, sois toi-même ”.
- Le tombeau de Jérusalem
Selon une légende du IVe siècle, saint Jacques aurait été
inhumé dans une grotte, au pied du mont des Oliviers, en compagnie
de Siméon et Zacharie. Sur une injonction de saint Jacques, on
déposa les corps au monastère du mont Sion en attendant
qu'on les remette dans une chapelle construite sur la grotte. On vénéra
longtemps encore ce tombeau à Jérusalem. Les Actes* de saint
Jacques, au VIIIe siècle, rapportent que saint Jacques fut inhumé,
dans son entier, hors-les-murs de Jérusalem, au monastère
arménien du mont Sion : “ Après la mort par l’épée
du bienheureux et saint apôtre Jacques et du soldat qui était
avec lui, les apôtres Pierre, Jean et Jacques, le frère du
Seigneur et les autres se rassemblèrent aussitôt, firent
de longs gémissements et de grandes lamentations sur lui et ensuite
des funérailles... Des prodiges insignes, nombreux, merveilleux
et surprenants se produisirent sur son tombeau, non seulement sur le moment
mais même encore aujourd’hui ; ils ont lieu perpétuellement
à la gloire et à l’honneur de notre grand Dieu et
Sauveur JC ”. Au XVIe siècle, le voyageur Pierre Belon rapportait
que les “ Jacobites* sont de la religion convertie à la foi
par saint Jacques le Majeur ”. Une légende arménienne
impossible à dater attribue des destins différents à
la tête et au corps : la tête est déposée à
la cathédrale de Jérusalem, sur la cathèdre de l'évêque
Jacques, frère du Seigneur. Le corps est réclamé
par une femme qui était venue d'Espagne après la prédication*
de saint Jacques. Ce sont les anges qui se chargent alors de la translation*.
Une autre légende situe cette tête dans un monastère
arménien. Selon l'Historia compostelana (Livre I, chap. 112), cette
tête aurait été volée par un compétiteur
de l'évêque de Compostelle. Elle passa de Braga à
Carrion puis à Compostelle où elle est déclarée
aujourd’hui tête du Mineur (puisqu’on dit que dans le
tombeau est le corps entier), encore visible dans le Trésor. Malgré
cela, la relique du mont Sion ne fut pas oubliée. Aujourd'hui,
au centre du quartier arménien situé sur le Mont Sion dans
la Vieille Ville, le monastère et la cathédrale Saint-Jacques
passent pour être bâtis sur l'emplacement de la demeure de
saint Jacques le Mineur, apôtre et premier évêque de
Jérusalem. Dans l'église, sont vénérées
les reliques de ce saint, ainsi que, malgré tout, la tête
de saint Jacques le Majeur. Prudente, la communauté arménienne
de France se contente de reprendre la tradition du XVIe siècle
qui ignore la relique et ne remet pas en cause la tradition compostellane
: “ sur le lieu de la décollation et de l'inhumation de Saint
Jacques le Majeur, le pêcheur et l'un des douze apôtres, est
édifiée une chapelle richement décorée dans
la nef septentrionale de la cathédrale ”.
- D'autres tombeaux
Aix-la-Chapelle, Angers*, La Chapelle* d'Angillon, Echirolles*, Locquirec*,
Toulouse*, Vérone, se sont longtemps prévalus de posséder
le corps de saint Jacques, Toulouse et Echirolles prétendant même
avoir envoyé la tête de leur dépouille à Compostelle.
D'autres sanctuaires se veulent les dépositaires de cette même
tête : Arras* et quantité d’autres églises possédant
des bustes-reliquaires*.
- Saint Jacques d'Echirolles
En 1488, le sanctuaire d'Echirolles est fréquenté par “
une foule nombreuse de personnes venant, à ce que l'on dit, de
Rome [qui] disaient et assuraient qu'en ce lieu de nombreux malades graves
retrouvaient la santé grâce au corps inhumé…
”, ce corps étant celui d'un saint Jacques. Les Dauphinois
disaient que ce saint “ avait été enterré au
devant de l'église d'Echirolles à une lieue de Grenoble
et que sa mémoire y avait été honorée, mais
que sa tête avait été portée en Galice en 1107
par leur comte Guignes III en 1107. C'est à cette époque
que l'évêque de Grenoble, Laurent Alleman, s’avise
de l’étrangeté de ce culte. Le 12 mai 1488, en la
seule compagnie du curé et d’un terrassier, il procéda
à la visite de la tombe et découvrit effectivement “
un corps d'une grandeur peu commune, étendu sur la terre et un
pot de terre entre ses cuisses ”, cet accessoire signalant une sépulture
certainement antérieure au XIIe siècle. L’évêque
“ regarda avec plus de soin et découvrit que ce corps n’avait
point de tête ”. Voilà qui corroborait la légende.
Pour la combattre et détruire l’authenticité du sanctuaire
il fit doter discrètement le squelette d’une tête et
organisa une visite officielle. Le 4 juillet 1488, accompagné cette
fois de la pompe d'usage, il descendit dans le tombeau et mit au jour
des “ os presque complets d’un corps humain et une tête
intacte dans ses os ”. Puisque le corps est pourvu d’une tête,
la conclusion s’impose d’elle-même, il ne s’agit
pas de saint Jacques. Son verdict est sévère : “ le
dit corps ne doit être vénéré publiquement
comme saint, ni aucun office solennel célébré dans
l'église en son nom, et l'on doit ignorer les racontars, traditions
et prodiges, sous peine d'excommunication ”. Ce qui n'empêcha
pas les consuls de Grenoble, en décembre 1488, de rappeler que
chaque année, les consuls devaient porter à Echirolles quatre
torches du poids de quatre livres chacune.
Tombes de pèlerins
L’un des éléments du syndrome* actuel de Compostelle
consiste à affirmer, chaque fois que l’on trouve une coquille*
Saint-Jacques ou une enseigne* de pèlerinage dans une tombe, que
le mort était un pèlerin de Compostelle. La tombe peut rapidement
devenir une balise* sur un chemin contemporain, voire historique. Rien
ne vient justifier ces dires, sauf exception rarissime dûment accréditée
par un texte, tel celui de la tombe de Guillaume Ytasse* à Beaugency*
ou celle de Lambert Melau à Bouvignes (Belgique). L’affichage
sur la route qui conduit à l’église de Neussargues-Moissac*
(Cantal) est un bon exemple de dérive de l’information qui,
à partir d’une pierre tombale, indique “ St Jacques
de Compostelle ”. Ces éléments sur une tombe peuvent
simplement signifier que le défunt s’est placé sous
la protection de saint Jacques en tant que passeur* des âmes. On
ne peut pas davantage affirmer que tous les confrères-pèlerins
étaient inhumés dans leur costume : en 1513, les statuts
de la confrérie* Saint-Jacques de Toulouse spécifient qu’on
doit mettre sur le cercueil du confrère chapeau, enseignes, bourdon
et chapelet mais que, la cérémonie terminée, l’ensemble
sera vendu au profit de la confrérie aux confrères qui n’auraient
pas ces attributs*.
Topo-guide
Nom et marque déposée par la FFRP* pour désigner
les livrets décrivant les GR*. Très complets du point de
vue géographique (les itinéraires sont présentés
sur des fonds de cartes) et touristique (sources de ravitaillement, réservation
de gîtes, offices de tourisme), ils sont utiles tant pour préparer
la randonnée que pour la réussir. Mais ils laissent souvent
à désirer dans les présentations historiques qui
sont rarement confiées à des historiens professionnels.
Toponymes Saint-Jacques
Le toponyme Saint-Jacques est accolé à un très grand
nombre de lieux, bâtiments ou repères topographiques : arbre*,
auberge, cap*, champ jacquet*, chapelle*, croix*, école*, église*,
ferme*, fontaine*, hôpital*, mont*, pont*, porte*, rue*, ruisseau*,
tour*. Seuls les personnes atteintes du syndrome* de Compostelle font
de ces appellations des balises sur les chemins menant en Galice.
Toponymes Compostelle ou Saint-Jacques-de-Compostelle
Ces appellations récentes qui se multiplient, sans lien avec le
pèlerinage, sont l’un des signes du syndrome* de Compostelle
: Centre européen Saint-Jacques de Compostelle (Saint-Jean-d’Angély*),
centre commercial (Sallanches*), collège Saint-Jacques-de-Compostelle
(Nantes*), église (Montpellier*), hôtel (Paris, Sarlat, Lectoure),
rue (Lisle), lycée Saint-Jacques-de-Compostelle (Poitiers*).
Toulouse
(Haute-Garonne)
Toulouse, citée par le Guide du pèlerin*, fut placée
sur les listes du Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des
chemins de Compostelle. Ce classement est en partie justifié car
plusieurs récits de pèlerins en route pour la Galice font
étape à Saint-Sernin de Toulouse… où ils vénèrent
un corps entier de saint Jacques. En 1495, le pèlerin allemand
Jérôme Münzer raconte : À Saint-Sernin, dans
une châsse superbe, le corps de saint Jacques le Majeur, et de même
sa tête dans un reliquaire d'argent. Un chanoine le fit ouvrir en
notre honneur, ce qui est très rare, et nous avons embrassé
le crâne de Jacques. Et, bien que ceux de Compostelle disent avoir
saint Jacques chez eux, ils ne se basent que sur la crédulité
pour affirmer cela. Les Toulousains ont l'histoire pour eux, selon le
témoignage de laquelle Charlemagne, après avoir vaincu l'Espagne,
en emporta saint Jacques. Et le corps de saint Jacques le Mineur, dont
la tête pour le coup est à Compostelle ”. Pourtant,
même les Toulousains vont à Compostelle. Au retour, en 1490,
on les voit devenir membres de la confrérie et venir rendre grâce
à une autre relique de saint Jacques vénérée
à l’église Saint-Jacques, dans l’enclos cathédral
; “ lendemain de la fête de saint Jacques tous les confrères
que sont allés à Saint-Jacques de Compostelle viennent avec
de tambours et trompettes et là, solennellement font dire et célébrer
une messe à l'honneur de monsieur saint Jacques ”. La confrérie
refondée en 1513 stipule même que “ personne ne sera
reçu en la confrérie s’il n’est allé
à Saint-Jacques de Galice ”. Pourtant, à la mi-XVIe
siècle, des rumeurs contradictoires circulent dans le monde pèlerin.
Toulouse chercherait à concurrencer la cathédrale galicienne.
Un chanoine d’Evora au Portugal s’en indigne : “ Que
dirai-je de ce que le chef de l’apôtre Jacques, selon les
Gaulois vantards, apporté de Galice par Charlemagne, soit montré
à Toulouse, et que le vœu de faire pèlerinage à
Compostelle ne soit accompli que s’il est terminé à
Toulouse ? Nous n’ignorons pas que la nation gauloise est experte
en semblables vertueux mensonges ”. Toulouse ignore superbement
ces critiques… et continue d’accueillir les pèlerins.
En 1721, les confrères de Lisieux demandent même, à
cause de la réglementation* de 1717 qui interdisait toute sortie
du royaume, que soient reçus dans leur confrérie* les pèlerins
“ ayant fait le pèlerinage de Toulouse au lieu de celui de
Galice ”, preuve évidente que les reliques de saint Jacques
à Toulouse étaient considérées comme aussi
authentiques que celles de Compostelle ! Au bord de la Garonne, l’hôtel-Dieu
Saint-Jacques, comme tous les autres hôpitaux* sous ce vocable,
a accueilli tous les pauvres voyageurs. La tradition d’hospitalité
de Toulouse était si forte qu’elle figure comme l’une
des quatre fonctions du capitoulat toulousain, représentée
par une jeune femme en costume de pèlerine.
Tour Saint-Jacques
Quelques tours sont (ou ont été) sous le vocable Saint-Jacques
; celle de Paris était un ancien clocher, celles d’Antibes
et de Douai* furent un élément de fortification. Elles doivent
leur nom soit à une église voisine, soit à tout un
quartier*. Quant à Issoudun*, la ville a récemment baptisé
“ tour Saint-Jacques ” une tour des remparts qui était
proche de la porte Saint-Jacques, disparue.
- La tour Saint-Jacques à Paris
La tour Saint-Jacques à Paris* est le seul élément
qui subsiste de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie détruite
en 1798. Si le Guide du pèlerin* ne mentionne pas la ville, la
Chronique de Turpin* affirme que l’église a été
fondée par Charlemagne*, ce qui lui a valu l’inscription
au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle.
Ce clocher-tour est construit entre 1509 et 1523 par Jean de Felin, Julien
Ménart et Jean de Revier. Il mesure 52 mètres jusqu’à
la balustrade. En 1523, Rault, “ tailleur d’images ”
reçut 20 livres “ pour avoir fait trois bêtes [trois
des quatre symboles des évangélistes] et un saint Jacques
sur la tour et clocher ”. Cette statue colossale mesurait, dit-on,
10 m. de haut. On dit que la tour ne fut pas démolie parce que
Pascal y aurait fait ses expériences sur la pesanteur. Il est vrai
que l’acheteur de l’église a eu comme condition de
ne pas démolir la tour. En 1824 on installe dans la tour une fonderie
de plombs de chasse. En 1836, elle est rachetée par la Ville de
Paris. En 1850, le Moniteur rapporte qu’on installe au sommet un
“ superbe phare qui sera illuminé par la lumière électrique
qui doit éclairer tout le quartier ”. En 1852 les travaux
engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli
font décider de la restauration du “ délicieux beffroi
de Nicolas Flamel ”. Les travaux sont colossaux, ordonnées
par l’architecte Baltard et dirigés par Théodore Vacquier
et l’ingénieur Roussel. La tour est entièrement reprise
depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites,
ainsi que plus de vingt statues. De 1854-1858 la restauration est confiée
à l’architecte Théodore Balu. La statue de saint Jacques,
abattue à la Révolution, est remplacée par une autre,
due à Chenillon, lequel a fait une maquette en plâtre dont
il reste la tête dans l’église Saint-Jacques d’Illiers-Combray*.
Autour, fut créé le premier square de Paris.
- Les tours Saint-Jacques d’Antibes
Sur chacun des deux rochers qui marquaient l’entrée du port
furent érigées, au XIVe siècle, deux chapelles, l’une
Sainte-Claire, l’autres Saint-Jaume*, chapelle du port. Cette dernière
fut fréquentée surtout par les marins du village qui avaient
sans doute fait de saint Jacques leur patron*. Elle souffrit beaucoup
en 1524 lors des guerres entre François Ier et Charles Quint, ce
qui détermina à fortifier le site. En 1538, François
Ier finance la construction de la tour Saint-Jaume, laquelle fut achevée
en 1578. En 1608, elle fut incluse dans les fortifications plus importantes
qui ont été construites. Elle disparut lors des destructions
infligées en 1747 par les canons anglais et les batteries autrichiennes.
Le lieu devint ensuite un “ bastion des constructions navales ”.
Transformé vers 1985 en un opéra municipal aujourd’hui
détruit, le lieu est désert. Dans la vieille ville, au Moyen
Age, une autre tour Saint-Jacques a abrité un hôpital, qui
fut ensuite transféré à l’extérieur
au XVIe siècle (détruit vers 1840, l’emplacement est
occupé par les services de la DRAC).
Tourisme
La dimension touristique des chemins de Compostelle a été
soulignée dans les décisions du Conseil de l’Europe.
L’appartenance au chemin de Compostelle est devenue un argument
de promotion des villes qui réussissent à s’en réclamer.
A Compostelle même, les pèlerins ont parfois l’impression
d’être des “ objets touristiques ”, comme ce pèlerin
à qui il a été proposé un logement gratuit
s’il allait sur la place de l’Obraidoro avec son âne
plutôt que seul “ parce que cela amusera les touristes ”.
Sur les chemins, s’il est parfois possible de distinguer les touristes
des pèlerins, bien malin qui pourra “ sonder les reins et
les cœurs ” de tous ceux qui iront jusqu’à Compostelle
accomplir la gestuelle* traditionnelle des pèlerins.
Tournai (Jean de)
Jean de Tournai, bourgeois de Valenciennes, accomplit en 1487-1489 un
triple pèlerinage à Jérusalem, Rome et Compostelle.
Comme nul autre, il donne à sa narration un accent de vie qui transforme
le lecteur en compagnon de route et lui apprend peu à peu à
deviner quelques uns des traits de caractère de ce paisible bourgeois
lancé à pied sur les routes à la suite d’un
vœu*. Il part le 25 février 1488 “ avec son frère
abbé et divers compagnons ”. Le 6 décembre 1488, les
autres sont rentrés à Valenciennes. Il voyage avec un prêtre
rencontré à Rome, sire Guillaume Blondrie, auquel il paie
le voyage à condition qu’il lui porte ses bagages. Il traite
des dévotions sur le chemin, du costume, de la manière de
s’orienter, des monnaies, du temps, de la nourriture et du logement,
des divertissements, du mal aux pieds, de la guerre.
Tours (Saint-Martin)
(Indre-et-Loire)
Bien que le Guide du pèlerin mentionne Tours en précisant
que l’église abbatiale où repose saint Martin est
construite “ à l’image de l’église de
Saint-Jacques ”, curieusement, le tombeau de saint Martin n’est
pas inscrit au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins
de Compostelle. La ville a bien oublié saint Jacques : l’île
Saint-Jacques fut détruite au XVIIIe siècle, avec son église*
et son village de mariniers et blanchisseuses, s’allongeant depuis
l’actuel “ pont de fil ” jusqu’à hauteur
de l’Université. Quant au bâtiment des Archives municipales,
on a oublié aussi qu’il fut, au XIIe siècle, un prieuré
Saint-Jacques-de-l’Orme-Robert avant de devenir Saint-Eloi au XVe
siècle. En revanche, la cathédrale Saint-Gatien offre la
merveille de cinq vitraux racontant saint Jacques ainsi qu’un pèlerin
du XVIe siècle perché sur le toit. L’église
Saint-Martin présente une statue de saint Jacques, à l’entrée.
Tradition
A côté des Ecritures canoniques, consignées dans l'Ancien
et le Nouveau Testament qui constituent la Bible, l'Eglise catholique,
accorde une grande importance aux vérités transmises par
la Tradition sacrée. Sous ces termes elle désigne le contenu
de la révélation qui peut venir des apôtres, des évêques
leurs successeurs, des docteurs de l'Eglise ou des Conciles. Critiquée
par la Réforme, la doctrine de la Tradition fut confirmée
par le Concile de Trente en 1546. Certains fidèles confondent parfois
cette Tradition sacrée de l'Eglise avec des traditions, habitudes,
pratiques ou croyances qui n'ont pas la même valeur doctrinale,
comme par exemple la tradition du pèlerinage* à Compostelle
ou celle de la présence du corps de saint Jacques dans le tombeau*
qui y est vénéré.
Transformation
Les pèlerins disent parfois du chemin de Compostelle qu’il
est un chemin de transformation. Cela est particulièrement vrai
pour ceux qui le parcourent seuls, sans assistance permanente et pendant
plusieurs semaines. Chaque étape est peu par rapport au trajet
total, le pèlerin apprend que chaque chose vient en son temps.
Expérimenter l’autonomie est un autre des bienfaits du chemin.
La confrontation inhabituelle avec les éléments et la nature
oblige parfois au dépassement de soi. Enfin le face à face
permanent avec soi-même permet d’aller à l’essentiel
et de relativiser bien des problèmes antérieurs. Peu à
peu, presqu’à son insu le pèlerin se transforme.
Transfiguration
Episode important de la vie de Jésus dont saint Jacques fut un
témoin privilégié. “ Jésus prit avec
lui Pierre, Jacques et Jean et les conduisit sur une haute montagne (probablement
le Mont Tabor). Là ils furent enveloppés d’une nuée
lumineuse d’où s’échappa la voix de Dieu disant
: “ celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ”,
dans l’Evangile selon saint Matthieu (17, 1-13). Le fait est aussi
rapporté par les évangélistes, Marc et Luc.
Translation
Transfert des reliques d’un saint suivi d’une déposition
dans un autre lieu. Le récit de la translation de saint Jacques
tel qu'on le trouve dans le Codex Calixtinus* reprend une lettre dite
“ du pape Léon ” qui raconte l'arrivée miraculeuse
de saint Jacques à Padron* et son inhumation à Compostelle*.
Ce document du Xe siècle était conservé à
l'abbaye Saint-Martial de Limoges. Il relate comment le corps de saint
Jacques “ a été transporté de là par
mer, guidé par la main de Dieu. Le septième jour, cet esquif
s’arrêta en un lieu dit Bisria, entre deux rivières
”. Le Codex Calixtinus fait état d’une autre légende
selon laquelle “ il serait venu de Jérusalem assis sur un
rocher, traversant les vagues de la mer sans radeau ”. Si l’on
en croit une iconographie assez riche sur ce thème, cette légende
a dû être assez répandue. A Compostelle, cet événement
était fêté le 30 décembre. Au XIIe siècle,
le récit s’enrichit. Après le débarquement,
les disciples cherchent un lieu pour inhumer saint Jacques. Ils arrivent
au château de la reine Lupa*, une païenne. Elle les envoie
près d’un roi qui forme le projet de les tuer. Les disciples
s’enfuient, sont poursuivis mais sauvés par l’effondrement
d’un pont au passage de l’armée. Ils reviennent près
de Lupa, elle leur offre des bœufs, sans leur dire qu’ils étaient
de dangereuses bêtes sauvages. Ils les domptent. Conquise, la reine
se convertit, offre un terrain et fait construire une église pour
inhumer le saint.
Transports
Les pèlerins ont toujours utilisé les moyens de transport
de leur époque. Ce n’est que dans les dernières décennies
du XXe siècle que l’habitude d’aller à Compostelle
à pied s’est généralisée, dans le souci
de revivre l’expérience des pèlerins médiévaux.
Néanmoins, certains pèlerins n’hésitent pas
à emprunter divers moyens de transport pour effectuer tout ou partie
de leur voyage vers Compostelle, sans toujours oser le dire. La proportion
de pèlerins rentrant à pied est infime, le retour* est généralement
effectué en autocar ou en train.
Trompes-Trompettes
Trompe marine ou conque* marine, le coquillage Tubae marium sancti Jacobi
est l’un des objets (avec les sonnettes et cornets) capable d’émettre
un bruit magique ayant une fonction répulsive ou une fonction d’appel
(signaler sa présence). Ces objets peuvent être de verre,
de terre, de corne ou de bois. Peuvent-ils être des coquilles Saint-Jacques
? Au XIIe siècle, le Codex Calixtinus disait que la conque de saint
Jacques ravivait la foi de ceux qui l’entendaient. Sa fonction est
aussi d’annoncer le passage des pèlerins afin que nul n’en
ignore et prépare son aumône : en 1517 le cardinal d’Aragon
remarquait que les pèlerins du Mont Saint-Michel repartaient dans
leurs pays “ parés de coquilles, porteurs de statuettes,
et sonnant du cor par toute la route jusqu'à leur patrie ”.
Le bruit de ces instruments annonce aussi la fête : voir Jubilé*.
Certaines statuettes de saint Jacques portent, non des coquilles, mais
des coquillages de forme allongée qui, percés d’un
trou, peuvent sans doute produire un bruit. Aujourd’hui, dans le
folklore galicien, les parties concaves des coquilles saint Jacques sont
utilisées comme instrument de musique en les frottant l'une contre
l'autre.
Trumeau
Voir portail.
Turpin
Archevêque de Reims* à la fin du VIIIe siècle. Il
figure en cette qualité parmi les douze pairs dans un grand nombre
de chansons de geste. La rédaction de la Chronique* de Turpin racontant
l’histoire de Charlemagne* en Espagne lui fut attribuée au
XIIe siècle. L’un des derniers chapitres précise qu’il
est mort à Vienne (Isère) où il a été
enterré (on peut rapprocher ce fait de ce que Calixte II* y a été
archevêque)
Turpin saintongeais
Voir Chronique du Turpin saintongeais
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