Connaître saint Jacques - Comprendre Compostelle
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Talmont
(Charente-Maritime, ar. Saintes, c. Cozes)
Ville de la côte Nord de l'estuaire de la Gironde qui, entre 1934 et 1985, a été touchée par le syndrome* de Compostelle. Grâce au concours de quelques intellectuels et curés enthousiastes, elle a intégré dans son passé médiéval les passages supposés de pèlerins de Compostelle qui occultent l’intérêt propre de son patrimoine.
Tampon
Marque apposée chaque jour sur le carnet* du pèlerin comme preuve de son parcours exigée du Bureau* des pèlerinages pour la délivrance de la Compostela*. N’importe quel tampon convient mais de plus en plus de paroisses, offices du tourisme ou gîtes font dessiner des tampons spéciaux, à base de coquilles et bourdons. Alors qu'un seul par jour est suffisant, la collection de tampons tend à devenir une activité dérivée du pèlerinage. Le carnet qui leur sert d’écrin devient un souvenir précieux, fièrement montré aux néophytes ou présenté sur Internet*.
Tarentaise et Beaufortin
En Savoie, les éléments de la double légende de saint Jacques (apôtre et évêque de Tarentaise) restent très mélangés et très présents dans les églises ou chapelles ainsi que dans les contes populaires. En Tarentaise, saint Jacques se retrouve aux prises avec le Diable à la chapelle Saint-Jacques de Bonvillard, à Granier (où il est représenté en pèlerin) ; pour prouver qu’il est le plus fort, il franchit d’un bond la vallée de l’Isère, du mont* Saint-Jacques à la chapelle Saint-Sigismond d’Aime (on dit que cette chapelle aurait été édifiée par saint Jacques lui-même) ; du même mont Saint-Jacques il fait un concours hippique avec Satan en sautant jusqu’à Mâcot. Il est décidément un grand sportif car il saute également depuis la chapelle Saint-Jacques de Hautecour jusqu’au rocher de Saint-Marcel. Il a poursuivi sa mission d’évangélisation puisqu’on le retrouve à l’église de Versoye à Bourg-Saint-Maurice (récemment à la chapelle des Arcs 2000), puis au col du Cormet, toujours aux prises avec le Diable. En Beaufortin, il est encore présent à la chapelle Saint-Jacques de Boudin à Arêches-Beaufort et à l’église de Hauteluce, tout comme à Tignes, dans la haute vallée de l’Isère où les deux personnages sont vénérés simultanément.
Thaumaturge
Comme tous les autres saints, saint Jacques est souvent invoqué par des malades qui croient en son pouvoir d’intercession*. Comme eux, il ne se spécialise guère avant le XIVe siècle (il devient patron des voyageurs). Tout autant que les Actes*, l'Epître*, prescrivant l'onction pour les malades, ouvre l'espoir à des guérisons. Les miracles sont consignés dans différents Livres* des Miracles de saint Jacques. On y constate que l’apôtre guérit volontiers les tumeurs ; il rend la parole aux muets, la vue aux aveugles, les jambes aux paralytiques. Il protège la santé des jeunes mères et des enfants. Il se montre efficace dans la cessation des maladies contagieuses et est particulièrement invoqué en temps de peste. La coutume est sans doute ancienne, mais on en trouve seulement trace à partir de 1467 à Paris*, au moment où sévissait une “ pestilence ”, on porta en procession* “ l’os du bras mons. S. Jaques ” depuis l’église Saint-Jacques-de-l’Hôpital* où il était conservé jusqu’à Saint-Germain-des-Prés. A Perpignan*, on voit une semblable procession organisée derrière le chef * de saint Jacques en 1482, suivie de l’envoi de deux habitants à Compostelle. Pour la même raison, en 1489, la ville d’Arras*, détentrice aussi d’un chef de saint Jacques, envoie deux bourgeois à Compostelle. Hélas, saint Jacques n’est pas tout puissant, car la peste sévit aussi en Galice : durant l’hiver 1517-1518, la ville de Bayonne refoule tous les pèlerins qui reviennent de Compostelle. En 1569, Compostelle accuse les pèlerins qui arrivent d’être “ atteints de maux contagieux ” et se préoccupe de les chasser au bout de trois jours. Au XVIIe siècle, les autorités de la province d’Alava interdisent tout passage de pèlerins venant de Nantes ou Bordeaux, à cause encore des risques de contagion de la peste.
Téléphone (portable)
Heureux ceux qui peuvent s'en priver pendant le temps de leur pèlerinage.
Tellurisme
Depuis son origine, l'homme baigne dans un ensemble de fluides immatériels dont certains sont mesurables, comme le magnétisme terrestre, la radioactivité naturelle de la planète et d'autres, comme le rayonnement cosmique. L'expérience des choses de la nature montre que les organismes vivants paraissent réagir positivement ou négativement aux lieux, environnements, ambiances auxquels ils sont soumis. Ainsi des herbes, arbres, etc. poussent-ils drus et droits et, à quelques mètres de là, d'autres sont déformés ou paraissent malades ou voient proliférer les plantes parasites ou vénéneuses. Ainsi dans les maisons, peut-on observer que les endroits qu'affectionnent les chats ne sont pas ceux que préfèrent les chiens. Ainsi de l'homme qui dit se sentir bien en certains lieux et mal dans d'autres. Ces phénomènes ont été étudiés depuis la très haute antiquité et l'homme a toujours cherché à les utiliser à son profit. C'est de là que viennent les “ sciences de la terre ” qui furent d'abord empiriques (radiesthésie, sourcellerie ou fen-shui, radiesthésie venue de Chine...) avant de devenir sciences à part entière (comme la géobiologie). On sait maintenant, qu'en plus de son magnétisme naturel, notre planète est parcourue par un grand nombre de courants électromagnétiques issus des profondeurs, qu'elle est émettrice de rayonnements résultants de la radioactivité naturelle des roches, etc. Ces courants, rayonnements, émissions, etc. pourraient être amplifiés, absorbés, déviés par les diverses compositions et composantes des sols telles que les failles géologiques, la plus ou moins grande conductibilité des roches, les eaux souterraines, etc... Le constat est que, très souvent, des monuments anciens, comme les cathédrales, églises, monastères..., semblent avoir été construits sur des lieux dégageant une “ énergie ” particulière qui peut se ressentir ou non, où paraissent se rencontrer des eaux souterraines et certains de ces courants. Si l'on rapproche les cartes de France des courants telluriques (Université de Strasbourg), des failles géologiques, des impacts sismiques et des principaux “ Chemins de Compostelle ”, on peut voir que ces chemins “ fréquentent ”, parfois sur des distances assez longues, ces courants, failles et points sismiques sur lesquels peuvent se trouver quelques-unes de ces grandes étapes. Dans les édifices religieux romans et gothiques qui jalonnent la pérégrination, on peut voir des ornementations de chapiteaux – comme la fameuse Vouivre* de Neuvy-Saint-Sépulchre* –, colonnes torses – comme à Estella -, porches à dentures – comme à Cirauqui -, ou les Chrismes* pyrénéens (chers à Raoul Vergez*)... qui, selon la tradition, seraient évocateurs de ces “ forces ”, dont les Compagnons* auraient acquis la maîtrise, et qui se trouveraient être mises au service des fidèles grâce à certaines particularités de la construction. Mythes ou réalité ? Par expériences personnelles, l'auteur de cette notice penche pour la seconde hypothèse. Mais cela sans pour autant se départir de l'obligation scientifique du “ doute nécessaire ”.
Jean-Marie Lepage
Templiers
Ordre religieux-militaire créé au début du XIIe siècle pour la protection des pèlerins de Terre Sainte. En France l’Ordre avait de nombreuses commanderies qui généraient des revenus destinés à la Terre Sainte. Aucun historien spécialiste n’a jamais établi un lien quelconque avec le pèlerinage de Compostelle. C’est donc à tort que les commanderies sont aujourd’hui utilisées pour justifier l’historicité de tel ou tel chemin.
Tendinite
Douleur qui impose parfois un repos de quelques jours, voire un arrêt de la marche. Elle risque de frapper le pèlerin qui ne boit pas suffisamment ou fait des efforts démesurés par rapport à sa condition physique, par exemple en empruntant des chemins difficiles pour fuir le goudron*.
Tente
Utile pour ceux qui sont allergiques à la promiscuité et aux ronflements. Il y en a aux alentours de 2 kg. mais le camping sauvage n'est pas admis partout !
Testament
Pendant toute la période médiévale beaucoup de pèlerins ne prenaient la route qu’après avoir rédigé leur testament. Le pèlerinage, dont on risquait de ne pas revenir, avait une dimension bien différente de celle que nous lui connaissons. Il est aussi arrivé souvent qu’un testament impose aux héritiers l'accomplissement d'un vœu* de pèlerinage non réalisé, tel celui de Jacques Cœur*. Quant à savoir si ces vœux sont respectés, impossible le plus souvent. Parfois et très fortuitement on sait que tel ou tel ne l'a pas été, tel celui de Jacques Cœur ou celui de Rose de Bourg qui, au XIVe siècle demande à son fils Bernard d'Albret d'aller en son nom à Compostelle, lequel à son tour transmet le message à ses propres fils dans un premier testament avant de n'en plus parler dans le second. Un prêtre d'Angers, lui, ne se fait guère d'illusions qui, en 1362, demande quatre pèlerinages, à moins, dit-il, que ses héritiers ne trouvent un meilleur emploi à l'argent prévu.
Théodore
Voir Athanase
Tolérance
C’est avec la fraternité* une des vertus que le chemin permet d’expérimenter.
Tombeau (de saint Jacques)
Si pour une majorité de personnes le tombeau de saint Jacques se trouve à Compostelle, il n'en reste pas moins que d’autres lieux se prévalent de l'abriter, dont Jérusalem. Certes, on peut trancher en affirmant qu’il s’agit du tombeau de Jacques le Mineur qui fut évêque de Jérusalem avant d’être martyrisé par le marteau du foulon. Mais tout n’est pas si clair puisque Jacques dit le Majeur fut lui aussi martyrisé à Jérusalem. Le fait qu’il ait été décapité complique encore les choses car le lieu d’inhumation de la tête diffère parfois de celui du corps. D’autre part, la distinction entre ces deux Jacques n’a pas été faite aussi clairement durant le Moyen Age. Il en résulte un grand nombre de tombeaux, de reliques* et de reliquaires* disséminés partout en Europe.
- Le tombeau de Compostelle
La découverte du tombeau de Compostelle, datée du IXe siècle, est rapportée pour la première fois au XIIe siècle dans l’Historia compostelana*, d’après un document daté de 1077, la Concordia d’Antealtares : au temps de Charlemagne et d'Alphonse II vivait un ermite nommé Pélage auquel les anges révélèrent la présence du corps de saint Jacques. Les voisins eurent confirmation de ce prodige en voyant planer des lumières surnaturelles au-dessus d'une grotte. L'évêque d'Iria Flavia*, Théodomir vérifia les faits, ordonna un jeûne de trois jours au terme desquels il prit la tête des fidèles et se dirigea vers l’endroit. Là, “ ils découvrirent un petit bâtiment à l'intérieur duquel se trouvait une tombe en marbre, un tombeau recouvert de pierres marmoréennes, une sorte de petite maison voûtée, de petits bâtiments avec un autel. Ce tombeau était enterré sous des voûtes de marbre… ”. Alerté, le roi Alphonse II vint sur les lieux, fit des dons et ordonna l’édification de trois églises, l'une dédiée à saint Jacques, l'autre à saint Jean-Baptiste, la troisième en l'honneur du Sauveur qui devint celle du monastère d'Antealtares (“ devant les autels ”), chargé de la garde du tombeau. Douze moines devaient veiller au culte, dans une zone évaluée à trois hectares constituant le véritable “ lieu saint Jacques ”. A côté fut construite une résidence épiscopale. L’histoire de Compostelle* commençait. Malgré les affirmations de Compostelle certifiant, au XIIe siècle, que “ le corps de l’apôtre est ici tout entier ” et que, même “ Philippe roi de France ” qui essaya jadis de l’emporter n’a pas réussi “ à le faire sortir de son sarcophage ”, il semble bien que la “ construction ” de ce corps ne s’est pas faite avant le XVe siècle. En 1056, des Liégeois en visite ne voient rien d’autre que des reliquaires dispersés entre la cathédrale et la chapelle royale. Au XIVe siècle, l’église Saint-Sernin de Toulouse* prétend, très officiellement, posséder “ le corps de saint Jacques et sa tête et le corps de saint Jacques le Mineur, excepté sa tête qui est en Galice ”. De fait, les pèlerins ne voient, en fait de relique, qu’une tête enfermée dans un riche reliquaire par Béranger* de Landorre en 1322. En 1325, les pèlerins de Bagnères-de-Bigorre reviennent du “ lieu de Compostelle où est le chef du glorieux apôtre monseigneur saint Jacques ”. D’autres témoignages concordent. Personne n’a jamais vu le corps dont on dit qu’il est conservé sous l’autel. Au XVe siècle, des pèlerins demandant à voir les reliques se font rabrouer vertement et menacer d’excommunication. En 1534, un chanoine de la cathédrale confie à un pèlerin anglais, Andrew Borde que le peuple est abusé en “ faisant vénérer une chose qui n’est pas ici ” et qu’il n’y a “ pas un cheveu ni un os de saint Jacques ”. Et, en 1572, Ambrosio Morales, historiographe de Philippe II dans l'exercice de ses fonctions, se vit refuser l’autorisation qu’il demandait pour le roi de descendre dans la crypte. En 1601 a enfin lieu l’ouverture tant réclamée … mais on trouve un tombeau vide. Alors, puisqu’il faut bien trouver une explication, on dit que le corps a été enlevé en 1589 au moment de l’expédition anglaise de l’amiral Drake qui souhaitait détruire Saint-Jacques, “ principal bastion de la superstition papale ”. En 1624 les reliques sont encore dites “ si bien enterrées et si bien cachées que personne ne pourrait venir jusqu’à elles ”. En 1738 le cérémonial d’intronisation des archevêques ne mentionne pas de descente au sépulcre. Ce n’est qu’en 1879 qu’on retrouve soi-disant le corps disparu et qu’en 1884 la découverte est officialisée par la bulle Deus* omnipotens. En 1891, les premiers pèlerins furent admis à descendre dans la crypte. Cette crypte est située sous le maître-autel. Sur un autel est placé le reliquaire d’argent contenant les ossements authentifiés. Il fut réalisé par les orfèvres compostellans Rey et Martinez en 1886. Le dessin est dû à J. Losada qui s’inspira d’un retable du XIIe siècle et de motifs romans de la cathédrale. La croix de cristal de roche qui surmonte l’autel avait été offerte en 1569 par l’archevêque Gaspar Zuniga y Avellaneda. Le devant d’autel est une plaque de marbre du IXe siècle représentant deux colombes buvant à la Fontaine de Vie. Les sépulcres vides des deux disciples Athanase et Théodore sont placés de chaque côté du couloir d’entrée. Face à l’urne, une plaque de marbres où sont gravés les mots prononcés par le pape Jean-Paul II en 1981 : “ retrouve tes racines, sois toi-même ”.
- Le tombeau de Jérusalem
Selon une légende du IVe siècle, saint Jacques aurait été inhumé dans une grotte, au pied du mont des Oliviers, en compagnie de Siméon et Zacharie. Sur une injonction de saint Jacques, on déposa les corps au monastère du mont Sion en attendant qu'on les remette dans une chapelle construite sur la grotte. On vénéra longtemps encore ce tombeau à Jérusalem. Les Actes* de saint Jacques, au VIIIe siècle, rapportent que saint Jacques fut inhumé, dans son entier, hors-les-murs de Jérusalem, au monastère arménien du mont Sion : “ Après la mort par l’épée du bienheureux et saint apôtre Jacques et du soldat qui était avec lui, les apôtres Pierre, Jean et Jacques, le frère du Seigneur et les autres se rassemblèrent aussitôt, firent de longs gémissements et de grandes lamentations sur lui et ensuite des funérailles... Des prodiges insignes, nombreux, merveilleux et surprenants se produisirent sur son tombeau, non seulement sur le moment mais même encore aujourd’hui ; ils ont lieu perpétuellement à la gloire et à l’honneur de notre grand Dieu et Sauveur JC ”. Au XVIe siècle, le voyageur Pierre Belon rapportait que les “ Jacobites* sont de la religion convertie à la foi par saint Jacques le Majeur ”. Une légende arménienne impossible à dater attribue des destins différents à la tête et au corps : la tête est déposée à la cathédrale de Jérusalem, sur la cathèdre de l'évêque Jacques, frère du Seigneur. Le corps est réclamé par une femme qui était venue d'Espagne après la prédication* de saint Jacques. Ce sont les anges qui se chargent alors de la translation*. Une autre légende situe cette tête dans un monastère arménien. Selon l'Historia compostelana (Livre I, chap. 112), cette tête aurait été volée par un compétiteur de l'évêque de Compostelle. Elle passa de Braga à Carrion puis à Compostelle où elle est déclarée aujourd’hui tête du Mineur (puisqu’on dit que dans le tombeau est le corps entier), encore visible dans le Trésor. Malgré cela, la relique du mont Sion ne fut pas oubliée. Aujourd'hui, au centre du quartier arménien situé sur le Mont Sion dans la Vieille Ville, le monastère et la cathédrale Saint-Jacques passent pour être bâtis sur l'emplacement de la demeure de saint Jacques le Mineur, apôtre et premier évêque de Jérusalem. Dans l'église, sont vénérées les reliques de ce saint, ainsi que, malgré tout, la tête de saint Jacques le Majeur. Prudente, la communauté arménienne de France se contente de reprendre la tradition du XVIe siècle qui ignore la relique et ne remet pas en cause la tradition compostellane : “ sur le lieu de la décollation et de l'inhumation de Saint Jacques le Majeur, le pêcheur et l'un des douze apôtres, est édifiée une chapelle richement décorée dans la nef septentrionale de la cathédrale ”.
- D'autres tombeaux
Aix-la-Chapelle, Angers*, La Chapelle* d'Angillon, Echirolles*, Locquirec*, Toulouse*, Vérone, se sont longtemps prévalus de posséder le corps de saint Jacques, Toulouse et Echirolles prétendant même avoir envoyé la tête de leur dépouille à Compostelle. D'autres sanctuaires se veulent les dépositaires de cette même tête : Arras* et quantité d’autres églises possédant des bustes-reliquaires*.
- Saint Jacques d'Echirolles
En 1488, le sanctuaire d'Echirolles est fréquenté par “ une foule nombreuse de personnes venant, à ce que l'on dit, de Rome [qui] disaient et assuraient qu'en ce lieu de nombreux malades graves retrouvaient la santé grâce au corps inhumé… ”, ce corps étant celui d'un saint Jacques. Les Dauphinois disaient que ce saint “ avait été enterré au devant de l'église d'Echirolles à une lieue de Grenoble et que sa mémoire y avait été honorée, mais que sa tête avait été portée en Galice en 1107 par leur comte Guignes III en 1107. C'est à cette époque que l'évêque de Grenoble, Laurent Alleman, s’avise de l’étrangeté de ce culte. Le 12 mai 1488, en la seule compagnie du curé et d’un terrassier, il procéda à la visite de la tombe et découvrit effectivement “ un corps d'une grandeur peu commune, étendu sur la terre et un pot de terre entre ses cuisses ”, cet accessoire signalant une sépulture certainement antérieure au XIIe siècle. L’évêque “ regarda avec plus de soin et découvrit que ce corps n’avait point de tête ”. Voilà qui corroborait la légende. Pour la combattre et détruire l’authenticité du sanctuaire il fit doter discrètement le squelette d’une tête et organisa une visite officielle. Le 4 juillet 1488, accompagné cette fois de la pompe d'usage, il descendit dans le tombeau et mit au jour des “ os presque complets d’un corps humain et une tête intacte dans ses os ”. Puisque le corps est pourvu d’une tête, la conclusion s’impose d’elle-même, il ne s’agit pas de saint Jacques. Son verdict est sévère : “ le dit corps ne doit être vénéré publiquement comme saint, ni aucun office solennel célébré dans l'église en son nom, et l'on doit ignorer les racontars, traditions et prodiges, sous peine d'excommunication ”. Ce qui n'empêcha pas les consuls de Grenoble, en décembre 1488, de rappeler que chaque année, les consuls devaient porter à Echirolles quatre torches du poids de quatre livres chacune.
Tombes de pèlerins
L’un des éléments du syndrome* actuel de Compostelle consiste à affirmer, chaque fois que l’on trouve une coquille* Saint-Jacques ou une enseigne* de pèlerinage dans une tombe, que le mort était un pèlerin de Compostelle. La tombe peut rapidement devenir une balise* sur un chemin contemporain, voire historique. Rien ne vient justifier ces dires, sauf exception rarissime dûment accréditée par un texte, tel celui de la tombe de Guillaume Ytasse* à Beaugency* ou celle de Lambert Melau à Bouvignes (Belgique). L’affichage sur la route qui conduit à l’église de Neussargues-Moissac* (Cantal) est un bon exemple de dérive de l’information qui, à partir d’une pierre tombale, indique “ St Jacques de Compostelle ”. Ces éléments sur une tombe peuvent simplement signifier que le défunt s’est placé sous la protection de saint Jacques en tant que passeur* des âmes. On ne peut pas davantage affirmer que tous les confrères-pèlerins étaient inhumés dans leur costume : en 1513, les statuts de la confrérie* Saint-Jacques de Toulouse spécifient qu’on doit mettre sur le cercueil du confrère chapeau, enseignes, bourdon et chapelet mais que, la cérémonie terminée, l’ensemble sera vendu au profit de la confrérie aux confrères qui n’auraient pas ces attributs*.
Topo-guide
Nom et marque déposée par la FFRP* pour désigner les livrets décrivant les GR*. Très complets du point de vue géographique (les itinéraires sont présentés sur des fonds de cartes) et touristique (sources de ravitaillement, réservation de gîtes, offices de tourisme), ils sont utiles tant pour préparer la randonnée que pour la réussir. Mais ils laissent souvent à désirer dans les présentations historiques qui sont rarement confiées à des historiens professionnels.
Toponymes Saint-Jacques
Le toponyme Saint-Jacques est accolé à un très grand nombre de lieux, bâtiments ou repères topographiques : arbre*, auberge, cap*, champ jacquet*, chapelle*, croix*, école*, église*, ferme*, fontaine*, hôpital*, mont*, pont*, porte*, rue*, ruisseau*, tour*. Seuls les personnes atteintes du syndrome* de Compostelle font de ces appellations des balises sur les chemins menant en Galice.
Toponymes Compostelle ou Saint-Jacques-de-Compostelle
Ces appellations récentes qui se multiplient, sans lien avec le pèlerinage, sont l’un des signes du syndrome* de Compostelle : Centre européen Saint-Jacques de Compostelle (Saint-Jean-d’Angély*), centre commercial (Sallanches*), collège Saint-Jacques-de-Compostelle (Nantes*), église (Montpellier*), hôtel (Paris, Sarlat, Lectoure), rue (Lisle), lycée Saint-Jacques-de-Compostelle (Poitiers*).
Toulouse
(Haute-Garonne)
Toulouse, citée par le Guide du pèlerin*, fut placée sur les listes du Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle. Ce classement est en partie justifié car plusieurs récits de pèlerins en route pour la Galice font étape à Saint-Sernin de Toulouse… où ils vénèrent un corps entier de saint Jacques. En 1495, le pèlerin allemand Jérôme Münzer raconte : À Saint-Sernin, dans une châsse superbe, le corps de saint Jacques le Majeur, et de même sa tête dans un reliquaire d'argent. Un chanoine le fit ouvrir en notre honneur, ce qui est très rare, et nous avons embrassé le crâne de Jacques. Et, bien que ceux de Compostelle disent avoir saint Jacques chez eux, ils ne se basent que sur la crédulité pour affirmer cela. Les Toulousains ont l'histoire pour eux, selon le témoignage de laquelle Charlemagne, après avoir vaincu l'Espagne, en emporta saint Jacques. Et le corps de saint Jacques le Mineur, dont la tête pour le coup est à Compostelle ”. Pourtant, même les Toulousains vont à Compostelle. Au retour, en 1490, on les voit devenir membres de la confrérie et venir rendre grâce à une autre relique de saint Jacques vénérée à l’église Saint-Jacques, dans l’enclos cathédral ; “ lendemain de la fête de saint Jacques tous les confrères que sont allés à Saint-Jacques de Compostelle viennent avec de tambours et trompettes et là, solennellement font dire et célébrer une messe à l'honneur de monsieur saint Jacques ”. La confrérie refondée en 1513 stipule même que “ personne ne sera reçu en la confrérie s’il n’est allé à Saint-Jacques de Galice ”. Pourtant, à la mi-XVIe siècle, des rumeurs contradictoires circulent dans le monde pèlerin. Toulouse chercherait à concurrencer la cathédrale galicienne. Un chanoine d’Evora au Portugal s’en indigne : “ Que dirai-je de ce que le chef de l’apôtre Jacques, selon les Gaulois vantards, apporté de Galice par Charlemagne, soit montré à Toulouse, et que le vœu de faire pèlerinage à Compostelle ne soit accompli que s’il est terminé à Toulouse ? Nous n’ignorons pas que la nation gauloise est experte en semblables vertueux mensonges ”. Toulouse ignore superbement ces critiques… et continue d’accueillir les pèlerins. En 1721, les confrères de Lisieux demandent même, à cause de la réglementation* de 1717 qui interdisait toute sortie du royaume, que soient reçus dans leur confrérie* les pèlerins “ ayant fait le pèlerinage de Toulouse au lieu de celui de Galice ”, preuve évidente que les reliques de saint Jacques à Toulouse étaient considérées comme aussi authentiques que celles de Compostelle ! Au bord de la Garonne, l’hôtel-Dieu Saint-Jacques, comme tous les autres hôpitaux* sous ce vocable, a accueilli tous les pauvres voyageurs. La tradition d’hospitalité de Toulouse était si forte qu’elle figure comme l’une des quatre fonctions du capitoulat toulousain, représentée par une jeune femme en costume de pèlerine.
Tour Saint-Jacques
Quelques tours sont (ou ont été) sous le vocable Saint-Jacques ; celle de Paris était un ancien clocher, celles d’Antibes et de Douai* furent un élément de fortification. Elles doivent leur nom soit à une église voisine, soit à tout un quartier*. Quant à Issoudun*, la ville a récemment baptisé “ tour Saint-Jacques ” une tour des remparts qui était proche de la porte Saint-Jacques, disparue.
- La tour Saint-Jacques à Paris
La tour Saint-Jacques à Paris* est le seul élément qui subsiste de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie détruite en 1798. Si le Guide du pèlerin* ne mentionne pas la ville, la Chronique de Turpin* affirme que l’église a été fondée par Charlemagne*, ce qui lui a valu l’inscription au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle. Ce clocher-tour est construit entre 1509 et 1523 par Jean de Felin, Julien Ménart et Jean de Revier. Il mesure 52 mètres jusqu’à la balustrade. En 1523, Rault, “ tailleur d’images ” reçut 20 livres “ pour avoir fait trois bêtes [trois des quatre symboles des évangélistes] et un saint Jacques sur la tour et clocher ”. Cette statue colossale mesurait, dit-on, 10 m. de haut. On dit que la tour ne fut pas démolie parce que Pascal y aurait fait ses expériences sur la pesanteur. Il est vrai que l’acheteur de l’église a eu comme condition de ne pas démolir la tour. En 1824 on installe dans la tour une fonderie de plombs de chasse. En 1836, elle est rachetée par la Ville de Paris. En 1850, le Moniteur rapporte qu’on installe au sommet un “ superbe phare qui sera illuminé par la lumière électrique qui doit éclairer tout le quartier ”. En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration du “ délicieux beffroi de Nicolas Flamel ”. Les travaux sont colossaux, ordonnées par l’architecte Baltard et dirigés par Théodore Vacquier et l’ingénieur Roussel. La tour est entièrement reprise depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites, ainsi que plus de vingt statues. De 1854-1858 la restauration est confiée à l’architecte Théodore Balu. La statue de saint Jacques, abattue à la Révolution, est remplacée par une autre, due à Chenillon, lequel a fait une maquette en plâtre dont il reste la tête dans l’église Saint-Jacques d’Illiers-Combray*. Autour, fut créé le premier square de Paris.
- Les tours Saint-Jacques d’Antibes
Sur chacun des deux rochers qui marquaient l’entrée du port furent érigées, au XIVe siècle, deux chapelles, l’une Sainte-Claire, l’autres Saint-Jaume*, chapelle du port. Cette dernière fut fréquentée surtout par les marins du village qui avaient sans doute fait de saint Jacques leur patron*. Elle souffrit beaucoup en 1524 lors des guerres entre François Ier et Charles Quint, ce qui détermina à fortifier le site. En 1538, François Ier finance la construction de la tour Saint-Jaume, laquelle fut achevée en 1578. En 1608, elle fut incluse dans les fortifications plus importantes qui ont été construites. Elle disparut lors des destructions infligées en 1747 par les canons anglais et les batteries autrichiennes. Le lieu devint ensuite un “ bastion des constructions navales ”. Transformé vers 1985 en un opéra municipal aujourd’hui détruit, le lieu est désert. Dans la vieille ville, au Moyen Age, une autre tour Saint-Jacques a abrité un hôpital, qui fut ensuite transféré à l’extérieur au XVIe siècle (détruit vers 1840, l’emplacement est occupé par les services de la DRAC).
Tourisme
La dimension touristique des chemins de Compostelle a été soulignée dans les décisions du Conseil de l’Europe. L’appartenance au chemin de Compostelle est devenue un argument de promotion des villes qui réussissent à s’en réclamer. A Compostelle même, les pèlerins ont parfois l’impression d’être des “ objets touristiques ”, comme ce pèlerin à qui il a été proposé un logement gratuit s’il allait sur la place de l’Obraidoro avec son âne plutôt que seul “ parce que cela amusera les touristes ”. Sur les chemins, s’il est parfois possible de distinguer les touristes des pèlerins, bien malin qui pourra “ sonder les reins et les cœurs ” de tous ceux qui iront jusqu’à Compostelle accomplir la gestuelle* traditionnelle des pèlerins.
Tournai (Jean de)
Jean de Tournai, bourgeois de Valenciennes, accomplit en 1487-1489 un triple pèlerinage à Jérusalem, Rome et Compostelle. Comme nul autre, il donne à sa narration un accent de vie qui transforme le lecteur en compagnon de route et lui apprend peu à peu à deviner quelques uns des traits de caractère de ce paisible bourgeois lancé à pied sur les routes à la suite d’un vœu*. Il part le 25 février 1488 “ avec son frère abbé et divers compagnons ”. Le 6 décembre 1488, les autres sont rentrés à Valenciennes. Il voyage avec un prêtre rencontré à Rome, sire Guillaume Blondrie, auquel il paie le voyage à condition qu’il lui porte ses bagages. Il traite des dévotions sur le chemin, du costume, de la manière de s’orienter, des monnaies, du temps, de la nourriture et du logement, des divertissements, du mal aux pieds, de la guerre.
Tours (Saint-Martin)
(Indre-et-Loire)
Bien que le Guide du pèlerin mentionne Tours en précisant que l’église abbatiale où repose saint Martin est construite “ à l’image de l’église de Saint-Jacques ”, curieusement, le tombeau de saint Martin n’est pas inscrit au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle. La ville a bien oublié saint Jacques : l’île Saint-Jacques fut détruite au XVIIIe siècle, avec son église* et son village de mariniers et blanchisseuses, s’allongeant depuis l’actuel “ pont de fil ” jusqu’à hauteur de l’Université. Quant au bâtiment des Archives municipales, on a oublié aussi qu’il fut, au XIIe siècle, un prieuré Saint-Jacques-de-l’Orme-Robert avant de devenir Saint-Eloi au XVe siècle. En revanche, la cathédrale Saint-Gatien offre la merveille de cinq vitraux racontant saint Jacques ainsi qu’un pèlerin du XVIe siècle perché sur le toit. L’église Saint-Martin présente une statue de saint Jacques, à l’entrée.
Tradition
A côté des Ecritures canoniques, consignées dans l'Ancien et le Nouveau Testament qui constituent la Bible, l'Eglise catholique, accorde une grande importance aux vérités transmises par la Tradition sacrée. Sous ces termes elle désigne le contenu de la révélation qui peut venir des apôtres, des évêques leurs successeurs, des docteurs de l'Eglise ou des Conciles. Critiquée par la Réforme, la doctrine de la Tradition fut confirmée par le Concile de Trente en 1546. Certains fidèles confondent parfois cette Tradition sacrée de l'Eglise avec des traditions, habitudes, pratiques ou croyances qui n'ont pas la même valeur doctrinale, comme par exemple la tradition du pèlerinage* à Compostelle ou celle de la présence du corps de saint Jacques dans le tombeau* qui y est vénéré.
Transformation
Les pèlerins disent parfois du chemin de Compostelle qu’il est un chemin de transformation. Cela est particulièrement vrai pour ceux qui le parcourent seuls, sans assistance permanente et pendant plusieurs semaines. Chaque étape est peu par rapport au trajet total, le pèlerin apprend que chaque chose vient en son temps. Expérimenter l’autonomie est un autre des bienfaits du chemin. La confrontation inhabituelle avec les éléments et la nature oblige parfois au dépassement de soi. Enfin le face à face permanent avec soi-même permet d’aller à l’essentiel et de relativiser bien des problèmes antérieurs. Peu à peu, presqu’à son insu le pèlerin se transforme.
Transfiguration
Episode important de la vie de Jésus dont saint Jacques fut un témoin privilégié. “ Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean et les conduisit sur une haute montagne (probablement le Mont Tabor). Là ils furent enveloppés d’une nuée lumineuse d’où s’échappa la voix de Dieu disant : “ celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ”, dans l’Evangile selon saint Matthieu (17, 1-13). Le fait est aussi rapporté par les évangélistes, Marc et Luc.
Translation
Transfert des reliques d’un saint suivi d’une déposition dans un autre lieu. Le récit de la translation de saint Jacques tel qu'on le trouve dans le Codex Calixtinus* reprend une lettre dite “ du pape Léon ” qui raconte l'arrivée miraculeuse de saint Jacques à Padron* et son inhumation à Compostelle*. Ce document du Xe siècle était conservé à l'abbaye Saint-Martial de Limoges. Il relate comment le corps de saint Jacques “ a été transporté de là par mer, guidé par la main de Dieu. Le septième jour, cet esquif s’arrêta en un lieu dit Bisria, entre deux rivières ”. Le Codex Calixtinus fait état d’une autre légende selon laquelle “ il serait venu de Jérusalem assis sur un rocher, traversant les vagues de la mer sans radeau ”. Si l’on en croit une iconographie assez riche sur ce thème, cette légende a dû être assez répandue. A Compostelle, cet événement était fêté le 30 décembre. Au XIIe siècle, le récit s’enrichit. Après le débarquement, les disciples cherchent un lieu pour inhumer saint Jacques. Ils arrivent au château de la reine Lupa*, une païenne. Elle les envoie près d’un roi qui forme le projet de les tuer. Les disciples s’enfuient, sont poursuivis mais sauvés par l’effondrement d’un pont au passage de l’armée. Ils reviennent près de Lupa, elle leur offre des bœufs, sans leur dire qu’ils étaient de dangereuses bêtes sauvages. Ils les domptent. Conquise, la reine se convertit, offre un terrain et fait construire une église pour inhumer le saint.
Transports
Les pèlerins ont toujours utilisé les moyens de transport de leur époque. Ce n’est que dans les dernières décennies du XXe siècle que l’habitude d’aller à Compostelle à pied s’est généralisée, dans le souci de revivre l’expérience des pèlerins médiévaux. Néanmoins, certains pèlerins n’hésitent pas à emprunter divers moyens de transport pour effectuer tout ou partie de leur voyage vers Compostelle, sans toujours oser le dire. La proportion de pèlerins rentrant à pied est infime, le retour* est généralement effectué en autocar ou en train.
Trompes-Trompettes
Trompe marine ou conque* marine, le coquillage Tubae marium sancti Jacobi est l’un des objets (avec les sonnettes et cornets) capable d’émettre un bruit magique ayant une fonction répulsive ou une fonction d’appel (signaler sa présence). Ces objets peuvent être de verre, de terre, de corne ou de bois. Peuvent-ils être des coquilles Saint-Jacques ? Au XIIe siècle, le Codex Calixtinus disait que la conque de saint Jacques ravivait la foi de ceux qui l’entendaient. Sa fonction est aussi d’annoncer le passage des pèlerins afin que nul n’en ignore et prépare son aumône : en 1517 le cardinal d’Aragon remarquait que les pèlerins du Mont Saint-Michel repartaient dans leurs pays “ parés de coquilles, porteurs de statuettes, et sonnant du cor par toute la route jusqu'à leur patrie ”. Le bruit de ces instruments annonce aussi la fête : voir Jubilé*. Certaines statuettes de saint Jacques portent, non des coquilles, mais des coquillages de forme allongée qui, percés d’un trou, peuvent sans doute produire un bruit. Aujourd’hui, dans le folklore galicien, les parties concaves des coquilles saint Jacques sont utilisées comme instrument de musique en les frottant l'une contre l'autre.
Trumeau
Voir portail.
Turpin
Archevêque de Reims* à la fin du VIIIe siècle. Il figure en cette qualité parmi les douze pairs dans un grand nombre de chansons de geste. La rédaction de la Chronique* de Turpin racontant l’histoire de Charlemagne* en Espagne lui fut attribuée au XIIe siècle. L’un des derniers chapitres précise qu’il est mort à Vienne (Isère) où il a été enterré (on peut rapprocher ce fait de ce que Calixte II* y a été archevêque)
Turpin saintongeais
Voir Chronique du Turpin saintongeais

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