| Vasquez de Parga (Luis)
Avec J.M. Lacarra et J. Uri, il fut, en 1945, lauréat du prix Franco*
qui couronnait leur ouvrage La peregrinaciones Jacobeas, un volumineux
travail qui regroupait des centaines de références et de
textes glanés dans toute l’Europe, mais qui rapportait systématiquement
à Compostelle toute mention de saint Jacques.
Vélo-VTT
Ils ont remplacé les chevaux d’antan. Le VTT très
en vogue côté espagnol est parfois source de conflit avec
les marcheurs surtout le soir dans les gîtes* bondés dans
lesquels les VTTistes ne sont, en principe, pas prioritaires.
Vent
Quand il accompagne la pluie, il lui arrive souvent de déchirer
les capes ou de les pousser vers les barbelés ou les épines,
les mettant rapidement hors d’usage. Il est bien utile en revanche
pour assurer le séchage des vêtements mouillés ou
fraîchement lavés. Le vent quand il est violent est symbole
de désordre, de tumulte, de force brutale. Quand il se fait brise
il est symbole de calme, de douceur, il est le messager de bonne nouvelle.
Il est symbole de l’Esprit qui s’oppose à la matière
et “ souffle où il veut ”.
Vendôme
(Loir-et-Cher)
Vendôme, sur le Loir, a eu une grande dévotion à saint
Jacques, peut-être en fonction du fait que l’apôtre
protégeait le groupement des “ Marchands fréquentant
la Loire et ses affluents descendant en icelle ” (on retrouve saint
Jacques patron* des bateliers et mariniers). Tout un quartier* Saint-Jacques
s’est formé autour de la chapelle Saint-Jacques mentionnée
en 1152. Tout autour, un cimetière, un dortoir aux pèlerins
et aux pauvres, des maisons, des granges, un lavoir, des vergers, des
fours, la rivière Saint-Jacques, affluent du Loir, et son moulin
sous le même vocable. Le domaine fut géré par une
confrérie* hospitalière. La maison-Dieu et sa chapelle furent
reconstruites au XVe siècle et de nouveaux travaux eurent lieu
au début du XVIe siècle. En 1623, l’ensemble devint
un collège des Oratoriens, avant de devenir lycée et d’être
enfin désaffecté. La chapelle fut vidée de son mobilier,
que l’on retrouve à l’église de Villiers. Un
peu plus loin dans la ville, près de l’abbatiale*, au fond
d’une impasse, on peut encore apercevoir une “ petite chapelle
Saint-Jacques ” qui a servi de paroisse aux serviteurs de l’abbaye
et aux pauvres passants. Elle a abrité une confrérie Saint-Jacques
des tanneurs. Dans l’abbatiale, saint Jacques figure sur trois vitraux.
Dans l’église de la Madeleine, sur un grand vitrail du XVIe
siècle, saint Jacques présente un bienfaiteur de l’église,
Jacques Masson et ses trois fils à la Vierge. Enfin, sur la grand
place, un magnifique pèlerin orne le pilier d’un café,
symbole de tous les pèlerins venus vénérer la Sainte
Larme conservée dans l’abbatiale de la Trinité.
Veneranda dies
Premiers mots d’un sermon qui constitue l’un des 31 chapitres
du Livre I du Codex Calixtinus*. Il en constitue la partie la plus
importante (à quelques pages près - 33 contre 40 - il a
le même volume que le dernier Livre connu sous le nom de Guide
du pèlerin*). Il est écrit pour la solennité
de l’élection et de la translation* de saint Jacques*, célébrée
le 30 décembre. Outre les attributs* du pèlerin, il consacre
une large place aux mauvais aubergistes et aux faux prêtres qui
escroquent les pèlerins. Et surtout c’est lui qui introduit
la “ grande troupe des pèlerins ”, démarquée
de la liste des peuples qui se pressent vers la Jérusalem céleste
telle qu’elle figure dans les Actes de Apôtres (Ac
2, 7-11), complétée des peuples connus au XIIe siècle.
Sa mention des “ peuples innombrables ” qui viennent en Galice,
démarquée de la “ foule immense ” de l’Apocalypse
(7, 4), est à l’origine de l’image des millions* de
pèlerins qui marchent vers Compostelle
Vergez (Raoul)
“ Béarnais l’Ami du tour de France ”, Compagnon*
charpentier du Devoir de Liberté, Raoul Vergez a fait du chrisme*,
très répandu sur la façade des églises pyrénéennes,
le “ signe du chemin de Compostelle ” et un symbole ésotérique*
et technique, nommé “ la pendule à Salomon ”*.
Son livre, La Pendule à Salomon, publié en 1957, avec un
véritable talent d’écrivain, fait souvent prendre
pour argent comptant de multiples légendes amalgamées à
des faits réels. C’est ainsi que le chemin de Saint-Jacques
devint compagnonnique* et initiatique* pour tout un lectorat dont le catholicisme
était devenu inapte à combler l'appétit croissant
de “ mystères ”.
Vertus de saint Jacques
Voir pouvoirs de saint Jacques.
Vézelay (Sainte-Madeleine)
(Nièvre, ar. Avallon)
D’après quelques textes littéraires, l’abbaye
de Vézelay possédait, depuis le Xe siècle, les reliques
de Marie-Madeleine, plus ou moins volées aux moines de Saint-Maximin.
Le pèlerinage ne commence qu’en 1050, quand le pape Léon
IX reconnaît l’authenticité de ces reliques. A Asquins,
une “ église des pèlerins ” fut fondée
en 1138, non pas pour des pèlerins se regroupant avant de partir
à Compostelle comme on le raconte aujourd’hui, mais pour
accueillir la foule de ceux qui arrivaient au but, à Vézelay.
On ignore l’époque du choix du vocable Saint-Jacques, pas
plus que n’est connue la date d’apparition de la relique placée
dans le buste-reliquaire* du XVIe siècle. Le Codex Calixtinus réserve
à Vézelay une place que n’ont pas les autres sanctuaires
cités dans le Guide* du pèlerin, ce qui laisse à
penser que l’auteur de ce Guide pourrait être le chroniqueur
même de l’abbaye de Vézelay, le moine Hugues le Poitevin.
C’est lui qui signale, vers 1150, qu’une “ once du pouce
de saint Jacques ” fut découverte lors des travaux qui ont
suivi le grand incendie. Avec d’autres reliques*, elle fut trouvée
dans une cavité derrière une statue. Comme les autres villes
citées par le Guide, Vézelay et Asquins ont été
classés Patrimoine* mondial par l’UNESCO* au titre des chemins
de Compostelle.
Via
Mot latin signifiant route. Il est utilisé pour donner aux chemins
contemporains de Compostelle un caractère historique à partir
des désignations latines du Codex Calixtinus*. Au début
il y en avait quatre, les via Aegidia ou Tolosana, Podiensis, Lemovicensis
et Turonensis désignant les routes dites d’Arles (ou de Toulouse),
du Puy, Limoges et Tours. Vinrent ensuite la via Gebenensis au départ
de Genève (tracée dans les années 1990), la via Regia,
voie (royale) romaine menant de Pologne à Aix-la-Chapelle et maintenant
prolongée jusqu’à Compostelle, la via Arverna traversant
l’Auvergne depuis Clermont-Ferrand, la via Francigena en Italie,
la via de la Plata en Espagne. Sur les autres itinéraires le terme
de Camino est généralement préféré.
- Via Aurelia et Domitia
Ces anciennes voies ont servi d’axes pour la définition des
chemins contemporains dans les Alpes et en Provence. Ils ont été
homologués en 2006 comme GR 653 A et D. L’un est l’autre
sont parcourus tant par les pèlerins de Compostelle que par ceux
qui se dirigent vers Rome.
- Via de la Plata
Cette route qui relie Séville à Gijón semble née
d’un réseau de chemins de transhumance empruntés depuis
l’aube de l’humanité. Son tracé est fixé
depuis l’époque romaine. Cet axe nord-sud est croisé
par des routes unissant l’est à l’ouest ; la route
Saragosse-Lisbonne passe par Mérida ou Caceres, la route Cordoue-Lisbonne
par Zafra ; ces transversales convergent vers Badajoz. Jusqu’en
1970, on a cru que via de la Plata signifiait “ route de l’argent
”, par allusion au métal, issu des mines, transporté
sur cette route. Il n’en est rien : le terme vient du mot arabe
balata, “ chemin dallé de pierres irrégulières
”, dont on a fait un pléonasme (“ route du chemin ”).
Itinéraire direct des pèlerins espagnols du Sud de l’Espagne,
elle est aujourd’hui empruntée de plus en plus par des pèlerins
étrangers ayant en général déjà effectué
le pèlerinage à Compostelle par le Camino francés
ou un autre chemin et souhaitant trouver un itinéraire nouveau
et moins encombré. Bien aménagée et bien balisée,
cette route permet de découvrir, surtout en Extrémadure,
une Espagne récemment ouverte au tourisme, des paysages de steppes
boisées de chênes et pâturées par d’immenses
troupeaux et tout un patrimoine relatif à saint Jacques dû
en grande partie à la présence dans ces régions de
l’Ordre* de Santiago qui a participé à la Reconquista*.
- Via Francigena
Cet Itinéraire culturel européen, reconnu en 1994, reprend
le tracé du voyage entrepris par l’archevêque de Canterbury,
Sigéric, qui se rendit à Rome en 990 afin d’y rencontrer
le pape Jean XV. Elle est aussi la portion italienne du chemin de Compostelle
passant par le Mont Genèvre.
Vicaire (pèlerin)
Voir Procuration (pèlerin par)
Vie
Traduction de Vita, mot latin signifiant biographie, employé pour
un saint ou un bienheureux.
Vielliard, Jeanne
Auteur en 1938 d'une traduction du dernier Livre du Codex Calixtinus*.
Elle en assura le succès en lui donnant le titre de Guide* du Pèlerin
qui malheureusement déforma la vision des chercheurs et de tous
ceux qui se sont intéressés à Compostelle. Elle fut
un des membres fondateurs de la Société* des amis de saint
Jacques.
Vierge Marie
L’iconographie* de saint Jacques le montre souvent en compagnie
de la Vierge, sans doute à cause de l’influence du Protévangile*
de Jacques. Ainsi, Sébastien Ilsung* raconte l’histoire de
Notre-Dame* de la Barca à Muxia en Galice. Une autre légende,
apparue assez tardivement, est celle de la Vierge du Pilier. Autre exemple,
au Congo : en 1506, Mvuemba Alphonso Ier s'empara de la capitale au détriment
de son cousin païen dont l'armée fut mise en fuite par “
l'apparition de la Vierge et de saint Jacques ”.
- Vierge du Pilier (Pilar) à Saragosse
Lors de son séjour d’évangélisation en Espagne,
Jacques prêchait sans succès à Caesaraugusta, la future
Saragosse. Désespéré, il se trouvait au bord de l’Ebre
quand la Vierge lui apparut “ en chair mortelle ”, debout
sur un pilier de jaspe, entourée d’anges chantant. Elle l’encouragea
et lui demanda de construire, à l’endroit de cette apparition,
un sanctuaire en son honneur, en précisant que le pilier devait
y rester jusqu’à la fin du monde. Ainsi la foi ne manquerait
jamais en Espagne. Le texte le plus ancien qui rapporte cette légende
daterait seulement de 1299 et la plus ancienne représentation serait
celle de Rabastens*, peinte entre 1325 et 1350. Cette apparition a été
confirmée par le pape Calixte III en 1456 et, dans le calendrier
liturgique espagnol, elle est fêtée le 12 octobre. A Léon
de Rozmital* qui s’y recueille en 1466 on raconte que, dans ce sanctuaire,
saint Jacques dessina le portrait de la Vierge, “ de sa main ”.
A l’intérieur de la basilique actuelle, construite au XVIIe
siècle, Nuestra Senora del Pilar est placée dans une chapelle,
sur le pilier, sous un dais d’argent, saint Jacques est agenouillé
à ses pieds et des pèlerins s’y recueillent continuellement.
Le thème n’est introduit à Compostelle qu’après
1650. Outre Rabastens, on retrouve cette image dans quelques églises
de France, par exemple à Saint-Jacques-du-Haut Pas à Paris*,
bas-relief en bois du XVIIe siècle ; au musée du Louvre,
une toile de Nicolas Poussin peinte pour Valenciennes en 1629 ; à
Sallanches* sur une peinture murale au XIXe siècle ; en Belgique,
à Namur.
Ville Saint-Jacques
Voir Saint-Jacques (communes de France)
Villefranche-de-Conflent
(Pyrénées-Orientales, ar. et c. Prades)
Comme beaucoup d’autres, sous d’autres vocables, cette église
paroissiale* Saint-Jacques se trouve sur la route qui mène de Perpignan*
en Espagne par le col de Puycerda. L’histoire garde trace de cinq
pèlerins passés par là au Moyen Age. L’abbé
Cazes, curé de Villefranche et chercheur inlassable, s’est
interrogé sur la relation historique entre son église paroissiale
et les “ chemins de Compostelle ” mais il n'a trouvé
aucun texte permettant de penser, comme on le dit souvent, qu'elle a été
fondée pour les pèlerins en route vers la Galice.
Vincenot (Henri)
En 1982, Henri Vincenot publie Les Etoiles de Compostelle. Il a probablement
lu Louis Charpentier* car on retrouve dans son livre le même raisonnement,
les mêmes affirmations. Ce roman marque l’apogée de
la confusion Compagnons*-pèlerins de Compostelle. Truffé
de références au celtisme*, aux druides, au Compagnonnage,
à la Franc-maçonnerie*, à l’alchimie*, aux
courants telluriques*, etc., associant Compagnons* et Templiers*, Atlantide
et Graal*. Comme Charpentier il présente le pèlerinage à
Saint-Jacques-de-Compostelle comme une maladroite tentative de l’Eglise
de christianiser un voyage réservé aux initiés. Vincenot
cultive l’ésotérisme* et les clins d’œil
à ces initiés : à Compostelle est enterré
Maître Jacques*, le constructeur celte du temple de Salomon. Ce
qui n’était qu’un roman continue de séduire
et passe souvent pour histoire vraie, tant ce qui est écrit semble
véridique au lecteur confiant.
Viol
Bien que quelques cas d’agressions de femmes seules en pèlerinage
aient été signalés, les risques de viols sur le chemin
de Compostelle ne sont sans doute pas plus grands que sur d’autres
itinéraires de randonnée.
Viollet-le-Duc
Au château de Pierrefond, au trumeau* du portail de la chapelle,
est placée une statue en pied de l'architecte-restaurateur du monument,
Viollet-le-Duc (1814-1879). Il porte le costume du pèlerin de saint
Jacques. Cette statue a été commandée après
sa mort, par Ouradou, son gendre architecte qui a achevé la chapelle.
A l'origine, Viollet-le-Duc avait projeté de placer à cet
endroit Louis XI* en pèlerin (la maquette est présentée
dans une salle du château). En cette époque où les
reliques de saint Jacques étaient redécouvertes à
Compostelle, cette substitution est sans doute un hommage à celui
qui a contribué à renouveler la vision de l'art du Moyen
Age en France.
Virus
Le virus de Compostelle s’installe chez certains individus après
un premier pèlerinage, voire après quelques jours de marche
seulement. Il ne faut pas confondre ses effets avec ceux du syndrome*.
Le virus s’attaque exclusivement aux pèlerins* qu’il
peut transformer en récidivistes*… ou en historiens.
Vœu
1-Promesse solennelle faite à Dieu par laquelle un individu s’engage
à accomplir un acte volontaire, en échange d’une faveur
accordée ou demandée. Le pèlerinage à Compostelle
a souvent fait l'objet de vœux. Au Moyen Age, une fois la promesse
rendue publique, seul l’évêque ou le pape pouvait en
délier (exemple : Blanche de Castille*). Le duc de Bretagne Jean
V, comte de Montfort (1388-1442) avait fait ainsi plusieurs vœux
de pèlerinages lorsqu’il était prisonnier des Penthièvre.
En 1429, conscient de l’impossibilité où il était
de partir en Galice, il envoie à Rome un chevalier afin d’obtenir
du pape la permission d’être relevé de ce vœu.
Le pape accéda à cette demande, à condition que le
duc envoie à Compostelle un pèlerin chaque année
à Pâques ce qui fut fait ponctuellement, au moins de 1434
à sa mort. Un vœu peut très bien être accompli
par procuration*. Un vœu non accompli pouvait se transmettre en héritage,
par testament* (exemple : Jacques Cœur* ou Yann* Derrien). 2- Ce
mot avait autrefois le sens d'ex-voto*, objet votif, offrande* : un vœu
de cire est souvent la réplique de la partie du corps qui a été
guérie par le saint. A Saint-Jacques de Toulouse* en 1490 on apporte
“ plusieurs sortes de veuz ”, des “ veuz de cire ou
de toile (suaires et linceuls), des veuz de chandelles ”.
Vœu de saint Jacques (voto de Santiago ou voto de Ramire)
Racontée au XIIe siècle, la bataille de Clavijo* servit
d'argument juridique au chapitre de la cathédrale de Compostelle
pour percevoir de chaque territoire conquis sur les musulmans un tribut
annuel en remerciement de l'aide apportée par saint Jacques. Il
était nommé le “ vœu de Ramire ” ou “
vœu de saint Jacques ”. Dès le XIIIe siècle,
des doutes se sont fait jour. Ils se sont amplifiés aux XVIe et
XVIIe siècles, dans le cadre des travaux du cardinal Baronius*
: un procès fut engagé par plusieurs villages soumis au
paiement de ce vœu, refusant cet impôt justifié par
une légende. En vain. Il y eut cependant une interruption sous
le règne de Philippe IV (1621-1665), au moment où les Cortès
de Castille refusèrent saint Jacques comme patron* de l’Espagne.
En 1643, ce voto fut rétabli par le roi. Il y eut une autre interruption,
sous la République, de 1931 jusqu’en 1937, date à
laquelle le général Franco* réintroduisit la coutume.
Pendant cette interruption décidée par le pouvoir politique
c’est la confrérie* de saint Jacques de la ville de Compostelle
qui prit en charge la cérémonie. La monarchie parlementaire
restaurée après la mort de Franco, garda la célébration
de la ofrenda sans renouveler le paiement du voto. Le roi don Juan Carlos
a fait la ofrenda, en personne, pour la première fois en 1976,
il l’a renouvelée lors des deux années saintes 1982
et 2004. Le prince héritier don Felipe en 1993. En 1988, dans une
lettre pastorale, les évêques du Camino définissaient
l’expression de la dévotion des catholiques espagnols à
l’apôtre saint Jacques par “ le Voto à Santiago
que les rois offriront annuellement et qui est une tradition séculaire
jusqu'à aujourd'hui ininterrompue... ” (Carlos Montenegro)
Voie lactée
Née d’une goutte de lait arrachée par Hercule au sein
de Junon, sillage enflammé laissé par Phaéton dans
sa course sur le char du Soleil, elle est le chemin des Dieux d’Ovide,
la voie de l’immortalité qui conduisait les héros
vers le palais de Jupiter. La Voie Lactée est aussi symbole d’un
voyage entre deux mondes, comparée à un fleuve ou à
un serpent. Les Turcs l'appellent hadjiler iolu (chemin des pèlerins);
les Slavoniens zesta v' Rim (chemin de Rome) ; les Magyars hadakuttya
(chemin de guerre, en souvenir de la route qu'ils suivirent en revenant
de l'Asie). En Irlande, elle s’appelle “ le développement
de l’arc-en-ciel de Lugh ” ou “ la fronde de Lugh ”
(le dieu des Ligures, dieu de la Connaissance, associé, par des
rapprochements compliqués, au jeu* de l’oie. On retrouve
un peu la même idée chez les Finnois, pour lesquels elle
est linnunrata (chemin des oiseaux), et en Lithuanie où elle est
paukszcziû kielês parce que les âmes s'en vont sous
la forme d'oiseaux. Pour les anciens peuples du nord, elle est vetrarbrant
(chemin de l'hiver), pour ceux de l’Orient “ chemin de paille
” ou “ chemin du voleur de paille ”, pour les Ragusains
kumova Zlama (paille du compère). En Chine elle est nommée
le Fleuve céleste. Dans la Chronique* de Turpin, elle devient le
“ chemin de Saint-Jacques ” (pour les Espagnols camino de
Santiago et les Allemands Jacob strasse), qu’un sermon du Codex
Calixtinus prédestine à devenir le chemin des âmes
: “ les pèlerins de saint Jacques grandiront sur terre chaque
jour et seront conduits, par-dessus les étoiles, à la Patrie
céleste avec lui ”. De là découle peut-être
l’idée de saint Jacques accompagnant ces âmes sur cette
voie et devenant ainsi le passeur*. En Sicile, la Voie Lactée s’appelle
aussi “ escalier de saint Jacques ”, voire “ pont* de
saint Jacques ”.
- La voie lactée (film de V. Buñuel, 1968)
Le chemin de Compostelle, chemin d’un pèlerinage chrétien,
a servi de théâtre à Buñuel pour son film La
voie lactée dans lequel deux vagabonds suivent la trame de sa présentation
enchanteresse et blasphématoire des mystères chrétiens…
Voie romaine
La qualité de construction des romains a fait que leurs routes
ont subsisté longtemps et ont été utilisées
comme voies de communication parfois jusqu’à nos jours. Certaines
d’entre elles conduisaient en Espagne où l’Empire romain
avait d’importantes possessions comme en témoignent les villes
dont le nom rappelle celui d’Auguste : Merida (Augusta Emerita),
Saragossa (Caesaraugusta), Lugo (Lucus Augusti), Astorga (Asturica Augusta)
et au-delà Braga (Bracara Augusta). Ces voies répondaient
à des objectifs militaires et politiques mais elles ont aussi facilité
les échanges économiques. En ce qui concerne la Galice,
elles ont été utilisées pour transporter vers Rome
l’or qui y était extrait (travaux d’Isaac Moreno Gallo).
Plus tard elles ont servi aux chevaliers venus soutenir les catholiques
des royaumes du nord contre les Sarrasins. Au XIXe et plus encore au XXe
siècle elles ont été transformées en chemins
de Compostelle. Un tronçon en a même été reconstitué
grâce aux fonds européens. En France les via Domitia et Aurelia*,
venant d’Italie, ont certes vu passer des pèlerins de Compostelle,
mais, comme partout, mêlés aux innombrables voyageurs qui
les ont empruntées.
Vol
Comme dans tout rassemblement, le risque de vol existe dans les foules
de Compostelle. Dans les gîtes* il est recommandé de ne pas
compter sur l’honnêteté inconditionnelle de tous et
les précautions d’usage s’imposent. Les distributeurs
de billets sont nombreux et il est facile de limiter les montants transportés
en liquide. Comme dans les refuges de montagne, il arrive que des objets
de valeur ou des équipements sophistiqués disparaissent.
Ce fait n’est pas nouveau. Ainsi par exemple, en 1531, l’hospitalier
de la maison Saint-James de Taillebourg déclare qu’il “
n'est pas prudent d'héberger beaucoup de monde parce que nombreux
sont les vauriens qui se font passer pour pèlerins et parfois dérobent
la literie [et que, de plus] il est dangereux de leur résister
quand ils sont en groupe ”.
Vouivre
Serpent ailé qui symbolise parfois les courants telluriques*.
Voyage
Jusqu’au XXe siècle, le mot a été synonyme
de pèlerinage. L’expression “ grand voyage ”
est parfois employée pour désigner le décès,
comme “ dernier pèlerinage ”.
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