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Des chemins chargés d'histoire mais identifiés par la géographie
Un nombre
mal défini de pèlerins se sont
lancés, à partir du XIIe siècle, sur les routes d'Europe pour aller,
au bout du continent, adorer les reliques de l'apôtre Jacques le
Majeur.
On est en droit de penser que les pèlerins partaient de leur domicile
et rejoignaient les grandes routes de pèlerinage sur lesquelles
églises et hôpitaux leur assuraient l'accueil nécessaire. Nous ne
prendrons pas le contre-pied des historiens leur laissant le soin
de démêler le vrai du faux des légendes concernant d'hypothétiques
voies historiques, mais en tant que géographe contemporain, nous
nous intéresserons aux tracés actuellement en vogue, fondés ou non
sur l'Histoire, mais véritable entité sociétale contemporaine, même
s'ils sont probablement (en partie au moins) sortis de l'imaginaire
du XXe siècle, véhiculés d'un ouvrage à l'autre en s'appuyant sur
une vraie fausse carte de 1644, œuvre sortie en 1970 de l'atelier
d'un sculpteur français tout ce qu'il y a de plus contemporain (voir
à ce sujet les travaux de Denise Péricard-Méa).
1.1. Les tracés "historiques" des chemins de St Jacques
A en croire les guides actuels, de nombreux itinéraires permettaient
de se rendre à Santiago, situé à l'extrémité occidentale de l'Espagne.
Les pèlerins arrivant de France et du reste de l'Europe empruntaient
le " chemin français " (Camino francès) sur 750 kilomètres
pour traverser la péninsule ibérique ou pouvaient préférer le chemin
des Cantabriques (ou chemin primitif, Camino primitivo) longeant
la côte atlantique au pied de la cordillère cantabrique.
Pour atteindre l'Espagne, quatre grands itinéraires sillonnaient
la France, si on se réfère au très vague texte qu'Aimery Picaud
écrivait dans son guide du pèlerin, vers
1140 :
- le plus historique étant celui qui partait du Puy-en-Velay,
et qui fut emprunté en 950 par Gotescalc,
évèque du Puy, premier pèlerin " officiel " ;
- le chemin de Vézelay est incontestablement le plus riche en édifices
romans.
- le chemin de Tours était rejoint par les pèlerins de Chartres,
de Paris et d'une manière générale du nord de l'Europe ;
- le chemin d'Arles drainait les pèlerins du sud de la France et
de l'Europe.
Les chemins du Puy, de Vézelay et de
Paris se rejoignent à Ostabat et traversent les Pyrénées au col
de Roncevaux, tandis que le chemin d'Arles passe la montagne au
col du Somport, pour rejoindre, par le chemin aragonais, le Camino
francès à Puente-la-Reina, où les quatre chemins ne font plus
qu'un.
De nombreux autres chemins permettaient de rallier ces itinéraires
majeurs, notamment des chemins côtiers (dont celui du Mont-Saint-Michel)
qui évitaient les Pyrénées en rattrapant le Camino primitivo
par la côte basque. Les pèlerins arrivant des chemins principaux
pouvaient, du reste, rejoindre ce Camino primitivo, entre
St-Jean-Pied-de-Port et St-Jean-de Luz, s'ils voulaient éviter la
montagne.
Tout porte à croire que les grandes routes commerciales, plus facile,
plus sûres ont dû drainer les pèlerins (par flot ou non) : pour
l'étude géographique qui suit, nous considérons le potentiel actuel
offert au candidat au pèlerinage en 2001.
1.2. La géographie des chemins
Ces chemins chargés ou non d'histoire, incontestables voies d'épanouissement
de l'art roman, sont avant tout dictés par la géographie. La carte
des reliefs de la France et de l'Espagne (Fig. 1) permet de caractériser
les différents chemins et d'en comprendre les tracés et les spécificités.

Figure 1 - Les chemins de Saint-Jacques et la géographie
Le chemin de Paris est définitivement un chemin de plaine ; un peu plus
accidenté, celui de Vézelay évite le Massif Central, alors que le chemin
du Puy le traverse de part en part, quand celui d'Arles l'effleure juste
par les Cévennes. Le Camino francès est un chemin exclusivement montagneux,
tandis que le chemin primitif, pour côtier qu'il soit, évite
les hauts reliefs mais n'en est pas moins extrêmement accidenté. 1.3.
Des chemins de terre devenus routes, des villages devenus villes
Ces chemins anciens sont devenus des voies commerciales, des routes et des
autoroutes. En Espagne, le chemin actuel longe les routes sous forme d'une
piste plus ou moins aménagée pour les piétons. Seule la Navarre (versant
espagnol des Pyrénées) et la Galice (région de Santiago) présentent des
chemins " naturels ", dans la lignée des chemins de randonnée français.
En France, le chemin du Puy est intégralement un GR (chemin de grande randonnée).
Le chemin d'Arles l'est partiellement comme celui de Vézelay ; le chemin
de Paris est une route (N20).
Pour tout marcheur ayant décidé de parcourir intégralement le chemin à pied,
les villes (et notamment la traversée des zones périurbaines) sont un réel
problème : la carte des agglomérations (Fig. 2) parle d'elle-même et l'on
comprend que les pèlerins actuels s'agglutinent sur le chemin du Puy dont
la plus grosse ville est Le Puy, 24 000 habitants ! 
Figure 2 - Agglomérations et chemins de Saint-Jacques
Notons, au passage
le très gros travail réalisé par les associations jacquaires de
France et d'Europe pour développer de nouveaux itinéraires se voulant
respectueux de l'histoire mais empruntant des sentiers, et traversant
les villes de façon la moins désagréable possible. Un travail énorme
est fait également, avec le soutien de l'Institut des Itinéraires
Culturels européens, pour baliser des chemins en amont des têtes
de pont historiques.
Incontestables symboles fondateurs
de l'Europe, les chemins de Saint-Jacques dans leur intégralité
constituent le premier itinéraire culturel européen et sont aussi
classés au patrimoine mondial
de l'UNESCO.
Parties de Bonboillon (Haute-Saône), proche de Besançon (Fig. 1),
nous avons " créé " notre itinéraire jusque Cluny, puis utilisé
un chemin nouvellement balisé par l'association Rhône-Alpes entre
Cluny et Le Puy et emprunté ensuite le chemin du Puy et le Camino
francès.
1.4. Bonboillon-St-Jacques : un parcours montagnard et accidenté
Il y a trois difficultés dans la marche : la charge, la distance
et le dénivelé.
Le profil du chemin et les calculs des dénivelés permettent de comprendre
les caractéristiques du parcours et les différences entre la partie
française et la partie espagnole du chemin (Fig. 3).
Une fois le Massif Central traversé, le chemin du Puy est plutôt
un chemin de basse altitude (autour de 200 m) tandis que le Camino
francès est presque toujours au-dessus de 800 m. Cependant,
le dénivelé est une fois et demi plus fort en France qu'en Espagne
et le parcours y est donc plus athlétique. Cela se ressent dans
la moyenne horaire : à charge égale, un pèlerin marche environ à
4 km/h en France alors qu'il atteint souvent 5 km/h dans la partie
Espagnole.

Figure 3 - Profil du chemin du Puy-en-Velay à Santiago (d'après Chris
Emmen)
Au total, pour des
distances similaires dans les deux pays, le pèlerin parti du Puy
aura un dénivelé équivalent à un Everest et demi en France (12 740
m) et à un Everest en Espagne … soit au total deux Everest et demi
sur 1500 km !
2 Bonboillon - Le Puy - Santiago : 2 100 km d'étude paysagère
Parties de notre domicile, et ayant choisi d'aller jusqu'à la mer
(Cabo Fisterra ou Cap Finisterre) à
90 km à l'ouest de Santiago, nous avons au total parcouru 2 100
km en 100 jours effectifs de marche pour près de quatre mois de
voyage. Contrairement aux pèlerins de l'histoire, nous sommes rentrées
(à regret) en voiture. Tout au long de cet itinéraire, nous avons
effectué une enquête paysagère et une expertise des chemins.
2.1. La méthode employée
Une question m'avait vraiment intriguée lors de nos préparatifs
: j'avais lu un grand nombre d'ouvrages traitant des chemins de
Saint-Jacques et, très peu d'entre eux parlaient des paysages. Rares
étaient ceux qui les montraient, et quand ils l'étaient, c'étaient
toujours les mêmes paysages qui revenaient, comme si l'itinéraire
se résumait à la Meseta espagnole ou à la traversée des Pyrénées.
Pour rendre compte de la réalité de ces paysages, il fallait donc
procéder à une enquête systématique à partir de photographies au
sol (Fig. 4).

Figure 4 - Étude du paysage par échantillonnage photographique au sol
Toutes les demi-heures de marche, ma montre sonnait, quel que soit l'endroit
où je me trouvais, je m'arrêtais et j'effectuais quatre photos :
- l'axe du chemin à l'endroit de l'arrêt donnait la direction
de la première prise de vue (vers Santiago) ;
- la deuxième photo était prise à 90° à droite de la première ;
- la troisième photo était prise à 180° de la première, soit l'axe du
chemin dans le sens retour de Santiago ;
- la quatrième photo était prise à 90° à gauche de la première.
Le point était alors repéré sur la carte au 1/25 000, noté et numéroté.
Des notes étaient prises en chaque point : heure, météo, repères pellicules,
remarques concernant le chemin depuis le point précédent. Le compte à rebours
était relancé pour 30 minutes et la marche reprenait.
Pendant tout notre voyage, nous avons pris, en plus et sans limitation,
des photos personnelles " souvenir " avec deux autres appareils. Numérotées
mais non repérées sur les cartes, ces photos personnelles doivent, au retour,
être identifiées, datées et classées par journée, en plusieurs rubriques,
et ce pour chacune des deux photographes. Nous avons retenu cinq rubriques
: notre vie de pèlerines ; monuments et vieilles pierres ; maisons et villages
; nature (gros plan) ; paysages.
Chaque jour de marche, une aquarelle au moins a été réalisée par Manola
Salvador : du sujet de son choix, comme pour les photos personnelles.
Nous disposons donc, au total, de trois sources de renseignements en ce
qui concerne le paysage (Fig. 5) : photos systématiques (4 000 photos) ;
photos de nos albums personnels (8 000) et aquarelles (une bonne centaine).

Figure 5 - Les sources d'étude du paysage du chemin de Saint-Jacques
2.2. Expertise des chemins
En plus de l'étude paysagère, sur tout le parcours Bonboillon-Cap Finisterre,
a été également réalisée une expertise sur les chemins (entretien, balisage,
hébergement, etc.) à la demande de la FFRP (Fédération Française de Randonnée
Pédestre).
3. Les premiers
résultats
AUne telle étude reposant sur une collection de 12 000 clichés est un travail
de longue haleine qui demandera des années de labeur. Cependant, quelques
résultats peuvent d'ores et déjà être montrés.
3.1. Restituer au paysage sa continuité
Les 4 000 clichés d'inventaires paysager ont tout d'abord été numérisés
: on passe de la diapositive à un document numérique lisible par l'ordinateur.
À terme, on pourra retracer tout ce chemin en image, point par point, comme
la figure 6 le fait pour dix points (sur les 952 au total) et dans le sens
de la marche.

Figure 6 - Échantillonnage photographique : cliché 1 (sens de la marche)
des points centaines
3.2. Les photos personnelles
8 000 diapositives personnelles rendent compte de notre sensibilité face
à certains paysages. Nous avons effectué un premier comptage par rubriques
(de Bonboillon à Roncevaux) qui donne des résultats surprenants : Manola
a réalisé moitié moins de photos que moi mais nos deux collections personnelles
ont rigoureusement la même composition, à savoir : 45 % de paysage, 24 %
de vie, 17 % de monuments et vieilles pierres, 10 % de maisons et villages,
4 % de nature, gros plan (Fig. 7).

Figure 7 - Répartition des photos personnelles par rubrique
Si l'on ne prend en compte que les photos " paysage " de nos collections
personnelles, on peut (toujours pour ce trajet en France, de Bonboillon
à Roncevaux) compter, par journée, le nombre de photos paysage qui ont été
faites. Ce nombre est variable, en moyenne autour de 5 à 10 pour le photographe
1 et 10 à 20 pour le photographe 2.
La représentation du nombre de photos paysage réalisées par jour de marche
(Fig. 8) montre pour les deux photographes deux pics à 80 et 150 photos
par jour les 42e et 76e jours de marche … on ne s'étonnera pas de découvrir
que ces pics correspondent à l'Aubrac (20 km sublimes au cœur du Massif
Central) et à la traversée des Pyrénées au col de Roncevaux.

Figure 8 - Comptage des photos de paysage dans les albums personnels
4. Les analyses en
cours
Une telle enquête sur le terrain suppose des années pour exploiter les données
et les mettre à disposition de publics variés : le sujet se prête à une
double orientation des travaux, l'une strictement scientifique, à destination
des spécialistes, l'autre plus pratique, à destination du grand public.
4.1. Gestion des données par banque d'images
Les 4 000 clichés seront intégrés dans une banque d'images numériques après
avoir subi des traitements semi-automatiques pour les décrire. Ces descripteurs
permettront d'établir une typologie des paysages traversés. Entre autres
caractères, on peut imaginer un certain nombre d'éléments purement descriptifs
(latitude, longitude, altitude, nombre de plans de l'image, objets du paysage),
mais aussi des données textuelles plus subjectives telles que les appréciations
notées en cours de chemin (Fig. 9).

Figure 9 - Analyse des clichés d'inventaire systématique
4.2. Traitement des images, analyse, cartographie
Une fois chaque photographie référencée dans la banque d'images, on peut
commencer un certain nombre de traitements statistiques et mettre en relation
les photos avec les différentes couches d'information des systèmes d'information
géographique (SIG). Par exemple, si l'on extrait toutes les photos dont
le commentaire est " c'est superbe ", il peut être intéressant de les mettre
en relation avec la carte des cours d'eau ou celle des pentes (Fig. 10).
On peut, de la même manière, demander l'affichage et le positionnement de
toutes les photos prises à plus de 1 000 m d'altitude, ou celles sur lesquelles
la scène paysagère est très ouverte ou, au contraire, très fermée.

Figure 10 - Quelques phases de traitement des images de paysage
Un gros travail de base de géographie reste à faire également en ce qui
concerne la cartographie, mais aussi les profils des chemins. Sur le plan
économique, des données comme la fréquentation des hébergements sont intéressantes
à mettre à disposition d'un public potentiel.
4.3.
Rendu multimédia du voyage à travers les images de paysage
Le rendu d'une telle enquête sera considérablement aidé par le multimédia
qui permettra, entre autres, de voyager virtuellement sur les chemins
de Saint-Jacques, de préparer son itinéraire, de visualiser les difficultés
d'une étape, etc.
5. Extension de
l'étude paysagère
Cette étude des paysages prend en compte la variabilité spatiale des chemins
mais aussi leur variabilité temporelle.
5.1. Variabilité spatiale : échantillonnage des autres chemins de St-Jacques
Le chemin de Bonboillon à Santiago par le Puy a fait l'objet d'une étude
minutieuse, réalisée à pied : les trois autres chemins français seront échantillonnés
également (en voiture), avec un pas d'analyse plus grand (une photo tous
les 20 km, correspondant à une étape en moyenne), de façon à permettre une
comparaison des différents chemins… afin que les futurs pèlerins choisissent,
en connaissance de cause, leur itinéraire (Fig. 11).

Figure 11 - Étude de la variabilité spatiale des chemins de Saint-Jacques
5.2. Étude de la variabilité temporelle
des chemins :
la géographie pour contrer la surfréquentation du Camino francès
Victimes de leur succès, les chemins de Saint-Jacques (et particulièrement
le Camino francès) souffrent de surfréquentation aux périodes " traditionnelles
" de pèlerinage et de vacances (juillet-août). Tous les guides sont rédigés
en fonction d'un cheminement dans cette période. Un échantillonnage, même
partiel comme un point tous les 50 km, effectué chaque mois ou toutes les
deux semaines pendant une année, permettrait de montrer les chemins hors-saison,
surtout si on ajoute aux photos des renseignements précieux aux voyageurs
tels que des données météo, des informations logistiques sur la fréquentation
et les conditions d'ouverture des hébergements.
Là encore, le multimédia sera un moyen précieux pour visualiser ces informations.
Le pèlerin potentiel pourrait ainsi prévoir son itinéraire dans le temps
et savoir ce qui l'attendra en route s'il part à telle ou telle date (Fig.
12).

Figure 12 - Étude de la variabilité temporelle des chemins de Saint-Jacques
6. À Compostelle
en aquarelle
Notre idée de départ était que Manola Salvador réalise une aquarelle par
jour tout au long de notre périple, en choisissant son lieu " coup de cœur
" journalier.
Nous avons respecté ce programme pendant les 40 premiers jours de voyage.
On imagine qu'en Espagne, avec cinq semaines de pluie sur six et des jours
de plus en plus courts (octobre-novembre), il ne fut plus possible de peindre
" en direct ". Manola a donc photographié les paysages qu'elle aurait aimé
peindre et a réalisé les aquarelles au retour.
Elle dit aussi toute la difficulté de travailler dehors, sans table, sans
recul, pressée par le temps et elle préfère de beaucoup " raconter " avec
ses pinceaux au calme, à partir de ses photos ou de sa mémoire. Notons aussi
qu'il était un peu illusoire de croire que nous accepterions de nous arrêter,
pour un coup de cœur d'artiste, le matin quand on venait juste de démarrer
! La page aquarelles montre quelques unes
de ses cent-cinquante peintures.
Conclusion
Il faudrait de nombreuses pages pour raconter ce périple et surtout pour
relater, au-delà de l'expérience scientifique originale, la magie et le
privilège d'un tel voyage. Que les organismes impliqués dans le développement
de chemins de St-Jacques sachent qu'un pèlerin, à peine rentré, ne pense
qu'à repartir. Le Camino francès, victime de son succès souffre de
surfréquentation aux périodes estivales, mais il y a tant d'autres chemins
existants ou potentiels pour aller à Santiago. " Pèlerin une fois, pèlerin
plusieurs fois " est-on tenté de dire et cela comme un encouragement à baliser,
retrouver, " inventer " d'autres itinéraires…le tout en n'oubliant pas la
dimension géographique.
Madeleine Griselin
Géographe, Chargée de recherche au CNRS, Besançon
NB : ce texte a
été présenté à Lisbonne lors du Séminaire : Itinéraires de pèlerinage au
Portugal et en Europe nouvelles approches des chemins de pèlerinage, Lisbonne
9-12 novembre 2000 dans le cadre de la campagne du Conseil de l'Europe :
" L'Europe, un patrimoine commun " |