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Autour de la Vierge Noire du Puy en Velay

La célébration du grand jubilé de Notre-Dame du Puy nous conduit à donner quelques indications sur les vierges Noires nombreuses en Auvergne comme dans de nomreux autres lieux. Ce court article est un texte de Denise Péricard-Méa paru en 1997, dans L'Auvergne & le Limousin, Larousse, France Loisirs. Nous le complétons de références à un ouvrage et à un site internet qui permettront aux visteurs du site d'en savoir plus.

Les Vierges Noires ont été très nombreuses dans tout l’Occident à partir du XIIe siècle. On en trouve tout particulièrement en Auvergne, peut-être à cause du rayonnement de l’une des plus célèbres, Notre-Dame du Puy.
Mais les Vierges Noires auvergnates ont une spécificité, elles sont des Majestés : assises, elles présentent l’Enfant à l’adoration des fidèles. Depuis le XVIe siècle, elles sont vêtues d’un riche manteau qui s’élargit à partir des épaules et leur donne un aspect conique qui n’est pas sans rappeler les idoles-cloches de l’Antiquité. Le vêtement se ferme bord à bord et ne laisse apercevoir de l’Enfant que sa tête, à l’aplomb de celle de sa mère.
Les plus belles Vierges du Cantal datent toutes des XVIIe et XVIIIe siècles. La Vierge d’Aurillac conservée à l’église Notre-Dame des Neiges est une des représentations les plus véridiques de celle du Puy. Une autre est conservée au château d’Anjony, dont on ignore la provenance. Une troisième était à Magnac avant la mise en eau du barrage de Granval. De là elle fut transportée à l’église de Fridefont avant d’être confiée au musée Douhet de Saint-Flour. Enfin la Vierge de Mauriac, Notre-Dame des Miracles, gravement mutilée à la Révolution a été reconstituée à partir de sa tête et de son buste, mais en une statue debout.
Comment étaient-elles auparavant ? Nul ne sait car aucun texte médiéval ne spécifie leur couleur. Sans doute pour attirer davantage de pèlerins, plusieurs ont été peintes en noir entre le XVe et le XIXe siècle, par-dessus une polychromie antérieure que certaines restaurations ont fait réapparaître. Mais ces statues polychromes n’ont-elles pas elles-mêmes remplacé des statues noires, désapprouvées par l’Eglise ? Car le mystère des origines reste entier. On a parlé de visages noircis par la fumée des cierges, d’oxydation des lamelles métalliques recouvrant le visage, de bois noirci par un long enfouissement dans l’eau. On a pensé, à propos de vierges rapportées par les Croisés à l’image de certaines femmes rencontrées là-bas. On a évoqué une illustration du Cantique des Cantiques, « Je suis noire et pourtant belle… ». Mais le culte des Vierges Noires est déjà bien répandu lorsqu’on identifie ce texte à Marie (auparavant c’était Israël captive de Babylone puis l’Eglise des premiers chrétiens). Une autre hypothèse fait de Marie le successeur des divinités noires qui régnaient sur le monde des morts, la plus connue étant Cybèle, mère des dieux grecs ramenée à Rome sous la forme d’une pierre noire. Le passé inconnu de ces Vierges Noires n’est pas sans leur ajouter un certain charme.

 

Pour en savoir plus :
le site de l'université de Dayton
et l'ouvrage de Sophie Cassagnes-Brouquet, Vierges Noires, regard et fascination, éd. du Rouergue, 1990, rééd. 1999

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